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Corinne Atlan (Traducteur)
ISBN : 2070314677
Éditeur : Gallimard (01/12/2005)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 52 notes)
Résumé :
" Peu après son entrée en primaire, il avait tranquillement quitté la maison. "L'école, ça ne lui a jamais beaucoup plu", disait ma mère avec un sourire fataliste. Mon frère était donc parti sur un coup de tête, sans que rien laissât deviner cette intention. Ces escapades se renouvelèrent. Parfois il ne rentrait pas de toute une journée, voire deux. "
Mais, devenu adulte, Yûji finit par disparaître pour de bon, sans plus jamais donner de nouvelles. Dix ans pl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  26 novembre 2016
Enfant silencieux et fugueur, Yûji a toujours considéré son frère comme un étranger, blessant cruellement cet enfant de 9 ans son cadet qui l'observait de loin, plein d'admiration. Et dès qu'il a été en âge de quitter la maison, Yûji est parti pour Tokyo, ne revenant que de loin en loin, surtout pour réclamer de l'argent à sa mère. Mais aujourd'hui, ses parents sont morts et son frère se lance à sa recherche. Après 10 ans sans avoir vu son aîné, le cadet arrive à Tokyo sur les traces d'un frère qui a quitté la place depuis des mois. Installé dans son appartement, rencontrant ses amis et ses petites amies, il apprend à connaître cet inconnu, à la fois aimé et craint, et peut-être à se connaître lui-même.
Yûji, absent, fantasmé, dont l'ombre continue d'étouffer son jeune frère qui n'a pas pu se construire, blessé depuis sa toute petite enfance par l'indifférence, le mépris et la cruauté de son aîné. D'où sa quête éperdue dans les rues de la tentaculaire Tokyo, à la recherche de son insaisissable frère. En côtoyant ses amis, il découvre un être fuyant, borderline, qui cherche lui aussi quelque chose, son moi profond, la preuve de son existence, son âme. Car au fil des ses souvenirs, se dessine le portrait d'un homme de l'ombre qui ne sait que laisser le vide derrière lui. En se glissant dans ses pas, en séduisant même une de ses petites amies, le cadet ''tue'' l'aîné comme on tue le père. Vivement conscient de la personnalité toxique de Yûki, son frère pourra-t-il cicatriser ses blessures et aller de l'avant ?
Un roman énigmatique, addictif, où Hitonari Tsuji décrit des êtres torturés, solitaires, sur le fil du rasoir, à la recherche d'une voie à suivre dans un monde sans repères. Beau et désespéré.
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joedi
  01 août 2016
Le narrateur, dont j'ignore le nom, se présente toujours comme le frère cadet de Yûji, il a neuf ans de moins. Yûji a toujours été un fugueur, dès l'école primaire il disparaissait parfois plusieurs jours. Après le décès de ses parents, le narrateur décide de partir à la recherche de son aîné, il n'a plus eu de ses nouvelles depuis plusieurs années. Arrivé à l'appartement de Yûji, déserté depuis plusieurs mois, il découvre la photo et l'adresse d'une jeune femme, Hisami Shinoda, qui le renseigne sur son frère. Sur le répondeur téléphonique, il entend des messages d'autres jeunes femmes qu'il contacte. La recherche de Yûji, ce qu'il apprend sur lui et ses souvenirs forment la trame du roman. Yûji possède une personnalité étrange et mystérieuse. Lors de cette quête désespérée, le narrateur découvre Tokyo qu'Hitonari Tsuji décrit très bien. Yûji sera-t-il retrouvé ?
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DarkHawk
  10 mars 2013
Après l'excellent La lumière du détroit, je replonge avec plaisir dans l'oeuvre d'Hitonari Tsuji. Avec l'arbre du voyageur, l'auteur continue à explorer la nature humaine.
On y suit le parcours d'un jeune homme qui, à la mort de ses parents, part à la recherche de son grand frère Yûji. Il n'a plus de nouvelles depuis 10 ans de ce frère à la personnalité étrange et fascinante qu'il a tant admiré lors de son enfance.
Celui-ci n'est pas venu à l'enterrement de ses parents, son téléphone n'est plus en service, son appartement à Tokyo est vide.
Notre jeune héros va alors se rendre dans cette grande ville afin de mener son enquête à la recherche de son frère et de lui même.
Comme dans La lumière du détroit, l'auteur utilise la première personne pour nous plonger dans la vie de ce jeune frère. On ne connait pas son nom, celui-ci n'a pas d'importance. Il a perdu son individualité dans sa fascination et son admiration sans borne pour son aîné qui l'a pourtant perpétuellement rejeté.
Le personnage principal est donc incontestablement Yûji, le grand frère terrible. Il est absent, mais on observe au fil des pages l'influence qu'il a pu avoir sur les différentes personnes qu'il a croisées.
La progression de l'enquête ressemble à un plongeon dans un gouffre de désespoir pour ce jeune frère. Il perd peu à peu ses derniers repères, peinant à réagir.
« Des vieillards assis au bord de l'étang nourrissaient les carpes ; des étudiants dessinaient les cerisiers en fleur dans leurs carnets de croquis ; sur les bancs, des couples déjeunaient d'un repas froid préparé à la maison ; des époux en jogging faisant leur parcours au pas de course ; des dames ramassaient les crottes de chien, des familles entières se promenaient. Toutes ces petites scènes entraient dans notre champ de vision, composant un tableau plein de béatitude. On aurait dit des figures de cire exposées dans un pavillon intitulé précisément Maison du bonheur.
Cependant, étrangement, plus ce qui nous entourait semblait représenter une image fidèle du bonheur, plus je sentais monter en moi une tristesse sans raison qui menaçait de me faire perdre l'équilibre, comme si j'avais à porter non seulement mon propre malheur, mais aussi celui des autres.»

On ne peut s'empêcher de remarquer l'absurdité du comportement de ce jeune frère qui s'obstine à mimer son aîné. Celui-ci est fascinant, on ne peut pas le nier, mais il dégage une noirceur profonde.
Les personnages sont très poignants, et l'auteur réussit parfaitement à nous transmettre leurs sentiments. Ils nous apparaissent tous brisés par le passage de Yûji. le charisme de ce dernier apparaît comme irrésistible et destructeur.
«Était-ce parce que nous ne faisions rien d'autre que chercher la trace d'un disparu, elle en moi et moi en elle ? En nous dénudant tout les deux, nous cherchions à nous laver de l'empreinte laissée par Yûji. En nous enlaçant, nous cherchions à nous délivrer de son absence.»
Hitonari Tsuji exprime magnifiquement ce désespoir ambiant d'une plume douce et poétique. Encore une fois, j'ai été complètement séduit par cet auteur. C'est intense, c'est beau !
«Je me sentais comme un papillon sorti de sa chrysalide, déployant ses ailes dans le ciel, mon corps était bien plus léger qu'une semaine plus tôt. Riant sous cape sans même savoir pourquoi à l'évocation de mes souvenirs, j'allai me promener dans les allées du parc situé juste à coté de l'appartement de mon frère. Les branches tordues des cerisiers dissimulaient le ciel. A leur extrémité, des boutons prêts à s'épanouir se tendaient comme des seins de jeune femme enceinte. J'attrapai une branche à ma hauteur et en cassai sans raison un morceau d'une trentaine de centimètres. Dans un craquement, le coeur tendre et rosé apparut sous l'écorce brune. Un tressaillement me parcourut, comme si j'avais blessé un être vivant. Je léchai l'intérieur de la branche, cela me laissa un goût amer sur le bout de la langue.»
L'arbre du voyageur est un livre poignant et poétique. Un roman à ne rater sous aucun prétexte !
Note : 8/10

Lien : http://www.les-mondes-imagin..
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le_Bison
  19 mars 2012
La métempsycose, cela vous parle certainement. Thème récurent chez Hitonari Tsuji, il était également présent dans « le Bouddha Blanc », précédent roman de l'auteur qui a eu mes faveurs. Mais n'ayez pas peur d'une prise de tête sur ce vaste sujet ambitieux ; ici, il ne sert que prétexte à expliquer la cause du départ de Yûji, frère aîné de la famille. Dix ans plus tard, suite au décès de ses parents, son jeune frère décide de partir à sa recherche dans un Tokyo ultra-branché...
Un grand frère qu'il a toujours idéalisé, mais dont il ignore tout. Tel un détective privé, il va sillonner les rues de Tokyo, visiter son ancien appartement, fréquenter ses ex-petites amies, ses collègues de bureau, pour tenter de résoudre le mystère de sa disparition. Mais Yûji n'a pas que disparu de sa famille, il semble s'être là-aussi totalement volatiliser. Personne ne semble l'avoir vu depuis plusieurs mois. Est-il mort ?
Cette recherche va s'avérer pour le frère cadet comme une véritable quête initiatique où ce dernier tentera de comprendre son frère, ses émotions, ses motivations et ses pensées. Il s'accaparera un peu les amis de son grand frère pour s'immiscer dans sa vie, une vie bizarre et marginale au premier abord, mais avec plus de réflexion juste et toujours intègre. Pourtant, il semble si différent de son frère aîné, du moins au début...
Pas une seconde d'ennui dans cette quête, les pages défilent à la vitesse d'un Shinkansen lancée à toute allure. Je me mets facilement à la place de ce cadet, et tente avec lui de comprendre ce qui a pu advenir de ce grand frère. Les hypothèses sont là : mort, disparition voulue et choisie, monde parallèle... Les images de Tokyo sont bien présentes, je n'ai aucun mal à me représenter, anonyme parmi la foule, debout devant la célèbre statue du chien Hachikô de Shibuya. Pour s'imprégner de quelques odeurs du Tokyo moderne, pour baigner les doigts de pieds dans un onsen fumant en réfléchissant de loin à la métempsycose, pour apercevoir le majestueux Mont Fuji au sommet d'un gratte-ciel de Shinjuku, « L'Arbre du Voyageur » est un roman idéal et un peu magique.
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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OlivierH77
  19 janvier 2015
Le narrateur, qui vient d'enterrer ses parents décédés à quelques jours d'intervalle, n'a plus revu son frère Yûji depuis dix ans. Ce frère aîné de neuf ans (il a aujourd'hui 28 ans) à la personnalité secrète est un véritable fantôme. Fugueur et insaisissable, il exerce sur tous une grande fascination.
Pendant un mois de recherches à Tokyo, il rencontre les femmes que son frère a aimées, Hisami et Atsuko, ainsi que son ami Yasuda, allant jusqu'à devenir le nouveau petit ami d'Hisami.
Mais qui est vraiment Yûji, à la fois si ressemblant et si étranger à son frère, quelles blessures, quels vices, quels rêves inaccessibles et hallucinés cache-t-il, et qu'est-il devenu, est-il seulement encore en vie ?
Pour le narrateur, la vérité sera...un choc.
Le point fort et émouvant de ce roman est d'explorer les sentiments ambivalents et complexes entre deux frères à la fois si proches et quasi-étrangers l'un à l'autre, entre amour, dureté, pudeur, admiration, concurrence, jalousie...
Les 190 pages se lisent très rapidement, il y a parfois presque du thriller, en tout cas du rythme, qui donnent la sensation qu'une action plus dense qu'à l'accoutumée chez les nippons, sans sacrifier au style et aux dialogues, pas ridicules et empreints d'émotion et de poésie, même si ce n'est pas à la hauteur des plus grands classiques japonais.
La fin est cependant bien énigmatique, ou s'il n'y a pas d'énigme, c'est carrément décevant, enfin je ne suis pas sûr d'avoir parfaitement compris, et ça ça m'a gâché le plaisir !
Malgré tout une belle découverte.
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   31 juillet 2016
— À l'origine, karma signifie “acte” en sanskrit. C'est ce qui est connu sous de nom de gô dans la terminologie bouddhique japonaise. Pour les bouddhistes, gô veut dire que les actes commis avec nos corps, les paroles prononcées par nos bouches, les pensées qui occupent notre conscience, ces trois choses réunies sont causes d'actes qui entraînent des conséquences et construisent notre futur.
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DarkHawkDarkHawk   09 mars 2013
Des viellards assis au bord de l'étang nourrissaient les carpes ; des étudiants dessinaient les cerisiers en fleur dans leurs carnets de croquis ; sur les bancs, des couples déjeunaient d'un repas froid préparé à la maison ; des époux en jogging faisant leur parcours au pas de course ; des dames ramassaient les crottes de chien, des familles entières se promenaient. Toutes ces petites scènes entraient dans notre champ de vision, composant un tableau plein de béatitude. On aurait dit des figures de cire exposées dans un pavillon intitulé précisément Maison du bonheur.
Cependant, étrangement, plus ce qui nous entourait semblait représenter une image fidèle du bonheur, plus je sentais monter en moi une tristesse sans raison qui menaçait de me faire perdre l'équilibre, comme si j'avais à porter non seulement mon propre malheur, mais aussi celui des autres.
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art-bsurdeart-bsurde   13 février 2014
Il était dans son bain, serrant un cutter dans sa main droite ... Il s'en était servi pour s'entailler le pouce gauche. Un sang rouge avait aussitôt suinté de la blessure. Il avait appuyé à la base de son pouce, pour augmenter le flot au lieu de l'endiguer, et les perles rouges et brillantes, coulant le long de son doigt, s'étaient mises à goutter sur le sol de carrelage blanc. (...) Quelles pensées avaient pu traverser l'esprit du collégien que Yûji était alors, à la vue de son propre sang? Il me semble aujourd'hui comprendre tant soit peu ce qui se passait en lui. Naturellement, il s'agit d'une simple supposition en tant qu'observateur, mais ne voulait-il pas vérifier par ce geste que le même sang coulait dans ses veines et dans celles des autres? J'avais beau être petit à l'époque, le soulagement qui émanait de son profil penché sur sa blessure n'échappa pas à mon attention. Sans aucun doute, le liquide vermeil qui s'échappait abondamment de son pouce lui donnait l'assurance d’être bel et bien vivant.
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OlivierH77OlivierH77   19 janvier 2015
Les branches tordues des cerisiers dissimulaient le ciel. A leur extrémité, des boutons prêts à s'épanouir se tendaient comme des seins de jeune femme enceinte. J'attrapai une branche à ma hauteur et en cassai sans raison un morceau d'une trentaine de centimètres. Dans un craquement, le coeur tendre et rosé apparut sous l'écorce brune. Un tressaillement me parcourut, comme si j'avais blessé un être vivant. Je léchai l'intérieur de la branche, cela me laissa un goût amer sur le bout de la langue.
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joedijoedi   30 juillet 2016
À cette époque, la famille n'était pas pour lui un groupe de personnes unies par les liens du sang, mais plutôt des passagers montés par hasard sur le même navire.
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