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EAN : 9782021020403
144 pages
Éditeur : Seuil (13/10/2011)

Note moyenne : 3.21/5 (sur 29 notes)
Résumé :
«Ma femme avait ramené un garçon.
Elle avait prétendu que c'était le fils d'une camarade de fac. Je trouvais ça un peu bizarre, mais j'ai été frappé par le regard mélancolique du garçon : ses yeux avaient un éclat émeraude de la couleur d'un vieil étang. Je l'observais tout en lui servant à boire : malgré son comportement et son élocution, fort courtois, il laissait échapper, par instants, des paroles fielleuses qui surprenaient beaucoup. Ses attaques, qui ne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
joedi
  10 août 2015
Ce que je retiendrai de ce livre c'est avant tout la qualité de l'écriture, le style et la poésie qui font que je lirai encore cet auteur. Quand à l'histoire, elle est dantesque, à la façon de Kafka, Hitonari Tsuji ne donne pas de nom à ses personnages, ils les nomment par leur statut dans la famille. le vieil homme, le grand-père, vit plus avec sa femme et ses amis morts que dans le présent, il attend le jour où il les rejoindra. La mère de famille s'ennuie mortellement, tous les jours elle conduit et va rechercher son plus jeune garçon à l'école en promenant son chien lorsqu'elle rencontre Dahlia, un beau jeune homme basané qui va la soumettre totalement à un tel point que dépendante, elle l'amènera chez elle en le faisant passer pour le fils d'une amie. Dahlia c'est une forme humaine du diable, sous son emprise,toute la famille, à l'exception du grand-père, va connaître les tréfonds de son âme. La quatrième de couverture qualifie l'histoire d'une brillante allégorie à mi-chemin entre Poe et Pasolini. Un roman que je n'ai pas aimé mais lu jusqu'au bout pour les raisons évoquées ci-avant. **** pour l'écriture.
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TyJecyka
  25 mars 2012
Je n'étais pas allée à la bibliothèque pour « Dahlia » de Hitonari Tsuji, le livre que j'allais chercher n'était pas disponible.
C'est « Dahlia » qui est venu à moi en me faisant de l'oeil sur l'étagère « Coups de Coeur » à l'entrée de la salle de lecture. 130 pages écrites « gros ,voilà ce qu'il me fallait. le 4ème de couverture se finit par « Un intrus dans une famille bouleverse toute la vie quotidienne. Une troublante allégorie, à mi-chemin entre Poe et Pasolini. »
Mes souvenirs nébuleux de Poe et ceux aussi précis de « Les Ragazzi » de Pasolini m'ont laissé à penser qu'un peu de mystère et de sexe ne peuvent pas nuire…J'avais oublié la dimension fantastique de Poe.
« Dahlia » est un roman japonais, le style typique de cette littérature est respecté : des phrases denses, courtes avec un choix précis du vocabulaire qui ne laisse aucune ambiguïté quant à l'émotion recherchée chez le lecteur. Et des émotions dans ce roman , il y a en ; pas tout à fait celles qu'on pourrait attendre mais celles qui relèvent du romantisme pur entre souffrance et volupté…
L'histoire commence dans un pavillon de banlieue, n'importe qu'elle banlieue urbaine où le vieux centre-ville s'est fait happé par la nécessité d'extension des logements pour accueillir de nouvelles populations.
Un homme vieux, tente de fuir la réalité en ayant des visions d'Autres. Morts ou Vivants, réels ou irréels ?
Une famille, 6 membres. Un amant qui se faufile dans le quotidien en répondant aux désirs des habitants de ce pavillon…
Imposteur ou Diable ? Mort ou Vivant ? Réel ou Irréel ? L'intrus devient l'acteur principal et nous balade d'un monde à l'autre en nous faisant voyeur de ses frasques.
Quelque fois au bord du déséquilibre, parfois laissant le lecteur errer dans un couloir à la recherche d'un trou de serrure…On a le sentiment d'être une âme dans cette maison dotée d'une vison circulaire. Sensation bizarre mais une fois encore aucune envie de fermer le livre.
J'ai été déstabilisée par l'absence de transition et de lien entre le premier chapitre et le second. J'ai eu un instant l'impression de lire des saynètes. Puis les chapitres suivants s'enchaînant, je me suis dit que je comprendrai sans doute le premier à la fin du livre. Ce ne fut pas une évidence, il a fallu que je le relise après avoir fermer le roman . Et j'hésite encore quant à ma compréhension.
Je dirais donc que « Dahlia » est un roman à découvrir si on veut faire une expérience de lecture décalée. Il s'agit bien d'une allégorie, j'aurai du ma concentrer sur le terme à la lecture du 4ème de couverture. Une lecture avec une approche plus philosophique le rendrait peut-être plus limpide. Je me demande bien , encore, pourquoi « Dahlia » m'a fait de l'oeil depuis son étagère « Coup de Coeur » de la bibliothèque municipale. Peut-être se demandait-il lui même ce qu'il y faisait…
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edwige31
  09 août 2013
Envoutant !!!!! Je suis envoutée par ce roman comme le sont tous les membres de cette famille par l'étrange jeune homme (?) appelée Dahlia. J'ai vraiment retrouvé la magnifique écriture et l'originalité de Hitonari Tsuji qui m'avait tant plu dans le recueil de nouvelles « La promesse du lendemain ».
C'est l'histoire un peu fantastique d'une famille qui va être amener à accueillir Dahlia, un jeune homme étrange qui semble être apparu pour assouvir tous les vices et sombres désirs de la mère, puis, du fils, de la fille et enfin de chef de famille. le récit commence par le grand père, qui survit dans un monde intermédiaire entre les vivants et les morts et malgré sa démence, il a su lire en Dahlia, toute sa perversité. La mère rencontre Dahlia, un jeune homme beau et troublant, lors de ses promenades quotidiennes avec son chien, qui lui permettent de combler le vide de son existence et de son ennui. Très vite, leur relation prenne un aspect sadomasochiste et malgré la violence de son amant, elle l'introduit dans sa vie familiale. Tour à tour, chacun des membres de la famille va succomber au charme malsain du jeune homme. Qui est-il vraiment ? Quelle est sa véritable nature ?
Ce roman ne peut laisser indifférent : il est troublant par la sensation de perversité, qui se dégage de Dahlia. L'étrangeté de sa nature et sa capacité à manipuler les personnes pour leur faire assouvir leurs désirs sexuels les plus sombres, en font un personnage mystérieux et inquiétant. Encore une fois, Hitonari Tsuji dissèque implacablement la société japonaise, où le manque de sens existentiel et l'absence de chaleur dans les relations humaines produisent des êtres froids, insensibles et sans saveur. Il est difficile de catégoriser cet ouvrage : récit fantastique ? Allégorie du vide de nos existences et de nos relations humaines ? Fable philosophique ? Chacun pourra le lire selon la dimension auquel il est le plus sensible. J'ai vraiment été charmée par ce roman…
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Marion30
  08 août 2013
Voici un livre qui m'a fait irrésistiblement pensé aux nouvelles d'Edgar Allan Poe : on y trouve cette note fantastique qui fait basculer la normalité dans un monde où les fantômes côtoient des créatures lubriques et malsaines. L'élément surnaturel qui amène l'intrusion du fantastique est assuré par la présence de Dahlia, jeune homme au charme ravageur et malsain, qui a tous les traits du diable en personne. Buriné et asexué, ce dernier n'hésite pas à saccager et salir une vie de famille qui donne l'impression de n'avoir attendu que cet évènement pour « vivre ». Dahlia m'a également fait beaucoup pensé au roman : le Diable amoureux de Jacques Cazotte, du fait de l'incarnation « mortelle » de cette créature, dont on ne sait pas si elle intervient vraiment dans ce quotidien, ou si c'est juste un rêve, comme l'auteur semble le suggérer à plusieurs reprises et même qu'il affirme puisque le père dit à la fin qu'il aurait voulu ne jamais finir ce « rêve éveillé ».
C'est là le principal trait fantastique qui nous fait refermer le livre sur une réelle ambigüité : est-ce que ce qui a été raconté est vraiment vécu par les personnages ou non? de ce point de vue, cette histoire est vraiment bien mise en scène, on ne cesse jamais de se poser des questions.
Par ailleurs, la mise en place du « mal » prend la forme de chacune des faiblesses des membres de cette famille, plus névrosés les uns que les autres. C'est donc intéressant de se demander s'ils vont tous céder à la tentation ou non. le personnage de Dahlia s'apparente à une véritable allégorie de la tentation qui prend toutes les formes possibles et imaginables, au gré des envies du récepteur qui crée lui-même son propre fantasme, et cette idée-là est géniale.
Ce livre est vraiment et surtout dérangeant : il laisse une impression inquiétante sur le lecteur, qui a la sensation de voir se dérouler devant lui un cauchemar d'un réalisme troublant, avec une stupéfaction égale à celle du père ici qui voit se passer des choses sans arriver à les maîtriser. On sort de la lecture comme lui sort de sa maison, réplique miniature d'un château aux mille horreurs : on respire quand on en voit la fin.
Je ne pourrai pas vraiment dire si j'ai aimé ou pas, au contraire de l'un de ses précédents ouvrages, que j'avais adoré, En attendant le soleil (Belfond). J'avais juste envie de savoir comment les protagonistes allaient s'en sortir, si Dahlia aurait une mainmise totale sur cette famille, si tout cela était vrai, bref, de savoir comment ça allait se terminer. de plus, c'est un livre qui se lit facilement et qui attise la curiosité, tout en nous faisant nous poser des questions à n'en plus finir, et c'est un élément vraiment appréciable.
Une idée intéressante revient dans cette histoire : ces personnages qui vivent un quotidien qui est d'un ennui aussi insupportable qu'assassin, subissent tous, à des degrés divers, la violence et l'aura malsaine de Dahlia qui les conduit à réaliser le pire, quitte à perdre de leur humanité. En contrepartie, ils ont le droit de vivre et de faire exploser leur désir, comblant ainsi les manques dévastateurs qui les tuent à petit feu. Même s'ils souffrent et qu'ils sont humiliés, ils apprécient ces moments où ils se laissent aller, qui a plus de réalité que leur vie passée. La question se pose : est-ce que la vraie vie, ce n'est pas la réalisation de ces fantasmes dans lesquels tout est osé et où le regard des autres ne compte plus, et qui, bien au contraire, n'en devient que plus excitant ? C'est sans doute l'une des théories qui m'a le plus marquée dans Dahlia.
En revanche, on pourrait trouver la chute « rapide » et de se demander si c'est vraiment une « résolution » de l'histoire, et donc quel en est vraiment son sens. Je ne suis pas certaine d'avoir tout compris, et une seconde lecture avec une attention particulière à ce qui m'a échappé au premier contact serait sûrement nécessaire pour en saisir vraiment le sens. Je trouve également qu'il y a trop d'insistance sur l'aspect « sexuel » de la tentation : la majorité des personnages ont un problème de frustration à résoudre, et à la longue, même si cela donne des scènes aussi bien sensuelles qu'horribles, d'une ambigüité fascinante, cette insistance devient lassante.
Pour résumé, je dirai que Dahlia et une allégorie troublante et percutante, qui laisse une forte impression sur le lecteur. de plus, ce texte est parsemé de références et de richesses cachées qui mériterait vraiment une analyse précise.
Lien : http://blackcritic.wordpress..
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kuroineko
  17 novembre 2012
Même si ce roman m'a un peu moins emballée que "Le Bouddha blanc" ou "Pianissimo, pianissimo", je ne m'y suis pas ennuyée.
J'ai trouvé le personnage de Dahlia particulièrement fort. Tout au long de ces chapitres-nouvelles, on s'interroge sur le degré de malfaisance dont il va se montrer capable. Mais finalement qui est le plus coupable? Lui avec ses airs de diable faustien ou ses victimes qui appellent ce changement de leurs voeux et qui cèdent à ses (et leurs) pulsions? La réaction des différents membres de la famille tendrait à prouver qu'il n'y a que dans le mal que se trouve la solution à l'ennui. Seuls le chien et le grand-père échappent à ces tentations et voient clair dans le personnage de Dahlia.
Dans le contexte d'intrusion d'une communauté étrangère, on se croirait plus dans certaines banlieues françaises qu'au Japon. D'ailleurs rien ne mentionne que l'histoire se déroule dans l'archipel. Au contraire, Tsuji oppose à un moment cheveux blonds et yeux bleus à la peau basanée des nouveaux arrivants dans le quartier.
Certains passages m'ont cependant un peu rebutée, notamment les passages sortis tout droit de chez le marquis de Sade ou encore le chapitre où le mari rêve éveillé (du moins, croit-on car la frontière entre réalité et surnaturel est très poreuse chez Hitonari Tsuji). En revanche, son travail sur les jeux de lumière et leurs symboles reste toujours intéressant. Tsuji utilise souvent ce procédé dans ses romans (la grisaille presque palpable dans "Pianissimo, pianissimo" ou les luminosités entre ciel et mer dans "La Lumière du Détroit".
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   09 août 2015
«... mourir signifie que l'âme se libère du corps. La mort est la séparation de l'âme et du corps. C'est cela qu'on appelle la mort.»
...
«Suivant ce raisonnement, il n'y a rien de bizarre à ce que le monde spirituel et le monde réel se trouvent au même endroit. Les fantômes n'ont fait que perdre leur corps.»
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joedijoedi   09 août 2015
Chaque fois que les feuilles d'acacia se balançaient au vent dans le jardin, un carré de lumière, reflétant la lucarne, ondoyait en mille métamorphoses sur le tapis persan, comme un objet précieux dans la vitrine d'un musée.
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chriskorchichriskorchi   17 mai 2013
« Ma femme avait ramené un garçon. Elle avait prétendu que c’était le fils d’une camarade de fac. Je trouvais ça un peu bizarre, mais j’ai été frappé par le regard mélancolique du garçon : ses yeux avaient un éclat émeraude de la couleur d’un vieil étang. Je l’observais tout en lui servant à boire : malgré son comportement et son élocution, fort courtois, il laissait échapper, par instants, des paroles fielleuses qui surprenaient beaucoup. Ses attaques, qui ne concernaient pas seulement les politiciens et les riches, mais toutes sortes de personnes puissantes ou faibles, faisaient mouche. En l’écoutant en silence, je me demandais si, en dépit de son apparence très juvénile, il n’avait pas, au fond, tout juste dix ans de moins que ma femme.
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AmorinaAmorina   12 avril 2013
Pour toi, ça revient au même. N'est-ce pas ? Peu t'importe de quel côté tu te trouves. Le nouveau-né reçoit la vie à l'instant même de la naissance et commence à vivre. Et toi, bientôt ton âme va bientôt quitter ton corps. Et tu ne fais que terminer ta vie. À quoi servirait-il de te débattre ?
Elle rit.
Même après que s'éteindra ta vie, ton monde demeurera.
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Marion30Marion30   08 août 2013
« Ce qui semblait être la pointe de sa langue glissa dans ma bouche et atteignit la mienne. Entre la monstruosité de cette vision et le plaisir que j’éprouvais réellement se creusait un incroyable écart impossible à combler. J’étais le jouet de sa dextérité à remuer la langue, un art dont le diable avait le secret : elle se mouvait avec une délicatesse et une souplesse si inattendues que j’avais le cœur et les nerfs envoûtés. »
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Payot - Marque Page - Hitonari Tsuji - Dahlia
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