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EAN : 9782374181431
Des Ronds dans l'O (17/01/2024)
4.07/5   21 notes
Résumé :
En réalisant des recherches sur sa région d'origine, la Bretagne, Stéphanie Trouillard, journaliste à France 24, spécialiste de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, découvre une photo d'une déportée du Morbihan, Marie-Louise Moru, dite Lisette. Un cliché pris à Auschwitz sur lequel la jeune femme, étonnamment souriante, semble défier ses bourreaux.
Comment peut-on sourire dans une telle situation ? Qui est cette femme ? L'enquête de Stéphanie Trouillard ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Edité par « Les ronds dans l'O« , « le Sourire d'Auschwitz » voit Stéphanie Trouillard nous raconter l'histoire d'une toute jeune résistante de Port-Louis (de l'autre côté de la rade de Lorient) : Lisette Moru ainsi que celle de son petit ami Louis Séché. C'est une histoire poignante, celle d'une toute jeune fille de Port-Louis, déportée vers Auschwitz, où elle décèdera le 24 avril 1943, à seulement 17 ans. Toute l'ignominie réside dans sa dénonciation par deux femmes de sa commune auprès de la Kommandantur de Lorient. C'est à cause de ces deux harpies que Lisette et Louis sont déporté(e)s. La machine de la collaboration alliée aux forces de la barbarie nazie vont détruire ces deux vies parmi tant d'autres. Lisette fera partie d'un convoi de déportées, toutes des femmes résistantes, au nombre de 230, qui quitteront le Fort de Romainville, aux environs de Paris, le 24 janvier 1943. Ce qui saisit, ceux sont les clichés pris à l'arrivée à Auschwitz, ceux de Lisette, où en signe d'ultime défi face à l'oppresseur nazi, elle fait le choix de sourire, comme un ultime pied de nez à la mort. Quel courage faut-il, à seulement 17 ans, pour réagir de la sorte au milieu de l'horreur la plus absolue à Auschwitz. Les dessins et les couleurs sont le fruit du travail de Renan Coquin, et le moins que l'on puisse dire c'est que le résultat est remarquable. On ressent toute la folie des nazis et de leurs collaborateurs. Mais aussi et surtout le courage de ces adolescents qui pour avoir mis quelques fleurs sur les tombes de deux pilotes anglais ont risqué le pire. Il y aura la croix de Lorraine et les symboles de la victoire apposés ici et là, les fleurs pour le 14 juillet devant le monument aux morts, la liste enfin qui leur sera fatal, celles des collaborateurs de leur commune. Lisette était très belle, si jeune, elle aurait pu, comme tant d'autres, choisir les voies de l'insouciance. Mais c'était sans compter sur son caractère, sa haine de la défaite et des Allemands, son patriotisme et son soutien sans condition au Général de Gaulle. On ressort de cette lecture groggy, abasourdi et en même temps Stéphanie Trouillard nous montre, qu'ils ne sont pas morts pour rien, puisqu'ils se sont sacrifiés au nom de la liberté, de la démocratie, des valeurs que nous devons continuer à défendre, à chérir, aujourd'hui encore, à l'heure où d'autres périls sont là. Dans cette BD, on suit le parcours de Stéphanie Trouillard, ses recherches, la démarche qu'elle entreprend au nom d'une lutte contre l'oubli qui, si elle échoue, pourrait donner le vent en poupe à une version falsifiée de l'histoire de la part de personnes négationnistes. C'est à un véritable devoir « de mémoire » ou devoir « d'histoire » auquel se livre Stéphanie et Renan. Ces clichés pris à Auschwitz vous hantent longtemps, ce sourire s'adresse à nous, à travers les âges, nous qui bientôt devrons faire face aux questions de nos enfants, sans les témoins directs de cette époque. C'est une lutte de chaque instant pour ne pas oublier, pour conserver cette mémoire à transmettre à nos enfants, nos neveux et nièces etc. Je ne peux que vous incitez à lire cette BD pour découvrir le destin tragique de Lisette Moru et de Louis Séché. C'est un gros coup de coeur.
Lien : https://thedude524.com/2024/..
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Journaliste à France 24, Stéphanie trouillard a découvert Lisette Moru au hasard d'un reportage en Bretagne. Elle s'est alors lancée dans une enquête pour retracer le parcours de cette adolescente et comprendre pourquoi et dans quelles conditions elle a été arrêtée, puis déportée, puis assassinée à Auschwitz.
Ce destin tragique a été partagé par de nombreuses personnes qui ne souhaitaient pas se soumettre à l'autorité arbitraire et à la violence de l'envahisseur nazi et qui se sont lancées dans des actions, grandes ou petites, pour s'y opposer. Dans le cas de Lisette, ce n'était pas grand-chose : des inscriptions sur des murs, des messages transmis. Et pour cela, la mort l'a prise avant même ses 18 ans.
Pour autant Lisette se démarque des autres victimes de cette barbarie. Comme tous les déportés, elle a été prise en photo à son arrivée à Auschwitz ; et sur ces photos, elle sourit ; elle ose sourire ; elle ose défier ses bourreaux.
Marquée par ce sourire, Stéphanie Trouillard a choisi d'en faire le titre de son livre d'enquête ; puis elle a décidé de l'adapter en bande dessinée.
Le résultat est une réussite. Bien sûr, à la lecture, on est bouleversé, révolté de voir le sort qu'a subi Lisette. Mais ce travail pour la sortir de l'ombre mérite d'être salué.
Tout d'abord parce que le but recherché, qui est de faire revivre Lisette et de rendre hommage et justice à son courage, est brillamment atteint, grâce à un travail d'enquêtrice méticuleux, pugnace et admirable.
Un autre point fort de cet album est sa construction : les moments où l'on suit l'autrice dans ses recherches et ses rencontres alternent avec des morceaux de vie de Lisette, de son village de Bretagne jusqu'au camp d'extermination. On progresse ainsi dans les révélations et la compréhension du déroulement des événements qui ont emporté Lisette.
Enfin, il faut souligner la qualité du dessin, aux traits précis et expressifs et qui s'appuie sur deux palettes de couleurs différentes, mais pas si éloignées et tout aussi douces, pour différencier les deux époques. L'immersion est parfaite ; Renan Coquin, le dessinateur, nous place vraiment à côté de Stéphanie Trouillard quand elle compulse les archives ou interroge des témoins, et il sait aussi bien nous faire vivre près de Lisette tout au long des étapes de son parcours tragique, grâce à la reconstitution des décors et au réalisme des gestes et expressions des personnages.
Je vous recommande vivement ce livre qui participe d'une belle manière au devoir de mémoire. Les victimes de cette barbarie nous imposent de ne pas oublier leurs souffrances et nous rappellent de ne pas oublier non plus les victimes des régimes barbares qui écrasent encore une partie de l'humanité aujourd'hui.
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Cet album rend hommage à Louise dite Lisette Moru, résistante bretonne et à son ami Louis Séché morts tous deux dans les camps de concentration. C'est un devoir de mémoire que de raconter leur histoire.
Lors d'une de ses conférences sur « La résistance dans le Morbihan », Stéphanie Trouillard va s'intéresser aux femmes dans la résistance de cette même région et va tomber par hasard sur un article concernant Louise Moru et ses trois photos d'elle souriante prises à son entrée à Auschwitz. Elle va alors mener l'enquête et nous livrer son histoire
Sous l'occupation de Port Louis, la vie était dure et les gens manquaient de tout, Lisette ne supportait pas de voir les allemands. Elle a alors commencé à résister en portant une croix de Lorraine sous son col de veste et à dessiner des V de la victoire sur les murs , elle distribuait des tracts anti allemands avec ses amis, surveillait leurs allées et venues puis est devenue agente de liaison . Apprenant qu'un avion anglais est tombé à Gâvres, elle part avec trois amis, dont Louis, afin de fleurir clandestinement la tombe des aviateurs. Au retour avec Louis ils voient sur la plage de Port Louis un groupe d'allemands s'amuser avec des françaises . Louis décide de noter le nom de ces femmes pour plus tard. Lisette se confie à une amie qui travaille avec elle à la conserverie. En décembre 1942 ils sont dénoncés et quelques jours plus tard sont convoqués à la kommandantur de Lorient puis emprisonnés à la maison d'arrêt de Vannes avant d'être dirigés vers le Fort de Romainville où ils vont y rester un mois. Après un passage rapide par le camps de Royallieu, ils sont dirigés vers le convoi qui mènera Louis au camp de Sachsenhausen près de Berlin tandis que Lisette ira en Pologne au camps d'Auschwitz Birkenau le 23 janvier 1943. Atteinte de dysenterie, elle meurt quelques semaines après son arrivée à l'âge de dix-sept ans et demi. Quant à Louis, à Sachsenhausen , fin février 1943, il est envoyé dans un kommando de travail chez Heinkel qui est une pièce maîtresse dans ce gigantesque effort de guerre. L'usine est spécialisée dans le montage de bombardiers. 20 000 travailleurs déportés y travaillent à des cadences infernales avec à peine de quoi se nourrir. Au printemps 1945, après un tabassage en règle, il entre au « revier » (baraquement des malades) et on perd sa trace !
Les trois femmes qui les dénoncèrent passèrent en procès devant la cour de justice de Renne en septembre 1945 pour avoir entretenu des relations avec des agents allemands. La camarade de Lisette à la conserverie fût innocentée tandis que la mère de cette dernière et sa collègue furent reconnues coupables et condamnées à des peines de prison et à la dégradation nationale.
Après l'enquête de Stéphanie Trouillard, une plaque des six résistants de Port Louis, fusillés ou morts en déportation , dont Lisette et Louis, fut apposée aux côtés de celle des patriotes bretons fusillés par les allemands et dont les 69 corps furent retrouvés dans un charnier à la libération.
Au fil de l'avancée de l'enquête de Stéphanie Trouillard et de ses découvertes, défilent sous nos yeux les pans de l'histoire de Lisette et Louis. Grâce à cet album, nous découvrons une nouvelle figure féminine qui résista à l'occupant

« Lu dans le cadre du Prix Orange de la BD 2024. Je remercie Lecteurs.com ainsi que les Editions Des ronds dans l'O pour cet envoi. »
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Qui est cette jeune femme qui sourit sur ces clichés d'identification pris en 1943 à son arrivée à Auschwitz ? Que cache ce geste de bravoure, ce regard de défi ? Stéphanie Trouillard, qui découvre ces portraits au hasard de ses recherches, n'a plus qu'une envie: comprendre et connaître cette jeune fille, retracer son parcours.

Pour découvrir qui était Marie-Louise dite Lisette Moru, Stéphanie Trouillard va mener l'enquête, depuis Port-Louis dans le Morbihan, jusqu'à Auschwitz en passant par Romainville. Après "Si je reviens un jour" (et d'autres), la journaliste de France 24 revient nous raconter ces anonymes oubliés de la Seconde guerre mondiale. On suit pas à pas ses recherches et c'est encore passionnant, touchant, utile.

Une mémoire reconstituée et mise en images par Renan Coquin qui réalise là son premier album. Son dessin accompagne l'enquête mais a aussi la lourde tâche de raconter la vie dans les camps d'Auschwitz pour Lisette et Sachsenhausen pour Louis, son ami arrêté en même temps qu'elle.

Ce bel album est complété en épilogue par un album photos très émouvant. Je ne peux que vous conseiller le webdoc réalisé par Stéphanie Trouillard pour France 24 (QR code en story) en complément de cet album qui vient ajouter sa pierre au devoir de mémoire dans lequel la BD joue pleinement son rôle !
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L'histoire de Marie-Louise Moru, résistante bretonne dont les photos prises à Auschwitz peuvent témoigner de son audace alors même qu'elle avait compris l'enfer dans lequel elle était arrivée.
Stéphanie Trouillard a mené son enquête à Port-Louis pour découvrir qui était cette jeune femme au sourire. Cela va la mener vers des archives, des témoignages de personnes l'ayant connue, les derniers lieux vers lesquels Lisette Moru a été emprisonnée avant d'être déportée vers Auschwitz suite à une sombre histoire de dénonciation.
L'auteure permet de mettre un nom et une histoire sur ces photos qu'on a déjà pu apercevoir, un sourire énigmatique mais surtout un sourire de défiance qui en dit long.
Renan Coquin a également fait un merveilleux travail d'illustration au plus proche de la réalité alternant le présent et le passé et les couleurs qui vont de pair.
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critiques presse (1)
BDGest
02 février 2024
Le récit se veut didactique, privilégiant l'aspect documentaire à la dramaturgie. Le graphisme est à l'avenant. Le dessinateur Renan Coquin, qui signe son premier album, opte pour un style semi-réaliste sobre et efficace.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Ce regard et ce sourire, sur une photo prise à Auschwitz. Le contraste est si fort !
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Vidéo de Stephanie Trouillard
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