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ISBN : 2072483263
Éditeur : Gallimard (2014)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
1953. Le communiste Amerigo est délégué par son parti pour surveiller la régularité des votes à l'intérieur d'un hospice religieux de Turin, le Cottolengo...
A travers les portraits narquois des autres scrutateurs ou ceux de ces électeurs diminués vieillards imp... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par JeanLouisBOIS, le 03 septembre 2012

    JeanLouisBOIS
    Le moins mauvais des systèmes politiques : Calvino en illustrateur de Churchill
    Avec le court récit de la longue journée du scrutateur Amerigo Ormea, chargé de surveiller un bureau de vote situé au sein du quartier Cottolengo à Turin, en fait une sorte de ville hospice, nous sommes invités à nous interroger sur le fonctionnement de la démocratie.
    Si dans un premier élan Amerigo tombe sous le charme d'une démocratie qui n'a pas honte d'afficher le plus grand dénuement et qui semble capable de rassembler ceux que l'on pouvait penser irréconciliables ( à l'image du groupe de scrutateurs officiant de concert), le doute devient rapidement son plus sûr
    compagnon.
    Devant le spectacle offert, bien malgré eux, par des électeurs infirmes et parfois déficients mentalement, le communiste Amerigo craint que les jeux ne soient faits d'avance : « On votait ici pour un seul parti : tout le monde le savait n'est-ce pas ? Alors à quoi bon s'agiter et compliquer les choses ? » ( dans l'esprit d'Amerigo il s'agit du parti démocrate-chrétien italien …).
    C'est dans ces conditions que notre scrutateur occasionnel se penche sur la notion d'humanité pour déterminer si certains électeurs du quartier sont bien en mesure de voter en citoyens libres et éclairés. Ce faisant, il ne peut éviter de soulever le paradoxe d'une démocratie, par essence égalitaire, qui pour assurer son fonctionnement et asseoir sa légitimité, doit écarter certains de ses membres ( les gouvernés) lors de la désignation de ses représentants ( les gouvernants).
    Certains pourront expliquer ce paradoxe par le fait que la démocratie bénéficie à tous, y compris ( surtout ? ) à ceux qui sont les plus faibles. Cela en effet paraît justifier des pratiques discriminatoires au moment du vote entre ceux qui peuvent faire un choix et ceux qui ne le peuvent pas. La Journée d'un scrutateur renvoie également à la question plus générale du citoyen et du « bagage » dont a besoin celui qui vote. Thomas Jefferson, l'un des pères de la démocratie américaine, voyait dans l'école le plus sûr moyen de fabriquer de bons citoyens. Il affirmait également que tous les hommes ne sont pas égaux en intelligence : comme quoi rien n'est simple quand on réfléchit sur la démocratie !

    Lien : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/13394
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    • Livres 4.00/5
    Par JeanLouisBOIS, le 05 octobre 2012

    JeanLouisBOIS
    Calvino, scrutateur de l'homme en démocratie.
    Dans ce récit romancé, Italo Calvino nous fait part d'une expérience vécue en tant qu'assistant à un bureau de vote dans l'Italie des années 50. Résumé de cette façon laconique, La Journée d'un scrutateur pourrait très vite apparaître comme au mieux un livre de témoignage anecdotique mais l'auteur est un véritable écrivain et il transforme rapidement cette matière brute en une réflexion très inspirée et très féconde. Grâce à des digressions suscitées par ce défilé d'électeurs, véritable concentré d'une "Italie profonde et cachée" , il s'interroge toujours avec pertinence et sans aucune certitude sur les limites de la démocratie et la place de l'homme dans la société et au-delà. Il se permet même le luxe de remettre en perspective (succinctement, cependant!) des débats du début du 20ème siècle sur ces problématiques. Réussir à faire tenir toute cette richesse dans un livre d'une centaine de pages et à partir d'un fait divers de sa vie personnelle: Bravo l'artiste!
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    • Livres 4.00/5
    Par brigetoun, le 25 juin 2013

    brigetoun
    j'ai entamé, dans la douce montée du soir, jusqu'à ce que l'obscurité me chasse, "La Journée d'un scrutateur" d'Italo Calvino qu'assez inexplicablement je n'avais jamais lue. Avec le plaisir de la construction du récit comme toujours et de ce jeu entre auteur et héros, avec le sentiment de retrouver (grosse nuance : n'ai pas eu le droit à un électorat aussi particulier) ce que j'ai vécu, ce groupe qui se crée, à travers les antagonismes de parti, entre les membres du bureau, ce renoncement parfois aux règles, par résignation un peu, par souci d'en rester au principal, cette humilité et la force de ce qui n'est pas qu'un rite, ce détournement, ce questionnement sur la démocratie...
    Mais aussi, ce questionnement sur ce qu'est l'humain, ce refus et ce besoin de hiérarchiser, l'adhésion à un idéal, le lien détendu, le poids de l'histoire et l'habitude des défaites et victoires qui n'en sont pas, etc.
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    • Livres 4.00/5
    Par JeanLouisBOIS, le 03 septembre 2012

    JeanLouisBOIS
    Critique du site ubucasa:
    Italo Calvino publie le roman La Journée d'un scrutateur en 1963, qui marque la fin de sa période néo-réaliste. Intellectuel communiste, il a rompu avec le Parti lors des événements de Hongrie pour se consacrer au journalisme.
    Pourtant, il n'a pu s'empêcher de revenir sur son passé de militant. le scrutateur, c'est celui qui, délégué par sa formation politique, observe les conditions de vote et s'assure que la légalité est respectée. Notre scrutateur, communiste, se retrouve dans un fief de la démocratie chrétienne : un hospice où grabataires et handicapés profonds votent, la main guidée par le personnel religieux de l'institution. le militant connaît une sorte de crise morale : il est en droit de refuser le vote de ceux qui, manifestement, n'ont plus leur santé mentale et qui sont manipulés par les religieuses. Pourtant, ce refus, il le ressent comme un déni de citoyenneté : il a l'impression d'enterrer ses convictions profondes sous son action politique, d'oublier ses principes tant l'adversaire se fait pressant.
    Un texte humain, loin des fadaises convaincues, à défaut d'être convaincantes, et des mièvreries gentillettes des imposteurs coutumiers, qui récitent la litanie de leurs lectures infantilisantes de la philosophie - où tout est souvent la faute de mai 68, ces derniers temps - ou de leurs préceptes religieux -trop d'exemples pour n'en citer qu'un, alors on va dire Coelho, Guy Gilbert et les autres gnangnans - en solde. Ici, la perception offre la justesse des nuances : le conflit ne se résume pas à un choix cornélien mais à des humeurs changeantes, et la crise s'insinue plutôt qu'elle ne se déclare. Il est rare de trouver un texte de militant qui n'assène pas : c'est peut-être parce que Calvino sait combien l'éthique personnelle coûte, ainsi que la solidarité et un certain humanisme distancié des grandes phrases creuses, quand elle se poursuit pas à pas, à hauteur d'homme.

    Lien : http://ubucasa.skynetblogs.be/archive/2005/04/06/la-journee-d-un-
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    • Livres 4.00/5
    Par isabellelemest, le 03 janvier 2013

    isabellelemest
    Avec un sens aigu de l'observation et un engagement politique désabusé, un citoyen de gauche participe comme scrutateur à une journée de vote où les irrégularités seront nombreuses (les religieuses qui votent sur ordre, les personnes handicapées qu'on "fait voter"), les protestations inutiles - d'ailleurs il y renonce - et la démocratie un grand jeu de faux-semblants... Ce court texte n'a rien perdu de son actualité.
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Citations et extraits

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  • Par Spilett, le 25 août 2010

    Pendant ce temps, les autres faisaient voter un malade. On l'isola, lui et la petite table, derrière le paravent déployé; cela fait, et comme il était paralysé, une sœur vota à sa place. On retira le paravent; Amerigo vit une face violacée, révulsée comme celle d'un mort, une bouche béante, des gencives nues, des yeux hagards. On ne découvrait rien de plus que cette tête enfoncée au creux de l'oreiller; l'homme était aussi raide qu'une pièce de bois, mis à part un râle qui sifflait au fond de sa gorge.
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  • Par JeanLouisBOIS, le 07 septembre 2012

    Les notions de progrès de liberté, de justice n'appartenaient-elles donc qu'aux hommes valides ( ou à ceux qui dans d'autres conditions auraient pu l'être) ? N'étaient-ce que des idées de privilégiés? Fallait-il leur refuser l'universalité? (p.57).

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  • Par JeanLouisBOIS, le 05 octobre 2012

    Prier, c'est-à-dire se replacer en Dieu, c'est-à-dire (Amerigo hasardait des définitions) accepter la petitesse de l'homme, réintroduire ce qu'il y a en chacun de négatif dans une totalité où toute les pertes s'annulent, consentir à une fatalité inconnue qui pourrait seule justifier le malheur. (p.56).

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  • Par JeanLouisBOIS, le 07 septembre 2012

    Ce qui compte , serait-ce non pas les institutions qui vieillissent, mais la volonté et les besoins des hommes qui se renouvellent sans cesse, et qui rendent leur vérité aux instruments dont ils se servent? (p.23)

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  • Par JeanLouisBOIS, le 07 septembre 2012

    L'humain va jusqu'où va l'amour, il n'a d'autres limites que celles que nous lui donnons. (p.94).

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