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Alain Boureau (Éditeur scientifique)Monique Goullet (Éditeur scientifique)Jacques Le Goff (Préfacier, etc.)
ISBN : 9782070114177
Éditeur : Gallimard (11/03/2004)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Le bienheureux Jacques, surnommé de Varaggio; du lieu de sa naissance aujourd'hui appelé Varazze, sur la route qui côtoie la mer de Savone à Gênes, naquit vers l'an 1230. Jeune encore, il entra dans l'ordre, de saint Dominique en 1241 et s'y fit remarquer par sa piété, la régularité de sa conduite, son amour pour l'étude, son zèle du salut des âmes et par une prudence consommée dans l'exercice des fonctions qui lui furent confiées. Il enseigna les Saintes Lettres en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
BazaR
  11 décembre 2014
Une fois de plus la collection Folio 2€ me permet de satisfaire ma curiosité tout en m'évitant pour cela de lire un énorme pavé. Cette fois-ci il s'agit de l'oeuvre hagiographique du XIIIème siècle « la Légende Dorée » du dominicain Jacques de Voragine, qui compile la vie et la mort des Saints de l'Eglise Catholique. le petit extrait Folio se concentre sur les Saintes illustres.
Eh bien ma curiosité est satisfaite et je ne me vois pas attaquer le pavé original. La littérature religieuse et moi ne devons pas nous rencontrer trop souvent ; l'alchimie ne fonctionne pas et je ne suis pas réceptif. J'essaie cependant de temps à autre, avec mon approche rationnelle qui ne convient pas vraiment au sujet, pour gratter des miettes de compréhension de ci de là.
Les récits sur les Saintes sont très courts, quinze pages maximum, et sont presque toujours construits de la même manière. Nous sommes à l'époque romaine tardive. Une jeune fille, souvent belle, se donne à Dieu. Un infâme païen, souvent investi d'un pouvoir comme un préfet ou un gouverneur, souhaite l'épouser, ou la faire épouser. La fille s'y refuse, déclarant son appartenance à Dieu. le païen la torture, exige d'elle qu'elle fasse des offrandes aux « idoles ». La fille supporte tout sans broncher. Rien ne l'atteint. le païen en est pour ses frais. La fille gagne, récompense suprême, la couronne du martyr, meurt et prend une place privilégiée au côté de Jésus-Christ.
Bien entendu nous sommes dans une apologie de la religion chrétienne, que l'on pourrait qualifier de propagande s'il avait été lu par des païens (l'introduction la qualifie de manuel de culture générale religieuse utile aux prédicateurs). Les non-croyants sont des caricatures d'êtres humains cruels, vicieux et souvent laids. Ils occupent la plupart du temps des postes à responsabilité dans l'Empire. Les Saintes sont des merveilles possédant toutes les qualités, en particulier l'absence d'attirance pour le sexe (horreur, ce mot !). Les démons et le Diable lui-même les harcèlent de tentation. Ils échouent lamentablement et leur déconfiture donne parfois un récit plutôt comique (sainte Julienne). Les Anges, et Dieu lui-même, les protègent des conséquences des tortures : les « roues entourées de scies de fer » (sainte Catherine) sont brisées et les flammes déviées (sainte Christine) tuant des milliers de personnes par ricochet (des païens bien entendu). J'imagine que si je voyais de tels miracles je n'aurais aucune difficulté pour croire. Vous voyez je recommence ! J'évoque la raison, la réalité du miracle, là où la religion réclame la foi, la croyance sans questionnement.
J'ai du mal à imaginer que de nos jours l'on puisse lire cela au premier degré (mais mon imagination a des limites souvent dépassées par la réalité). En tant que témoignage d'une époque – le XIIIème siècle - et d'un milieu – celui des serviteurs de l'Eglise - en revanche c'est intéressant. Je pense en particulier aux dialogues mis en scène entre la vierge et le païen qui copient ce que l'on imagine être les « disputatio » dans les universités, où les arguments sont échangés en forme de sophismes et de syllogismes.
Intéressant à petite dose seulement en ce qui me concerne.
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colimasson
  22 mars 2014

La Légende dorée et son cortège de 150 saints et martyrs ont de quoi donner des frissons. Si une telle lecture peut sembler indigeste, cette édition plus modeste de la Vie des douze apôtres guérira des appréhensions compréhensibles. Parmi toutes les saintes existences évoquées par Jacques de Voragine, chroniqueur italien du 13e siècle, béatifié en 1816, nous ne sélectionnerons que leurs variantes apostoliques –à peine un dixième du volume original. L'édition est d'ailleurs si modeste qu'elle nous lâche dans le texte sans indication préalable. D'où surgit le déferlement d'informations que nous fournit Jacques de Voragine ? Il faudra se renseigner de sa propre initiative pour apprendre que ses sources sont d'une densité exceptionnelle et comptent par exemple des évangiles apocryphes ou des Pères latins Grégoire de Tours, Saint Augustin, Saint Jérôme ou grecs Jean Chrysostome. Ce travail gigantesque est condensé en quelques pages aussi brèves et savamment articulées que des nouvelles. Eléments attestés, légendes, miracles et symboliques s'entrecroisent dans des ébauches de vie dont la plus ou moins grande crédibilité passe souvent au crible du jugement de Jacques de Voragine. La vie des douze apôtres semble entièrement dirigée dans l'objectif de prouver la lutte de Dieu contre les puissances hérétiques qui se déchaînent au cours des siècles suivant la venue du Messie. On découvre alors un paradigme entièrement exotique faisant se mêler foi et politique sans conscience coupable, les empereurs et princes révélant parfois d'une folie religieuse plus déchaînée encore que celle qu'on aurait préféré attribuer aux apôtres.

« […] Vespasien avait dans le nez, depuis l'enfance, une espèce de vermine, d'où lui était venu son surnom même de Vespasien. […] « Je crois que s'il a pu ressusciter les morts, il pourra me délivrer de mon infirmité ! » Et aussitôt les vers lui sortirent du nez, et il retrouva la santé. »
Cette Légende dorée abrégée délivre un lot de trésors narratifs apte à chambouler le plus blasé des lecteurs modernes. Dans le style médiéval le plus épuré, Jacques de Voragine aligne une succession de faits et de renseignements qui font s'alterner l'anecdotique au plus sanglant sans manifester le moindre état d'âme. Les textes religieux ne sont pas ennuyeux comme le sermon d'un prêtre en église lorsqu'ils retrouvent leur véritable source dramatique. On découvrira que l'empereur Domitien fit plonger Saint Jean dans une marmite d'huile bouillante, que Judas tua son père pour un sac de pommes, que des mères misérables découpaient et faisaient revenir la chair de leurs enfants dans de grandes marmites pour se nourrir ou que Néron fut dupé par des médecins lui faisant avaler des grenouilles afin de satisfaire sa curiosité de la gestation maternelle.

Si les douze apôtres revenaient sur Terre, quels miracles pourraient-ils encore accomplir et comment se heurteraient-ils à l'incrédulité contemporaine ? La Légende dorée, même abrégée, nous donne déjà l'aperçu d'une époque qui, sans doute non exempte de défauts, connaissait une passion et une excentricité qui nous feraient presque pâlir d'envie…
Lien : http://colimasson.over-blog...
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LydiaB
  27 octobre 2010
Le titre ne doit pas tromper. Légende ne signifie pas ici conte ou récit fabuleux, mais simplement "ce qui doit être lu". L'épithète "dorée" annonce le poids et la valeur du contenu. Il s'agit donc d'une compilation reprenant les Vies de Saints et des explications sur les grandes fêtes liturgiques. En cela, même si l'archevêque de Gênes s'est voulu historien, prétendant nous parler de personnages historiques et nous raconter les événements dont ils ont été réellement acteurs ou victimes, il ne faudra pas s'attendre à y trouver ce que nous appelons aujourd'hui de l'histoire.
Pour attirer le lecteur, l'auteur va employer les rebondissements, les hasards étonnants, les coups de théâtre. Par bien des aspects, la Légende dorée se veut populaire. Ainsi, à chaque page ou presque, on pourra trouver matière à intéresser le lecteur d'aujourd'hui.
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jimpee
  04 mars 2014
La Légende Dorée a été écrite au XIIIe siècle par un dominicain, archevêque de Gênes, pour édifier les foules et leur montrer l'exemple, un genre de bréviaire laïc. J'y ai trouvé quelques récits intéressants qui peuvent expliquer des croyances ou permettent de décrypter des motifs d'art sacré mais c'est aussi un manuel de propagande vite ennuyeux, comme tous les catéchismes.
Jacques de Voragine (né à Varazze à côté de Gènes) est très pédagogique dans ses explications du dogme, il valorise toujours la recherche de la pauvreté et il s'appuie sur les vies exemplaires des apôtres, martyrs et confesseurs (théologiens) pour étayer son propos. Très vite, les récits deviennent répétitifs et monotones mais la Légende permet aussi de découvrir certaines positions de l'Eglise primitive. le mariage est sacré mais Hilaire préfère voir sa fille morte que mariée ; les femmes refusent de coucher avec leurs époux païens et les couples chrétiens sont encore plus saints quand il s'abstiennent de relations charnelles. Ce n'est pas un histoire de la chrétienté mais on y découvre plusieurs épisodes et j'ai déjà évoqué la lutte contre les ariens qui sont les hérétiques suprêmes.
Les empereurs romains combattent le culte chrétien et ne cessent de vouloir que leurs sujets sacrifient aux idoles....
- See more at: http://jimpee.free.fr/index.php/7953/
Lien : http://jimpee.free.fr/index...
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Strapuce
  17 juillet 2015
Je lis ce livre sur recommandation de ma prof d'histoire de l'art étant donnée que j'adore l'iconographie religieuse... c'est certe très intéressant mais c'est un sacré pavé écrit par un religieux... donc à lire à dose homéopathique si vous ne voulez pas faire une overdose d'eau bénite.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
BazaRBazaR   22 octobre 2014
Les écoles de philosophes portent aux nues les pythagoriciens Damon et Synthias. L'un deux, condamné à mort, demanda le temps nécessaire pour ordonner ses affaires. Le tyran très rusé, estimant qu'il risquait de ne plus être retrouvé, exigea un garant qui serait châtié à sa place s'il tardait à revenir... Ainsi, comme le condamné avait du retard pour son supplice, le garant, d'un visage serein, ne refusa pas la mort. Au moment où il était conduit au supplice, son ami revint, substitua sa nuque à la sienne et tendit son cou. Alors le tyran, admirant le fait que les philosophes tenaient plus à l'amitié qu'à la vie, demanda à ceux qu'il avait condamnés d'être lui-même en leur amitié. Telle est la grâce de la vertu, qu'elle séduit même un tyran!

("Une vierge d'Antioche" - propos attribués à Ambroise)
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BazaRBazaR   18 novembre 2014
Ou bien le nom d'Euphémie signifie "euphonie", c'est à dire "douce sonorité". Il y a trois façons de produire une douce sonorité: par la voix, comme par le chant; par la vibration, comme dans la cithare; par le souffle, comme dans l'orgue. De même sainte Euphémie fit pour Dieu un son doux par la voix de sa prédication, par la vibration de ses bonnes actions, et par le souffle de sa dévotion.

(Sainte Euphémie)
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colimassoncolimasson   06 avril 2014
[A propos de Saint Jacques le Mineur]

Son nom de « frère du Seigneur » lui vient, croit-on, de ce qu’il ressemblait si fort au Seigneur, par les traits du visage, que plus d’une fois on le confondit avec lui. Aussi, lorsque les Juifs vinrent s’emparer du Christ, craignirent-ils de prendre Jacques au lieu du Christ ; et c’est pour ce motif qu’ils ordonnèrent à Judas de leur désigner le Christ en lui donnant un baiser.
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BazaRBazaR   09 octobre 2014
Or Quintien, gouverneur de Sicile mais de basse naissance, libidineux, cupide et adonné aux idoles, tentait d'épouser sainte Agathe. En effet, étant de basse extraction, il voulait se faire craindre en épousant une noble; étant libidineux, il voulait jouir de sa beauté; étant cupide, il voulait s'emparer de ses richesses; et, comme idolâtre, il voulait l'obliger à sacrifier à ses dieux.
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LydiaBLydiaB   27 octobre 2010

Théodore était une femme mariée et de noble extraction. Du temps de l’empereur Zénon, elle habitait Alexandrie avec son époux, homme riche et craignant Dieu. Or, le démon, jaloux de la sainteté de Théodore, enflamma un riche de concupiscence pour elle. Il la fatiguait de messages répétés et de présents afin de la faire consentir à sa passion ; mais elle renvoyait ses messagers avec dédain et méprisait ses présents. Il la tourmentait au point de ne lui laisser aucun instant de repos et peu s'en fallut qu'elle en perdît la vie. Enfin il lui adressa une magicienne, qui l’exhortait beaucoup à avoir pitié de cet homme et à se rendre à ses désirs. Or, comme Théodore répondait que jamais elle ne commettrait un péché si énorme sous les yeux de Dieu qui voit tout, la magicienne ajouta: « Tout ce qu'on fait de jour, Dieu le sait certainement et le voit, mais tout ce qui se passe sur le soir et après le soleil couché, Dieu ne le voit pas du tout. » Et la jeune femme dit à la magicienne « Est-ce que tu dis la vérité ? » « Oui, répondit-elle, je dis la vérité. »
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Video de Jacques de Voragine (1) Voir plusAjouter une vidéo
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Diane de Selliers parle de son édition illustrée de La Légende Dorée
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