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Corinne Atlan (Traducteur)
EAN : 9782070314676
208 pages
Gallimard (01/12/2005)
3.72/5   69 notes
Résumé :
" Peu après son entrée en primaire, il avait tranquillement quitté la maison. "L'école, ça ne lui a jamais beaucoup plu", disait ma mère avec un sourire fataliste. Mon frère était donc parti sur un coup de tête, sans que rien laissât deviner cette intention. Ces escapades se renouvelèrent. Parfois il ne rentrait pas de toute une journée, voire deux. "
Mais, devenu adulte, Yûji finit par disparaître pour de bon, sans plus jamais donner de nouvelles. Dix ans pl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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sandrine57
  26 novembre 2016
Enfant silencieux et fugueur, Yûji a toujours considéré son frère comme un étranger, blessant cruellement cet enfant de 9 ans son cadet qui l'observait de loin, plein d'admiration. Et dès qu'il a été en âge de quitter la maison, Yûji est parti pour Tokyo, ne revenant que de loin en loin, surtout pour réclamer de l'argent à sa mère. Mais aujourd'hui, ses parents sont morts et son frère se lance à sa recherche. Après 10 ans sans avoir vu son aîné, le cadet arrive à Tokyo sur les traces d'un frère qui a quitté la place depuis des mois. Installé dans son appartement, rencontrant ses amis et ses petites amies, il apprend à connaître cet inconnu, à la fois aimé et craint, et peut-être à se connaître lui-même.
Yûji, absent, fantasmé, dont l'ombre continue d'étouffer son jeune frère qui n'a pas pu se construire, blessé depuis sa toute petite enfance par l'indifférence, le mépris et la cruauté de son aîné. D'où sa quête éperdue dans les rues de la tentaculaire Tokyo, à la recherche de son insaisissable frère. En côtoyant ses amis, il découvre un être fuyant, borderline, qui cherche lui aussi quelque chose, son moi profond, la preuve de son existence, son âme. Car au fil des ses souvenirs, se dessine le portrait d'un homme de l'ombre qui ne sait que laisser le vide derrière lui. En se glissant dans ses pas, en séduisant même une de ses petites amies, le cadet ''tue'' l'aîné comme on tue le père. Vivement conscient de la personnalité toxique de Yûki, son frère pourra-t-il cicatriser ses blessures et aller de l'avant ?
Un roman énigmatique, addictif, où Hitonari Tsuji décrit des êtres torturés, solitaires, sur le fil du rasoir, à la recherche d'une voie à suivre dans un monde sans repères. Beau et désespéré.
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fanfanouche24
  23 mars 2022
Un coup de coeur... des plus imprévus, puisque ce petit roman japonais m'a été livré à la place d'un autre "arbre voyageur", celui de Claire Etcherelli, que j'avais commandé après avoir été convaincue par la critique excellente de l'amie PlumesdArbres...
Imprévu -cadeau... qui me fait rencontrer cet auteur japonais... (***mes excuses par avance, car j'ai eu à l'instant une coupure d'ordi... et j'ai perdu toute ma chronique !!!-Je dois tout recommencer)
un jeune homme de 19 ans perd ses deux parents... Il tente de contacter son frère aîné, Yûji, parti de la maison depuis dix années... pour leur enterrement. Mais pas de réponse...
Ce frère aîné tant admiré, qui le fascinait...faisait déjà tout jeune des fugues , à répétition... s'intéressait à la métempsychose..au bouddhisme, à l'Ame. Pour lui, la Famille ne représentait guère de liens affectifs !
Le cadet part donc à la recherche de Yûji, entreprend une véritable enquête... retrouve sa petite amie, puis une seconde, qu'il a quittées , sans donner la moindre explication. Yûji fascine, désarçonne, intrigue... Personnalité aussi exaspérante, qu'attachante.
le jeune frère part dans une sorte de quête initiatique à travers un Tokyo ultra-branché, avec ses lieux cultes...
Le cadet , dans cette quête, veut retrouver son frère tant admiré mais en même temps, on a l'impression très vive que cette recherche est vitale pour qu'il puisse enfin comprendre toute l'histoire familiale mais aussi finir de se construire comme "adulte"... Un vrai suspens est créé....qui nous tient en haleine. Je ne dévoilerai rien des rebondissements et des surprises...attendant le lecteur.
Notre jeune protagoniste...au lieu du très classique du "meurtre symbolique du père " devra d'une certaine manière "tuer le frère ", tant idolâtré, vénéré, aussi adoré qu'il était inaccessible et si différent du reste du cercle familial !
"Découvrir mon frère, l'étudier, le comprendre, furent des facteurs essentiels pour façonner ma vie encore à l'état d'ébauche. Plus tard, l'existence de ce mystérieux absent, mille fois plus attirante que celle de mes parents, de mes professeurs ou des autres adultes qui m'entouraient, m'aida à donner un sens à mon existence, au même titre que les oeuvres d'André Gide ou de Jean Grenier dans lesquelles le lycéen que j'étais aimait à se plonger. (p. 11)"
Dans la prolongation de ce tout premier contact avec l'univers très singulier de cet écrivain japonais...je vais poursuivre avec..."Le Bouddha blanc" et "la Lumière du détroit "...une erreur de commande qui se révèle être un beau cadeau-surprise ,au final...!!!
Je ne peux résister à ajouter une dernière parenthèse accompagnée d'une citation...explicitant joliment le titre choisi :
"-"Dis,qu'est-ce que c'est cette plante ?"
Il s'essuya le front de la manche et répondit :"l'arbre du voyageur "
(...)
"Ce nom vient d'une particularité : l'eau s'accumule dans cette partie, tu vois,expliqua Yasuda en désignant la base du pétiole. Les voyageurs assoiffés coupent la tige à cet endroit et se désaltèrent avec l'eau qu'elle contient, c'est pour cela qu'on l'appelle arbre du voyageur.C'est une plante-chameau,en quelque sorte".(p.105)
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joedi
  01 août 2016
Le narrateur, dont j'ignore le nom, se présente toujours comme le frère cadet de Yûji, il a neuf ans de moins. Yûji a toujours été un fugueur, dès l'école primaire il disparaissait parfois plusieurs jours. Après le décès de ses parents, le narrateur décide de partir à la recherche de son aîné, il n'a plus eu de ses nouvelles depuis plusieurs années. Arrivé à l'appartement de Yûji, déserté depuis plusieurs mois, il découvre la photo et l'adresse d'une jeune femme, Hisami Shinoda, qui le renseigne sur son frère. Sur le répondeur téléphonique, il entend des messages d'autres jeunes femmes qu'il contacte. La recherche de Yûji, ce qu'il apprend sur lui et ses souvenirs forment la trame du roman. Yûji possède une personnalité étrange et mystérieuse. Lors de cette quête désespérée, le narrateur découvre Tokyo qu'Hitonari Tsuji décrit très bien. Yûji sera-t-il retrouvé ?
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PlumesdArbres
  14 avril 2022
Une émotion à la lecture de ce livre en suivant la quête de ce jeune homme pour retrouver son frère aîné comme, en quelque sorte, une renaissance, une évolution, une éclosion, comme le bourgeon qui devient fleur, qui étale ses pétales pour accueillir pleinement les rayons du soleil et "être" intensément, comme l'oiseau qui "balbutie" avant de quitter le nid et d'entamer son premier vol, celui qui le mènera vers ses horizons propres...

Yûji, un beau jour, a quitté le domicile familial, il est parti, non plus en pointillés comme il le faisait dans son enfance ou son adolescence, entre fuite , escapades et retours mais définitivement.
Dix ans ont passé, et au lendemain du décès de leurs deux parents, son jeune frère part à sa recherche afin de décider avec lui de ce qui doit être maintenant...
De ce frère fantasque et imprévisible, il n'a que des bribes de souvenirs qui vont lui revenir tout au long des pages, venant illuminer ou "expliquer" des rencontres ou des situations vécues.
Ses premiers pas le mènent vers le studio qu'occupait son frère, seule information tangible qu'il détient : là, le temps semble s'être suspendu, la poussière a tout enseveli et le lieu semble déserté, inhabité, vide. Seule flotte l'âme de celui qui y a vécu... Curieusement, le cadet semble se glisser dans ce studio comme il le ferait d'un vêtement porté par Yûji, comme si en l'enfilant, il pouvait espérer accéder à l'esprit de l'absent et deviner ses gestes et pensées et ainsi le suivre plus aisément.
Grâce à une photo trouvée, il contacte une jeune femme qui a connu son frère et découvre à travers les paroles de celle-ci, un frère qu'il ne reconnaît pas, un changement s'est opéré dont il est exclu, un autre visage apparaît pour celui qu'il admirait tant dans l'enfance, donnant un éclat aux paroles que ne cessait de prononcer Yûji : "Pourtant, même si nous sommes frères du point de vue de la génétique, pour ce qui est de l'âme, nous sommes des étrangers. Tu comprends ? le corps physique, ce n'est qu'une demeure d'emprunt… "
 
Il croise le collègue de travail de Yuji sur son lieu professionnel, un magasin botanique, propice à la rêverie et à l'introspection : dans ce lieu s'entremêlent la part de l'enfance avec un manège en bois, la part d'évasion de l'esprit avec le ciel qui s'ouvre sans aucun obstacle à la contemplation, la part mystique avec les aquariums qui font nager les pensées et les entraînent dans les courants…

De rencontre en conversation, de lieux de vie en lieux professionnels, de petits mots griffonnés en messages sur le répondeur du téléphone, il progresse sur les traces d'un homme qu'il découvre, sur les pas de celui qu'il a idolâtré, celui dont il avait peur finalement tant son instabilité était réelle et perturbante, celui qu'il a admiré, à qui il a rêvé de ressembler, son modèle, son mentor, l'armature choisie de ses années passées.
Il chemine vers une conception de la vie et de l'être au sein d'une nature qui devient l'enseignement que son frère lui avait suggéré et qu'il appréhende de façon plus approfondie.
Une image se bâtit dans l'esprit du cadet, détruisant l'autre qu'il s'était forgée, y remplaçant peu à peu la personnalité de celui qui lui en imposait tant, de celui sur lequel il calquait sa façon d'évoluer.
de la chrysalide s'échappe le papillon…

Et en définitive, cette recherche du frère s'apparentera à une autre naissance, à une progression initiatique, à la permission de quitter l'enfance pour devenir un jeune homme libre dans ses pensées et pleinement apaisé de ses choix et de ses actes en se séparant de cette présence permanente dans l'esprit, en le rejetant finalement au sens freudien du terme.
Ce frère, guide des premières années de son existence, lui aura finalement désigné la voie de vie...

Un livre qui se lit rapidement, tant la poursuite du cadet devient la nôtre pour découvrir réellement l'âme de l'absent.
Une lecture que je dois à l'Amie Fanfanouche et je la remercie bien vivement : une escapade hors de mes sentiers de lecture habituels !
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MELANYA
  14 avril 2022
Aujourd'hui, littérature japonaise avec Hitonari Tsuji pseudonyme de Jinsei Tsuji (辻 仁成?) et son livre : « L'arbre du voyageur. »
Son premier roman, « le Bouddha blanc » (« (白仏 ») a été inspiré de l'histoire de son grand-père et a reçu le prix Femina étranger en 1999.
Pour « L'arbre du voyageur », s'il s'agit bien de voyage, c'est aussi d'une quête initiatique. Nous sommes à Kôfu (préfecture de Yamanashi au Japon). Takaku assiste aux funérailles de ses parents qui sont décédés seulement à quelques jours d'intervalle.
C'est là que Takaku réalise l'importance de l'absence de son frère aîné de neuf ans (Yûji). Déjà enfant, Yûji avait l'habitude de disparaître sans prévenir et de revenir sans aucune explication.
Mais à présent, Yûji brille par son absence et cela fait dix ans que Takaku ne l'a pas revu.
C'est la mort de ses parents qui déclenche cette quête d'un frère disparu, un frère de sang mais étranger de l'âme.
Takaku se retrouve alors plongé dans le Tokyo d'aujourd'hui et remonte la piste de ce frère à la fois proche mais également inconnu.
Hisami Shinoda, avec une photo gribouillée, sert de point d'ancrage à ce parcours initiatique de Takaku, au travers de son frère et de ses relations comme celles de Yasuda ou Atsuko Iwano.
Appréciant beaucoup la littérature japonaise, avant « L'arbre du voyageur », découvert par hasard, je ne connaissais pas encore Hitonari Tsui. J'ai appris sur lui qu'il est également chanteur de rock dans son pays.
Son écriture est belle – on trouve la beauté poétique du Japon et sa modernité aux travers de la société hiérarchisée.
Cette lecture a donc été une belle surprise, douée d'un voyage dans ce « Pays du Soleil Levant. »

Lien : https://www.babelio.com/monp..
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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   23 mars 2022
-"Dis,qu'est-ce que c'est cette plante ?"
Il s'essuya le front de la manche et répondit :"l'arbre du voyageur "
(...)
"Ce nom vient d'une particularité : l'eau s'accumule dans cette partie, tu vois,expliqua Yasuda en désignant la base du pétiole. Les voyageurs assoiffés coupent la tige à cet endroit et se désaltèrent avec l'eau qu'elle contient, c'est pour cela qu'on l'appelle arbre du voyageur.C'est une plante-chameau,en quelque sorte.(p.105)
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joedijoedi   31 juillet 2016
— À l'origine, karma signifie “acte” en sanskrit. C'est ce qui est connu sous de nom de gô dans la terminologie bouddhique japonaise. Pour les bouddhistes, gô veut dire que les actes commis avec nos corps, les paroles prononcées par nos bouches, les pensées qui occupent notre conscience, ces trois choses réunies sont causes d'actes qui entraînent des conséquences et construisent notre futur.
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DarkHawkDarkHawk   09 mars 2013
Des viellards assis au bord de l'étang nourrissaient les carpes ; des étudiants dessinaient les cerisiers en fleur dans leurs carnets de croquis ; sur les bancs, des couples déjeunaient d'un repas froid préparé à la maison ; des époux en jogging faisant leur parcours au pas de course ; des dames ramassaient les crottes de chien, des familles entières se promenaient. Toutes ces petites scènes entraient dans notre champ de vision, composant un tableau plein de béatitude. On aurait dit des figures de cire exposées dans un pavillon intitulé précisément Maison du bonheur.
Cependant, étrangement, plus ce qui nous entourait semblait représenter une image fidèle du bonheur, plus je sentais monter en moi une tristesse sans raison qui menaçait de me faire perdre l'équilibre, comme si j'avais à porter non seulement mon propre malheur, mais aussi celui des autres.
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fanfanouche24fanfanouche24   24 mars 2022
Je le sentais s'effacer graduellement de ma vie. C'était un événement révolutionnaire, étant donné qu'il avait été mon point de repère et mon idéal depuis l'âge le plus tendre.(..)
Le fantôme de mon frère avait disparu.,mais il avait emporté avec lui toute l'énergie qui me restait.(p.141)
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art-bsurdeart-bsurde   13 février 2014
Il était dans son bain, serrant un cutter dans sa main droite ... Il s'en était servi pour s'entailler le pouce gauche. Un sang rouge avait aussitôt suinté de la blessure. Il avait appuyé à la base de son pouce, pour augmenter le flot au lieu de l'endiguer, et les perles rouges et brillantes, coulant le long de son doigt, s'étaient mises à goutter sur le sol de carrelage blanc. (...) Quelles pensées avaient pu traverser l'esprit du collégien que Yûji était alors, à la vue de son propre sang? Il me semble aujourd'hui comprendre tant soit peu ce qui se passait en lui. Naturellement, il s'agit d'une simple supposition en tant qu'observateur, mais ne voulait-il pas vérifier par ce geste que le même sang coulait dans ses veines et dans celles des autres? J'avais beau être petit à l'époque, le soulagement qui émanait de son profil penché sur sa blessure n'échappa pas à mon attention. Sans aucun doute, le liquide vermeil qui s'échappait abondamment de son pouce lui donnait l'assurance d’être bel et bien vivant.
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