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EAN : 9782760933330
Leméac (Editeur) (24/08/2011)
3.68/5   28 notes
Résumé :
Noé, celle que tous appellent encore « la Petite », est l’enfant trouvée de Grumme, la grosse dame qui brûlait des grelots sur sa délicate peau pour la guérir de sa sorcellerie sous le regard subjugué du prêcheur. À la mort de la vieille, Noé décide de quitter le village d’Oss, et les fils et filles de pêcheurs qui l’habitent. Sur la route, entre le cirque et une singulière forêt de bécosses bleues qui voyagent, son histoire se révèle alors, par les souvenirs comme ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Voici une nouvelle pour le moins étrange et déconcertante. Oss est un titre, mais aussi un village, un tout petit village de pêcheurs. L'auteur décrit très peu le monde dans lequel évoluent ses protagonistes : au-delà d'Oss, il y a d'autres petits villages… Mais après ? Y-a-t-il quelque part une « vraie » civilisation ? Une vraie ville ? Un État ? Où se passe l'histoire, dans quel pays ? On ne sait pas, et cela fait partie du mystère de cette nouvelle.

Les personnages sont torturés, déchirés. le problème, c'est qu'on ne sait pas par quoi. C'est comme s'ils avaient commis quelque chose d'affreux il y a quelques années et qu'ils évitent soigneusement le sujet. Même les enfants ne semblent pas innocents, en particulier Noé. On ne sait pas quel âge elle a (le pasteur l'estime entre quinze et vingt-cinq ans, ça nous aide), mais son comportement laisse à penser qu'elle a moins de vingt ans.

Audrée Wilhelmy laisse une grande place à l'amoralité. le pasteur devrait aimer ses paroissiens, mais les méprise : ce sont des moutons qu'il doit abreuver de fausse spiritualité. En somme, son statut est un travail, non une vocation. Noé, jeune fille, se laisse violer à de nombreuses reprises sans réellement se battre, sa relation avec sa mère, Grumme, est extrêmement froideC'est une histoire poisseuse, mais en même temps extrêmement bien écrite, à la fois sale et poétique. Ce décalage entre le ton et la dureté du propos m'a fascinée.

Indirectement, c'est un livre qui aborde le thème de la religion. Il n'y a qu'à voir le prénom du personnage principal – Noé. Amusant de constater que c'est une fille et que ça lui va bien. Noé, donc, couche avec un pasteur peu crédible dans son rôle, qui remplit sa fonction comme un maire aurait rempli la sienne : avec des paroles creuses, dénuées d'intentions. Cette tonalité désabusée plane sur toutes les thématiques : la mort, le viol, l'amour... C'est un monde dénué de tendresse.
Notons aussi la signification du nom de Rameau : ce personnage est-il une allusion à la fête des Rameaux, une semaine avant Pâques ?

Ce que j'ai le plus regretté, c'est la petitesse de la nouvelle. En une heure, c'est bouclé et on passe à autre chose. J'aurais vraiment aimé que l'auteur développe ses personnages, son histoire, son monde… Que deviennent Noé et Rameau ? Que devient le village ? La fin, très rapide, me paraissait plus bâclée que le reste de la nouvelle.
En fait, même si c'est une oeuvre déstabilisante, j'en aurais voulu un peu plus. J'ai appris qu'Oss était une oeuvre de mémoire, avec un certain quota de pages, et cela explique peut-être pourquoi je me suis sentie insatisfaite.

Oss reste une très belle découverte, une véritable incursion dans l'imaginaire d'Audrée Wilhelmy, dont j'escompte bien suivre les publications. Je retiendrai de cette nouvelle le contraste entre son écriture fantastique, sensible et belle, et l'amoralité et la noirceur qui se dégagent de ses pages.
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« Les insectes sont trop nombreux au village. La nuit, ils entrent jusqu'au fond de la gorge des enfants qui se réveillent au matin en toussant des mouches noires. »

Tout petit livre très lourd qui laisse dans la tête des images indélogeables, 'Oss' triture les contes jusqu'à en extraire une histoire sombre, cruelle, qui refuse catégoriquement de faire la morale. Mais tout ça avec un lyrisme particulier, une poésie qui est douce même lorsque ce qu'elle raconte est d'une violence inouïe, d'une violence à briser les côtes.

Dans un village de bord de mer, derrière les façades sales de maisons qui empestent le poisson, la tenancière obèse du magasin général meurt & laisse derrière elle sa fille adoptive, Noé, trouvée enfant sur la plage. La jeune femme a quelque chose à la fois de la sorcière & de l'idiote du village, des grelots plein les cheveux & un répertoire de chansons qu'elle fredonne pour elle-même ; avec la mort de Grumme, sa protectrice qui n'en était pas tout à fait une, se rompt un certain équilibre, celui des rapports de force qui prévalaient jusqu'ici. La petite chose maigre & abîmée que semble être Noé se révèle alors tout autre, dans une série de complications & de péripéties où il devient difficile de distinguer la façon dont se distribuent les rôles de victime & de bourreau.

'Oss' est un conte inquiétant qui relève beaucoup du rêve, de ces rêves tordus dont on s'éveille & dont on se surprend, qu'on interroge pour essayer de comprendre de quelles parties enfouies de nous, de quel recoin noir & brutal ils sont nés. C'est un livre qui m'a beaucoup troublé. Qui m'a habité très longtemps, aussi, de par la justesse de son rythme, de ses phrases parfaites & parfaitement bouleversantes. Un récit déconcertant qui s'insinue sous la peau.
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Ce morbide conte québécois à la particularité de nous déconcerté en l'espace de 75 pages. Pas par le fait qu'il s'agit du premier roman d'Audrée Wilhelmy et ni pas par le fait qu'il a finaliste au Prix du Gouverneur général en 2012.


Comment d'abord ? Par l'histoire de Noé, jeune adulte (pas d'indice sur son âge précis) filiforme dont l'entourage malsain détonne sur sa personnalité en la rendant atone envers tous les évènements qui l'entourent.
Il n'y a ni de gentils, ni de pitié, ni de pleurs dans le minuscule village des pêcheurs où se déroule une bonne partie du récit. Ni dans le cirque dans lequel Noé, au gré de son envie d'explorer, se trouvera. Pour voyager, rien de mieux que les toilettes provenant de la forêt des toilettes.


Qui sont les méchants ? Hum…Tout le long du conte, on pensera à Grumme, celle étant apparemment être la figure maternelle or elle était complètement sadique ou encore le pasteur, supposé gardien de la moralité, qui dans les faits, est un être pervers ayant un fort penchant pour l'érotisme.

Mais, au final, on ne peut distinguer lesquels des personnages du livre sont les antagonistes puisque qu'ils ont tous une part sombre en eux.
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Tout comme "Les sangs", que j'ai lu dernièrement, "Oss" est un tout petit livre déroutant, dérangeant, violent... mais envoûtant! Malgré la brièveté du texte, on pénètre facilement et profondément dans l'univers onirique et brutal d'Audrée Wilhelmy. Elle a le don d'imprégner les esprits d'images fortes et durables. C'est décidément une auteure que j'aime beaucoup, même si je ne suis pas certaine que ses histoires contribuent à ma sanité mentale! Hé hé...

Mention spéciale : J'ai particulièrement apprécié les noms des lieux et des personnages, ainsi que "l'étrange forêt" dont il est question en quatrième de couverture!
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C'est une première publication d'un conte, et bravo ! certes, c'est déconcertant, voir dérangeant, mais quelle histoire ... auteur prometteur pour la suite
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Je suis parti, moi aussi. De chez des nonnes de couvent. Des bonnes soeurs douces comme de la peau de fesse. Même la toile de leur voile était douce. Elles sentaient bon la boulange et les pâtisseries. Mais je suis parti, tu vois, même si je quittais ces petites mères qui faisaient les meilleurs hosties que j'aie jamais mangées. Ça m'intriguait, le goût du pain des autres.
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Grumme est morte, et ses parfums infectes sont enfin six pieds sous terre avec elle : ça fera une odeur de moins dans ce village puant. Mais il manquera quand même sa silhouette familière derrière le comptoir-caisse du magasin. Difficile de ne pas être hanté, ce soir, par les rondeurs de cette femme. Après tout, il ne l'a pas toujours trouvée dégoutante.
Noé, Grumme : le sexe avec les sorcières d'Oss ne l'a jamais effrayé, lui.
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Videos de Audrée Wilhelmy (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Audrée Wilhelmy
A l'occasion du Festival Etonnants Voyageurs à Saint Malo, Audrée Wilhelmy vous présente son ouvrage "Blanc résine" aux éditions Grasset. Prix Ouest-France Etonnants voyageurs.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2594054/audree-wilhelmy-blanc-resine
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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