AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2351780531
Éditeur : Gallmeister (05/04/2012)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Utah, printemps 1983. La montée des eaux du Grand Lac Salé atteint des niveaux records et les inondations menacent le Refuge des oiseaux migrateurs. Hérons, chouettes et aigrettes neigeuses, dont l’étude rythme l’existence de Terry Tempest Williams, en sont les premières victimes. Alors qu’elle est confrontée au déclin de ces espèces, Terry apprend que sa mère est atteinte d’un cancer, comme huit membres de sa famille avant elle – conséquence probable de... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Cath36
  05 janvier 2013
Merveilleux texte, empreint de simplicité, de joies, d'espérance, d'amour et de confiance en la vie, où la douleur sonne fort et juste dans ces petites phrases qui sont le fruit d'un vécu particulièrement cruel.
Plongée dans la douleur de perdre peu à peu sa mère puis sa grand-mère d'un cancer tandis qu'elle protège les oiseaux du refuge de Bear River, Terry Tempest Williams nous livre son quotidien fait de bonheur et de souffrance mais où l'amour de la vie garde le dernier mot, tandis qu'elle décrit tous ces moments de beauté qui permettent de tenir bon et de garder le cap.
On découvre d'autre part avec effroi les conséquences des essais nucléaires menées dans le Nevada sur les femmes en particulier. Cri d'alarme, sans colère inutile et sans révolte desespérée, ce texte est un plaidoyer en faveur de la vie et un splendide hommage au courage de celles qui furent les victimes de décions politiques à jamais impunies.
J'ai aimé ce texte très fort et très pur dans son dépouillement stylistique, sa pudeur, cet horizon qu'il nous tend par-delà la mort , vers ces oiseaux migrateurs qui sont comme des passeurs entre les saisons, symbole du cycle de la vie et de la nécessité de continuer à vivre malgré l'absence : "Ainsi tout n'est pas perdu. Les oiseaux sont simplement allés plus loin. Ils me donnent le courage de faire la même chose."
Oui, c'est un texte qui, à la fois remue en profondeur et apaise, qui parle à chacun de nous des deuils inévitables auxquels nous sommes tôt ou tard confrontés, et des élans qui nous permettent de les surmonter.
"Ensemble, nouséparpillons nos pétales de roses d'Inde dans le Grand Lac Salé.
Le bassin de mes larmes.
Mon refuge."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
Zakuro
  26 mars 2013
Le Grand Lac Salé au pied des monts Wassatch dans le nord de l'Utah abrite dans ses marais le refuge de Bear River où viennent se reposer, se nourrir et nidifier plus de 200 espèces d'oiseaux migrateurs qui traversent par millions les Etat-Unis de l'Arctique à l'Amérique du Sud.
La pérennité de cet habitat naturel dédié aux oiseaux dépend essentiellement des crues saisonnières du Grand Lac Salé dont le niveau doit se maintenir à un niveau constant de 1 282 m, au délà le refuge est innondé.
L'année 1983 où commence le récit est le début de l'accélération des crues du Lac mettant en péril la vie des oiseaux. C'est sur cette tension constante que Terry Tempest Williams qui aime et étudie les oiseaux "indicateurs de la vie" et « pour la simplicité de leur vol et leur forme au dessus de l'eau" doit faire face à la récidive de la maladie de sa mère déclarée après les esssais nucléaires au cours des années 50 dans le Nevada.
Sans aucune sensiblerie et dans une langue très sobre, l'auteure témoigne comment elle a d'abord refusé la fin proche de sa mère avant de l'accepter : " En déniant son cancer et même sa mort, je lui dénie sa vie ; "Le déni.... nous séduit avec nos propres désirs et élève adroitement des murs autour de nous pour nous donner une impression de sécurité. Je veux faire s'écrouler ces murs".
Sa nouvelle vision de la mort qui n'est pas sombre l'encourage à accompagner sa mère qui ne veut vivre que l'instant présent « continuer à espérer que je vais survivre alors que je suis en train de lâcher prise, c'est me voler cet instant ».
Ce que j'aime beaucoup dans ce récit est l'entrelacement poétique de l'observation naturaliste des oiseaux « consolatrice du chagrin » menacés de disparition avec le lent et douloureux cheminement spirituel
pour accepter et accueillir la mort. Un témoignage poignant sur la capacité de l'individu à aimer pour faire partie d'un tout.
Comme nous le fait entendre si intensément Terry Tempest Willliam, en prenant le symbolisme de la spirale nous sommes "en mouvement vers l'intérieur et vers l'extérieur" de contraction et d'expansion d'énergie, comme la Terre en mouvement, la vie n'est pas équilibre.
Un très beau et bouleversant "nature writing" dont l'écriture et la profondeur touche chacun de nous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          201
moertzombreur
  24 septembre 2014
"Je prie les oiseaux parce que je crois qu'ils portent les messages de mon coeur vers les cieux. Je prie les oiseaux parce que je crois en leur existence, en la façon dont leurs chants commencent et finissent chaque journée - invoquant et bénissant la Terre. Je prie les oiseaux parce qu'ils me font penser à ce que j'aime et non pas à ce que je redoute. Et à la fin de mes prières, ils m'enseignent comment écouter".
Le roman mélange habilement la chronique d'une famille et la description de la multitude d'oiseaux qui trouvent refuge autour du Grand Lac Salé, évoquant aussi la culture mormone. le roman s'articule autour d'un double moment de crise : la crue du lac qui menace tout un écosystème, et la progression inéluctable du cancer dont souffre la mère de l'auteur. Cette dernière raconte, avec une grande sensibilité, que quand quelqu'un meurt d'un cancer cela se fait par paliers, et qu'une partie de ses proches meurt en même temps que lui, impuissants à faire cesser la souffrance de l'autre, priants pour retrouver leur vie d'avant, pour que cela cesse. le processus cancéreux est comparé à celui de l'écriture : "Les idées émergent lentement, silencieuses et
d'abord invisibles. La plupart du temps, ce sont des idées anormales, des idées qui dérangent le quotidien, l'habitude. Elles se divisent et se multiplient, deviennent invasives. Avec le temps, elles se coagulent, se consolident et se signalent à notre conscience". J'ai longtemps hésiter avant de me lancer dans cette lecture, mais il dégage une telle force, un tel souffle, que je n'ai eu aucun regret. Cela fait du bien de pleurer, mais la grand-mère de l'auteur ajoute : "seulement si tu sais que tes larmes ont une fin". Dans le cas contraire, l'insupportable peut vous prendre dans ses griffes, ne plus vous lâcher et vous conduire à quitter le vie. Ce n'est pas ce chemin qu'emprunte l'auteur, nous laissant ainsi une lueur d'espoir, mais la conclusion du livre est terrible, une gifle cinglante. Ce roman pourrait être une arme efficace pour lutter contre les inconscients, les assassins sans couteaux, qui défendent et militent encore, contre toute raison, pour le maintien du nucléaire sous toutes ses formes.
L'âme humaine doit se baigner dans la mouvance réglée du temps et de l'espace, comme un écume organique portée et emportée par des vagues successives de morts et de naissance, elle est comme une étrangère, mélancolique mais gardant l'espoir : sa solitude contemplative dans l'immensité sidérale du monde intelligible. "La vie tout entière d'un individu n'est autre que le processus qui consiste à se mettre soi-même au monde ; notre naissance devrait donc être complètement achevée au moment de notre mort", Terry Tempest Williams citant Pete Fromm.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          131
mimipinson
  02 avril 2012
« Quand on a perdu sa mère, il faut renoncer au luxe d'être enfant. »
Ce livre écrit il y a vingt- ans, et pour la première fois traduit en français est d'une incroyable modernité. C'est également un hymne à la Vie, à toutes ces vies qui nous entourent. Véritable déclaration d'amour au grand lac salé et son écosystème, il n'en est pas moins un vibrant hommage que l'auteur rend à sa mère, aux femmes de sa famille, et à leur combat pour la vie.
Récit à plusieurs entrées, dont le texte est certes, triste, mais d'une infinie beauté ; un texte d'une tristesse lumineuse.
L'auteur, fervente défenderesse de ce bout d'Amérique loin des paillettes, et du béton, passionnée d'ornithologie, scrute jour après jour le niveau du Grand Lac salé, dans l'Utah, dont dépend la survie d'une réserve d'oiseaux, alors qu'elle affronte la maladie et la fin de vie de sa mère.
« Ce qui cause notre souffrance, n'est pas le fait de mourir, mais le refus de la mort. »
« Tout ce que nous avons, c'est l'instant présent. J'aimerais que vous puissiez accepter cela et renoncer à vos prévisions. Laissez-moi vivre, tout simplement, pour que je puisse mourir. »
Nous sommes sur les terres du culte Mormon, et sans prosélytisme, l'auteur nous montre une autre façon de concevoir la fin de vie : en se focalisant sur la vie, tout simplement, qui se vit jusqu'au dernier instant dans l'accompagnement familial, dans la réalisation et l'accomplissement des plaisirs ordinaires de la vie, presque comme si de rien n'était. Tout au long du chemin que Terry accompli avec sa mère qui n'ignore rien de son état, j'ai senti beaucoup de sagesse ; j'ai beaucoup pensé à la manière dont nous vivons notre vie, et surtout à la façon que nous avons de ne pas la vivre assez pleinement.
L'auteur n'aurait sans doute pas traversé cette épreuve de la même manière si elle n'avait pas eu les oiseaux. Ils sont si présents, qu'on en perçoit souvent le mouvement d'ailes. Chaque chapitre porte le nom d'une espèce ; le coulis courlieu, bruant des neiges, fuligule à tête rouge, le pluvier kildir, le jaseur boréal….et tant d'autres. Terry Tempest Williams est parvenue à captiver la profane que je suis en la matière. J'ai appris énormément de choses sur cet écosystème si fragile, et sur le subtile équilibre qui y règne. Aussi, vous saurez faire la différence entre un oisillon nidifuge, et un oisillon nidicole.
L'auteur a su tisser de nombreuses passerelles entre les habitants des airs, et leurs difficultés devant les changements environnementaux, et les humains victimes d'eux -même.
Ce récit, à plusieurs entrées, se lit sur plusieurs niveaux. Chacun y trouvera de quoi s'enrichir, et réfléchir. Prenez le temps, comme moi, de le savourer. Il ne supporte ni la voracité, ni la précipitation. Prenez le temps de vous documenter, de visualiser les oiseaux.
« Je prie les oiseaux parce que je crois qu'ils porteront les messages de mon coeur vers les cieux. Je prie les oiseaux parce que je crois en leur existence, en la façon dont leurs chants commencent et finissent la journée-invoquant et bénissant la Terre. Je prie les oiseaux parce qu'ils me font penser à ce que j'aime et non à ce que je redoute. Et à la fin de mes prières, ils m'enseignent comment écouter. »

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          151
ivredelivres
  08 juin 2012
'ai choisi ce livre d'abord pour les oiseaux. L'auteur est une femme passionnée d'ornithologie qui passe ses journées à observer, cataloguer, photographier, surveiller les oiseaux d'une réserve d'un des lacs les plus extraordinaire de la planète : le Grand Lac salé.
Elle scrute jour après jour le niveau du lac car le bel équilibre de la réserve menace d'être à jamais détruit par la montée des eaux. Les oiseaux risquent de fuir ou de disparaître faute de trouver de quoi se nourrir et de se reproduire.Si leur habitat est détruit, ils vont être les victimes de cette montée des eaux.
nous sommes dans l'Utah en 1983.
Terry Tempest Williams tient une sorte de journal ornithologique et météorologique. Elle nous fait admirer toutes les espèces qui peuplent la réserve, pluviers, avocette, courlis, bruants des neiges, phalarope de Wilson, fuligule à tête rouge.
Au fil des chapitres qui porte chacun le nom d'une espèce, et dans le même temps elle annonce la hauteur des eaux, leur montée inéluctable.
Son travail et les oiseaux l'aide à apaiser son inquiétude « C'est peut-être l'étendue du ciel en haut et l'étendue d'eau en bas qui apaisent mon âme. » car la vie professionnelle ne nous définit pas entièrement et Terry Tempest Williams qui lutte pour la survie d'un écosystème, se bat aussi aux côtés de sa mère atteinte pour la seconde fois d'un cancer.
La mère de Terry est le neuvième membre de la famille à être atteint, les essais nucléaires du Nevada qui ont été poursuivis jusqu'en 1992 font des dégâts longtemps après leur arrêt.
Diane est atteinte d'un cancer des ovaires, elle se bat depuis 15 ans contre une maladie apportée par le vent qui souffle au dessus des déserts.
La famille appartient à la communauté mormonne, attachée aux valeurs et traditions familiales sans être corsetée par elles.
Les rapports mère fille sont chaleureux même si l'une défend la gente ailée alors que l'autre la déteste ! La mère de Terry fut traumatisée par Tippi Hedren et le méchant Alfred.
Ce double combat est douloureux, difficile, la scientifique comme la fille, se sentent pleines de rage. Militante énergique et en colère car dit-elle en cent ans « La Californie a perdu 95 % de ses marécages. L'Utah vient d'en perdre 80 % en deux ans. »
Elle suit la progression de la maladie chez sa mère, sans pour autant renoncer aux petits plaisirs du quotidien, ceux qui aident au combat pour la vie et donne à ce récit une lumineuse beauté.

Un bon et beau récit, plein de douleur, d'amour, de compassion mais aussi d'impuissance devant la colère de la nature, devant la maladie. Un livre plein de larmes qui peuvent être un soulagement à une condition dit la grand-mère de Terry « Seulement quand on sait que ces larmes ont une fin »
Un livre à double entrée, un auteur qui est un guide que l'on a envie de suivre sur les chemins de Bear River. N'oubliez pas vos jumelles
L'avis de Wallace Stegner
Ce qui est extraordinaire dans Refuge, c'est que Terry Tempest Williams est trop pleine de vitalité elle-même, trop fascinée par toutes les manifestations de la vie pour écrire un livre sombre. Il n'est pas une page dans Refuge qui ne bruisse de battements d'ailes

Lien : http://asautsetagambades.hau..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130

critiques presse (1)
Lexpress   15 mai 2012
L'auteure croise étude naturaliste et chronique familiale dans un récit saisissant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Cath36Cath36   06 janvier 2013
-Ne dis rien, me répétait Maman. Tu sais ce que toi tu penses, c'est ça qui compte.
Et pendant de nombreuses années, c'est ce que j'ai fait : j'ai écouté, j'ai observé et j'ai forgé mes opinions en silence, au sein d'une culture qui pose rarement de questions parce qu'elle détient toutes les réponses.
Commenter  J’apprécie          200
Cath36Cath36   05 janvier 2013
Les paysages que nous connaissons et auxquels nous retournons deviennent des lieux de consolation. Nous nous sentons attirés par eux en raison des histoires qu'ils nous racontent, des souvenirs qu'ils renferment, ou simplement en raison de leur beauté pure qui, sans cesse, nous interpelle et nous appelle.
Commenter  J’apprécie          180
Cath36Cath36   04 janvier 2013
Notre correspondance a des ailes, ce sont des oiseaux de papier qui volent de chez moi jusque chez vous, des nuées de pensées qui sillonnent le pays. Une fois la lettre ouverte, une connexion s'établit. Nous ne sommes pas seuls au monde.
Commenter  J’apprécie          210
majeromajero   25 février 2018
— Mais tu n’as toujours pas compris ? me dit Maman. Ça n’a pas d’importance, combien de temps il me reste. Tout ce que nous avons, c’est l’instant présent. J’aimerais que vous tous puissiez accepter cela et renoncer à vos prévisions. Laissez-moi vivre, tout simplement, pour que je puisse mourir.
Commenter  J’apprécie          130
mimipinsonmimipinson   02 avril 2012
Je prie les oiseaux parce que je crois qu’ils porteront les messages de mon cœur vers les cieux. Je prie les oiseaux parce que je crois en leur existence, en la façon dont leurs chants commencent et finissent la journée-invoquant et bénissant la Terre. Je prie les oiseaux parce qu’ils me font penser à ce que j’aime et non à ce que je redoute. Et à la fin de mes prières, ils m’enseignent comment écouter.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          91
autres livres classés : ornithologieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr

Autres livres de Terry Tempest Williams (2) Voir plus




Quiz Voir plus

Pas de sciences sans savoir (quiz complètement loufoque)

Présent - 1ère personne du pluriel :

Nous savons.
Nous savonnons (surtout à Marseille).

10 questions
295 lecteurs ont répondu
Thèmes : science , savoir , conjugaison , humourCréer un quiz sur ce livre
.. ..