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ISBN : 2746746344
Éditeur : Autrement (03/01/2018)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Quels secrets cache la famille Rabell ? Puissante dynastie d’Helsinki, dans les années 1960, elle vit presque recluse dans son domaine en bord de mer. Seul le héros, adolescent, se lie avec les enfants Stella et Alex. Tout les sépare, mais dans la fougue de leur jeunesse, ils feront les quatre cent coups. Mais la passion amoureuse s’en mêle, et met en péril le clan Rabell…
Porté sur quatre décennies par un souffle irrésistible, ce sixième roman de Kjell Westö... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  14 février 2018
Un homme qui se faufile nuitamment dans son jardin et qui quelques jours plus tard tente de poignarder l'homme d'affaires Alex Rabell, il n'en faut pas plus au narrateur pour se plonger dans les souvenirs d'une vie qu'il a partagée avec Alex et sa soeur Stella, une amitié née au coeur de l'enfance, au bord de la mer de Finlande et qui a perduré des décennies durant. du début des années 70 jusqu'à nos jours, il a donc côtoyé la famille Rabell, une ''dynastie d'entrepreneurs'' dirigée par le grand-père Poa, des gens riches, conscients de leur position, arrogants de fait, soucieux de préserver leur intimité et de garder leurs secrets. Moins privilégié, le narrateur voue une admiration sans faille à Alex et tombe éperdument amoureux de Stella. le temps passant, son regard change sur son ami d'enfance, il s'en éloigne sans pour autant le renier. Stella, quant à elle, reste son grand amour. Malgré les séparations, les trahisons, les rancoeurs, la passion tempétueuse se transforme en amitié tranquille mais les liens restent forts. A presque 60 ans, il peut dérouler ses souvenirs depuis l'époque lointaine où sa renconre avec les enfants Rabell a changé sa vie.
Jouant les Nick Carraway, humble devant les puissants, pauvre devant les riches, le narrateur raconte les Rabell, Poa, le patriarche fier et volontiers méprisant, Clara, la mère altière et un brin guindée, Jacob, le père invisible, le sujet tabou, Alex, enfant autoritaire, adulte prêt à tout pour toujours amasser plus d'argent et Stella, l'apprentie comédienne avec qui il joue à ''je t'aime, moi non plus'' pendant près de cinquante années. Autour d'eux, d'autres garçons, brutes épaisses ou souffre-douleur, d'autres filles, bonnes à baiser ou à épouser selon leur milieu d'origine, d'autres parents, falots, trop prolétaires pour qu'on en fasse grand cas. Et le monde qui continue de tourner : la bande à Baader qui terrorise l'Allemagne, Olav Palme assassiné, le mur de Berlin qui tombe, l'attaque de Charlie Hebdo, etc. Tous ces évènements brièvement évoqués, le narrateur y reste imperméable, tout préoccupé qu'il est des Rabell. Attirance et répulsion, amour et haine, partages et trahisons semblent rythmer son existence dans l'ombre de cette famille en vue. Lui-même tente de faire son chemin. Il publie un roman qui très vite est un succès, mais ne peut renouveler l'exploit et survit en enseignant les lettres au lycée. Eternel looser, il est sans cesse partagé entre le désir irrépressible de s'accrocher à son amour pour Stella et son amitié pour Alex et la volonté de les fuir pour se préserver.
Une très belle saga romanesque, des êtres profondément blessés qui cachent leurs faiblesses sous le masque de la nonchalance ou de l'arrogance. Une histoire d'amitié pas toujours facile, branlante, déséquilibrée mais fondatrice. Et bien sûr une histoire d'amour éternel entre la jeune fille de bonne famille, la rebelle, l'artiste, la part solaire des Rabell et le jeune homme incertain, admiratif, le fils désargenté d'un simple vendeur en électro-ménager porté sur la boisson. Sur près de 600 pages, Kjell Westö nous immerge totalement dans la vie de ses héros dont nous partageons le quotidien, les joies et les peines, et tout cela dans les magnifiques paysages finlandais. Un gros coup de coeur.
Un grand merci à Babelio et aux éditions autrement.
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sabine59
  13 janvier 2018
Merci à Babelio et aux éditions "autrement", pour l'envoi de ce livre! Une belle découverte finlandaise d'un auteur majeur de ce pays, que personnellement je ne connaissais pas.
Presque 600 pages et une fresque romanesque passionnante! Le narrateur est écrivain et livre ses souvenirs liés à la famille Rabell, qui a hanté toute sa vie. Une famille hautaine et très attachée aux traditions aristocratiques , et pourtant attirante, mystérieuse, aura irrésistible. Il est devenu l'ami du fils, Alex, encore enfant, et a ensuite vécu des amours tourmentées avec Stella, sa soeur.
J'ai beaucoup aimé partir à la rencontre des paysages finlandais, notamment ceux de l'île sur laquelle le narrateur a passé ses vacances d'été et où il a fait la connaissance des Rabell. Une relation assez destructrice et toxique pour lui. Et pourtant, il n'aura de cesse que de replonger dans sa mémoire de ces années-là , les années 1970 essentiellement, celles d'une adolescence enfiévrée, brouillonne,fougueuse ....
J'ai été sensible aussi à sa perception toute personnelle du passé, des êtres qui fuient dans les images faussées que l'on peut avoir d'eux. La nostalgie est prégnante, elle enrobe les phrases de son charme poétique, elle donne une dimension onirique et émouvante à l'histoire racontée.
Le très joli titre résume à lui seul l'atmosphère particulière du livre. Et je voudrais conclure ce ressenti en citant un passage qui m'a spécialement plu :" J'ai compris un point qui m'avait échappé jusque là, ou en tout cas que je n'avais pas compris avec une clarté aussi limpide qu'à cet instant, et je le comprenais en dépit des manques et des trahisons: c'est l'amour qui fait que nous nous souvenons, c'est de l'amour que viennent les histoires."
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isabelleisapure
  21 janvier 2018
Il me semble difficile de résumer en quelques lignes un roman qui couvre 50 ans de vie, d'amitié, d'amour, de désamour, de trahison.
L'histoire commence lorsque le narrateur fait la connaissance des enfants Rabell, Alex et Stella.
Tout les sépare, les conditions de vie, le milieu social, la fortune, mais qu'importent ces futilités, à 12 ans, on a d'autres priorités.
Les garçons deviennent vite inséparables, partagent leurs loisirs, leurs découvertes, se chamaillent et toujours se réconcilient.
En grandissant Stella devient une bien jolie jeune fille et plus tard une femme éblouissante que le héros aimera toute sa vie. Même si cette vie les sépare, les envoyant dans d'autres bras, vers d'autres horizons, ce ne sera que pour mieux se retrouver et s'aimer encore plus fort.
« Nos souvenirs sont des fragments de rêves » est aussi un roman sur le temps qui passe, sur les traces qu'il laisse en chacun de nous.
Kjell Westö s'y entend pour tisser les destins, dresser les portraits des protagonistes, croiser leurs regards et nous raconter les péripéties de leur vie. Chaque personnage est brossé avec beaucoup d'application et une grande sensibilité.
Je remercie très vivement Babelio et les Editions Autrement qui via l'opération Masse critique m'ont permis de découvrir un profond et superbe roman sur l'amitié, la richesse des relations humaines, l'évolution des individus au fil de la vie ainsi que celle des rapports entre les êtres humains.
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horline
  21 janvier 2018
C'est un plaisir de retrouver Kjell Westö et sa plume limpide, évidente, cette simplicité enveloppante qui adoucit les drames du genre humain. Pour le narrateur, jeune garçon inquiet d'origine modeste, le ciel d'été finlandais aux tonalités jaune soufre voit au début des années soixante-dix la naissance d'une amitié. Une amitié aussi indestructible qu'improbable entre un narrateur solitaire, discret et une fratrie orgueilleuse, inflexible appartenant à une famille riche et puissante. Une amitié dangereuse ? Non, les éléments de narration et de l'histoire de nature à susciter une tension sont très vite abandonnés, l'intrigue devenant la moindre des préoccupations de l'auteur.
En effet, il n'y a pas d'événements fracassants dans Nos souvenirs sont des fragments de rêve. le roman s'inscrit avant tout dans une forme de nostalgie chaleureuse qui irrigue la plupart des chapitres. S'étalant sur plus quarante ans, le récit met en lumière les enthousiasmes comme les arrangements auxquels on finit par se résoudre, toutes les petites choses qui, déployées, font l'existence sans qu'on s'en aperçoive. L'ensemble réuni diffuse quelque chose d'universel et d'aérien, avec l'idée du temps qui nous façonne, la mémoire bienveillante telle qu'elle réévalue le vécu. Avec le talent de ne pas emprisonner le récit dans une introspection étouffante.
Ce que j'aime également chez Westö, c'est qu'avec une narration élégante, sans esbroufe, un sens du réel un peu jazz, il installe rapidement le récit dans une sorte de connivence, un sentiment d'intimité qui place le lecteur, comme par mimétisme, dans la peau du narrateur. Devenu romancier, l'oeil aigu de celui qui dissèque et sonde les émotions de ses amis, le narrateur nous met dans la position de suivre au plus près les sensations et les hésitations d'un garçon puis d'un homme laissant parfois le sentiment d'avoir été spectateur de sa vie.
«Un peu nuageux» comme il se décrit lui-même, le narrateur s'efface souvent au profit de cet étrange trio qu'il compose avec Alex et Stella aux différences sociales marquées. Il dépeint ce qui les bouscule, les sépare, les réunit à nouveau, des vies qui se soutiennent à certains moments et s'encombrent à d'autres, entourées d'une galerie de personnages réunis en une constellation. Le monde extérieur pénètre le roman avec des marqueurs de temps discrets et selon les préoccupations des générations présentes, comme si cette histoire était vouée à s'inscrire dans une forme d'éternité.
Roman de la mémoire, roman des générations qui se succèdent, roman des histoires d'amour et d'amitié qui résistent au fil du rasoir du temps...j'ai été séduite par l'élégance du récit, la qualité du regard sur les êtres, distance et magnanimité mêlées. Un peu moins par les fautes de grammaire et inversion de prénoms.
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coquinnette1974
  16 janvier 2018
Merci beaucoup aux éditions Autrement et à Babelio de m'avoir permis de lire dans le cadre d'une masse critique privilégiée l'excellent roman de Kjell Westö : Nos souvenirs sont des fragments de rêve.
Ce pavé m'a captivé, de la première à la dernière page, et j'ai pris plaisir à le lire tranquillement. Je l'ai savouré, avant de finalement dévorer d'une traite les deux cents dernières pages :)
Nous découvrons notre narrateur, Alex Rabell, sa soeur Stella Rabell et quelques autres de leurs amis (Linda, Jan-Roger...) pendant presque cinquante ans.
Je ne suis pas amatrice des romans venant du Nord car en général je reste hermétique aux noms finlandais, à l'intrigue, souvent je m'ennuie.
A ma grande surprise, dans Nos souvenirs sont des fragments de rêve, les noms finlandais ne m'ont pas dérangés et tout m'a plu dans ce roman !
J'ai aimé les personnages, certains sont complexes, à commencer par notre narrateur, moins lisse que l'ont pourrait penser au premier abord. Quand à Alex et Stella, vu leur personnalité, on ne risque pas de s'ennuyer avec eux. Notre narrateur rencontre la famille Ravell quand il a sept ans et cette rencontre va changer sa vie, pour toujours.
Alex, Stella et les autres sont fascinants. Ils ont une vie riche, il leur arrive beaucoup de choses, et ses cinquante années passées en leur compagnie est un vrai plaisir.
C'est un joli ouvrage sur la force des souvenirs, sur l'enfance, sur l'amitié évidemment.
J'ai trouvé ça très bien écrit, merci à la traduction, c'est fluide et vraiment très agréable à lire.
Après avoir lu ce roman, j'ai presque envie d'aller découvrir la Finlande et ses jolis paysages :)
Je suis sous le charme de ce roman, et je mets évidemment cinq étoiles. Jamais je n'aurais eu l'idée de le lire sans Babelio, et je serais vraiment passé à coté d'un très bon livre. Encore merci :)
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
chocoladdictchocoladdict   16 février 2018
Nous avons aussi parlé du passé. Et je ne désirais pas autre chose : je voulais que la discussion glisse sur nous et sur notre amour, pour que je puisse lui expliquer qu’il m’était extrêmement difficile d’oublier. Mais quelque chose clochait. Comme si nous étions figés dans une langue créée dans le seul but de désosser la relation qui nous avait uni autrefois. Nous conjuguions les verbes à l’imparfait, le futur semblait ne pas avoir d’existence possible. Plus nous enchainions les phrases, plus la tristesse prenait le pas sur mon état d’esprit.
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TempsdelectureTempsdelecture   13 février 2018
Je ne pouvais plus ignorer que maman ne se sentait pas chez elle à Skogstorpet: plus les semaines passaient, plus elle dépérissait. Elle semblait chaque jour plus triste dans sa cuisine plongée dans l’obscurité du soir, elle servait la saucisse et le lait fermenté avec un dégoût tout aussi croissant – et je suppose qu’elle pensait aux cafés et aux cinémas qu’elle adorait à Helsinki, à tous ces lieux qui se transformaient en un manque quotidien. Ma mère était une femme rêveuse et contemplative; elle avait été une jeune fille d’une grande beauté, courtisée par de nombreux hommes avant de finir par choisir papa. Alors forcément, une telle jeunesse laisse des traces car l’être humain est un paon, une créature vaniteuse avec un panache doré aussi immense qu’imaginaire, logé au même endroit que l’âme et l’amour-propre. Sors de ton antre, avais-je envie de lui dire, oublie ce qui a été, viens plutôt dans la cour, viens avec nous regarder le coucher de soleil, viens respirer l’air du soir, sens combien il est âpre, frais et humide. Seulement voilà, ces mots, je n’arrivais pas à les prononcer. J’ai ce problème, tant avec papa qu’avec maman: j’ai appris très tôt à les lire, tout comme plus tard je serais capable de lire les gens, bien que j’aie toujours toutes les peines du monde à me comprendre moi-même; mais je n’osais pas leur raconter ce que je voyais car j’avais peur qu’ils ne m’aiment plus, j’avais peur qu’ils ne sachent plus que faire ni comment se réjouir d’un individu comme moi, qui regardait les gens aux rayons X, qui détestait le scoutisme et l’esprit de sacrifice, qui méprisait Dieu et le football.
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lilice_brocolislilice_brocolis   06 février 2018
Quand j'étais petit, je n'étais pas sûr des sentiments que j'éprouvais pour papa et maman. Ils étaient certes de bons parents, qui faisaient leur possible pour moi ; mais ils étaient fondamentalement différents, non seulement l'un et l'autre mais aussi de moi - une différence encore plus marquée au sein du reste de ma famille. Je me sentais étranger auprès des miens. Or, dans le même temps, j'étais incapable de leur expliquer qui j'étais. En conséquence, je me sentais seul.
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lilice_brocolislilice_brocolis   06 février 2018
L'idée d'écouter au cours de la soirée /Une heure avec.../ venait de moi. Le concept de cette série d'émissions de radio diffusées pendant l'été reposait sur un entretien entrecoupé de plages musicales pendant soixante minutes, parfois quatre-vingt-dix, avec une personnalité du monde culturel. Le format existait sur P1, l'une des stations du service public suédois, et sur Radio Vega, la station suédophone de la radio-télévision publique finlandaise. Il était possible de les télécharger en podcast juste après la diffusion et j'avais pour habitude d'en écouter une par soir.
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lilice_brocolislilice_brocolis   06 février 2018
Joue-moi Galveston était une fiction de la première à la dernière page, une pure invention ;
j'en ai toutefois composé les scènes avec une précision et une prudence qui, dans l'instant de l'écriture, m'apparaissaient angoissantes mais se sont révélées bénéfiques pour le récit : j'écrivais mieux quand je n'assommais pas le lecteur de sentiments et d'interprétations comme j'en avais l'habitude jusque-là.
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