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EAN : SIE268246_937
Stock (30/11/-1)
4.17/5   21 notes
Résumé :
Ce bref et bouleversant roman, une suite de L'Ami retrouvé - qui valut à Uhlman sa célébrité -ne fut publié, à la demande de l'auteur, qu'après sa mort.
Quelques jours avant d'être exécuté en 1944 pour avoir participé au complot contre Hitler, Conrad von Hohenfels écrit à Hans Schwarz, son ami d'enfance. La guerre a séparé les deux adolescents parce que Hans était juif. Dans cette lettre, Conrad tente de justifier ses choix et ses erreurs passés et de demand... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Cer45Rt
  23 juillet 2019
Si l'on connaît de Fred Uhlman, surtout "L'Ami Retrouvé", personnellement, je lui préfère sa suite, moins connue, "La lettre de Conrad".
Il s'agit d'une lettre fictive brève et bouleversante, d'une force et d'une justesse exceptionnelle, un roman d'une puissance rare… Simple, sobre, beau, puissant…
J'ai moins aimé "Pas de résurrection, s'il vous plaît." Je ne l'ai pas détesté, mais je l'ai moins aimé. Je n'ai pas retrouvé de "L'Ami Retrouvé" ou la force de "La lettre de Conrad". C'est un bon texte, agréable, qui se lit facilement et agréablement ; mais il n'a pas ce je ne sais quoi qui fait que j'aime tant lire certains écrits. Je l'ai aimé, mais sans plus. Il n'a pas eu tout à fait la puissance attendue.
Des bons textes, donc, même si je ne mets pas "Pas de résurrection s'il vous plaît" au même niveau que "La lettre de Conrad" ou "L'Ami Retrouvé".
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Nanako-Mai
  22 avril 2022
Durant ma scolarité, j'étais passée à côté de L'Ami retrouvé et ce n'est que l'année dernière que je m'étais enfin décidée à lire ce récit, que j'avais dévoré en quelques heures. En toute logique, je m'étais procuré La lettre de Conrad (suivi de Pas de résurrection, s'il vous plaît) mais hélas je n'ai pas été autant emportée par ce second opus et, je dois avouer, que je me suis même ennuyée durant ma lecture. Je ne trouve pas que le point de vue de Conrad apporte une quelconque plus value à l'histoire de base, et j'ai été bien plus touchée et émue par Hans… J'ai trouvé que sa vision des choses et ses explications n'étaient pas assez développées, on les comprenait déjà dans L'Ami retrouvé, ou on les devinait du moins. Et j'avais espéré en apprendre davantage sur Conrad, sur la voie qu'il avait empruntée et sur le pourquoi il en était là aujourd'hui… Seul le dernier chapitre m'a contentée sur ce point, mais ce n'était pas assez. Peut-être aurais-je dû enchaîner les deux récits, sans attendre que ne s'écoule un an ? Bref, j'attendais sans doute trop de cette ultime lettre et je suis de fait assez déçue par son contenu, finalement superflu…
En revanche, Pas De résurrection, s'il vous plaît, a été une bonne surprise ! On y découvre le personnage de Simon Elsas, citoyen juif, qu'on pourrait apparenter à Hans, ayant également quitté l'Allemagne pour les Etats-Unis juste à temps, laissant derrière lui ses parents et sa famille à un bien sombre destin... Des décennies plus tard, au hasard d'un voyage, il décide de faire escale dans sa ville natale, en Allemagne, sans réelle attente. Qu'espère-t-il, que (re)cherche-t-il alors ? Il n'en sait rien. L'envie de reconnaître quelques souvenirs lointains se partagent à l'appréhension d'être reconnu. Il se sent étranger dans ce pays qu'il a passionnément aimé, qui était sien, étranger à cette nation qui a torturé sa famille et tous les “siens”. La dualité des sentiments, la haine et l'amertume, l'envie d'avancer sans se retourner et pourtant le voici, il est là. Mais que veut-il, qu'espère-t-il ? Comment oublier l'horreur, vivre avec le poids des morts… Je trouve très intéressant ces récits d'après guerre (surtout d'après la 2nde Guerre Mondiale) qui soulèvent les questions délicates de la reconstruction, de la culpabilité, du pardon, du sentiment de honte, de la souffrance aussi. Et j'ai franchement apprécié ce récit qui nous permet d'entr'apercevoir différents points de vue lors de la “réunion” des anciens notamment, où Simon lance un pavé dans la marre…
“Je dois vous dire que, tant que je ne connaîtrai pas l'histoire personnelle de chacun de vous, tant que je ne serai pas certain que tous ici présents vous avez les mains propres, il y aura un gouffre infranchissable entre nous.” (p. 189)
Challenge ABC 2021-2022
Challenge Multi-Défis 2022
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blandine5674
  16 mars 2016
La lettre de Conrad
Un adieu à la vie, mais surtout à l'ami. Une suite de l'Ami retrouvé avec cette lettre envoyée par Conrad à son ami Hans, avant qu'il ne soit exécuté par le régime nazi pour avoir comploté contre Hitler. Dans cette missive, il tente d'expliquer pourquoi il a rejoint le parti d'Hitler et pourquoi il l'a évité, lui, son ami juif. Parce que, derrières ces jeunes étudiants, il y a les parents qui veulent avoir le contrôle des fréquentations de leurs enfants. Un roman bref et fort, au style fluide qui ne fut publié, à la demande de l'auteur, qu'après sa mort.

Pas de résurrection s'il vous plaît
Un roman court tout en puissance. Un homme revient dans l'Allemagne, où il a vécut trente ans et qu'il a fuit il y a vingt ans, dans l'espoir de revoir la jeune fille qu'il aimait. Dans un bar, il croise un ancien camarade d'école qui insiste pour qu'il vienne à une soirée retrouver les autres. Et là, le lecteur a droit à une scène qui je pense, restera inoubliable. Tous, veulent un discours de ce juif qui vit maintenant au Etats-Unis, et que l'on a très peu entendu lors du repas. Et dans ces propos, il y a : « Je dois vous dire que, tant que je connaîtrai pas l'histoire personnelle de chacun de vous, tant que je ne serai pas certain que tous ici présents vous avez les mains propres, il y aura un gouffre infranchissable entre nous. » Et là démarre des dialogues intéressants et d'une grande force.
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ZeroJanvier79
  02 septembre 2018
J'ai parlé ici fin juillet de Reunion de Fred Uhlman, dont j'ai appris par la suite grâce à Matoo qu'il a été publié en français sous le titre L'ami retrouvé et qu'il s'agit d'une classique souvent étudié au collège. Pour ma part, je n'ai découvert et lu que très récemment cet excellent roman sur l'Allemagne des années trente. Je me suis ensuite renseigné sur l'oeuvre de Fred Uhlman et j'ai découvert l'existence d'une sorte de suite à Reunion, intitulée La lettre de Conrad.
C'est ce roman que je viens de terminer, dans une édition où il est suivi par un autre court roman : Pas de résurrection, s'il vous plaît.
Ce bref et bouleversant roman, une suite de L'Ami retrouvé – qui valut à Uhlman sa célébrité – ne fut publié, à la demande de l'auteur, qu'après sa mort.
Quelques jours avant d'être exécuté en 1944 pour avoir participé au complot contre Hitler, Conrad von Hohenfels écrit à Hans Schwarz, son ami d'enfance. La guerre a séparé les deux adolescents parce que Hans était juif. Dans cette lettre, Conrad tente de justifier ses choix et ses erreurs passés et de demander pardon à Hans avec qui il partagea autrefois tant de moments de bonheur exaltant.
Bien que les personnages en soient différents Pas de résurrection, s'il vous plaît constituait, dans l'esprit d'Uhlman, une sorte de troisième volet à L'Ami retrouvé et à La lettre de Conrad.
La lettre de Conrad est clairement un complément à Reunion. Là où le premier roman racontait l'histoire de Hans, jeune adolescent juif qui devait fuir l'Allemagne pour les Etats-Unis pour échapper aux persécutions du nouveau régime nazi, La lettre de Conrad relate la version de son ami aristocrate qui l'avait trahi avant son départ pour New-York.
Ce parti pris fait qu'il y a des redites, des éléments du récit qui ont déjà été présentés dans Reunion. Dans certains cas, il y a clairement une redondance, dans d'autres cas cela apporte un nouveau point de vie intéressant.
La destinée exceptionnelle de Conrad, et sa personnalité, telle qu'il la laisse apparaître dans cette longue lettre à son ancien ami, apportent beaucoup au texte, qui m'a passionné.
La fin, cependant, m'a semblé précipitée, presque bâclée. Peut-être était-ce une volonté de l'auteur pour montrer l'urgence dans laquelle Conrad se trouvait pour terminer sa lettre avant son exécution, mais j'aurais aimé que le récit comporte quelques pages supplémentaires pour accorder autant de finesse et souci du détail que le début du récit.
Malgré ce défaut, La lettre de Conrad est un court roman de grande qualité, un complément parfait à Reunion / L'ami retrouvé.
Le deuxième texte présenté dans cette édition s'intitule Pas de résurrection, s'il vous plaît. Si les personnages sont différents, on sent clairement la filiation avec les deux autres romans de la « trilogie » de Fred Uhlman.
Le narrateur s'appelle Simon et fait une escale en Allemagne après trente années passées aux Etats-Unis où il avait été contraint de fuir le régime nazi. Il retrouve à cette occasion quelques anciens camarades de classe, ce qui donne lieu à une grande explication collective.
La scène où les masques tombent et où les anciens camarades règlent leurs comptes entre eux avec l'Histoire est remarquable. On y retrouve toute l'ambivalence qui a dû traverser la société allemande d'après-guerre, entre honte, culpabilité, frustration, regret, colère et parfois un point de fierté.
J'ai lu ces deux romans avec beaucoup d'intérêt ; ils n'ont peut-être pas la même puissance que Reunion, qui m'avait emballé le mois dernier, mais ils s'en approchent beaucoup.
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Ys
  19 juillet 2015
Miroir fidèle de l'Ami Retrouvé, la lettre de Conrad raconte la même histoire, du point de vue de l'autre. Avec sensibilité et intelligence, l'auteur y évoque les conflits entre le conditionnement familial et les élans du coeur et de l'intelligence, les difficultés à résister à son milieu, la naïveté qui préside à l'embrigadement d'une âme pourtant généreuse.
Moins percutant, peut-être, que le premier volet, mais tout aussi touchant et intéressant.
Pas de résurrection s'il-vous plaît est une autre histoire, avec d'autres personnages, mais on y retrouve des thèmes semblables, de nombreux parallèles. Un juif allemand, exilé avant la guerre aux Etats-Unis, revient vingt ans plus tard dans sa ville natale, à Stuttgart. Une escale au milieu d'un voyage, rien de plus, repoussée trop longtemps et accomplie presque malgré soi, mais qui suffira à mesurer combien restent profondes et douloureuses les blessures ouvertes par la guerre.
D'un côté, la douleur du pays à jamais perdu, la méfiance irrémédiable à l'égard de ceux qui, peut-être, autrefois, ont fait partie des bourreaux, ou ont contribué plus ou moins passivement à leur oeuvre de destruction. de l'autre, tout aussi irrémédiables, la honte de ceux qui n'ont rien fait, la culpabilité de ceux qui se sont laissés entrainer par devoir, incompréhension, aveuglement, la colère de plus ou moins mauvaise foi de ceux qui entendaient juste défendre leur patrie et n'ont pas renoncé à certains des idéaux pour lesquels ils se sont battus.
Des deux côtés, le souvenir cuisant des morts, trop nombreux, pour ce bilan glacial :
Tout le monde était coupable et tout le monde était victime.
Le poison avait fait son oeuvre.
Implacable malgré l'espoir d'un dernier refuge dans l'art, qui fut aussi celui de l'auteur.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
WyomingWyoming   22 décembre 2018
Tu savais que la terre avait au moins deux ou trois mille millions d'années, qu'elle durerait jusqu'à ce que le soleil refroidisse et qu'alors toute trace de vie disparaîtrait. L'homme civilisé, au regard de l'éternité, n'existait que pendant l'espace d'une seconde et une autre seconde suffirait pour qu'il disparaisse à jamais, avec toutes ses oeuvres: de Rembrandt à Michel-Ange, d'Homère à Shakespeare.
Quand je te reprochai d'avoir là une vision désespérée de l'existence -- si toutefois tu disais la vérité -- qui ne pouvait que conduire au suicide et que je te demandai comment tu faisais pour affronter la vie, tu me répondis que bien qu'au regard de l'univers aucun être humain n'eût d'importance, il n'en restait pas moins vrai que certaines choses comptaient au niveau de la vie personnelle. Les relations humaines par exemple, en particulier l'amitié, l'amour, la loyauté, l'honnêteté, la beauté, la vérité et la compassion. Cela aussi n'était qu'illusion mais donnait en quelque sorte un sens à la vie. Il fallait faire comme si Dieu existait, comme si la vie était importante -- car elle l'était pour chacun d'entre nous. C'est bien ce qui rendait intolérable la destruction des vies humaines, surtout pendant les guerres, car chaque existence était aussi unique qu'une étoile.
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Cer45RtCer45Rt   22 décembre 2018
-C'est vrai, mais je connais l'Amérique. J'ai vu des films, j'ai lu des livres. Et je peux te dire que les Américains sont trop riches, trop vulgaires et qu'ils manquent totalement de goût. Il n'y a que l'argent qui compte chez eux. Pas les valeurs spirituelles.
-Oh ! Voyons, Fritz, tu exagères !
-J'exagère ? Alors dis-moi donc où sont leurs Goethe, leurs Schiller, leurs Beethoven et leurs Mozart ? Sans parler de Shakespeare ! Il n'y a que le fric qui les intéresse. Ils ne pensent qu'aux gadgets, aux combines et au sexe.
-Ma foi, rétorqua Mme Haber, je ne vois pas en quoi nous sommes tellement différents ici.
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Nanako-MaiNanako-Mai   22 avril 2022
Un étranger pouvait-il comprendre cela ? Comment expliquer que lui, qui avait passionnément aimé l'Allemagne, avait honte à présent d'appartenir à une nation qui, bien qu'elle eût donné au monde Beethoven et Bach, Goethe et Schiller, n'avait rien fait pour sauver ses citoyens juifs ? Comment un Français ou un Anglais, fier de son pays, pouvait-il comprendre cela ? Comprendre qu'il redoutait de parler à ces gens dont il n'était pas sûr que leurs mains n'êtaient pas tachées par le sang de sa famille ? Comprendre que les blessures qu'il avait reçues étaient aussi inguérissables que les brûlures d'un homme exposé aux radiations ?

p. 122-123
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Bruno_CmBruno_Cm   05 décembre 2022
"C'est merveilleux de te revoir ! (Il le tutoyait, ce qui agaça prodigieusement Elsas.) Tu ne me reconnais donc pas ?"
Simon fit un effort pour examiner plus attentivement le visage de son interlocuteur, il essaya d'éplucher les couches de graisse, comme on épluche une orange pour atteindre le fruit, afin d'avoir un quelconque indice sur son identité. Ce fut en vain. C'était aussi inutile que remettre à neuf une peinture écaillée ou de trouver une amande dans un oignon. Il voyait seulement le visage rond, radieux, et ordinaire d'un type qui lui était totalement étranger.
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Bruno_CmBruno_Cm   05 décembre 2022
Comme je comprends maintenant Caligula qui souhaitait que l'humanité n'eût qu'un seul cou. Quel progrès si la terre pouvait être débarrassée de cette révoltante et cruelle race de prédateurs à laquelle nous avons le malheur d'appartenir. Viens, Elsas, viens t'asseoir près de moi. Parlons littérature, l'opium des infirmes et des désenchantés. Tu lis beaucoup ? Moi, je lis tellement que j'en oublie de vivre. Quel gâchis ! passer sa vie à lire !
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(La petite littéraire) proposera de beaux petits livres illustrés. Elle publiera une sélection de courts romans classiques ou contemporains, dans leur texte intégral. Respectant l'oeuvre initiale, ces textes seront présentés dans un format de page très lisible (19,2 cm x 26,3 cm), avec une typographie soignée pour une lisibilité maximale et un prix accessible. Des illustrations en pleines pages ou en doubles pages viendront ponctuer le texte.
Les plus grands dessinateurs contemporains seront invités à contribuer, en choisissant leurs textes fétiches. Les deux premiers titres sont des titres étrangers, puisés dans les traductions de notre maison-mère Gallimard. Andrea Serio a choisi d'illustrer le Poids du papillon, d'Erri de Luca, et Manuele Fior propose ses illustrations de L'Ami retrouvé de Fred Uhlman.
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