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EAN : 9780765328021
383 pages
Éditeur : Tor Books (26/08/2014)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 11 notes)
Résumé :
En plein désert, Daniel Brüks, biologiste, poursuit son étude de la vie et de ses évolutions mutantes. À l'écart d'un monde qui voit s'éteindre l' homosapiens au profit d'une humanité génétiquement et technologiquement upgradée, Daniel rumine sa part de responsabilité dans le concert de fléaux qui s'abat sur l'humanité. Mais aussi loin s'est-il retiré, la tornade dévastatrice l'a rattrapé, accompagnée d'une attaque de zombies. Daniel trouve alors refuge dans le mona... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
CardShark
  13 septembre 2014
Attendant ce livre impatiemment depuis ma lecture de Vision aveugle, je me suis jeté dessus à l'instant de sa sortie en VO. Une fois le livre fini, il m'a fallu une très grosse semaine pour digérer le morceau.
Quatorze ans après la Chute des Etoiles, l'élément déclencheur de Vision aveugle, Daniel Brüks, biologiste has-been, fossile vivant à peine modifié, vit en ermite dans le désert de l'Oregon et s'échine au travail sysiphéen d'y cataloguer des espèces animales originelles, dans un monde ou l'ADN utilisé pour la computation, le stockage de données, les virus thérapeutiques, l'ingénierie écologique, s'est depuis bien longtemps échappé des laboratoires et des serveurs de stockage pour s'incruster dans le génome de toute la biosphère. le climat est dans un état déplorable, ne tient debout que par l'investissement titanesque de ressources énergétiques dans des projets de géo-ingénierie à grande échelle. La Singularité est bien arrivée avec ses promesses d'utopie pour tous, sauf que ca n'a vraiment pas si bien marché que ça et a en quelque sorte laissé ces humains un brin demeurés de coté pour continuer sans eux. de plus en plus de gens préfèrent se réfugier au Paradis, univers virtuel permanent où ils peuvent enfin s'imaginer être omnipotents et tous puissants, ou dans l'ersatz de Nirvana par la catatonie irréversible de l'esprit de ruche Moksha, plutôt que de faire face à ce monde anxiogène et sauvagement hors de contrôle. La science traditionnelle est battue à plate couture par l'Ordre des Bicaméraux. L'Ordre, justement, qui a un monastère à deux pas de là où Daniel a posé sa tente. Pris dans le feu croisé entre ces derniers et un vampire qui a échappé à ses maitres, il va être embarqué, à bord de la Couronne d'Épines, dans un voyage vers la station de production d'énergie Icare au centre du système solaire ou « quelque chose » semble s'être infiltré après avoir remonté à contre courant le flux de données quantiques qui alimentait, dans Vision aveugle, le vaisseau Thésée en antimatière. L'Ordre croit y trouver un genre de Buisson Ardent. Valérie la vampire, peut-être enfin un égal à qui parler. Jim Moore le soldat, lui espère y trouver des indices sur le destin de son fils, Siri Keeton.
(en parlant de Jim Moore, vous pouvez faire une pause ici et aller lire l'excellente nouvelle The Colonel, qui se passe entre les deux livres http://www.tor.com/stories/2014/07/the-colonel-peter-watts)
La prose de Peter Watts si la chose est possible, est encore plus incisive et affinée que dans les livres précédents. L'écriture est un joyau finement ciselé, truffée de subtilités et de très nombreuses informations cachées à décortiquer, les thèses de l'auteur sont présentées tout au long de l'histoire par de savoureux dialogues et textes d'exposition via la réflexion de Daniel, personnage parfois un peu dépassé mais qui sert d'interface nécessaire entre le lecteur et les hypersavants qui l'entourent. (Tout comme Siri Keeton, ou à plus forte raison Lenie Clarke dans la trilogie Rifter, la pauvrette étant au final complètement dépassée par les évènements du conflit entre poids-lourds Lubin/Desjardin). Les personnages se dévoilent petit à petit ; Brüks vivant sa traversée du désert auto-infligée subi une incroyable évolution au long du récit. Jim Moore, rongé par la culpabilité d'avoir envoyé son enfant à la mort, est émouvant. Valérie est proprement terrifiante mais dévoile au fil des pages des motivations bien moins gratuites que le simple plaisir de flanquer la trouille à tout le monde alentour.
La principale faiblesse du livre, pour qui a lu Vision aveugle, vient du fait que son rythme est tellement moins soutenu. Au contraire, l'auteur prend très certainement plaisir à prendre son lecteur à contre pied en faisant miroiter ce genre d'aventure échevelée dans la première partie du livre avant de l'en priver, mettre un bon coup de frein au rythme de l'action, plus proche du huit-clos angoissant au tempo décompressé de Starfish, que du grand-huit allant toujours crescendo de Vision aveugle. L'entité extraterrestre n'est ici qu'une menace diffuse et incertaine (et qui se serait plain de visiter à nouveau les corridors de fullerène générateurs de trouille du Rorschach ?), mais elle sert de catalyseur aux évènements autrement plus importants qui secouent la race humaine et ses myriades de sous-espèces posthumaines, l'équipage de la Couronne d'Épines et Daniel Brüks en particulier. Néanmoins, force est de constater que arrivé au milieu du livre, pas mal de passages donnent quand même la sensation de relever de la harangue que l'auteur tenait absolument à caser dans un fouillis d'idées et de concepts lancées à la volée au détriment de l'harmonie et de la fluidité de l'ensemble.
Mais pour ceux qui vont digérer ça, c'est parti pour un rodéo d'idées époustouflantes. Watts attrape le taureau par les cornes, va encore plus loin pour illustrer ses réflexions sur la conscience (un effet secondaire évolutif sans valeur adaptative) et l'absence de véritable libre arbitre, et exhibe de nouvelles créatures posthumaines à la configuration neurologique des plus audacieuses, abandonnant leur mode de pensée humain comme un enfant abandonnerait les roulettes de son vélo, sans plus de regrets, en comparaison desquelles nos monstres de foire du livre précédent ont l'air de charmants gentlemen aux modifications pusillanimes et qui savent se tenir en société.
Watts s'attaque à un deuxième gros morceau avec la philosophie des sciences et la religion à travers l'Ordre des Bicaméraux et sa méthode de description du monde naturel tout aussi valide que la méthode scientifique, par opposition au concept moderne de Dieu des Lacunes sans capacités prédictives. L'ordre, un groupuscule religieux d'augmentés neuraux à esprit de ruche qui voient les solutions aux énigmes de l'univers dans des bouffées de délire intuitifs, sans s'encombrer de passer par la case hypothèse – expérimentation –validation, tombe plus juste que la méthode old school. Si comme moi, vous n'avez jamais eu à remettre en cause de toute votre vie le principe scientifique, attendez-vous à pas mal de réflexion. Seul problème. Mais qu'est-ce que ça vient faire là ? C'est inclus au chausse pied dans l'histoire d'une manière tellement peu naturelle !
Le final est fantastique, le livre bouleverse potentiellement complètement la fin de Vision aveugle, les répercussions sont vertigineuses. L'attrait d'un potentiel tome final en apothéose, une confrontation aux proportions titanesques (ou Watts aurait corrigé le tir par rapport à ce second tome, bien évidement !), est irrésistible.
Au final, un livre fascinant dont les thèses vont me faire méditer très longtemps, mais dont je ne peux m'empêcher de penser que ce qu'il a gagné sur ce plan s'est fait au détriment du divertissement, et que je suis obligé de classer nettement en deçà de son illustre prédécesseur.
Comme d'habitude avec Watts, son site web, refait à neuf (beaucoup moins affreux et beaucoup plus ergonomique) regorge d'informations connexes, d'animations, de textes pour éclairer ceux qui veulent en savoir plus sur l'univers de Vision aveugle/Échopraxie.

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Apophis
  13 janvier 2016
J'ai bien peur d'être d'accord avec l'auteur…
… lorsqu'il prédit, dans la postface, que Echopraxie va être sa plus grosse gamelle depuis son roman Béhémoth, surtout en comparaison de l'amour dont bénéficie Vision Aveugle (roman précédent se déroulant dans le même univers qu' Echopraxie). Il fait cette prédiction parce qu'il pense qu'il va demander au lecteur une suspension d'incrédulité un peu trop grosse pour lui (religion et hard SF, déjà…), mais, tout en ne faisant pas l'erreur d'écarter tout à fait cette hypothèse, je pense que Echopraxie va se planter pour deux raisons beaucoup plus terre-à-terre :
- La comparaison avec Vision Aveugle.
- le fait que les thèmes et l'intrigue sont beaucoup trop obscurs.
Développons :
Echopraxie se déroule dans le même univers que Vision Aveugle. Attention toutefois, il n'en constitue pas une suite au sens strict. Si vous vous attendez à trouver les réponses laissées en suspens par la fin de Vision Aveugle (le sort de Siri, les extraterrestres), vous risquez d'être déçu. Car soit ces réponses ne sont pas du tout là, soit, s'il y en a, elles sont tellement confuses qu'alors que je viens d'achever le roman, je ne suis toujours pas certain d'avoir tout compris. Les événements d'Echopraxie se déroulent donc plus ou moins en parallèle, pas dans une stricte continuité. Pour autant, il me paraît extrêmement difficile de le lire sans avoir lu Vision Aveugle, car l'auteur ne s'embarrasse pas vraiment, comme dans ce dernier, à nous donner toutes les clefs permettant de décoder son univers. En plus, il y a des tas de références au Thésée que vous risquez de ne pas saisir sinon.
Et tout le problème est là en fait : personnellement, j'ai relu Vision Aveugle juste avant, et on ne peut qu'être ébloui par ce roman, tellement qu'en comparaison, Echopraxie paraît trois catégories en-dessous. Vision Aveugle, c'est un surf sur des théories ou des concepts à la pointe de la science, à la Greg Egan mais en beaucoup plus accessible. Et sans les défauts qu'on trouve chez ce dernier : ici, les personnages sont très puissants, et il y a une vraie intrigue, la théorie scientifique et son explication ne phagocytent pas le reste. Ou chez Stross d'ailleurs : il y a du vocabulaire scientifique de pointe, mais nul n'a le sentiment de s'étouffer avec. Vision Aveugle, c'est de la hard-SF (tendance biopunk et Transhumaniste) en état de grâce : thème très original et très puissant, clarté du thème et de l'intrigue remarquables, personnages très fouillés, assemblage de genres osé mais parfaitement réussi (vampires et hard-SF, fallait oser…), extraterrestres extrêmement originaux, univers au bord de la Singularité (technologique / Vingienne) remarquablement fouillé et crédible (et original, en plus), etc. Bref, un des incontournables de la Hard-SF, même si ce roman n'est pas facile (l'auteur ne vous prend pas pour des demeurés incapables de faire l'effort de comprendre une idée ou théorie un peu pointue).
Echopraxie n'a que peu des qualités de son illustre prédécesseur : les grands thèmes du roman ne sont pas aussi mis en avant avec clarté que dans Vision Aveugle (il faut absolument lire la postface, c'est mon conseil) et l'intrigue m'a parue particulièrement confuse (je n'ai pas compris grand-chose à la fin, ni sur les origines de Portia et la façon dont elle est arrivée là où elle est, ni sur cette histoire d'anges d'astéroïdes ou sur le pourquoi de l'expédition des Bicaméraux sur Icare). Certes, l'univers devient encore plus détaillé et fouillé, mais j'ai trouvé que l'auteur avait cédé à des facilités scénaristiques qui me dérangent beaucoup : en gros, tout le début sert à recréer le huis-clos dans un vaisseau spatial de Vision Aveugle, mais avec des personnages différents bien entendu. Et à recréer le « les vampires me foutent la trouille et mènent la danse » de ce premier roman. En gros, j'ai constamment eu l'impression que l'auteur lançait en l'air une dizaine de bouts d'intrigue ou de concepts, tels des boules de jonglage, pour n'en rattraper que 2 ou 3 au final.
Mais bon apparemment, l'auteur a traversé une sale période dans sa vie, ceci expliquant peut-être cela.
Pour autant, tout n'est pas à jeter. Les zombis, le hack de conscience (dans la lignée de la réflexion sur la conscience de Vision Aveugle) sont remarquables. L'idée de l'univers comme programme informatique n'est pas nouvelle, mais la place de Dieu là-dedans, en revanche… chapeau. (ici aussi, la lecture de la postface est un vrai plus).
En conclusion
En lui-même, un bon roman de hard-SF, même si les thèmes centraux et l'intrigue sont assez confus ou pas assez clairement mis en avant (du moins c'est mon ressenti). En revanche, si vous vous attendez à une suite de Vision Aveugle répondant à certaines questions laissées en plan par celui-ci, vous ne pouvez qu'être déçu. Et sur un plan général, Echopraxie ne se hisse pas aux hauteurs vertigineuses de son illustre prédécesseur. Pour autant, le roman reste habité par une vision du futur aux environs immédiats de la singularité impressionnante, et reste d'une qualité supérieure à celle de 99 % de ses concurrents. Et il est rempli d'idées allant d'originales à époustouflantes. Sans compter que si vous voulez voir de la religion, des vampires et des zombis crédibles et dans un contexte Hard-SF, vous allez avoir du mal à trouver ça ailleurs.
Lien : https://lecultedapophis.word..
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ZeroJanvier79
  02 septembre 2018
Grosse déception avec ce roman qui complète "Blindsight" que j'ai lu juste avant. le problème, c'est que ce roman possède les inconvénients de Blindsight (les longueurs, les digressions pas toujours intéressantes) sans en avoir les qualités. le récit m'a ennuyé comme rarement un roman le fait, les personnages m'ont laissé indifférent, et je n'étais même pas impatient de découvrir la fin. Quelle déception.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Th0uar_V1kTh0uar_V1k   24 décembre 2016
- Allons, la vieille école. Il ne suffit plus depuis longtemps de chronométrer une pomme qui tombe ou de comparer la longueur de bec chez les pinsons. La science se heurte à ses limites depuis qu'elle a commencé à vouloir faire jouer le chat de Schrödinger avec des bouts de corde invisible. Il suffit de descendre de quelques ordres de grandeur pour que tout redevienne conjectures invérifiables. Des maths et de la philosophie. Vous savez tout comme moi que la réalité a une substructure. À laquelle la science ne peut accéder.
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Vidéo de Peter Watts
Interview de Peter Watts par Actusf aux Utopiales 2010.
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