ISBN : 2843045207
Éditeur : Zulma (2010)


Note moyenne : 3/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres

Au coeur de ce roman d'initiation, un personnage hors du commun : Bastien, gardien d'un collège de jésuites et secrètement passionné par tout ce qui concerne le Tibet et le lamaïsme. Tenu à l'écart de son voisinage pour d'ob... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lbvander2, le 26 août 2011

    lbvander2
    Lyon s'éveille. 1985. Bastien, gardien très âgé d'un collège jésuite, se lève et fait ses mouvements de tai-chi devant la fenêtre ouverte sur Notre-Dame de Fourvière. Passionné par la culture tibétaine, il rêve du Potala en regardant le dôme de la basilique lyonnaise. En ce 8 décembre c'est la « fête des lumières ». C'est aussi le jour où Bastien apprend qu'il est viré. Il allume quand même des bougies comme tout le monde avant de rentrer chez lui et de continuer un mandala de sable qu'il réalise. Dans le couloir il croise Rose qui vient d'emménager.
    Quelles fautes Bastien a-t-il commises dans le passé ? Pourquoi cet obscur gardien de collège est-il consulté par les étudiants en langues orientales ? Qu'est-ce que Rose, passionnée par Alexandra David-Neel vient faire dans cette historie, que Paul, son petit garçon, écrira plus tard et dont nos lisons les brouillons que Rose corrige au fur et à mesure ?
    « Les coïncidences n'existent pas, il n'y a que des rencontres nécessaires » est un adage tibétain, bouddhiste. Bastien rencontre Rose et un jour le vrai Potala est là, au bout de l'avenue. « C'est une chose d'admirer le Potala de loin, perché comme un modèle réduit sur sa colline, une autre de se retrouver dominé par sa masse ; au pied du palais il fallait cambrer les reins pour distinguer un bout de ciel au-dessus des toits.» La version de Rose : « On dirait une super tranche d'arlequin, dit Rose, les yeux brillants. » le roman se poursuit par des rencontres, celle d'un professeur de français en Chine, celles de tibétains désabusés – il y a plus de soldats chinois que de tibétains à Lhassa à cette époque ; des visites de lieux chargés d'Histoire. Les secrets et les mensonges de chacun se dévoilent au grand jour, et l'histoire entraîne les personnages entre occultisme et mysticisme vers des liens troubles surgis du passé.
    On ne peut pas en dire plus. le talent de Blas de Roblès est indiscutable. La structure de ce livre est dense et riche. L'histoire est simple, belle, ouverte sur le monde, et cependant enchâssée dans un roman qui montre un roman en train de s'écrire. Une perspective qui donne un intérêt supplémentaire. le style est impeccable, à plusieurs voix. On est vraiment dans l'histoire, avec les personnages, leurs doutes, leurs questions, qui deviennent les nôtres. Ce court roman se lit en deux heures. Ne pas hésiter.
    Editions Zulma 2010.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par chocobogirl, le 05 avril 2011

    chocobogirl
    Bastien est le gardien taciturne d'un collège de jésuites à Lyon. Logé par charité, il exerce sa fonction en toute discrétion depuis 30 (?) ans. C'est un homme solitaire et un peu secret que ses voisins semblent fuir.
    Rose est une mère célibataire. Elle vient d'emmenager dans l'immeuble de Bastien, avec son fils Paul. Ne s'encombrant pas des des médisances des voisins, elle lie peu à peu connaissance avec ce curieux vieil homme qui l'intrigue.
    Elle découvre un homme doux qui vit volontairement dans le dénuement et qui réussit à tisser une relation particulière avec son fils en apaisant ses peurs. Bastien est aussi un passionné du Tibet et du lamaïsme. Ardent visiteur de la bibliothèque, il a épluché de nombreux livres et a amassé une masse de connaissances incroyables sur le sujet. Il en a fait sa philosophie de vie et compose patiemment des mandalas éphémères.
    Un jour pourtant, l'équilibre de Bastien va être rompu : son protecteur au collège part à la retraite et on lui demande bientôt de faire de même et de quitter le logement qu'il occupe.
    Aussi quand Rose lui propose un voyage au Tibet ensemble, ils partent pour le voyage de leur vie.
    "La montagne de minuit" est l'histoire d'une rencontre, celle de 2 personnes que les failles réunissent.
    Rose et Bastien ont tous deux un passé qui les tourmente, une culpabilité latente qui les ronge. Rose tait la mort de sa mère et Bastien occulte le passé de ses parents. Construite sur une certaine part de mensonge, leur relation n'en sera pas moins vraie et forte.
    " Si vous vous intéressez un peu au Tibet, vous savez que les coïncidences n'existent pas, il n'y a que des rencontres nécessaires. "
    Leur voyage au Tibet sera une expérience forte qui leur servira de rédemption. Une quête initiatique qui leur permettra de fouiller au fond d'eux-même et de trouver la paix avec leur propre moi.
    Plus que la solution, c'est le cheminement vers la solution qui est important.
    " Un après-midi où elle était sortie faire des courses avec Gilles, mon frère ainé, je suis parti tout seul au musée Guimet. C'est là, au détour d'un couloir, que j'ai rencontré mon premier mandala. Aujourd'hui, je dirais que c'est lui, en quelque sorte qui m'a trouvé... mais je m'y suis perdu corps et âme jusqu'à l'heure de la fermeture, et il m'a fallu toute une vie pour comprendre que le centre d'un labyrinthe avait moins de valeur que nos errements pour y parvenir. "
    La vie et le passé de ces deux êtres nous seront peu à peu dévoilés au cours du récit. Un récit à la construction étonnante avec 2 narrations qui s'alternent : la voix de Paul, qui raconte leur histoire à rebours, entrecoupée par celle de Rose qui commente et corrige avec un souci de vérité historique.
    " Finis ton roman en laissant le moindre doute sur l'existence de ces brigades, et tu contribues au déclin de la rationalité qui assombrit notre début de siècle ; une vaste embrouille des cerveaux où se nourrit le plus lointain minuit des hommes. "
    Car de l'Histoire, il sera aussi question dans ce riche roman qui ne se laisse pas appréhender si facilement.
    Le lecteur se verra projeté dans les sombres rets de l'armée nazi et de ses possibles liens avec les moines bouddhistes. Une petite étude sur la question, réalisée par Rose, sera même fournie en fin d'ouvrage.
    L'invasion du Tibet par les chinois sera aussi mis en exergue à petites touches.
    Jouant de la vérité et du mensonge, Blas de Roblès pousse à nous interroger sur la véracité des faits historiques, sur notre rapport à la vérité supposée.
    " Depuis que les hommes ne croient plus en Dieu, ce n'est pas qu'ils ne croient plus en rien, c'est qu'ils sont prêts à croire en tout. "
    "La montagne de minuit" est un très beau roman à la langue simple et limpide. Réussissant à faire naitre sous sa plume, le portrait pudique mais néanmoins profond de 2 êtres torturés, Blas de Roblès excelle aussi à décrire son monde, que ce soit au Tibet ou à Lyon.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-la-montagne-de-minuit-..
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    • Livres 1.00/5
    Par chapochapi, le 12 mars 2011

    chapochapi
    Je n'ai pas apprécié, ni détesté cet ouvrage. Pire : il m'a laissée indifférente. Cependant, le roman n'est pas dénué d'intérêt.
    Tout d'abord parce que je ne suis absolument pas sensible au changement de voix du récit, entre celle de Paul et celle de sa mère qui, de chapitres en chapitres, rectifient et enrichissent l'histoire narrée.
    Mais cette démarche a l'avantage de coller au propos final de l'auteur (l'historien et le romancier réinventent tous deux l'histoire). En effet, plutôt que nous bercer par une quête initiatique tout autant qu'un voyage d'évasion, l'auteur nous oblige à revenir en arrière, à ne pas se laisser endormir par le récit que Paul fait du voyage de Bastien et Rose. Toutes les interventions de Rose freinent le récit, créent un effet d'attente, voire d'agacement, par la reprise et la correction apportées aux événements, demandent de la part du lecteur de"l'activité".
    Je n'ai pas non plus été sensible au mélange de genres : récit initiatique, quête spirituelle, enquête, réflexion sur le passé mystifié. Peut-être parce que ce n'était pas la lecture que je souhaitais faire à ce moment. Peut-être parce que ces divers genres sont travaillés avec légèreté, en surface, que l'auteur emprunte à l'un et l'autre sans s'inscrire dans un genre précis.
    En fait, je crois que ce qui m'a gênée, c'est de ne pas comprendre la finalité de cet ouvrage. Il me semble que le dossier final est le seul objectif du roman, qu'il compose l'unique but de l'auteur, qui n'aurait écrit que par prétexte (vilain mot). Quel lien y a-t-il entre le passé le Rose, celui de sa mère et la quête de Bastien ? Bastien est un personnage cohérent, l'enquête finale est justifiée, mais le reste n'a, pour moi, aucun sens.
    Ce qui apparaît de manière anecdotique dans les dossiers aurait dû constituer l'ensemble de l'oeuvre. Tout le roman vise à susciter l'intérêt pour ce fameux dossier... que certains ne liront probablement pas.
    En résumé, il me semble que l'auteur est passé à côté de son sujet.
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    • Livres 2.00/5
    Par Malaura, le 09 mai 2011

    Malaura
    Gardien dans un lycée de jésuites à Lyon, Bastien Belette vit en solitaire, rejeté par son voisinage pour d'obscures raisons liées à son passé. Seuls, son érudition passionnée pour le Tibet et le Bouddhisme ainsi que le doux rêve de voir le Potala avant de mourir, lui apportent un peu de bonheur. Fascinée par l'étendue du savoir du vieux sage, Rose, la nouvelle voisine de Bastien, décide de lui offrir ce voyage tant espéré à Lhassa. Devenu adulte, Paul, le fils de Rose, écrit sur ce voyage un manuscrit que sa mère corrige et complète par diverses recherches.
    Difficile après avoir écrit un chef-d'oeuvre, d'offrir quelque chose d'aussi magistral que "Là où les tigres sont chez eux"! Difficile et quasiment impossible, des livres aussi aboutis et aussi brillants ne s'écrivent sans doute qu'une fois dans une vie. "La montagne de minuit" est effectivement d'un niveau bien inférieur au précédent malgré de jolies qualités. Aussi bref que l'autre était long, il invite à une belle découverte du Tibet. Sa construction originale et son écriture fine et délicate confèrent une lecture agréable mais là où l'un était grandiose l'autre n'est que plaisant
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    • Livres 3.00/5
    Par Livrespourvous, le 06 octobre 2010

    Livrespourvous
    De prime abord, La montagne de minuit semble un roman d'initiation.
    A Lyon, un vieil homme, Bastien Lhermine, jadis protégé par les Jésuites, est renvoyé de son poste de gardien du collège, en raison de son âge.
    Une jeune femme, Rose, qu'une culpabilité vis à vis de sa mère ronge, emménage avec son fils, le petit Paul, dans l'immeuble de Bastien.
    C'est la rencontre de ces deux vies, malgré l'hostilité des autres voisins qui rejettent Bastien, au nom d'une vieille histoire.
    Et cette rencontre finit par le voyage au Tibet de Rose et Bastien, où les vérités se défileront pour mieux affronter un destin saillant.

    C'est la première lecture, mais le récit est écrit par Paul et sa mère Rose apporte chapitre après chapitre, des commentaires, des rectifications. Ainsi mère et fils se redécouvrent, voire même se découvrent tout à fait.
    C'est la deuxième lecture, mais Roblès n'épargne pas son lecteur, il l'entraîne aux frontières de l'obscurantisme, de la propagande et du mensonge au service d'une idéologie, puisque c'est à l'écrivain autant qu'à l'historien de"s'efforcer d'inventer la vérité".
    Il démontre la terrible répression chinoise au Tibet, et le souffle religieux bouddhiste que rien, pas même la destruction des temples et des symboles, ne peut entamer, contraindre et éteindre.

    Dans ce roman étonnamment court mais totalement maîtrisé, où chaque mot pèse, le rendant sec, sans gras superflu, Blas de Roblès ne livre aucune vérité, aucune certitude, mais sème des questions, des réflexions et le lecteur en sort étourdi, secoué et bousculé.

    C'est cela aussi la littérature, l'apprentissage sempiternel !

    Ainsi que le dit le héros Bastien Lhermine : « …il m'a fallu toute une vie pour comprendre que le centre d'un labyrinthe avait moins de valeur que nos errements pour y parvenir. »

    Lien : http://livrespourvous.centerblog.net
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Citations et extraits

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  • Par Musikant, le 12 octobre 2010

    Coups de pied, bourrades qui le jetaient à terre, toutes ses tentatives se terminaient systématiquement de la même façon. Paul se réfugiait dans les jupes de sa maîtresse et passait le reste de la récréation à renifler en observant ses genoux écorchés... Bastien avait été le même genre d'enfant, calme, réfléchi, juste assez en avance sur ses camarades pour attiser spontanément leur animosité. Malheur aux faibles ou aux rêveurs ! Mort aux poètes ! La guerre, la vrai guerre commençait là, dès le jardin d'enfants.
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  • Par Livrespourvous, le 06 octobre 2010

    …il m’a fallu toute une vie pour comprendre que le centre d’un labyrinthe avait moins de valeur que nos errements pour y parvenir.
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  • Par Myrabelle, le 23 février 2012

    Depuis que les hommes ne croient plus en Dieu, dit-il en soupirant, ce n'est pas qu'ils ne croient plus en rien, c'est qu'ils sont prêts à croire en tout...
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  • Par saphoo, le 23 octobre 2010

    Cette longue pratique, il le savait mieux que personne, n’était qu’une aide à la méditation. Il n’y avait rien d’autre à en attendre, sinon peut-être une infime progression sur la voie de l’Eveil. Rien de magique dans tout cela, rien de définitif. Qu’il soit réel ou mental, édifié avec des pierres précieuses réduites en poudre – comme cela se pratiquait dans le Tibet du Xè siècle- ou visualisé au prix d’un formidable effort spirituel, le mandala de Kalachaka n’était qu’un théâtre de mémoire
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  • Par Myrabelle, le 23 février 2012

    Bastien avait été le même genre d'enfant, calme, réfléchi, juste assez en avance sur ses camarades pour attiser spontanément leur animosité. Malheur aux faibles ou aux rêveurs ! Mort aux poètes ! La guerre, la vraie guerre commençait là, dès le jardin d'enfants.
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Vidéo de Jean-Marie Blas de Roblès

Bande annonce de Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès








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