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Kia-hway Liou (Autre)
ISBN : 2070705293
Éditeur : Gallimard (23/10/1985)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Pour les philosophes, les poètes, les gens de goût, voici un livre qui marquera notre siècle : l'œuvre de Tchouang-tseu, enfin accessible, dans une traduction intégrale et sérieuse, à tous ceux qui désirent en savoir plus long sur le tao que ce que nous en dit le Lao-tseu. Alors que les Allemands, les Anglais, etc., disposaient de versions, imparfaites sans doute, et parfois mutilées, mais honnêtes dans leur intention, quiconque chez nous voulait aborder Tchouang-ts... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
enkidu_
  08 septembre 2014
Honnêtement moins elliptique et allusif que le Tao Te King de Lao-tseu, fondateur de l'école à laquelle notre auteur appartient et qui le précède de deux siècles d'après la tradition, cet ensemble de "contes moraux" ou "paraboles" ont le même but : des étincelles d'enseignements qui nous rend le Tao toujours plus imperméable dans Sa transcendance, mais l'ineffable ici glisse sur des terrains plus "pratiques", et la doctrine métaphysique se prête à des applications "morales" ou, justement, a-morales (et non immorales !) dans le sens où l'homme parfait, le souverain ou roi doit être dans un rapport mimétique par rapport au Tao (comme pure Essence), c'est-à-dire dans le "non-agir" (wu wei), d'où découle une "dissolution" dans la réalité cosmique qui donne à cet "homme parfait" (pour reprendre le mot sufî, al insân al kamîl) la possibilité d'exploiter "son" Tao, et d'agir en parfaite harmonie avec le monte qui l'entoure, ou celui de son propre être, ce qui revient au même, puisque tout fond dans l'unité indistincte.
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Piling
  26 juillet 2009
Penser, c'est morceler en idées nettes et incompatibles le réel complexe, dont l'essence est l'indivisibilité concrète ; agir, c'est choisir une de ces idées abstraites et exclure ainsi toutes autres idées abstraites qui lui sont étroitement liées. Surmonter tout artifice de l'intelligence morcelante et par là tout choix nécessairement arbitraire de l'homme, c'est retrouver le bonheur primitif de l'humanité plongée dans l'harmonie universelle.

Alors que traumatisée par le totalitarisme du siècle dernier, la doxa contemporaine ne cesse d'insister sur la promotion des différences, la nécessité de la "diversité", la quête du métissage (cet épouvantable mot consacré par le Code noir tout de même), l'amour du pluralisme, enfin tout ce qui est altérité en apparence, il est frappant de voir que pour Tchouang-Tseu, comme pour Plotin et tant d'autres sages du temps passé, le Mal, c'est la perte de l'unité, la volonté d'être soi et non l'Un, la pluralité "morcelante" et non plus l'indistinction dans l'Union. Pour Tchouang Tseu, ce qui éloigne de la source, c'est la pensée ; pour Plotin, c'est ce qui y ramène, allez savoir. Pour Plotin, retrouver l'Un nécessite de se dépouiller de tout ce qui n'est pas Lui, et donc choisir ; pour Tchouang Tseu, il faut cesser de vouloir choisir ; il n'y a pas de liberté hors de l'illusion.
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ClarenceM
  10 mai 2017
La lecture de la pensée des anciens comporte des poncifs, que celle-là vienne de la Grèce ou de l'Extrême Orient. Souvent c'est la place de l'homme dans le monde qui est à la base de la réflexion et le comblement de ses désirs primaires, qui conduit par la nature des choses, à s'astreindre à une discipline honnête mais peu engageante.
L'originalité de la pensée héritée de la Chine antique consiste à donner une place prépondérante au vide, à l'inaction, et finalement à la non pensée. Ce que ce recueil de textes nous propose, sous la forme de courtes paraboles ou de dialogues imagés entre un maître et ses disciples, est d'accepter et laisser faire, ou de ne pas intervenir sur le cours des évènements. Ne pas prendre parti, ne pas s'affirmer mais suivre le mouvement en l'accompagnant avec souplesse : tel est l'enseignement de Tchouang Tseu.
A peu de chose près contemporain des penseurs de la Grèce antique, il développe pourtant un concept nouveau en s'attachant à décrire une chose indicible, innommable, qui est le Tout mais qui n'est rien en vérité, qui nous entoure mais que nous ne pouvons voir : le Tao. Comme le concept du temps chez Saint Augustin, à peine essayons nous d'en parler que celui-ci nous échappe. Mais alors comment en parler? Voici un des délicieux paradoxes qui nous est exposé ici.
Après, à la manière de l'enseignement des stoïques qui ne vaut que par la pratique que l'on en fait, le vrai bénéfice de ces préceptes reste à rechercher dans notre quotidien. Maintenant je laisse la mouche voltiger autour de moi lorsque je tourne les pages de Tchouang Tseu et je ne cherche plus à lui ôter la vie. Un vrai plus.
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Aednat
  10 juin 2015
Je cherchais depuis longtemps à développer mes connaissances de cette philosophie trop méconnue en occident et cet ouvrage très complet (et les précisions des traducteurs, vraiment utiles, quoi qu'un peu ampoulées) m'y a beaucoup aidée.
Nous avons affaire à une philosophie positive, réaliste et -c'est rare- NUANCÉE, dépourvue de ce fatalisme qu'on a bien voulu lui prêter (le destin, ici, a un sens bien différent de celui qu'on lui donne en occident). Une philosophie où l'acceptation de ce que l'on ne peut changer n'empêche pas le travail et la remise en question. Où la générosité de principe est fustigée au même titre que des sentiments plus négatifs. Où l'on déplore l'ambition mal placée, la poursuite des honneurs, l'intellectualisme outrancier, l'attachement aveugle à des traditions séculaires... et où l'on vous explique pourquoi.
Un livre particulièrement riche de sens dans nos contrées et notre époque, donc, qui remet les choses en perspective sans moralisme facile ni naïveté. Un grand livre, tout simplement.
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Piling
  31 juillet 2009
La délicatesse de T'ien Tseu-fang et sa répugnance à faire l'éloge de son maître rappelle l'indignation de Borhân ud-Dîn : Qui est-il pour faire mon éloge ? Si l'on mixe les devoirs du murid envers son murshid (toujours défendre son maître en son absence et ne jamais laisser dire du mal de lui) avec ce sentiment d'être indigne de louer, le murid ne laisse pas blâmer son maître en public mais s'interdit de le louer :

Lien : http://vitanova.blogspot.com..
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   08 septembre 2014
Puisque l'univers est un, comment peut-on en parler ? Puisqu'il est appelé un, comment ne peut-on pas en parler ? L'un et son expression font deux ; ces deux et l'un (originel) font trois. Un habile calculateur qui voudrait continuer à aller ainsi n'y réussirait pas ; comment un homme ordinaire pourrait-il y parvenir ? En déduisant du néant à l'être, on obtient déjà trois idées distinctes. A combien d'idées parviendra-t-on si l'on veut déduire de l'être à l'être ? C'est en ne déduisant pas qu'on a raison.

Le Tao n'a pas de borne ; la parole n'est pas sûre. C'est de la parole que viennent toutes les distinctions établies par l'homme. Permettez-moi de vous exposer ces distinctions. La gauche et la droite, les traités et les commentaires, les divisions et le subdivisions, les discussions et les disputes : voilà les huit catégories de discours humain.

Or, tout ce qui est par-delà l'univers, le saint admet son existence, mais n'en traite pas. Tout ce qui est à l'intérieur de l'univers, le saint en traite mais ne le commente pas. Les annales de printemps et d'automne et les histoires des anciens rois, le saint les commente mais ne les conteste pas. Derrière tout division il y a quelque chose d'indivis ; derrière toute discussion il y a quelque chose d'indiscutable. Comment cela ? Le saint embrasse le tout ; les hommes se disputent pou faire valoir leurs opinions. Ansi, il est dit : "Toute discussion implique une vision partielle."

Le Tao suprême n'a pas de nom ; le discours suprême ne parle pas ; la bienveillance suprême exclut toute bienveillance partielle ; la pureté suprême est sans ostentation ; le courage suprême est sans cruauté.

Le Tao explicité n'est plus le Tao ; le raisonnement discursif n'atteint plus la vérité ; la bienveillance qui s'obstine est incomplète ; la pureté exclusive ne conquiert pas le cœur ; le courage qui s'accompagne de cruauté n'atteint pas son but. Tous sont comme un cercle qui s'efforcerait de devenir un carré.

Savoir qu'il y a des choses qu'on ne peut connaître, voilà le sommet du savoir. Qui sait que le discours est sans paroles et que le Tao est sans nom, celui-là possède le trésor du Ciel. Verser sans jamais remplir, puiser sans jamais épuiser, et ne pas même savoir pourquoi, voilà ce qu'on appelle « Cacher sa lumière » (pp. 41-42)
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PilingPiling   04 août 2009
Fuyante et incorporelle, la réalité change incessamment et ne comporte rien de stable. Est-on mort ? Est-on vivant ? Le ciel et la terre ne sont-ils qu'un ? Les esprits et les intelligences supérieures, où s'en vont-ils ? Où va-t-on aveuglément ? Où arrive-t-on brusquement ? Devant tous les êtres qui se déploient dans l'univers, on en découvre aucun qui mérite qu'on fasse retour à lui. Il y avait de cela dans la méthode du Tao des Anciens. Tchouang-tseu qui a eu vent de la chose y trouve son plaisir.

Il s'exprime dans les discours extravagants, dans les paroles insolites, dans les expressions sans queue ni tête, parfois trop libres mais sans partialité, car sa doctrine ne vise pas à traduire des points de vue particuliers. Il juge le monde trop boueux pour être exprimé dans des propos sérieux. C'est pourquoi il estime que les paroles de circonstances sont prolixes, que les paroles de poids sont vérité, mais que seules des paroles révélatrices possèdent un pouvoir évocateur dont la portée est illimitée.

Bien qu'il communique avec l'âme de l'univers, il ne se montre pas dédaigneux à l'égard des êtres. Il se garde d'approuver et de blâmer ; aussi vit-il en paix avec tout le monde. Ses écrits, bien que pleins de magnificence, ne choquent personne, parce qu'ils ne mutilent pas la réalité complexe. Ses propos, bien qu'inégaux, renferment des merveilles et des paradoxes dignes de considération. Il possède une telle plénitude intérieure qu'il n'en peut venir à bout. En haut il est le compagnon du créateur ; en bas il est l'ami de ceux qui ont transcendé la mort et la vie, la fin et le commencement. La source de sa doctrine est ample, ouverte, profonde et jaillissante ; sa doctrine vise à s'harmoniser avec le principe et à s'élever à Lui.

Et pourtant, en répondant à l'évolution du monde et en expliquant les choses, il offre une somme inépuisable de raisons qui viennent sans rien omettre, mystérieuses, obscures et dont personne n'a pu sonder le fond.
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enkidu_enkidu_   08 septembre 2014
Lorsque l'eau est tranquille, elle peut refléter la barbe et les sourcils et sa surface est si unie qu'elle peut servir de niveau au maître charpentier. Si la tranquillité de l'eau permet de refléter les choses, que ne peut celle de l'esprit ? Qu'il est tranquille, l'esprit du saint !

Il est le miroir de l'univers et de tous les êtres. Le vide, la tranquillité, le détachement, l'insipidité, le silence, le non-agir sont le niveau de l'équilibre de l'univers, la perfection de la voie et de la vertu. C'est pourquoi le souverain, le roi et le saint demeurent toujours en repos. Ce repos conduit au vide, un vide qui est plénitude, une plénitude qui est totalité (...) le vide, la tranquillité, le détachement, l'insipidité, le silence et le non-agir constituent le principe de tous les êtres. (p. 111)
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enkidu_enkidu_   08 septembre 2014
On considère comme impossible une chose qui n'est pas possible. Toute chose a sa vérité ; toute chose a sa possibilité. Il n'est rien qui n'ait sa vérité ; il n'est rien qui n'ai sa possibilité.

C'est ainsi qu'une tige mince et un gros pilier, une femme affreuse et la belle Si-che, le grand et l'extraordinaire, la ruse et le monstre se résorbent tous dans l'unité du Tao. Cette unité se divise en formant les êtes ; en formant des êtres, elle se détruit. Ainsi, tout être n'a ni achèvement ni destruction, car il se résorbe finalement dans l'unité originelle.

Seul l'illuminé sait que la compréhension mère à l'unité, aussi rejette-t-il ses préjugés pour s'attacher à la juste mesure. La juste mesure permet la pratique, la pratique amène un résultat, le résultat représente le succès. Parvenir au succès est proche du Tao. Il faut affirmer les faits. Accomplir sans savoir pourquoi, voilà le Tao.
(...)
Parmi les Anciens, quelques-uns qui avaient atteint à la connaissance suprême pensaient qu'il n'y a rien à l'origine de l'univers. D'autres, de connaissance moindre, estimaient qu'il y a quelque chose à l'origine de l'univers, mais que ce quelque chose ne comptait aucune détermination. D'autres, enfin, ayant atteint à une connaissance encore moindre, considéraient que ce quelque chose était déterminé, mais qu'il ignorait toute notion du bien et du mal.

L'apparition du bien et du mal altère la notion du Tao. (p. 39)
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enkidu_enkidu_   08 septembre 2014
Le Tao est si grand qu'il ne comporte pas de fin, et si petit que rien ne lui échappe. C'est pourquoi il est omniprésent dans tous les êtres. Il est si vaste qu'il n'est rien qu'il ne le contienne ; il est si profond que personne ne peut le sonder. Les corps et leurs qualités, la bonté et la justice ne sont que des rameaux de l'âme, qui peut leur donne un signification sinon l'homme parfait ? Seul l'homme parfait peut posséder le vaste monde sans en être embarrassé ; alors que tous se disputent le pouvoir, lui n'y participe pas. Il s'en tient au principe premier et les avantages matériels sont sans influence sur lui. Ayant compris la vérité des êtres et s'étant tenu à leur racine commune, il transcende l'univers, délaisse tous les êtres et son esprit est entièrement libre. Comme il comprend le Tao et s'identifie avec la vertu, écarte la bonté et la justice, rejette le rite et la musique, ainsi son esprit est en paix. (p. 117)
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Fabrice Midal, directeur de la collection L'esprit d'ouverture des éditions Belfond, présente le livre "Le bonheur selon Tchouang-Tseu" de Yu Dan. le livre: http://bit.ly/1xxR3Sp Après le...
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