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EAN : 9782889276974
270 pages
Éditeur : Editions Zoé (22/09/2019)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 98 notes)
Résumé :
Quand Franklin Starlight ne s’occupe pas de sa ferme, il part photographier la vie sauvage au cœur de l’Ouest canadien. Mais cette existence rude et solitaire change lorsqu’il recueille sous son toit Emmy et sa fillette Winnie, prêtes à tout pour rompre avec une existence sinistrée.

Starlight emmène bientôt les deux fugitives dans la nature, leur apprend à la parcourir, à la ressentir, à y vivre. Au fil de cette initiation, les plaies vont se refermer... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
Biblioroz
  28 janvier 2020
Alourdi par le poids de l'urne en laiton, mais surtout par son coeur lesté de chagrin, Franklin Starlight se recueille et laisse couler ses larmes brûlantes pour pleurer le vieil homme. Vingt ans de sa vie dans cette modeste ferme et aujourd'hui, juste les craquements d'une maison vide, son unique monde jusque là. Mais comment y demeurer en l'absence du vieil homme ? Pourtant, l'envie fugace d'ailleurs s'est vite évanouie et il décide de rester.
Quatre années se sont écoulées. Dans ce vaste pays canadien, deux brutes qui ne parlent qu'avec leurs poings, quotidiennement soûles, déversent leur violence sur Emmy, devant les yeux de sa fille Winnie qui, n'ayant pas encore atteint ses dix ans, a déjà visionné beaucoup trop de scènes de déchéance et de brutalités humaines.
Toutes deux décident de fuir cette ivrognerie, cet avachissement répugnant, cette vie uniquement faite de violence.
Frank vit désormais avec Roth qui travaille à la ferme depuis trois ans. Quel joli duo que ces deux célibataires, partageant une amitié simple et réconfortante dont on imagine sans peine l'étendue ! Par des dialogues authentiques, l'auteur véhicule parfaitement leur complicité attachante.
Roth qualifie Frank de bougre au grand coeur et lorsqu'il croisera le chemin d'Emmy, c'est la perception de son côté sauvage mais surtout l'amour qu'elle montre pour sa fille qui le pousseront à lui tendre la main pour préserver et protéger cet amour.
L'auteur joue ici sur deux traques complètement opposées : celle menée par les deux ivrognes qui parcourent le pays pour assouvir leur envie de vengeance vis-à-vis des fugitives et celle suivie par Franklin, sur le pas des animaux sauvages afin de puiser en eux le remède pour soigner ses propres blessures et y perdre sa colère, traque naturelle qu'il insufflera à ses deux protégées.
Il faut garder à l'esprit que ce roman inachevé n'a pas eu la chance d'être retravaillé par son auteur et qu'il n'est donc pas aussi abouti que les précédents. Sa lecture n'en est que plus émouvante.
L'auteur savait mettre les mots justes pour décrire la décrépitude et la violence de la picole.
Mais surtout, il excellait à mettre en oeuvre la symphonie de la nature. Certains chapitres lui rendent un hommage vibrant. Frank photographie le loup hurlant, en arrière-plan le disque lunaire diffuse sa lueur falote. On voit évoluer ce photographe, les pieds chaussés en peau d'orignal pour sentir et appréhender la terre. On perçoit le souffle du loup et on s'hypnotise avec son regard chatoyant. On hume l'odeur de lichen et celle piquante des conifères.
L'auteur nous offre en cadeau d'adieu un Franklin tellement attachant. Frank nous évoque quelques bribes pleines de sagesse de l'héritage du vieil homme. Réservé, refusant le progrès et jugeant chaque valeur des choses, il se repaît et s'emplît de calme tout en puisant la confiance dans la nature. Un équilibre tellement enviable !
Ses leçons pour apprendre à écouter, à intégrer marche, respiration et vision environnementale effacent la solitude intérieure et comblent le vide. C'est ainsi qu'il décrit magnifiquement ses échappées dans la nature.
Le texte s'interrompt avec la disparition de Richard Wagamese. Grâce à la note de l'éditeur et d'un bel épilogue traduit d'une novella de l'auteur, je n'ai ressenti aucune frustration de cette triste interruption.
Si vous avez adoré Les étoiles s'éteignent à l'aube, je pense que vous serez ému et comblé par le devenir de Franklin Starlight, un homme de peu de mots mais dont les rares paroles émerveillent par leur profondeur et leur justesse.
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mosaique92
  15 août 2020
Richard Wagamese est mort pendant l'écriture de ce roman ; il s'agit donc d'un roman inachevé.
Pourquoi l'éditeur canadien (VO) puis l'éditeur français (VF) ont-ils publié un livre inachevé à titre posthume ? L'éditeur français l'explique dans une note en fin de livre : « Nous avons retenu notre souffle en commençant à lire cet ultime texte. Et l'avons relâché, heureux, embarqués encore une fois dans l'immense Colombie Britannique, animée par ce conteur hors norme ».
Et, en effet, si l'histoire manque de fin, « la magie opère » (note éditeur). On retrouve tout ce qui fait cette magie : puissance de l'écriture, sobriété des dialogues et des sentiments, force sereine, poésie et humanité.
Bien sûr, « le lecteur peut ressentir parfois la nature inachevée de ‘'Starlight'' » (note éditeur) mais celui-ci donne les grandes lignes de la fin telle que l'avait imaginée l'auteur. Et l'essentiel est là ; car, à mes yeux, l'histoire passe au second plan après la puissance d'évocation de l'auteur pour les valeurs humaines, les sentiments pudiques et la nature avec son immense capacité d'apporter la résilience.
‘'Une odyssée étincelante'' a titré une critique littéraire en parlant de ‘'Les étoiles s'éteignent à l'aube'' et sa suite ‘'Starlight'' : c'est tout-à-fait cela. Retrouver Franck dans ''Starlight'' et le voir sortir de sa solitude a été un véritable bonheur…
Et je reprendrai volontiers à mon compte ce passage d'une critique : « C'est avec beaucoup d'émotion mêlée de tristesse que nous refermons le dernier opus de Richard Wagamese une fois la lecture terminée, le coeur lourd, sachant qu'il y en aura pas d'autre livre. Bien qu'inachevé ce texte regorge de l'univers de cet auteur disparu trop tôt filant comme une étoile qui s'éteint à l'aube comme l'annonçait de manière prémonitoire l'un de ses trois titres. » (critique complète : https://addict-culture.com/starlight-richard-wagamese/)
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5Arabella
  17 septembre 2019
Il s'agit du dernier roman de l'auteur décédé en 2017, roman resté inachevé. Starlight, un jeune géant d'origine indienne, mais élevé en dehors de la communauté amérindienne par un vieil homme blanc, a repris après la mort de ce dernier sa ferme, qu'il exploite avec l'aide d'Eugene Roth, garçon de ferme devenu ami. Il a un rapport fusionnel et fort avec la nature. Son chemin va croiser celui d'Emmy et de sa fille Winnie. Elles sont en fuite. Emmy a réussi a secouer l'emprise d'un homme violent et malsain, Cadotte pour essayer de préserver Winnie et retrouver sa dignité. Starlight les prend sous sa protection, et va les initier à la communion avec la nature, pour les aider à se reconstruire. Mais Cadotte n'a pas abandonné l'idée de se venger, il sillonne le pays pour essayer de retrouver Emmy et Winnie.
J'avoue ne pas avoir vraiment adhéré à ce roman, qui semble par ailleurs plaire à des nombreux lecteurs. J'ai eu tout de suite des difficultés avec l'écriture de Richard Wagamese, que j'ai trouvée très simple, très descriptive, trop prosaïque. Or je suis très sensible à l'écriture, sans doute plus qu'à l'histoire racontée ou les thématiques évoquées. Je ne voudrais pas être trop sévère avec ce livre, mon rejet n'est pas forcément justifié objectivement, mais j'ai très vite eu tendance à trouver de nombreuses invraisemblances et facilités dans la narration. Par exemple, Winnie qui a 9-10 ans, compte tenu de la vie qu'elle a mené avec sa mère, ne semble avoir reçu aucune instruction, et bien sûr n'est jamais allée à l'école. Or elle s'y adapte sans autre souci que des bagarres avec des garçons (forcément, avec le passif de sa mère avec les hommes). Cette difficulté avec la gent masculine ne l'empêche en revanche absolument pas d'accorder presque immédiatement toute sa confiance et affection à nos deux gentils fermiers. de même la traque de Cadotte semble complètement dérisoire : il part à la recherche d'Emmy totalement au hasard, sans aucune ébauche de stratégie ni de réflexion. Dans un pays de presque 10 millions km² et 37 millions d'habitants, la probabilité de la retrouver frôle le zéro. Or nous ne doutons à aucun moment qu'il va y arriver, tout simplement parce l'auteur l'a décidé ainsi sans se donner la peine de rendre cela vraisemblable.
C'est en quelque sorte un conte pour grandes personnes, avec des gentils très gentils et très méritants, et un méchant très méchant. Un conte très optimiste, qui raconte la renaissance d'une femme et d'une petite fille qui ont beaucoup souffert, mais qui grâce à la gentillesse, et surtout à une immersion dans la nature, qui leur permet de se ressource, de retrouver une place dans le monde, et un autre rapport à elles-même, ont la chance de pouvoir se projeter dans une nouvelle existence. Il y a quelques belles pages sur la nature, sur la façon de la ressentir, d'en faire partie et d'y trouver grâce à un abandon de soi une sensation plus forte de réalité et un équilibre plus solide. Mais j'ai souvent du mal avec trop de bons sentiments, quelque part en dépit du bon sens. J'aurais peut-être davantage pu croire à cette histoire, si elle avait été un peu plus complexe, déjà en ce qui concerne les rapports humains. Par exemple, si les rapports entre Emmy, Winnie, Starlight et Roth n'auraient pas toujours été idylliques et dépourvus du moindre conflit ou différent.
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visages
  15 mars 2020
r.wagamese est mort avant d'avoir terminé l'écriture de ce roman. L'éditeur semble presque s'en excuser en notant"...le lecteur peut ressentir parfois la nature inachevée de Starlight, le manque, ici ou là de cette finition opérée à la relecture finale d'un texte". Je n'ai rien ressenti de tout celà, si ce n'est à la dernière phrase ou un "zut!" m'a échappé car je voulais en savoir plus ! Mais finalement c'est très bien ainsi car je peux imaginer ce que je veux. On retrouve Franck, le personnage principal Des étoiles s'éteignent à l'aube ,devenu adulte. le vieil homme qui l'a recueilli et éduqué est mort. Après une très brève hésitation, Franck décide de rester vivre dans sa ferme avec son grand ami Eugène. Cette vie de célibataires endurcis est bousculée par l'arrivée d'Emmy et sa fillette Winnie. Elles fuient la violence des hommes, dont Emmy est la victime depuis son enfance. Franck décide de les accueillir sans rien connaître de leur histoire. Tout comme il photographie la faune de façon exceptionnelle parce qu'il sait révéler la nature profonde des animaux qu'il approche, il va aider ces deux êtres blessées à se révéler à elle même. Dans le décor grandiose des forêts Canadiennes, c'est une véritable initiation qui s'opère. Ce roman est très touchant, il m'a donné envie d'être à la place d'Emmy, d'apprendre à être dans cette symbiose avec la nature, de pouvoir m'approcher des biches,entendre le coeur de la forêt battre à l'unisson du mien....c'est un roman écologique dans la mesure où il célèbre la relation de respect qui peut s'instaurer entre l'homme et la nature sans faire fi que nous sommes nous aussi des animaux ! Starlight est encore plus émouvant que les étoiles s'éteignent à l'aube, et son hymne à la vie est magnifique.
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Arthore
  23 mars 2020
Un livre et un auteur découvert dans une des dernières émissions de la grande librairie.
Un livre postum d'un auteur que j'ai hâte de continuer à découvrir chez mon libraire après cette période de .....
Quelle claque!! Un livre qui restera un de mes beaux moments de lecture; non pas pour le moment particulier où il a été lu mais tout simplement pour sa force, son style, en un mot sa Beauté.
Canada, au sein de la Colombie-Britannique : fuir dans un lieu où il n'y a rien que des miles et des miles de terres autour d'elles : voilà le but qu'Emmy s'est fixé pour échapper avec sa fille Winnie à Cadotte et Anderson
En effet, échapper à une vie sinistre passée avec cet individu violent était devenu une question de vie ou de mort.
Leur fuite va les conduire dans une petite ville où après plusieurs péripéties, elles vont être recueillies par Starlight et Roth.
Franck Starlight, homme tranquille, élevé par un “vieil homme”, photographe animalier exceptionnel, artiste qui pourrait être reconnu du plus grand nombre, mais qui par volonté, est d'abord et avant tout, fermier de “carrière et de culture”
Son souhait, simplement couvrir ses besoins grâce à ses photos et vivre à la ferme.
Eugène Roth, arrivé un jour à la ferme comme employé agricole n'est jamais reparti. Depuis il forme avec Starlight un binôme qui vit au rythme de la nature.
Cadotte et Anderson n'auront de cesse de retrouver celle qui s'est enfuie mais surtout, qui a osé les défier, qui a tenté de les tuer pour survivre.
Se battre avec des hommes, forcer les bagarres, violenter des femmes seront de simples exutoires tout au long de leur traque, pour tacher de supporter le temps passé à retrouver leur proie, à assouvir enfin leur vengeance.
Mais d'abord et avant tout, ce livre est celui de la découverte de l'amour et de l'écoute de la nature.
L'amour et la nature, “2 contrées vierges”, la première pour Franck Starlight, élevé par "le vieux" et la seconde pour Emmy et Winnie. Chacun, à sa manière va apprendre à découvrir ce qu'elles représentent, le bonheur et la plénitude qu'elles apportent.
La découverte les obligera à passer par dessus leur peur, à faire confiance, à lâcher prise, à aller au plus profond d'eux même.
Et s'il fallait encore vous convaincre, l'approche de la vie que Starlight va tenter de transmettre autour de lui et à nous lecteur:
“Tout ce que je sais c'est que je me vois faire, ce que je fais, je m'entends penser ce que je pense, je me sens ressentir ce que je ressens.”
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique   13 septembre 2019
L’ultime roman de Richard Wagamese est un testament porteur d’espoir et de vie.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   02 septembre 2019
Ce beau roman posthume de l’écrivain canadien ojibwé invite à l’empathie avec la forêt et tout ce qui y vit, humains inclus.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
BibliorozBiblioroz   27 janvier 2020
La maison était silencieuse. Ils s'observèrent, en attendant que l'autre fasse le premier pas. Finalement, Roth entrebâilla la porte, jeta un coup d’œil à l'intérieur, puis fit signe à Starlight de le suivre. Tous deux traversèrent la pièce en direction du lit où Emmy et Winnie étaient collées l'une à l'autre. Dans cette lumière d'un bleu argenté, elles se faisaient face sur l'unique oreiller, et ce repos amena les hommes à retenir leur souffle. Starlight donna alors un coup de coude à Roth, ils avancèrent de chaque côté du lit, déplièrent une courtepointe et en remontèrent le bord sur les corps de ces formes endormies, jusqu'à leurs mentons, puis la laissèrent retomber sur elles comme un rêve. Ensuite ils reculèrent. Ils étudièrent la mère et la fille installées dans la sécurité protectrice de la vieille maison qu'eux connaissaient si bien, puis ils se glissèrent jusqu'à la porte, la fermèrent et restèrent à savourer la paisible majesté de cette vision.
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GabySenseiGabySensei   28 juin 2019
Elles marchèrent jusqu'au triste perron déjeté à l'arrière de la maison. Les planches des marches étaient pourries, donc elles grimpèrent sur le côté en s'appuyant sur la poutre porteuse. Lorsqu'elle s'appuya sur la porte, celle-ci s'ouvrit aisément. L'air sec et chaud dégageait une odeur de poussière et, imaginait-elle, de solitude. Mais les murs étaient en bon état, hormis quelques morceaux de papier peint qui se décollaient par endroits, la peinture était défraichie et, bien que le plancher craquât, il était résistant. Elle reconnut le travail soigneux et attentif des vieux outils ainsi que la précision et l'assurance des mains calleuses sur le bois brut, un retour vers des jours anciens, flous, dont elle se souvenait à peine et qu'elle revivait encore moins. C'était une maison de travailleur. Elle admira les lambris, les moulures et les angles sculptés des montants des portes et des fenêtres. Le pilastre au bas de l'escalier était couvert de poussière qu'elle enleva de la paume de la main afin de voir le grain du bois ; elle s'émerveilla du lustre qu'avaient laissé une ou deux générations d'enfants, d'aînés et de proches au cours de leurs passages quotidiens dans l'escalier et dans cette maison perchée en bordure de pâturage, au creux d'une vallée bordée de montagnes. C'était une maison sortie du sol avec une vision juste et patiente. Une maison bâtie en communauté. Emmy était sensible à l'énergie de son édification, à la vibration des impulsions et des trajectoires des vies qu'elle tenait sous sa coupe, les nourrissant jusqu'à ce qu'elles prennent leur envol, enfermant pour toujours leurs cris, leurs appels, leurs rires, leurs murmures et leurs paroles dans le bois, les poutres et les murs. Il y avait dans cette vieille maison une part d'elle-même qu'elle reconnaissait et une part qu'elle ne reconnaissait pas du tout. Ça la rendait mélancolique et lui donnait envie de pleurer. Finalement, elle s'essuya les yeux et monta l'escalier, sa fille trainassant derrière elle.

(P68-69)
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BibliorozBiblioroz   24 janvier 2020
"La terre te traite en égal, finit-il par dire. Si tu passes un peu de temps seul ici, comme je l'ai fait toute ma vie, elle te parle, elle te livre des secrets auxquels la plupart des gens n'ont jamais accès.
— T'as de la chance que j' te connaisse, mon vieux. Si quelqu'un entend un homme raconter qu'il entend des voix dans la nature sauvage, il va dire que c'est un dingue.
— Elle ne parle pas avec des mots, Eugène. Elle parle avec des sensations.
— Tu vois ? Dans ce cas, ils vont te réserver une place permanente dans une cellule capitonnée."
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AifelleAifelle   13 septembre 2019
Il tapota le volant des doigts. Il n'avait jamais été très bavard et quand la conversation arrivait à une impasse, le silence dans lequel il se trouvait enfermé le laissait toujours désemparé. A présent, avec elle, il se sentait aussi emprunté qu'un enfant. Il ne savait pas comment parler aux femmes. Son monde avait été un monde d'hommes et il était habitué à leurs paroles bourrues, hachées, et il aimait ça puisque ça correspondait à sa propre réticence naturelle. Il admirait les hommes comme Roth, qui pouvaient dérouler une conversation comme un vieux tapis bien-aimé, s'y poser et pérorer pendant des heures d'affilée. Parler avait toujours été un combat pour lui. Il se trouvait bien mieux au sein du silence que dans la lumière crue du monde de la parole.
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5Arabella5Arabella   15 septembre 2019
C'étaient des hommes sauvages. Ceux dont ils s'entouraient étaient frustres et violents, colériques et bornés, toujours prêts à la bagarre, à donner des coups de poing au moindre affront, pour terminer par des rires, des embrassades ; ils établissaient un lien incompréhensible, fait d'emportement et d'interminables conversations à propos des femmes, de l'argent, de vagues rêves et de ragots accumulés qui passaient pour du savoir chez des hommes ne connaissant rien d'autre que la robustesse de leurs dos et l'érudition de leurs poings.
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