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Camille Fort (Traducteur)
EAN : 9782351780152
239 pages
Gallmeister (03/01/2008)
3.96/5   56 notes
Résumé :
"Marche, marche encore. Les pieds feront l’instruction de l’âme." De retour du Vietnam, Doug Peacock est un homme hanté par les horreurs de la guerre. Incapable de se réadapter à une société qu’il ne comprend plus, il entame une marche spirituelle, des déserts de l’Ouest américain aux plus hauts sommets de l’Himalaya. Il fait la rencontre de l’écrivain Edward Abbey, avec lequel il noue un lien indéfectible. La nature et l’amitié permettront à l’ancien combattant de ... >Voir plus
Que lire après Une guerre dans la tête (Marcher vers l'horizon)Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Même si je préfère "Mes années grizzly" du même auteur, Doug a réussi à m'embarquer dans sa guerre atroce au Vietnam et dans toutes les images des grands espaces naturels qu'il a autant dans les yeux que dans la tête, dans l'âme que dans le corps, dans toutes ses pensées, réflexions, analyses.

Et puis, tout au long de ce livre, plane l'ombre de l'immense Edward Abbey, leur amitié constituée au fil de nombreux non-dits, leur relation presque de père à fils et Doug a vraiment eu le comportement d'un fils spirituel envers Edward, veillant sur lui dans son agonie, recueillant son dernier souffle et l'inhumant au coeur du désert solitaire ainsi qu'Ed le souhaitait.

Les premières pages du livre sont largement consacrées à cet épisode douloureux, la perte inéluctable d'un ami précieux, l'avenir qui s'ouvre pour Doug sans sa présence silencieuse, attentive, une référence de vie pour Doug. Il revient d'ailleurs sans cesse vers Ed tout au long de son livre, surtout vers la fin, en insérant même des extraits des carnets d'Edward Abbey et du Retour du Gang de la clé à molette.

Doug Peacock, parcourant l'Himalaya, en vient même à se persuader qu'il est atteint de la même maladie que celle qui a emporté son ami, à peine âgé de 62 ans. Mais, il va survivre, Doug, bien plus longtemps qu'Eward, en gardant pour tout le restant de ses jours cette "guerre dans la tête" qui a emporté sa jeunesse, horrifié qu'il a été par tous les crimes inutiles commis par ses compatriotes militaires au Vietnam : civils assassinés par centaines, hommes, femmes, enfants, nourrissons au nom d'aucun rêve américain, simplement par violence inconsidérée et gratuite.

Ainsi, au fil des pages, Doug, encombré par cette guerre, écrit plusieurs réflexions, personnelles ou en citant Abbey, sur la vie et la mort, avec une grande justesse, une précision philosophique remarquable où malgré tant de noirceur vue dans sa vie, l'optimisme émerge grâce à la nature, la marche, les oiseaux, les fleurs et les grizzlies. Il leur consacre seulement dans ce livre un court chapitre qui traduit son éblouissement d'une journée unique au cours de laquelle il a pu observer le quotidien de plusieurs familles et d'un grand mâle, pas moins d'une douzaine au total. Auprès d'eux, il ressent ce frisson angoissant de la mort, mais là, une mort quasiment offrande aux ours, même s'il fait tout pour éviter un tel dénouement tragique pour ses proches.

Ce sont de très belles pages que propose Doug Peacock avec ce livre, des pages qui pénètrent le corps et l'âme, qui ramènent le lecteur vers les déserts solitaires, ceux de la nature, ceux de la vie, peut-être pas ceux de la mort.
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Depuis le temps que je voulais ce livre, introuvable à prix raisonnable, j'ai enfin eu l'occasion de le lire en numérique. Ne sachant pas exactement à quoi m'attendre, je croyais assister aux pensées d'un vétéran centrées sur l'expérience de la guerre du Vietnam. En réalité, il s'agit d'un récit autobiographique de Doug Peacock dans lequel il parle d'abord de son ami… Edward Abbey : Un auteur que j'adore, ayant beaucoup aimé me promener dans son Désert solitaire, et bidouiller avec son Gang de la clé à molette. Pour quelqu'un qui ne s'intéresse ni à Abbey, ni à ses écrits, je ne sais pas si ce récit de Peacock serait intéressant. Mais pour moi, ce fut une mine d'informations. J'y ai par exemple découvert que le personnage de George Hayducke dans le gang de la clé à molette est totalement inspiré de Doug Peacock, à son grand dam ! Or, ce personnage de George est mon préféré dans le Gang, celui qui m'a semblé le plus intriguant. Dans cette biographie, on retrouve donc l'idéologie écolo des deux amis, celle qui les a reliés en dépit de leur différence d'âge et qui est à l'origine du gang de la clé à molette et, plus généralement, de tous les livres d'Edward Abbey. On en apprend beaucoup sur Abbey lui-même, en particulier sur sa fin de vie. Si Abbey nous a livré Peacock sur un plateau dans ses romans, celui-ci lui rend la politesse en l'explorant à son tour. Cela dit, à travers cette amitié et ce double fictionnel, c'est bien à la recherche de lui-même que part Doug Peacock en écrivant ce bouquin.


« Abbey me rendit sans doute service en créant une caricature de moi-même dont je percevais la nature obtuse quand la mienne m'échappait. Il avait dépeint l'ex-Béret vert Hayduke par touches précises, comme un homme pris dans un marécage émotionnel, et il me donna l'envie d'en sortir. La seule chose pire que de lire ses propres écrits est de devenir le personnage de fiction d'un autre. »


Comme le George du roman, Peacok a une guerre dans la tête qu'il aimerait bien s'enlever de là : Celle du Vietnam, de laquelle il est revenu avec des syndromes de stress post traumatique encombrants et handicapants pour sa vie familiale, amicale et professionnelle. Il est aussi revenu de cette guerre avec une colère sourde contre le Gouvernement et son autorité, ainsi que contre l'action humaine en général, les actes de ses semblables : inhumains et violents. «Plus jamais je ne tuerai un inconnu, mais je donnerai ma vie pour préserver une terre sauvage.» Aussi lorsqu'il rencontre Abbey, son adoration pour la nature lui procure un certain apaisement : randonner dans de grands espaces inexplorés et presque vierges permet tout à la fois de renouer avec une certaine pureté, d'ordonner ses pensées au rythme apaisant de la marche, de retrouver une forme de paix avec soi-même que personne ne vient déranger. de s'inspirer de la force de la nature. de caler l'esprit sur le corps, qui devient plus sain à mesure que la marche dure. Un esprit plus sain dans un corps plus sain, c'est le but que vise Doug Peacock - il est d'ailleurs intéressant de lire comme Abbey décrit le corps de George comme athlétique et viril, tandis qu'en vieillissant, Doug ne cesse de répéter que la marche vise aussi à lui faire perdre son trop plein graisseux en même temps que son trop plein émotionnel. Evacuer. La randonnée est le chemin pour y parvenir. Mais ce cheminement n'est-il pas un but en soi, finalement ? Qui serait la recherche de soi-même, l'adéquation corps-esprit quand la civilisation nous fait nous égarer.


« Comme Abbey, j'ai toute ma vie cherché un juste équilibre entre l'amour de mes proches et les marches solitaires en pleine nature. Il n'y a pas de canyon plus profond que la solitude. »


La rébellion d'Abbey contre les actions institutionnelles amochant la nature ont doublement du sens pour Peacock : Elles lui permettent de défendre ces refuges naturels, où il peut vivre en solitaire, en même temps que d'exprimer sa colère contre l'autorité gouvernementale. Ainsi Abbey et Peacock explorent, mais aussi sabotent. le gang de la clé à molette, c'est eux. Eux qui veulent préserver la nature, car seule sa beauté virginale parvient à leur faire apercevoir la beauté de ce monde qu'ils ont tendance à voir noir et laid - du fait de leur tendance commune à la dépression, causé par leur état de santé respectif, différent mais défaillant. « Je m'efforce d'absorber toute la beauté que contient le monde ». Lorsqu'on lit ce récit, on retrouve les caractéristiques de personnages du Gang, et l'on comprend beaucoup de chose du roman. Et en visualisant de vraies photos de Peacock jeune, je me rends compte à quel point Abbey était un auteur doué car elles correspondent exactement à l'image de George que sa plume avait forgée en moi.


Je n'ai pas été immédiatement subjuguée, en revanche, par la plume de Peacock : ses descriptions de la nature n'ont rien de comparables avec celles de Thoreau ou Abbey. L'intérêt premier de cette lecture fut donc de me replonger dans l'univers d'Abbey et de Hayduke, de l'approfondir, de rencontrer George. Mais au fil de cette lecture, j'ai finalement rencontré Peacock himself, en même temps qu'il a dû se (re)trouver en l'écrivant : Perdu, ne sachant plus où il en est et comment se définir au retour du Vietnam, c'est en décryptant son amitié et son double fictionnel que Peacock se présente à nous, et qu'il essaye de démêler le vrai du faux dans sa tête, où la guerre fait encore rage. C'est le cadeau que lui a fait Abbey. C'est donc seulement dans ce second temps que Peacock est parvenu à me faire entrer dans sa tête, son paysage, son naufrage matrimonial et ses épopées de nature writing, notamment avec les grizzlys qu'il excelle à dépeindre. le ton de son récit a alors fini par m'imprégner, lorsque les nombreuses facettes de ce récit ont commencé à interagir entre elles. J'ai été projetée de plein fouet dans la guerre qui faisait rage dans sa tête, ballotée entre les images du Vietnam, son âme blessée, son coeur qui saigne. Et cet espoir de rédemption dans la nature, qui le rattache au monde physique : celui de la vie, et des vivants.


Un besoin de terres sauvages que Laurens van der Post résume ainsi : « De retour aux premiers temps de l'humanité, lorsque tout était vivant, magique, empreint d'un magnétisme frémissant puisé à la plénitude du Créateur, quel qu'il soit. Et je vécus là quatre semaines entière, et peu à peu, grâce aux animaux, je fus rendu à moi-même, à mon humanité ».
C'est là, parmi les grizzly, que Douglas Peacock se sent rendu à la sienne. C'est en définitive un récit différent de ce à quoi je m'attendais, mais bien plus riche, qui se termine par une randonnée dans un lieu où « la guerre et le désert - mes deux sujets de prédilection - se rejoignent. » Peut-être l'espoir que toutes ses expériences et facettes de lui-même ne sont pas si incompatibles. En tous cas je referme ce livre avec la furieuse envie de lire son récit sur les grizzlys !


« vingt-cinq ans à ressasser la guerre dans la rage, ça fait trop. Ça laisse des traces. La guerre a duré trop longtemps. »
« Le guerre est finie, me dis-je. C'est vrai, ma guerre est finie. Libre à moi de canaliser ma férocité de nouvelles façons, d'apporter un peu de cette nature sauvage à ceux que j'aime. »
« La marche m'a délivré. Je rêve l'espoir de la joie ».
« Je voudrais aussi retomber amoureux. (…) J'hésite pourtant à l'idée de vivre une nouvelle passion, de risquer une blessure ».
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Brisé à son retour de la guerre du Viêt-Nam où il était brancardier, Doug Peacock fait la connaissance d'Edward Abbey, l'auteur de « Désert solitaire » et du « Gang de la clef à molette » (roman dans lequel Abbey s'inspire de Peacock pour créer son personnage emblématique de Hayducke). Ce dernier va lui faire découvrir l'immensité des déserts américains, la faune et la flore de ces espaces sauvages et surtout une philosophie naturaliste, le fondement de la véritable écologie. de cette rencontre va naître une amitié rare et profonde. Edward Abbey fera de Doug Peacock son exécuteur testamentaire.
« Une guerre dans la tête » raconte à travers les récits des périples de l'auteur au Népal, sur l'île Tiburon au Mexique, dans l'Utah ou dans le parc national de Glacier dans le Montana, sa reconstruction et sa vie qui reprend tout son sens.
Ce récit est une leçon et une immense bouffée d'oxygène. A découvrir tout comme « Désert solitaire » d'Edward Abbey.
Le roman prend le titre de « marcher vers l'horizon » dans la collection Totem des éditions Gallmeister (On se demande bien pourquoi).
Traduction de Camille Fort-Cantoni avec le concours du centre national du livre.
Editions Gallmeister, 240 pages.
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Doug revient de la guerre du Vietnam avec un stress post-traumatique. Il n'y a plus de frontières entre la vie et la mort. Il est socialement inadapté. Il se lie d'amitié avec Ed Abbey, plus âgé, écologiste engagé et activiste. Il veut vivre mais ne trouve plus sa place dans ce monde.

Alors, il accompagne Ed dans ses randonnées, en fait seul aussi. Marcher le reconnecte à son corps. Il découpe l'année entre vie de famille et randonnées dans le désert américain, l'ouest ou le Népal.

Il y a beaucoup d'alcool, des compagnons de route, la solitude malgré tout, la dépression, la colère et la violence mais aussi le chemin vers la résilience, des paysages à couper le souffle. Les pieds ancrés dans la terre, Doug avance.

Malheureusement comme dans toute vie, il y a la mort, il accompagne Ed en fin de vie, résolu à respecter les dernières volontés de son ami.. Son père meurt également. Ses névroses s'aggravent et malgré tout leur amour, sa femme et ses enfants le quittent. Cette solitude mentale qui le poursuivait depuis des années, devient également physique. Doug reprend la route à l'envers, une sorte de pèlerinage en faveur de son ami. Une dernière marche sur un terrain militaire où une sorte de guerre refait surface. le soir, dans son camp, il relit le livre écrit par Ed sur le gang de la clé à molette, dont il est un personnage central. Dans des gestes simples, des endroits rudes et sauvages, il comprend que toute vie va vers la mort, c'est le cycle de la vie.

C'était une si belle journée pour se sentir vivant.

Merci Onee pour ce cadeau, jolie découverte. J'ai peiné à lire ce récit passionnant pour plusieurs raisons : la canicule qui sévissait dans ma région, la lecture sur mon ordinateur portable qui chauffait dangereusement, les moustiques qui attaquaient à la moindre petite lumière, les incendies liés à la canicule et à la connerie humaine, puis les orages, le sauvetage des oiseaux et des animaux, victimes de ce dérèglement climatique.

J'ai aimé le combat de ces hommes, le parcours de Doug et ces paysages grandioses.


Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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Ce livre est parmi ceux qui m'ont le plus bouleversée.
Ce n'est pas le récit romancé d'une vie, ce n'est pas une biographie, ce serait plutôt le partage des réflexions les plus intimes avec Doug Peacock au terme d'une résilience.

Il invite le lecteur à cheminer en sa compagnie dans son passé (quand l'humeur s'obscurcit ), ou dans les déserts ou dans les montagnes...là où ses pas le mènent, on le suit.Et, chemin faisant, il parle au lecteur de son vécu, de ses deuils, de son ressenti,de ses doutes et ses désillusions, de ses émotions.
Le ton est juste, pudique mais derrière les mots se cache mal une sensibilité extrême, celle-là même qui a dressé un rempart entre les hommes et lui au retour de la guerre du Vietnam : " je n'étais plus sûr de rien ".
Il a souffert, douté, perdu pied, chuté,pour toujours se relever .
Sa force de survie, c'est à la nature qu'il la doit.
La nature et le monde animal, une force née de son extrême sensibilité, car,quel que soit l'état d'esprit du moment, il y a toujours une petite place pour l'espoir qui peut renaître face à la beauté ou à l'innocence.
Et cela,c'est la nature originelle qui va peu à peu contribuer le rééquilibrer.

Mais, arrive un moment où à nouveau il accepte l'autre, jusqu'à renouer avec l'amitié.
Le terrain est encore fragile, mais suffisamment fort pour que naisse une amitié indéfectible, jusqu'à la mort, celle de Edward Abbey...
"c'est avec Ed que j'ai vu la mort au plus près--en attendant mon tour...je me suis enfoncé dans ce qu'est la mort. J'ai vu dans ses yeux un autre monde: il a eu une si belle fin...son agonie fut le plus brave et le plus beau des dons qu'il m'ait faits ."
Car, cet homme qui fut brisé par l'horreur a permit à Abbey, son ami, de mourir dans la sérénité et la paix,en accord avec lui-même et les siens.
Ces funérailles font l'objet d'un chapitre du livre. .." je trouvai l'endroit idéal pour planter le corps de mon vieil ami. L'air du désert était lourd d'une pureté rare et vive.
Je me sentais bien...Nous portâmes le corps d'Ed au-dessus du sol accidenté et je fus choqué de constater combien il était léger, léger comme un nuage, comme la brume sur la colline. Comme s'il s'était envolé. "

Et son cheminement continue, la vie le rattrape.
Il reconstruit une famille Mais, jamais il n'oublie et reviendra quelques années plus tard se recueillir sur la pierre tombale de Abbey, (après avoir traversé à pied un champ de tir dans le désert, interdit au public bien sûr ! !)
" Eh bien Ed, me dis-je en m'allongeant près du feu... me voilà. Tu ne vas pas me croire dis-je à la fumée, mais je me suis plus ou moins calmé, je me suis remis dans une forme décente. J'ai canalisé mon appétit de vivre et j'essaie maintenant d'être un bon père. Et ma colère--le poing levé de Hayduke--Ed ? Eh bien , j'essaie de lâcher prise...en traversant le champ de tir, j'ai laissé derrière moi une grande partie de la guerre. "
Hayduke, personnage du "Gang de la clef à molette" est un anarchiste, écolo, un peu dingue,et Abbey dit que c'est Peacock qui lui aurait servi de modèle. Mais ,Peacock affirme que le véritable Hayduke, c'est bien Abbey himself !!!
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critiques presse (1)
Actualitte
20 septembre 2023
Ces souvenirs qu’il distille chapitre après chapitre sont autant d’occasions de découvrir l’homme qui marche, l’homme debout, l’homme qui fait, au cours de ces randonnées solitaires parfois exposées [...], des digressions nombreuses sur sa vie.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (122) Voir plus Ajouter une citation
C’est une si belle journée pour se sentir vivant. De toutes mes marches, celle-ci résonne comme jamais en harmonie avec ma vie : la sauvagerie et la solitude, une expérience originale et farouchement ancrée dans la terre, un endroit à cent mille lieues de la moindre idée de loisir – un endroit parfois si sauvage et si rude qu’il rappelle l’épreuve du combat sans les relents fétides et insupportables de la peur humaine. Ici reste intacte la plénitude inexorable du cycle de la vie, qui gravite vers la tombe.
Commenter  J’apprécie          210
Âgé d’une cinquantaine d’années, je suis venu ici recouvrer ma santé à marche forcée. Perdre à pas cadencés la graisse qui s’est installée, m’éloigner à pied de la guerre, marcher encore et toujours malgré un héritage de tension et de cholestérol élevés, pénétrer dans un monde qui m’apparaît obscurément meilleur, connaître un nouveau départ. Je voulais un supplément de vie, j’attendais plus de l’existence que je m’étais choisie.
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Âgé d'une cinquantaine d'années, je suis venu ici recouvrer ma santé à marche forcée. Perdre à pas cadencés la graisse qui s'est installée, m'éloigner à pied de la guerre, marcher encore et toujours malgré un héritage de tension et de cholestérol élevés, pénétrer dans un monde qui m'apparait obscurément meilleur, connaitre un nouveau départ. Je voulais un supplément de vie, j'attendais plus de l'existence que je m'étais choisie.
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A la fin de l'année 1968, si j'étais prêt à accomplir quelque chose d'aussi extrême et dangereux que la guerre, c'était au service de la vie.

Mes valeurs étaient intactes,mais la tuerie avait drainé le reste.

Blessé mais engagé, j'étais un fou furieux prêt à en découdre, un fanatique sur le départ, un guerrier qui ne voyait pas l'intérêt de massacrer des étrangers.

Je cherchais une cause digne de combattre.

Abbey, lui, avait déjà trouvé son champ de bataille: les déserts de l'Ouest américain...il identifia mes points forts -- mon entraînement de soldat, toujours utile, et cette grande colère qui tournait à vide -- et leur trouva un usage...
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Pour moi aussi, il était important de savoir que l'on pouvait mettre fin à ses jours : j'avais écrit un livre sur les grizzlis en partie pour expliquer pourquoi j'avais, quant à moi, renoncé à sortir discrètement par la porte de derrière. Depuis le Vietnam, je portais le suicide avec moi comme une gourde de rechange. Après la naissance de ma fille, j'avais su que je ne pourrais pas y boire. Pour y puiser du courage, je suggérais sur un ton désinvolte que l'idéal était de partir en emmenant un sale type avec soi. Si on se sait condamné, si la vie devient telle qu'on veut tout arrêter, autant commettre un acte splendide, héroïque, audacieux, comme de tuer le dictateur, le bourreau ou le nazi de son choix. Ed Abbey appelait de ses voeux le jour où "quelqu'un affligé d'une maladie terminale (la vie, par exemple) s'attachera une ceinture bardée de TNT et descendra tout au fond du barrage de Glen Canyon pour réduire en miettes cette saloperie. Ce serait une belle fin".
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Videos de Doug Peacock (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Doug Peacock
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