ISBN : 2070355284
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
Elle aurait voulu être une bête, au moins ça aurait été clair. Elle est juste professeur de la vie et de la terre, mais il n'y a plus de vie il n'y a plus de terre sous ses pieds quand son amant part. Alors au collège, elle n'y va pas. Qu'est-ce qu'elle enseignerait, he... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Nadael, le 07 décembre 2011

    Nadael
    Alors que l'ultime conseil de classe de l'année se profile, entraînant avec lui son lot d'angoisse, d'interrogations et d'incertitude, l'auteure passe en revue les différents protagonistes qui font vivre un collège ; de l'élève au professeur, de la documentaliste à la femme de ménage, du parent d'élève à la principale...
    Pas à pas, le lecteur s'introduit dans l'établissement. Il scrute chaque recoin, des classes à la salle des profs, de la cour au CDI, du réfectoire à la pièce réservée au personnel de service... mais il s'immisce surtout à l'intérieur de ces êtres qui travaillent dans ce lieu, partage leurs réflexions, leurs craintes, leur impuissance, leurs espérances aussi.
    Il fait la connaissance d'une principale pleine de bonnes intentions mais complètement vidée par les nombreux problèmes à régler, d'une élève qui dessine merveilleusement bien mais on ne bâtit pas un avenir sur quelques crayonnés surtout lorsqu'on est en échec dans toutes les matières dixit certains professeurs, d'une jeune prof en dépression qui se rend compte que ce métier n'est pas fait pour elle, d'une documentaliste qui se bat au quotidien pour partager avec les élèves sa passion pour les mots et pour la lecture, du factotum qui ne compte plus les années passées dans ce collège à voir défiler des jeunes gens si différents et pourtant si semblables, d'une femme de ménage qui s'isole dès qu'elle le peut pour lire, d'une professeure à ornières qui reste sur ses positions coûte que coûte...
    de nombreux sujets sensibles y sont abordés : la transmission du savoir, l'évaluation, la langue, la lecture, l'écriture, susciter le goût et l'envie d'apprendre, donner du temps aux élèves et aux apprentissages, la violence, la famille, les budgets trops serrés pour envisager des sorties culturelles,
    l'avenir des élèves qui passe par l'orientation...
    Jeanne Benameur a écrit là un roman riche en enseignement sur le microcosme d'un collège au quotidien, la réalité n'y est pas voilée, elle nous montre les échecs mais aussi les initiatives que certains osent prendre. Parce que ce roman n'est pas pessimiste, la galerie de portraits qu'elle dresse se veut pleine d'espoir. Alors, en tant que lecteur, on veut y croire aussi.

    Lien : http://lesmotsdelafin.over-blog.com/article-present-91440461.html
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par antigoneCH, le 07 janvier 2009

    antigoneCH
    L'histoire ? Nous sommes à la veille des conseils de e, dans un bahut de banlieue, à la veille aussi des émeutes de 2006. Vont se jouer bientôt les destins d'adolescents en quête d'identité. Il est question d'orientation, et ce particulièrement pour les élèves de troisième. Avec la fin du collège, c'est une page importante qui se tourne, une sorte de seuil, un peu prématuré, vers des vies d'adultes dont on ne saura sans doute rien, plus tard. Parmi les professeurs, il y a ceux qui baissent les bras, les revanchards et les autres, ceux qui espèrent encore.
    J'ai été gênée dans ce tte lecture par quelques petites bricoles, le côté parfois lyrique du discours, et l'aspect moralisateur de certaines phrases, disséminées ici et là sur ce qu'il serait bon de faire ou pas, de penser ou pas. En matière d'éducation, rien n'est facile.
    Mais je ne vais pas m'attarder sur ces points là car il y en a d'autres, de tellement plus positifs : les très beaux personnages, professeurs ou élèves, les réflexions si prenantes sur l'écriture et sur la lecture. Il y a cette professeure de SVT, nouvellement promue, qui ne vit que pour le corps de son amant, resté en province, et qui n'en peut plus de ne pas voir le ciel et la mer. Cette élève, nulle en e, discrète, invisible, mais qui dessine si bien. Ce troublion qui refuse la langue française, de peur d'oublier sa langue maternelle et qui découvre le pouvoir du Minautore, le pouvoir de l'écriture, et puis Kafka aussi. Ce personnage, nommé factotum, mémoire de l'école, détenteur des clés, qui répare tout et qui sait tout.
    J'ai aimé l'écriture de Jeanne Benameur, ce roman m'a émue, m'a réconfortée...il m'a fait du bien. J'ai repensé à mes années collège, et j'en ai vu les bons côtés. Il m'a donné envie, aussi, de continuer à la lire, elle.


    Lien : http://antigonehc.canalblog.com
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  • Par charlottelit, le 12 septembre 2011

    charlottelit
    de grandes qualités mais l'écriture saccadée et le manque de liant m'ont gênée ;
    je serai peut-être la seule à apporter ce bémol
    légère déception mais
    excellentes idées ! : pédagogie : Ecouter vraiment l'enfant, le jeune, prendre du temps pour chacun ! oui
    (avec des classes de 35 et plus, comment réaliser cette utopie ?)
    j'ai eu l'impression de phrases collées bout à bout avec des fulgurances cependant (cf. citations)
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    • Livres 4.00/5
    Par krol-franca, le 24 décembre 2010

    krol-franca
    J'ai beaucoup aimé...
    Et pourtant, oui ce livre est loin du style des "demeurées",
    oui, certains personnages sont assez caricaturaux,
    oui, cela ressemble à un conte de fée avec une fin heureuse : la lycéenne avec ses 5 de moyenne partout mais un vrai talent de dessinatrice, vit une histoire d'amour avec le délégué de la classe qui a osé un coup d'éclat au conseil de classe devant les yeux ébahis des professeurs et horrifiés de son père, et est, contre attente, admise à redoubler alors que la méchante professeur d'espagnol voulait l'envoyer en LP.

    Mais, les points de vue de chaque acteur du collège sont intéressants, du factotum à la prof de SVT qui n'en peut plus d'être séparée de l'homme qu'elle aime, du prof de français qui décide un jour de lire un passage d'un livre de Kafka à ses élèves au lieu de faire cours de façon traditionnelle, à la documentaliste qui propose des ateliers d'écriture... On a ainsi une palette de portraits qui ne sont pas si éloignés que ça de la vérité...



    Lien : http://krol-franca.over-blog.com/article-present-de-jeanne-benameur-..
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    • Livres 5.00/5
    Par zazimuth, le 20 mars 2011

    zazimuth
    C'est un récit polyphonique qui fait se croiser les points de vues de différentes personnes fréquentant le même collège : la principale, les profs (les anciens, les débutants, les aigris et ceux qui ont la foi...), les agents, les élèves. Au départ je ne voyais pas d'autre ligne directrice et puis finalement au cœur de ce roman il y a le conseil de classe où va se décider l'orientation d'une élève.
    J'ai aimé le rôle positif de certains des personnages, le changement qui s'opère chez le prof de lettres notamment.
    Un très beau roman sur l'enseignement mais aussi sur la vie dans un collège dont il présente un point de vue des élèves intéressant. Un roman assez triste malgré tout et malgré la note d'espoir finale.


    Lien : http://toutzazimuth.over-blog.com/article-present-de-jeanne-benameur..
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Citations et extraits

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  • Par Nadael, le 07 décembre 2011

    Ne pas parvenir à faire sienne la langue commune, c'est la première violence. Nos élèves, nous le savons bien, viennent souvent de langues maternelles différentes. Ne pas réussir à s'exprimer est une violence permanente. C'est pour cette raison que l'entrée dans l'écriture, la lecture, est fondamentale. S'ils parviennent à donner forme à ce qui les habite, clandestinement et sans papier, j'emploie ces termes à dessein, ils vont mieux.
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  • Par zazimuth, le 20 mars 2011

    La lecture est un aliment de choix, pas du maïs à gaver les oies. Et si l'appétit vient en mangeant, il vient aussi à regarder les autres se délecter. ceux qui lisent parleront de leur lecture à leurs camarades. Leur plaisir se communiquera. (p.111)
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  • Par Eipoca, le 20 avril 2012

    Ne soyons pas raisonnable. Surtout pas. Quand il s'agit de choisir pour quoi on va se lever chaque matin, il ne faut pas être raisonnable, il faut être un vrai rêveur de sa vie. [...] Il faut dépoussiérer le rêve. Il faut le voir, le contempler, en aimer la forme. C'est cela penser sa vie et rien d'autre. C'est avec ça qu'on a de la force pour aller vers les examens,
    les concours, les portes blindées.
    [...]
    Oui, il sait que ça ne sert à rien de fourvoyer un gosse dans une voie où il n'y a pas de débouchés. Il l'a assez entendu. Mais ça sert à quoi de l'envoyer sur une voie où la vie, elle, se bouchera?
    [...]
    Enlever les paillettes de l'illusion quand un gosse entre dans son bureau, d'accord, mais que ce soit pour que l'enfant découvre son rêve dans sa nudité intacte, forte, belle, et qu'il le fasse sien. C'est ça son métier.
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  • Par charlottelit, le 12 septembre 2011

    sans l'art, un être humain peut crever de douleur.
    Pourquoi les matières artistiques alors
    ne sont-elles pas au coeur de tout lieu d'enseignement ?

    Pourquoi chaque Etre humain n'a t-il pas le droit à l'art
    pour apprendre à donner forme à ses émotions ?
    au lieu d'en avoir peur, apprivoiser ce qui transporte ?

    On va à l'école pour apprendre, apprendre, apprendre ;
    apprendre quoi ?
    à grandir ?
    Est-ce que l'élève n'est pas celui qui doit s'élever ? p 204

    (pour ces quelques citations, je pardonne tout à Jeanne
    Benameur !)
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  • Par charlottelit, le 12 septembre 2011

    Elle songe que les hommes sont naïfs. Le père comme le fils.

    Depuis quelque temps, elle ramasse tout ce qu'elle peut trouver
    quand elle fait la chambre.
    Un crayon, un devoir, une brosse à dents qu'il faut changer.
    Elle garde tout.

    Elle fait ses provisions pour les jours qui viennent, sans lui.

    Les mères s'arrangent comme elles peuvents des trahisons
    des enfants.

    Ce qui lui manquera le plus, c'est l'odeur. p 187
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