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EAN : 9782356740700
264 pages
Daniel Maghen (23/05/2019)
4.05/5   88 notes
Résumé :
Gaëtan Nocq adapte en bande dessinée le Rapport Pilecki. Ce document a été rédigé pendant l'été 1945 par le polonais Witold Pilecki. Il y relate son expérience et sa mission dans le camp de concentration d'Auschwitz de septembre 1940 à avril 1943. Le texte du rapport a été publié en France par les éditions Champ Vallon en 2014.
Sur 250 pages, ce roman graphique relate le récit véridique de Witold Pilecki, officier de cavalerie, membre de l'armée secrète polon... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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Connaissez-vous Witold Pilecki ? J'aurais envie de crier son nom, j'aurais envie de faire connaître cet homme !

Ce roman graphique raconte son histoire. Officier de l'armée secrète polonaise, il va en 1940 se laisser volontairement enfermer dans un camp que les Allemands commencent à construire là-bas dans le sud de la Pologne.... près d'Oświęcim dont le nom germanisé est Auschwitz.

Evidemment il ne savait pas dans quoi il tombait. Son but : créer un réseau au sein du camp et envoyer des informations au gouvernement polonais en exil à Londres.

Le plus incroyable : il va réussir ! Il va décrire la vie sur place, il va envoyer des rapports, et il attend les ordres autorisant une insurrection sur place (dans l'espoir que cette révolte soit appuyée par des bombardements alliés). Ordres qui ne viendront jamais....

.

Il réussira à s'échapper en 1943. Il communiquera encore et encore les informations qu'il a et l'urgence qu'il y a à intervenir. En vain.

.

Witold Pilecki sera arrêté le 8 mai 1947 à Varsovie. Après une parodie de procès il sera condamné pour espionnage par le régime communiste et exécuté. Son nom sera tu définitivement. Il n'a été réhabilité que très récemment.

.

J'ajouterai que j'ai emprunté ce livre par hasard, car en le feuilletant j'ai trouvé les dessins et les couleurs magnifiques. Toutefois ils ne sont pas traditionnels et peuvent rebuter (mon mari n'a pas trop aimé mais a dévoré le livre).

Encore une fois je vous conseille vivement de découvrir ce personnage aussi extraordinaire que réel. Witold Pilecki.

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"Le rapport W infiltré à Auschwitz " apporte quelque chose de plus à ce que l'on a l'habitude de lire sur cette période de l'histoire 40-45. Thomasz Serafinski, alias Witold Pilecki se mêle à la rafle en 1940 pour infiltrer le camp d'Auschwitz. Il oeuvre pour recruter des détenus afin de constituer un réseau de résistantscet organiser une rébellion. Il restera à Auschwitz 947 jours et s'évadera le 23 avril 1943.

C'est évidemment un album intéressant mais je trouve que l'on ne voit pas assez les difficultés, les risques que w. Pilecki à dû rencontrer pour mener cette action.

le choix des couleurs est assez surprenant,

il y a une dominante de bleu et de rose. C'est un choix qui a sans aucun doute ces raisons mais je n'ai pas su les saisir.

Il y a beaucoup de pages muettes ce qui amène le lecteur à exacerber ses sentiments.

Gaétan Nocq à fait le choix de représenter les personnages de façon froide, pas ou très peu d'expressions sur les visages et tous se ressemblent, ce qui ne facilite pas la compréhension.

La postface est, quant à elle, très instructive.

J'ai beau lire des tas d'ouvrages sur cette période de l'histoire, je reste toujours (et tant mieux) sans voix devant tant d'horreurs et d'indemnité.

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Automne 1940, un groupe d'hommes dans un wagon plombé cherche à deviner son lieu de destination : les mines de sel ? Non ! Brusquement le train s'arrête, on leur intime de descendre et l'horreur commence : on lâche les chiens sur eux, on leur ordonne de courir et on en abat une dizaine sans sommation sous les rires des SS. On les fait entrer dans un camp dont le portail arbore l'inscription « le travail rend libre » et on leur annonce que les portions alimentaires sont calculées de façon à ce qu'ils ne survivent pas plus de six semaines… Ces hommes sont des polonais raflés quelques jours plus tôt à Varsovie. Parmi eux, Tomasz Serafinski, alias Witold Pilecki capitaine de cavalerie membre de l'armée secrète, s'est fait prendre volontairement car il a une mission : « infiltrer le camp d'Auschwitz pour y constituer un réseau de résistance ». Il y passera 947 jours… Comment va-t-il réussir à survivre dans cet Enfer ? Parviendra-t-il à accomplir sa mission ?

Gaétan Nocq est un passeur de mémoire : depuis son entrée en bande dessinée, il a pris l'habitude de raconter les grands événements du XXe siècle à travers des témoignages : qu'il s'agisse de la vie d'appelé en Algérie d'Alexandre Tikhomiroff dans « Soleil brûlant en Algérie » ou de celle du père de ce dernier, officier dans l'armée blanche russe, dans « Capitaine Tikhomiroff ». A l'instigation de son amie, l'historienne Isabelle Davion, il s'attaque aujourd'hui au destin extraordinaire mais méconnu de Witold Pilecki en s'appuyant sur le document rédigé par ce dernier en 1945 et traduit et publié en France en 2014 aux éditions Champ Vallon sous le titre « le rapport Pilecki ». Nocq raconte ainsi de nouveau une histoire où l'humain et l'inhumain cohabitent, en la mettant à la portée de tous grâce à la bande dessinée mais sans souci didactique ni intentions moralisantes.

Pour ce faire, il va d'abord choisir de mettre l'accent sur l'une des dimensions du « rapport Pilecki ». En baptisant son adaptation « le rapport W », il instaure un certain mystère. Il va continuer de piquer la curiosité du lecteur en choisissant comme sous-titre « Infiltré à Auschwitz », il met, en effet, en avant la dimension romanesque de ce rapport - qui se voulait avant tout factuel - pour en faire un roman d'espionnage. le lecteur assiste ainsi à la mise en place progressive du réseau : comment il se constitue progressivement par cellules de cinq membres autonomes les unes des autres, comment il fonctionne par langage codé, comment il crée de l'entraide, comment il fait sortir les renseignements du camp, comment il envisage un soulèvement ou encore comment il se débarrasse des mouchards dans deux séquences de contre-espionnage frappantes (la boîte aux lettres et l'hôpital).

Ceci instaure une dynamique narrative et maintient le lecteur en haleine, mais Nocq ne renie pas pour autant la dimension testimoniale du récit source. Et, après s'être extrêmement documenté comme le montrent à la fois la bibliographie en fin d'ouvrage et les aquarelles de la postface dessinées lors de deux voyages de repérages (l'auteur a longtemps été carnettiste), il livre le récit du quotidien de la survie à Auschwitz I. Il évoque sans pathos (la plupart des violences sont en hors champ) les tortures arbitraires pratiquées à l'aide de tabourets par exemple ainsi que la cruauté des geôliers qui, à Noël, décorent le camp avec de beaux sapins illuminés mais font pratiquer à leurs prisonniers une gymnastique de la mort dans le froid. Il souligne la cruauté d'un tel monde ou des hommes meurent chaque jour sous les coups tandis que d'autres se préoccupent de se faire refaire une cuisine ou aménager un petit jardinet…. C'est grâce à cet oxymore entre les conditions âpres et violentes de survie des prisonniers et la peinture en bleu de Delft d'un intérieur cossu avec napperons et bibelots que l'on ressent pleinement l'enfer du camp. On peut aussi comprendre l‘importance vitale, au sens propre, que revêtent dans de telles conditions des choses qu'on juge banales : un couvre-chef, une paire de chaussettes ou quelques pommes de terre… Enfin le quotidien itératif, abrutissant et sombre qui nous est dépeint met d'autant en relief les étincelles d'humanité : les kapos qui fournissent un travail à l'abri ou du rab de nourriture malgré le danger, les discussions avec l'artiste Slawek qui permettent au narrateur de se nourrir intellectuellement ainsi que les échappées -de toute beauté - dans le rêve ou le souvenir d'enfance qui donnent de l'épaisseur au personnage et provoquent l'empathie du lecteur.

Gaétan Nocq découpe le texte original selon une écriture véritablement musicale : on a une multiplication de rythmes : des pauses, des accélérations, des silences… Il enchaine récitatifs, dialogues et planches muettes. Il propose un découpage varié : avec des pleines pages ou des doubles pages ou au contraire une multiplication de cases. On sent ainsi tantôt l'urgence et le danger tantôt le poids du quotidien et le temps qui s'écoule très, trop lentement (les parties évoquent une sorte de compte à rebours jusqu'à son évasion mais de façon très vague « 95 jours jusqu'à Noël, » « 272 jours jusqu'à l'été », « 580 jours jusqu'au lundi de Pâques 1943 » contrairement au rapport original découpé lui année par année…) dans une sorte d'irréalité.

Ce sentiment d'inquiétante étrangeté est également magistralement retranscrit dans le choix des couleurs. Il n'y a quasiment jamais de réalisme chromatique (hormis dans la séquence inaugurale) dans ces pages quasi monochromes qui déploient des dégradés de rouges (un magenta et un ocre rouge) ou de bleu (bleu de Prusse) et des variations de gris et de mauves par superposition. Ces couleurs primaires, a priori surprenantes pour décrire un univers concentrationnaire, permettent de retranscrire les sentiments et les émotions du protagoniste et de créer différentes atmosphères : le bleu pur associé au blanc des souvenirs d'enfance, de l'intérieur de l'officier SS et de la voute étoilée apaise et s'oppose aux gris du camp et au rouge de la violence et des cauchemars. Les paysages de l'extérieur du camp décrits avec des lignes courbes et horizontales rappellent les toiles du peintre romantique Caspar Friedrich tandis que les bâtiments à moitié plongés dans l'obscurité et éclairés par de petites lumières acquièrent un halo de mystère et évoquent Edward Hopper alors que le travail sur les ombres rappelle le cinéma expressionniste allemand.

On a donc bien ici un texte riche et polysémique à l'instar des pages de garde de l'album avec ses cases bleues et blanches qui présentent des objets du quotidien : jouets en bois, boîte aux lettres, flacon, colis, briques... Elles peuvent en effet être interprétées comme un clin d'oeil aux célèbres cadres d'Hergé dans les pages de garde des « Tintin » (jeu sur l'intertextualité) ou comme symbolisant un échiquier (roman d'espionnage) ou enfin comme étant un témoignage métonymique du vécu des camps pour lequel chaque objet acquiert une signification supplémentaire après la lecture. Bref, un livre indispensable qui, comme le « Maus » d'Art Spiegelman, fera date et mérite de figurer dans toutes les bibliothèques et CDI de France et de Navarre !

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Infiltration d'un homme au camp de Auschwitz en tant qu'informateur pour le gouvernement polonais. Contraste saisissant entre le texte et les dessins aux belles couleurs qui atténuent l'horreur pour en apporter de la douceur. Fascinant, intéressant, inoubliable. du grand art !

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Pour tout le monde, Auschwitz est un nom qui se suffit à lui-même, il est le synonyme de l'enfer sur terre, le lieu des pires abominations, le plus grand cimetière de tous les temps avec ses un million de personnes assassinées.

Le rapport W est le récit d'une histoire d'Auschwitz différente, finalement peu connue, celle des premiers temps du camp et celle de la résistance des Polonais du camp.

Nous suivons le parcours d'un homme, Witold Pilecki, connu dans le camp sous le faux nom de Tomasz Serafinski. Cet homme est issu d'une famille de Polonais résistants de père en fils. Il est membre de l'AK, l'armée secrète polonaise et le 19 septembre 1940 il se mêle volontairement aux victimes d'une rafle de Varsovie. En effet, il a décidé de se faire emprisonner à Auschwitz, pour y organiser la résistance en vue d'une insurrection du camp. Il restera 3 années prisonnier avant de s'évader.

Ce livre retrace brièvement ces 3 années de détention.

Cet ouvrage est passionnant car il aborde un pan de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale peu connue, la résistance dans les camps de concentration nazis et particulièrement dans le plus tristement célèbre d'entre eux, Auschwitz. On y voit comment Pilecki met en place, patiemment les multiples cellules d'un vaste réseau de renseignement et de résistance. Par son intelligence politique et sa volonté, il va réussir à réunir les différents courants de résistants présents dans le camp (AK, ZWK, SZP, SN, BO-PPS...). le but est l'entraide, la préparation d'une insurrection et le renseignement pour l'extérieur.

A son apogée, en 1942, l'organisation clandestine comptera environ 800 membres répartis dans tous les secteurs clés du camp.

Pilecki va transmettre de nombreux rapports à Varsovie et Londres dans l'espoir de coordonner une attaque et une insurrection du camp. Mais l'ordre d'agir ne viendra jamais, d'où sa décision au bout de 3 ans de captivité de s'évader pour aller lui-même rapporter ce dont il avait été témoin.

Cet ouvrage est vraiment intéressant car on y voit de l'intérieur le fonctionnement de cette machine infernale. Pilecki nous permet d'appréhender les différentes strates de pouvoir, du commandant du camp au kapo. Nous voyons également la répartition des tâches et comment certains kommandos ou secteurs sont recherchés car permettant d'être d'avantage à l'abri.

En plus d'être passionnant ce roman graphique est esthétiquement très beau, dans les couleurs notamment. Il y a une certaine douceur, même si cela peut paraître absolument impossible face au sujet. le dessinateur ayant centré son œuvre sur Pilecki, il ne nous met pas en permanence face à l'horreur concentrationnaire. Mais la violence et la dureté sont présentes en permanence en fonds ou dans les paroles.

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critiques presse (4)
Sceneario
04 septembre 2019
Le rendu artistique est une chose, le propos en est une autre. Qu'on ait des bémols à formuler sur l'un ou sur l'autre, la combinaison des deux fait cependant mouche : en effet, l'objectif de transmettre l'information, de nous raconter cette histoire extraordinaire, est atteint !
Lire la critique sur le site : Sceneario
BoDoi
22 juillet 2019
Au-delà de son grand intérêt de reconstitution historique, l’album de Gaétan Nocq émeut par ce récit juste et sobre de descente aux enfers volontaire, qui voit son héros survivre mois après mois, comme par miracle, en attendant en vain un message de l’extérieur.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Telerama
27 juin 2019
De 1940 à 1943, il s’est plongé volontairement dans l’horreur d’Auschwitz pour en tirer un rapport, alertant les autorités polonaises. Dans cet album, Gaëtan Nocq met en images l’incroyable mission d’espionnage de Witold Pilecki. Fascinant.
Lire la critique sur le site : Telerama
BDGest
05 juin 2019
Une belle réussite, un album cohérent où le sujet, le texte, le dessin et les couleurs convergent habilement.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation

Il existait encore un monde où les gens vivaient normalement. Et là-bas, à quelques kilomètres, il y avait ce camp, où régnait l'enfer. Le meurtre, l'anéantissement de toute humanité... Des hommes torturaient, assassinaient d'autres hommes. Et ce SS ? Là-bas, dans le camp, c'était un tortionnaire, un boucher ; ici, il prétendait être un homme. Dans cette maison, il faisait son nid. Sa femme allait arriver. Il pouvait avoir des sentiments.

[p41-42]

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Nous rentrions au camp par le portail. Je comprends maintenant l'inscription en fer forgé. Oui, le travail rendait libre... car il libérait du camp... il libérait l'esprit du corps, ce corps destine au crématoire. (p. 68)

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Toute la journée, nous avons roulé. Aucune nourriture, aucune boisson ne furent distribuées. Mais, après tout, personne ne voulait manger. Du pain avait été fourni le jour précédent. Nous le gardions. Nous n'avions pas conscience alors de la valeur d'un morceau de pain (p. 5-7)

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Le jeu que je jouais à Auschwitz était dangereux. En fait, j'avais largement dépassé ici ce que, sur terre, on appelle dangereux. (p. 135)

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S’il y a cet enfer, c’est à cause de l’ignorance. Seule la culture nous sauvera

- Belle sentence

(Le sculpteur Slawek et son codétenu Witold Pilecki à Auschwitz en 1942, p.173)

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