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Laurent Jézéquel (Auteur de la postface, du colophon, etc.)Cécile Texeraud (Illustrateur)
EAN : 9782842051297
127 pages
Éditeur : 1001 Nuits (01/07/1997)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 86 notes)
Résumé :
«Eh bien, Ygène, eh bien ! s'écriait le docteur Ox en se frottant les mains. Vous les avez vus, hier, à notre réception, ces bons Quendoniens à sang-froid qui tiennent, pour la vivacité des passions, le milieu entre les éponges et les excroissances coralligènes ! Vous les avez vus, se disputant, se provo-quant de la voix et du geste ! Déjà métamorphosés moralement et physiquement ! Et cela ne fait que commencer ! Attendez-les au moment où nous les traiterons à haute... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Musardise
  31 juillet 2016
Charmant et très court roman de Jules Verne, ma foi assez peu connu, ce récit regorge d'humour. Jugez-en un peu : dans la ville on ne peut plus paisible de Quiquendone, jamais rien ne se passe. Et pour cause ; il semblerait que la tension des habitants soit bien au-dessous de la normale. Rien ne s'y déroule qu'avec une extrême lenteur, rien ne s'y décide qu'après de longues, très longues, vraiment très très longues délibérations. En fait, rien ne s'y décide jamais. L'humeur égale des citadins les porte à une passivité, mais aussi à une égalité d'humeur proprement inédite pour une communauté humaine. On ne trouvera jamais plus sociable, moins porté à la dispute ou même à la controverse, qu'un habitant de Quiquendone. Jusqu'à l'arrivée du mystérieux docteur Ox et de son assistant Ygène qui, sous prétexte d'équiper toute la ville en installations électriques, s'adonnent à une étrange expérience. Et ne voilà-t-il pas que les pouls s'accélèrent, que les esprits s'échauffent, qu'un rythme effréné agite tout notre petit monde...
Satire sociale, critique de la société bourgeoise tout autant que de la pratique scientifique, Une fantaisie du docteur Ox est peut-être le livre le plus drôle de Jules Verne. Si les débuts sont lents, on comprend rapidement (façon de parler!) qu'il s'agit pour l'auteur de se caler sur le tempo des habitants de Quiquendone. le lecteur va donc voir s'accélérer le récit peu à peu, jusqu'à être emporté par une véritable frénésie et pas mal de fous rires. Un livre qui vaut franchement le coup, idéal si vous n'avez pas beaucoup de temps devant vous et besoin de vous divertir et de vous détendre.
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pictura
  27 mai 2014
C'est une facette de Jules Verne que je ne connaissais pas. Comme tout un chacun, je connais ses romans d'aventures – plus ou moins extraordinaires - son style bien particulier, avec sa syntaxe mal aisée, lourde me permettrais-je de dire surtout lorsqu'il se lance dans une narration descriptive à n'en plus finir.
Et donc ici, ce qui change, ce n'est pas l'aventure ou la science, c'est l'humour. Oui, cette chose mystérieuse que je n'avais pas encore découverte chez Jules Verne. Ce roman court est fort amusant. A comparaison, je parlerais d'un certain H. G . Wells. Tout le monde connait plus ou moins ses oeuvres et il n'y a point d'humour dedans. Erreur l'ami.
Il se trouve qu'il a écrit « La burlesque équipée du cycliste », roman assez drôle.
Bref, je prenais Jules Verne pour un grand auteur mais pas franchement marrant. Et là, dans son roman, il défigure la vision naïve que j'avais de lui et y incorpore ce talent insoupçonné qu'est l'humour.
Une fantaisie du docteur Ox est un roman très court, une bien sympathique histoire d'un gaz dans une ville flamande. Ahh, ces flamands… (Mais non, point de racisme primaire en ce lendemain des élections européennes !) Jules Verne ne se prive pas de les égratigner (enfin, juste un village) et c'est délicieux de drôleries.
Je l'ai lu en folio junior, destiné pour les plus de 9 ans. Euh, attendez chers parents ou tontons ou tatas un âge plus avancé de vos chérubins avant de leur offrir ce livre. La dérision et le style ne leur conviendraient pas forcément.
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DianaAuzou
  15 février 2021
Nouvelle écrite en 1874.
Une expérience fantaisiste, Dr Ox un original, un savant audacieux, un physiologiste, veut éclairer au gaz oxy-hydrique la petite ville de Quiquendone, en Flandre. Il travaille avec son préparateur Ygène !
Un avant et un après, un miroir et deux images reflétant les mêmes personnages.
L'avant est apathique léthargique et lent à mourir, dans les mouvements, dans l'esprit et dans le coeur.
L'après, selon le taux d'oxygène inspiré, est rapide, des aptitudes et des talents se révèlent, l'irritabilité et la surexcitation aussi, et la déclaration de guerre n'est qu'une conséquence naturelle, abondamment alimentée par la vengeance la haine et l'aveuglement. le "comme il faut" se fait outrageusement prendre la place par l'appétit, l'orage, l'épidémie, le fléau. Et le pouls, n'en parlons plus, il dépasse maintenant 50/minute. Toutes les lois de la nature semblent bouleversées.
Dr Ox et son préparateur Ygène, les deux font OxYgène, rien que ça, de l'air, de la respiration pour remplir les poumons qui se recroquevillaient et mourraient lentement et ... dignement, auraient dit les quiquendonniens.
Mais l'oxygène brûle aussi, une vie vécue passe plus vite qu'une dans une léthargie mourante pendant de longues et ennuyeuses années (tout en concédant à "ennuyeux" sa forte relativité).
Deux extrêmes que nous retrouvons dans la vie et entre elles se trouvent nos chemins de tous les jours, mélange, assortiment, entrelacs plus ou moins équilibrés qui font des sacrifiés et des fausses victoires.
Jules Verne, en narrateur omniscient, sans l'avouer aucunement, partage avec son lecteur la curiosité devant les secrets de l'histoire, tout en lui disant qu'il a la clé de l'énigme et qu'il la garde jusqu'à la fin. La complicité va jusqu'à attirer le lecteur de son côté pour appeler à la troisième personne "nos lecteurs" qu'il compte bien étonner.
L'ironie, subtile et mordante, est finement dosée et graduée, juste ce qu'il faut de sel et de poivre pour développer le goût et augmenter le plaisir et la curiosité.
Dr Jekyll ou Mr Hyde ? Comment en faire un choix ? D'ailleurs peut-on en faire un ?
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PiertyM
  31 mai 2020
On en rit, on en est écoeuré, affligé, on n'en reste antipathique! C'est dans toutes ces émotions que Jules Verne nous fait fait traverser avec la description de Quiquendonie, une ville flamande, où tout se joue ou se fait avec lenteur. Aucune vivacité, ni violence n'est connu de ce petit peuple mais l'arrivée du docteur Ox va bousculer les choses avec une vitesse alarmante...et on se demande que fait ce docteur avec son installation dans toute la ville de la production de la lumière à partir des gaz hydroxide...
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Elamia
  01 février 2015
Une lecture très plaisante, drôle et qui a le mérite de se lire très vite !
A travers ce court roman, Jules Verne nous plonge dans le quotidien de la ville factice de Quiquendonne, située en Flandres. Non répertoriée sur les cartes, ses habitants vivent en parfaite autarcie. C'est une ville apathique, où les habitants, flegmatiques au possible, vivent en parfaite harmonie. Il n'y a jamais de dispute, d'insulte proférée ou de bagarre à Quiquendonne. La ville est administrée par deux notables, les protagonistes de notre histoire, le conseiller Niklausse et le bourgmestre van Tricasse. Ces deux-là sont incapables de prendre des décisions concrètes, et lorsqu'ils se réunissent, ils restent silencieux pendant des heures. On ressent immédiatement l'ironie de l'auteur, qui ici, fait passer les Flamands pour des flemmards, sans grande ambition. Inutile d'y voir une quelconque mesquinerie, cela fait partie du côté loufoque du roman.
Mais, le légendaire calme de Quiquendonne va être bouleversé par l'arrivée inopinée d'un scientifique, le docteur Ox, qui va se livrer à une étrange expérience... Et cette communauté jusque là paisible, va se déchaîner et s'entredéchirer pour un rien !
On pourrait qualifier ce roman de fable puisqu'il porteur d'une certaine morale. Personnellement, je l'ai un peu assimilé à une pièce de théâtre, avec beaucoup de dialogues, de nombreux personnages, une mise en scène bien orchestrée, des sentiments exacerbés, et une gestuelle que l'on ressent très forte. Tout l'intérêt de ce récit est de nous faire réfléchir sur la nature humaine et sur les comportements ridicules que peut avoir une société confrontée à une situation qu'elle ne comprend pas. Ici, il est question de déclencher une guerre pour un litige vieux de plusieurs siècles ! On finit par être complètement happé dans l'absurdité de la chose et on se demande bien comment cela va finir !
Personnellement, je me suis prise au jeu de cette farce burlesque et je suis contente de m'être essayée à ce style très différent des écrits classiques de Jules Verne.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   03 août 2016
Mais si les spectateurs, après avoir quitté le théâtre, reprirent leur calme habituel, s'ils regagnèrent paisiblement leur logis en ne conservant qu'une sorte d'hébétement passager, ils n'en avaient pas moins subi une extraordinaire exaltation, et, anéantis, brisés, comme s'ils eussent commis quelque excès de table, ils tombèrent lourdement dans leurs lits.
Or, le lendemain, chacun eut comme un ressouvenir de ce qui s'était passé la veille. En effet, à l'un manquait son chapeau, perdu dans la bagarre, à l'autre un pan de son habit, déchiré dans la mêlée ; à celle-ci, son fin soulier de prunelle, à celle-là sa mante des grands jours. La mémoire revint à ces honnêtes bourgeois, et, avec la mémoire, une certaine honte de leur inqualifiable effervescence. Cela leur apparaissait comme une orgie dont ils auraient été les héros inconscients ! Ils n'en parlaient pas ; ils ne voulaient plus y penser.
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MusardiseMusardise   01 août 2016
Le commissaire Passauf se précipita dans l'antichambre. On eût dit un ouragan.
- Qu'y a-t-il, monsieur le commissaire ? demanda Lotchè, une brave fille qui ne perdait pas la tête dans les circonstances les plus graves.
- Ce qu'il y a ! répondit Passauf, dont les gros yeux ronds exprimaient une émotion réelle. Il y a que je viens de la maison du docteur Ox, où il y avait une réception, et que là...
- Là ? fit le conseiller.
- Là, j'ai été témoin d'une altercation telle que... Monsieur le bourgmestre, on a parlé politique !
- Politique ! répéta van Tricasse en hérissant sa perruque.
- Politique ! reprit le commissaire Passauf, ce qui ne s'était pas fait depuis cent ans peut-être à Quiquendone. Alors la discussion s'est montée. L'avocat André Schut et le médecin Dominique Custos se sont pris à partie avec une violence qui les amènera peut-être sur le terrain...
- Sur le terrain ! s'écria le conseiller. Un duel ! Un duel à Quiquendone ! Et que se sont donc dit l'avocat Schut et le médecin Custos ?
- Ceci textuellement : Monsieur l'avocat, a dit le médecin à son adversaire, vous allez un peu loin, ce me semble, et vous ne songez pas suffisamment à mesurer vos paroles !
Le bourgmestre van Tricasse joignit les mains. Le conseiller pâlit et laissa choir sa lanterne. Le commissaire hocha la tête. Une phrase si évidemment provocatrice, prononcée par deux notables du pays !
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MusardiseMusardise   02 août 2016
On jouait un peu de tout au théâtre de Quiquendone, et surtout l'opéra-comique. Mais il faut dire que les compositeurs n'eussent jamais pu reconnaître leurs œuvres, tant les mouvements en étaient changés.
En effet, comme rien ne se faisait vite à Quiquendone, les œuvres dramatiques avaient dû s'approprier au tempérament des Quiquendoniens. Bien que les portes du théâtre s'ouvrissent habituellement à quatre heures et se fermassent à dix, il était sans exemple que, pendant ces six heures, on eût joué plus de deux actes. Robert le Diable, Les Huguenots, ou Guillaume Tell, occupaient ordinairement trois soirées, tant l'exécution de ces chef-d’œuvre était lente. Les vivace, au théâtre de Quiquendone, flânaient comme de véritables adagio. Les allegro se traînaient longuement, longuement. Les quadruples croches ne valaient pas des rondes ordinaires en tout autre pays. Les roulades les plus rapides, exécutées au goût des Quiquendoniens, avaient les allures d'un hymne de plain-chant. Les trilles nonchalants s'alanguissaient, se compassaient, afin de ne pas blesser les oreilles des dilettanti. Pour tout dire par un exemple, l'air rapide de Figaro, à son entrée au premier acte du Barbier de Séville, se battait au numéro 33 du métronome et durait cinquante-huit minutes, - quand l'acteur était un brûleur de planches.
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mabertrandmabertrand   04 mars 2012
Le bourgmestre était un personnage de cinquante ans, ni gras ni maigre, ni petit ni grand, ni vieux ni jeune, ni coloré ni pâle, ni gai ni triste, ni content ni ennuyé, ni énergique ni mou, ni fier ni humble, ni bon ni méchant, ni généreux ni avare, ni brave ni poltron, ni trop ni trop peu, un homme modéré en tout.
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mabertrandmabertrand   07 mars 2012
- Que c'est beau ! s'écria le bourgmestre.
- Oui, c'est admirable ! répondit le conseiller. Est-ce qu'il ne vous semble pas, mon digne ven Tricasse, que l'humanité est plutôt destinée à demeurer à de telles hauteurs, qu'à ramper sur l'écorce même de notre sphé^roïde ?
- Je pense comme vous, honnête Niklausse, répondit le bourgmestre, je pense comme vous. On saisit mieux le sentiment qui se dégage de la nature ! On l'aspire par tous les sens ! C'est à de telles altitudes que les philosophes devraient se former et c'est là que les sages devraient vivre au-dessus des misères de ce monde !
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