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Le Cycle de Lyonesse tome 3 sur 3

E.C.L. Meistermann (Traducteur)
EAN : 9782070429677
608 pages
Gallimard (22/04/2004)
4.24/5   183 notes
Résumé :
Les Isles Anciennes.
Une contrée magique et dangereuse, où sagesse et vertu devaient sans cesse en découdre face à la sorcellerie malfaisante des immortelles forces des ténèbres. La paix précaire qui s'y était établie menaçait de prendre fin, sous le poids toujours croissant des rivalités opposant l'infâme roi Casmir et Aillas, souverain de Troicinet. Et dans ces bruits de guerre et de souffrance, Madouc, la jeune et malicieuse princesse qu'on avait fait pass... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Voilà… C'est fini… 🎶😢

Heureuse de cette lecture, comme des précédents volumes, mais triste de devoir quitter cette belle aventure dans les Îles Anciennes ainsi que ses habitants si enchanteurs.

Madouc est le troisième et dernier tome du cycle de Lyonesse, dans la continuité de la Perle Verte. On retrouve ainsi avec plaisir tous les personnages que l'on a pu suivre depuis le début (Aillas, Dhrun, Shimrod, Casmir…), avec toutefois une focalisation sur Madouc, princesse de Lyonesse, d'où le titre.

C'est qu'elle a son caractère Madouc ! Petite rouquine un peu sauvage et têtue, aussi peu maitrisable qu'un lutin, on va la voir cependant grandir et mûrir tout au long de ses périples, faire preuve de ruse et d'intelligence face à des adversaires aussi puissants que mauvais. J'ai apprécié de la suivre.

Jack Vance reprend les mêmes ingrédients qui ont fait la réussite des volumes précédents : magie, ruse, complots, batailles, mais y apporte aussi son lot de révélations et un dénouement épique sur les désirs de puissance et de gloire du roi Casmir de Lyonesse…

Je n'en dis pas plus, mais recommande avec enthousiasme cette trilogie enchanteresse à ceux qui hésiteraient encore.

Challenge « 2019, l'année Jack Vance - Philip K. Dick »
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Sorti en 1989, soit trois ans après La perle verte, Madouc est le dernier volume du cycle de Lyonesse. le livre a obtenu en 1990 le prix World Fantasy en tant que meilleur roman de Fantasy de l'année.

Après une courte partie d'introduction, qui nous rappelle les enjeux stratégiques en cours, nous suivons longuement le personnage titre du roman, Madouc. C'est une changelin, une enfant des fées échangée en tant que nourrisson avec un bébé humain, en occurrence avec Dhrun, le fils d'Aillas et de Suldrun. Récupérée par le roi Casmir, le père de Suldrun, à cause d'une prophétie, promettant le trône des Isles Anciennes à l'enfant-mâle premier né de Suldrun, elle est restée à sa cour, même lorsqu'il a compris qu'elle n'était pas l'enfant en question. Il compte en effet l'utiliser pour nouer des alliances, en la mariant avec un roi ou prince, en fonction de la situation du moment. Il recherche par ailleurs le vrai enfant de Suldrun. Madouc ignore au départ son origine, mais très rapidement elle comprend qu'elle n'est pas ce que l'on veut lui faire croire, et part à la recherche de sa mère et surtout de son père. Par ailleurs les menées du roi Casmir semblent précipiter l'ensemble des royaumes des Isles Anciennes vers la guerre, pendant que les sombres intrigues de Melancthe paraissent abriter des plans maléfiques tissés par des plus puissants qu'elle, d'autant plus que la perle verte, même si elle est neutralisée, n'est pas détruite.

J'avoue avoir été un peu déçue par ce troisième volume qui clôt le cycle, et qui devait en être l'apothéose. Même si les aventures de Madouc sont sympathiques, surtout à partir du moment où elle pénètre dans le royaume des fées, j'ai trouvé cette partie un peu trop longue par rapport aux autres parties du roman. La guerre des magiciens, et la guerre des hommes m'ont parues un peu expédiées et sans grandes surprises. C'est d'autant plus dommage qu'il y avait un potentiel formidable : le sort d'Ys par exemple aurait à mon sens mérité un peu plus de place que les mauvais tours répétitifs à la longue d'une gamine certes attachante et malicieuse, mais pas si différente d'autres gamines de son âge. Jack Vance semble avoir choisi pour la fin de son cycle de privilégier une tonalité burlesque et drôlatique, plutôt qu'épique et métaphorique (voir les passages consacrés au Graal par exemple), ce que pour ma part je regrette un peu.

Mais ce troisième tome se lit très bien, et l'ensemble du cycle est remarquable et à mon sens très au-dessus de la moyenne des oeuvres du genre. Cela faisait longtemps que je n'ai pas pris autant de plaisir à lire une oeuve de ce type, et La perle verte (à mon sens le meilleur des trois opus) m'a fait veiller plus que de raison : il est difficile de lâcher ces livres une fois la lecture commencée.
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Ce tome fini bien les 2 précédents. Néanmoins il m'a semblé un poil moins passionnant, moins de suspens et de rebondissement sans doute.

Mais la narration de Jack Vance est toujours bien agréable à lire et les êtres imaginaires sont assez bien imaginés.
En ce qui concerne l'héroine principale de ce tome Madouc, on pourrait d'une certaine façon la qualifier de féministe avant l'heure avec son caractère bien trempé et qui se veut équivalente a un homme (une hérésie a cette époque des chevaliers).. un petit brin de femme qui me plaît bien avec ses réparties mordantes a souhait.
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Dans ce monde où les rois guerroient pour posséder l'entièreté du royaume des Isles Anciennes , il faut reconnaître que l'auteur a fait la part belle à la gent féminine :
Tatzel , la jeune Ska , se bat avec son peuple , au nom de la pureté de la race ( nazie avant l'heure ) avec force et détermination .
La reine Sollace , se convertit au christianisme par l'intermédiaire de l'ambitieux Père Umphred , et ce , sans l'accord de son mari , le roi Casmir - être rusé , cruel et assoiffé de pouvoir .
Suldrun , leur fille unique , se rebelle et repousse les projets de mariage décidés par son père . Elle se retrouve confinée dans son jardin bien-aimé , où elle trouvera l'amour en la personne du roi Aillas et la mort , par désespoir .
Et puis , il y a Madouc .
Madouc , l'impulsive , la révoltée , le petit grain de folie .
Née d'une fée et d'un illustre inconnu , elle part , telle une grande aventurière à la recherche de celui-ci dans la Forêt de Tantrevalles , lieu fui par toute personne sensée car elle est enchantée et dangereuse .

Autant l'auteur célèbre le courage des femmes , autant il démolit le tyran qu'est Casmir .
Est-ce à cause de mauvais souvenirs ?
" Jack Vance ne garde aucun souvenir affectueux de son père qui était égoïste , négligeant et autoritaire , qu'il valait mieux éviter le plus possible ". ( Norma Vance )

L'écriture riche et imagée , hantée par la magie et les mauvais sorts , m'a emportée dans la Forêt de Tantrevalles . J'ai été envahie par la plus grande frousse de ma vie .
Comme c'est bon de rêver !
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Le troisième et dernier volume de Lyonesse est à l'image des deux autres et donne toute sa saveur à une longue fresque qui a pour elle sa narration, son univers et son charme. Une magnifique plongée dans l'univers de Lyonesse, ces Îsles Anciennes dont nous ne connaissons plus rien.

Ce troisième volume suit presque exclusivement Madouc, princesse de Lyonesse, après des aventures qui nous avaient fait suivre divers protagonistes. Il semblerait que Jack Vance se fasse plaisir sur les personnages féminins, n'hésitant pas à dépasser les habituels clichés du genre pour nous pondre un personnage haut en couleur, mélange de gamine têtue et de fille qui s'émancipe, elle est attachante par son caractère, son esprit et ses réflexions qui font mouche. Une princesse comme il faudrait en voir plus souvent, d'ailleurs !

L'histoire est, encore une fois, très secondaire dans le récit, et c'est tout à son honneur. Jack Vance conclut ici tout les arcs narratifs ouverts dans les premiers tomes : la guerre entre magiciens, la guerre entre royaume, la fin de la prophétie autour de Dhrun, et bien sur la découverte du lignage de Madouc ! Si la plupart des arcs sont amenés de manière rapide à la fin, c'est parce que Jack Vance s'évertue avant tout à nous distraire dans un ensemble de petites histoires, recherches et découvertes du monde. Mais dans ce voyage qui traverse les Isles Anciennes, Jack Vance n'hésite pas à développer de l'humour de façon parfois surprenante. Ainsi ce volume voit arriver la quête du Graal, qui sera ... secondaire au récit. de même, nous découvrirons un aventurier cherchant sa jeunesse perdue et qui disparaitra du récit aussi soudainement qu'il est arrivé. Si il semble parfois que Jack Vance utilise la facilité dans son récit, c'est avant tout parce qu'il se permet de passer rapidement sur les choses importantes et d'accorder de l'attention à des détails, tels ceux autour de la nourriture, des descriptions de vêtements ou des descriptions de lieux.

C'est avant tout la découverte d'un univers dense qui est présenté, un univers qui semble réaliste par des touches bienvenues et qui fait autant références à L Histoire qu'aux récits merveilleux du Moyen-Age et à la fantasy contemporaine. Jack Vance se soucie peu de se ranger dans une case et développe ce qui lui chante, semble s'émerveiller à écrire et s'amuse pour notre plus grand bonheur. Je ressors enchanté de cette histoire, qui n'est pas des plus originales ou des plus travaillé, mais qui sait me plonger dedans et me happer dans un univers. Ne cherchez pas la complexité d'un Trône de fer, ne cherchez pas l'épique d'un Seigneur des anneaux. Ici, c'est le merveilleux, le conte et la fantasy qui importent. On navigue entre personnages qui nous donnent envie de les connaître, en pays qu'on explorera jamais et au milieu d'être fées qui n'existeront jamais. Mais durant une lecture, tout ceci devient vrai, et c'est tout ce qu'on demande !
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Sur le Pré Lally, en plein milieu de la Forêt de Tantrevalles, se trouvait le manoir de Trilda : un édifice de bois et de pierre situé là où le Ruisseau de Lillery, émergeant de la forêt, allait se jeter dans la rivière Douce Yallow au bout du pré.
Trilda avait été construit un siècle avant sur l’ordre du magicien Hilarion, lassé de sa résidence précédente, la Tour de Sheur, sur un îlot étroit et rude au large de la côte nord du Dahaut. Il traça les plans avec grand soin et engagea une troupe de charpentiers gobelins qui se déclarèrent hautement qualifiés. Hilarion voulut discuter des plans avec leur contremaître Shylick, mais celui-ci y jeta un coup d’œil et sembla assimiler instantanément le moindre détail.
Les charpentiers se mirent au travail ; ils creusèrent, fouillèrent, taillèrent et scièrent, martelèrent, pilonnèrent, meulèrent et ajustèrent, tirèrent de longues bandes de leurs varlopeuses, tant et si bien que le travail fut terminé en une nuit, jusqu’à la girouette en fer noir sur la cheminée.
Comme les rayons de l’aurore apparaissaient sur le Pré Lally, Shylick le maître charpentier essuya la sueur sur son front et, d’un grand geste élégant, présenta sa facture à Hilarion en exigeant un paiement immédiat, car ses troupes avaient une affaire urgente en un autre lieu.
Hilarion était un homme prudent. Il loua Shylick pour sa diligence, mais voulut absolument inspecter les lieux avant de payer. Shylick protesta, puis accompagna Hilarion de mauvaise grâce.
Presque aussitôt, le magicien découvrit des négligences. Le devis prévoyait des « gros blocs de pierre de taille de qualité supérieure » ; les blocs inspectés par Hilarion s’avérèrent des simulations préparées à partir de bouses de vache enchantées. Poussant plus loin ses vérifications, il s’aperçut que les « poutres robustes de chêne bien sec » prévues par le descriptif étaient des tiges de fenouil séchées déguisées par un autre enchantement.
Hilarion fit remarquer ces défauts avec indignation et exigea que le travail fût accompli correctement et selon les critères définis. Shylick maussade argua qu’une précision totale était inconnue du cosmos. Les gens raisonnables, affirma-t-il, acceptaient une certaine latitude dans l’interprétation d’un devis, puisque l’imprécision était inhérente au processus de communication.
Hilarion demeura inflexible et Shylick frappa le plancher de son grand chapeau vert. Selon lui, la distinction entre « apparence » et « substance » n’était qu’une subtilité philosophique ; presque tout était l’équivalent de presque tout le reste. Hilarion répondit d’une voix grave :
– Dans ce cas, je vous réglerai mon compte grâce à ce brin de paille.
– Mais non. Ce n’est pas tout à fait la même chose.
Hilarion traita les arguments de Shylick de purs sophismes.
– Ce manoir a belle apparence, je vous l’accorde. Mais les enchantements de cette sorte sont fugitifs et tendent à s’éroder !
– Pas toujours !
– Assez souvent ! À la première pluie dense, tout cet édifice construit de bric et de broc risque de s’écrouler sur mon dos. Il vous faut recommencer tout l’ouvrage depuis le début en utilisant des matériaux standard et des méthodes de construction normalisées.
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Les cuisines travaillaient jour et nuit. Dans la cour de service, quatre fours construits pour l'occasion produisaient des baguettes croustillantes, des petits pains au safran, des tartes aux fruits, des biscuits parfumés aux raisins de Corinthe, à l'anis, au miel et aux noix, ou même à la cannelle, à la muscade et au girofle. L'un des fours ne produisait que des quiches et des flammèches avec farces de boeuf et poireaux, ou de lièvre épicé mariné dans le vin, ou de porc aux oignons, ou de brochet au fenouil, ou de carpe à l'aneth, au beurre et aux champignons, ou de mouton à l'orge et au thym.
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Audry II devint roi de Dahaut et Casmir Ier, roi de Lyonesse. Ils maintinrent les anciennes revendications et la paix demeura précaire et chancelante.
Les années passèrent. La quiétude n’était plus qu’un souvenir. Dans la Forêt de Tantrevalles, hafelins, trolls, ogres et autres êtres moins nettement définis perpétraient des actes malfaisants que nul n’osait punir ; les magiciens ne se donnaient plus la peine de dissimuler leur identité et les souverains les employaient dans la conduite de leur politique temporelle.
Les magiciens passaient surtout leur temps aux luttes secrètes et aux intrigues funestes ; beaucoup d’entre eux en étaient morts. Le sorcier Sartzanek, un des plus coupables, avait détruit les magiciens Coddefut (au moyen d’un sort de purulence) et Widdefut (grâce au sort de la Conscience Totale). En représailles, il fut comprimé par ses ennemis en un poteau de fer placé au sommet du Mont Agon. Tamurello, rejeton de Sartzanek, avait cherché refuge dans son manoir de Faroli, au fin fond de la forêt de Tantrevalles, et s’y était protégé grâce à une magie attentive.
Murgen, le plus puissant des magiciens, publia alors son célèbre Édit interdisant tout recours aux magiciens par les souverains temporels, source fatale de conflits entre magiciens qui mettaient le monde en danger.
Deux magiciens, Snodbeth le Gai, ainsi surnommé en raison de ses clochettes tintinnabulantes, de ses rubans et de ses railleries joyeuses, et Grandie de Shaddarlost eurent la témérité d’ignorer l’Édit et furent sévèrement châtiés pour leur présomption. Snodbeth, cloué dans un baquet, fut dévoré par un million de petits insectes noirs ; Grandie se réveilla un beau matin dans une région lugubre derrière l’étoile Achernar, parmi des geysers de soufre fondu et des nuages de fumeroles bleues ; il ne survécut pas plus que Snodbeth.
Mais si les magiciens avaient été forcés à la réserve, peines et dissensions sévissaient partout ailleurs. Les Celtes, placidement installés dans la province daute de Fer Aquila, furent excités par des bandes de Goidels venues d’Irlande ; ils massacrèrent tous les Dauts qu’ils purent trouver, élevèrent à la royauté un épais voleur de bétail nommé Meorghan le Chauve et rebaptisèrent le pays Godélie ; les Dauts furent incapables de récupérer leur province perdue.
Les années passèrent. Puis Murgen, presque par hasard, fit une découverte si consternante qu’il resta prostré pendant des jours et des jours à regarder mornement dans la vide. Petit à petit, sa détermination lui revint et il finit par se fixer un programme qui, s’il aboutissait, stopperait l’élan d’un destin funeste. Cet effort monopolisa toute son énergie et chassa toute joie de sa vie.
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-Et où dormirons-nous la nuit ?
-N'acceptez nulle hospitalité. Prends ce mouchoir. (Twisk donna à Madouc un carré de soie rose et blanc.) Au coucher du soleil, pose-le sur le gazon et prononce le mot "Aroisus !" Il deviendra un pavillon qui vous offrira à la fois la sécurité et le confort. Au matin, prononce "Deplectus !" et le pavillon redeviendra mouchoir.
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- Je suis un vagabond aussi . Je poursuis une quête , futile et désespérée , à ce que prétendent ceux qui restent chez eux . Si je puis , je vous accompagnerai pour un temps .
- Faites , je vous en prie , dit Madouc . Et quelle est cette quête qui vous entraîne aussi loin ?
Travante regarda la route en souriant .
-C'est une quête extraordinaire . Je cherche ma jeunesse perdue .
- Vraiment ? fit Madouc . Comment l'avez-vous perdue ?
- Je ne suis pas sûr . Je l'avais et d'un seul coup j'ai cru remarquer qu'elle avait disparu .
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