Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2070323021
Éditeur : Gallimard (1985)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 123 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
ESPOIR : Collection dirigée par Albert Camus
Nous sommes dans le nihilisme. Peut-on sortir du nihilisme ? C'est une question qu'on nous inflige. Mais nous n'en sortirons pas en faisant mine d'ignorer le mal de l'époque ou en décidant de le nier. Le seul espoir es... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (8)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Pingouin, le 29 juin 2012

    Pingouin
    Cet essai est un éloge de la mesure, un éloge de l'humanité dans tout ce qu'elle a de beau, sans s'aveugler face à tout ce qui constitue également sa laideur.
    Je ne suis certainement pas ce qu'il y a de plus objectif concernant Camus, celui-ci étant l'un de mes écrivains et philosophes favoris, mais peut-être est-ce justement dans mon admiration -mesurée elle aussi- que je saurai le mieux vous parler de cet ouvrage.

    Il résume le combat de toute une vie, justifie la plupart des choix qu'a pu faire son auteur. La formule "Je me révolte donc nous sommes" est saisissante de vérité lorsqu'on achève sa lecture.
    La révolte est une réponse à l'absurdité de l'existence, mais, avant de nous justifier cette pensée, Camus prend bien soin de définir la révolte telle qu'il l'entend. Elle n'est pas une révolution qui, dans le but de chasser une tyrannie, ne fait qu'en installer une autre. Elle n'est pas un "non" intégral à la vie, la révolte exige une injustice, mais on va se battre contre cette injustice justement parce qu'il y a quelque chose qui ne la mérite pas, quelque chose qui mérite qu'on se batte pour une amélioration de sa condition, quelque chose auquel on va dire "oui".
    Il fait ainsi une critique de Hegel et Marx, qui promettent une fin heureuse tant et dans la mesure que le présent est malheureux. Qui rejettent tout ce qui ne se situe pas à la fin de l'histoire, qui disent "non" à tout ce qui fait la vie, qui conduisent au nihilisme. Car ce "plus tard" heureux qu'ils nous promettent, ressemble à s'y méprendre au paradis promis aux croyants, la notion de transcendance étant remplacé par celle, plus horizontale, de l'histoire.
    La mise en lumière de toute les contradictions de l'URSS de l'époque lui vaudra bien des malheurs, et pourtant, là encore, c'est d'une évidence telle qu'elle aura aveuglé la plupart, Sartre compris. Camus se fait le traducteur de cette vérité éblouissante, il nous la filtre et nous la restitue sans que l'on se brûle les yeux à tenter de la discerner au beau milieu de cette lumière.
    La révolte est une nécessité pour celui qui prétend améliorer l'humaine condition, et même lorsque la cause première de celle-ci est atteinte, il ne doit pas l'oublier, car c'est elle qui lui donne l'unité de mesure permettant de côtoyer la réunion de la justice et de la liberté pour laquelle Camus aura tant fait. C'est un état de tension permanente qui n'autorise jamais le repos : "Ceux qui ne trouvent de repos ni en Dieu ni en l'histoire se condamnent à vivre pour ceux qui, comme eux, ne peuvent pas vivre, les humiliés." La révolte ne permettra son oubli que lorsqu'elle ne sera plus nécessaire aux hommes, et c'est un temps qui, contrairement à ce qu'ont prétendu ces traîtres du présent, n'arrivera jamais; car la justice absolue supprime la liberté, quant à elle, la liberté absolue empêche la justice. L'une ou l'autre de ces deux valeurs aura de fait toujours besoin de révoltés qui se battront pour elle lorsqu'elle sera bafouée.
    La révolte en tant que sens de la vie, la révolte en tant qu'accès à l'éternité; voilà ce que vous offre ce livre.

    Un essai conforme aux attentes que l'on peut en avoir en découvrant les lettres qui composent le nom de son auteur. Je ne saurai trop vous conseiller de le lire, car il est un ouvrage de philosophie indispensable pour comprendre le XXème siècle, ce qui le précède et le prolonge, la révolte est intemporelle. Si vous cherchez une réponse à votre existence, il y a de fortes chances pour que, si elle ne se trouve pas offerte comme une gratuité, de bonnes parties de son inconcevable puzzle s'y trouve.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par jcfvc, le 18 octobre 2009

    jcfvc
    Ma bible philsophique. En gros, on peut résumer le message ainsi : "La révolte oui, la révolution non." Et pour ceux qui, encore aujourd'hui, pensent que c'est en coupant les têtes. - fût-ce symboliquement - de tous les "profiteurs" : les riches, les patrons, les hommes politiques corrompus, etc, que l'on accèdera à une société plus juste, je leur conseille de relire attentivement le chapitre la pensée de midi, dont je donne quelques extraits dans les citations. Cela devrait les faire réfléchir à leurs petites haines ordinaires faiseuses de futurs dicatateurs, de droite comme de gauche.
    N'en déplaise à ceux qui voudraient remettre le couvert en nous promettant que, cette fois c'est juré, leur révolution ne sdera pas sanglante, L'Homme révolté démontre que la terreur révolutionnaire, qu'elle soit jacobine, stalinienne, chinoise ou cambodgienne, n'est pas une "déviation" de la pensée révolutionnaire, mais en est sa conséquence incontournable..

    Lien : http://jcfvc.over-blog.com
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Thaliesen, le 23 octobre 2012

    Thaliesen
    Après avoir lu "la peste" de Camus, c'est le premier essai historique et littéraire que je lis de cet admirable auteur. C'est aussi un monument philosophique.
    Toute traversée de références littéraires, Sade, Lautréamont et consorts; et historiques, guerre civile, révolution, bonapartisme, guerres mondiales et destruction de l'homme par les hommes définissent cet "homme révolté" qui échoue pourtant dans son soulèvement. La vraie révolte est créatrice, elle n'est pas la fin de l'histoire ou la fin de l'être humain, elle en est le signe, le début d'un éternel recommencement. le révolté, poussé à l'extrême du meurtre devient un tueur sans but, il essoufle le courant de sa contestation, car il crée en retour une révolte envers lui.
    Contre Dieu, la société, les valeurs bourgeoises, la richesse et le racisme, la révolte ne se définit que comme un processus qui ne s'enraye jamais. Marx se révoltait contre un système mais il avait conscience de l'impossibilité de le détruire, la nécessité était de reconstruire, avec les ruines déclinantes de l'ancien système existant.
    L'important, je crois pour Camus, est de ne pas se révolter à l'extrême jusqu'à la mort, le meurtre ou la décimation des peuples. La révolte se doit d'être, comme contestation, un flèche d'or vivante, qui ne s'éteint jamais, mais qui recrée infiniment l'homme, les arts, les principes, la foi, le monde humain enfin.

    Lien : http://thaliesen.over-blog.com/article-16036777.html
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par GuillaumeTM, le 29 mars 2013

    GuillaumeTM
    Camus a tenté, ici, de faire une sorte de généalogie de la révolte en commençant par la révolte métaphysique, en allant jeter un coup d'oeil du côté de la littérature (Sade, Milton, Beaudelaire, Lautréamont...), après la révolution française avec St Just, Nietzsche et le nihilisme, l'anarchie chez les russes, on a droit ensuite à un résumé de la philosophie Hégélienne etc...
    Le sujet est vraiment très vaste. C'est un livre très instructif. le seul reproche à lui faire, ce serait la date de péremption du bouquin, car à l'heure d'aujourd'hui, je pense qu'il y aurait encore des choses à dire sur la révolte en rapport avec l'évolution économique de la société. Par exemple : Qu'en est-il de la révolte aujourd'hui ? Contre qui ou contre quoi se révolter ? Quel est la causalité de la dépolitisation de la population ?.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 1         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par gigi55, le 25 avril 2011

    gigi55
    Un essai remarquable (datant de 1951 mais toujours d‘actualité me semble-t-il) d'unité et de précision qui étudie les diverses manifestations de nihilisme, notamment dans les mouvements révolutionnaires du XX° siècle et aboutit à la conclusion que la révolte, qui n'ignore ni la beauté du monde ni la nature de l'homme, peut seule servir de boussole et de guide entre la tyrannie du nihilisme historique et l'abrutissement du nihilisme consumériste.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la critique

> voir toutes (49)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par gigi55, le 25 avril 2011

    L'art, du moins, nous apprend que l'homme ne se résume pas seulement à J'histoire et qu'il trouve aussi une raison d'être dans l'ordre de la nature. Le grand Pan, pour lui, n'est pas mort. Sa révolte la plus instinctive, en même temps qu'elle affirme la valeur, la dignité commune à tous, revendique obstinément, pour en assouvir sa faim d'unité,' une part intacte du réel dont le nom est la beauté. On peut' refuser toute l'histoire et s'accorder pourtant au monde des étoiles et de la mer. Les révoltés qui veulent ignorer la nature et la beauté se condamnent à exiler de l'histoire qu'ils veulent faire la dignité du travail et de l'être. Tous les grands réformateurs essaient de bâtir dans l'histoire ce que Shakespeare, Cervantes, Molière, Tolstoï ont su créer : un monde toujours prêt à assouvir la faim de liberté et de dignité qui est au coeur de chaque homme. La beauté, sans doute, ne fait pas les révolutions. Mais un jour vient où les révolutions ont besoin d'elle. Sa règle qui conteste le réel en même temps qu'elle lui donne son unité est aussi celle de la révolte. Peut-on, éternellement, refuser l'injustice sans cesser de saluer la nature de l'homme et la beauté du monde? Notre réponse est oui. Cette morale, en même temps insoumise et fidèle, est en tout cas la seule à éclairer le chemin d'une révolution vraiment réaliste. En maintenant la beauté, nous préparons ce jour de renaissance où la civilisation mettra au centre de sa réflexion, loin des principes formels et des valeurs dégradées de l'histoire, cette vertu vivante qui fonde la commune dignité du monde et de l'homme, et que nous avons maintenant à définir en face d'un monde qui l'insulte. p. 344
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la citation

  • Par LSH, le 26 juillet 2008

    Plusieurs citations :
    ---
    Il ne suffit pas de vivre, il faut une destinée, et sans attendre la mort.
    ---
    Ceux qui n'ont pas exigé, un jour au moins, la virginité absolue des êtres et du monde, tremblé de nostalgie et d'impuissance devant son impossibilité, ceux qui, alors, sans cesse renvoyés à leur nostalgie d'absolu, ne se sont pas détruits à essayer d'aimer à mi-hauteur, ceux-là ne peuvent comprendre la réalité de la révolte et sa fureur de destruction.
    ---
    Les symphonies de la nature ne connaissent pas de point d'orgue. Le monde n'est jamais silencieux ; son mutisme même répète éternellement les mêmes notes, selon les vibrations qui nous échappent.
    ---
    Il n'y a pas de pensée absolument nihiliste sinon, peut-être, dans le suicide, pas plus qu'il n'y a de matérialisme absolu. La destruction de l'homme affirme encore l'homme.
    ---
    Agir, c'est détruire pour faire naître la réalité spirituelle de la conscience.
    ---
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par micky05, le 25 décembre 2012

    Le prisonnier, depuis lors, a été exécuté ; seuls le règne les Grands Inquisiteurs qui écoutent « l'esprit profond, l'esprit de destruction et de mort ». Les Grands Inquisiteurs refusent fièrement le pain du ciel et la liberté et offre le pain de la terre sans la liberté. « Descends de la Croix et nous croirons en toi », criait déjà leurs policiers sur le Golgotha. Mais il n'est pas descendu et, même, au moment le plus torturé de l'agonie, il s'est plaint à Dieu d'avoir été abandonné. Il n'y a donc plus de preuve, mais la foi et le mystère, que les révoltés repoussent, et que les Grands Inquisiteurs bafouent. Tout est permis et les siècles du crime se sont préparés à cette minute bouleversée. De Paul à Staline, les papes qui ont choisi César ont préparé la voie aux Césars qui ne choisissent qu’eux-mêmes. L'unité du monde qui ne s'est pas fait avec Dieu tentera désormais de se faire contre Dieu.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par Rojda, le 24 juillet 2012

    Si l'on ne croit en rien, si rien n'a de sens et si nous ne pouvons affirmer aucune valeur, tout est possible et rien n'a d'importance. Point de pour ni de contre, l'assassin n'a ni tort ni raison. On peut tisonner les crématoires comme on peut aussi se dévouer à soigner les lépreux. Malice et vertu sont hasard ou caprice. On décidera alors, de ne pas agir, ce qui revient au moins à accepter le meurtre d'autrui, sauf à déplorer harmonieusement l'imperfection des hommes. On imaginera encore de remplacer l'action par le dilettantisme tragique et, dans ce cas, la vie humaine n'est qu'un enjeu. On peut enfin se proposer d'entreprendre une action qui ne soit pas gratuite. Dans ce dernier cas, faute de valeur supérieure qui oriente l'action, on se dirigera dans le sens de l'efficacité immédiate. Rien n'étant ni vrai ni faux, bon ou mauvais, la règle sera de se montrer le plus efficace, c'est à dire le plus fort. Le monde alors ne sera plus partagé en justes et en injustes, mais en maîtres et en esclaves. Ainsi, de quelque côté qu'on se tourne, au coeur de la négation et du nihilisme, le meurtre a sa place privilégiée.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la citation

  • Par Fremen, le 06 mars 2011

    La mesure n'est pas le contraire de la révolte. C'est la révolte qui est la mesure, qui l'ordonne, la défend et la recrée à travers l'histoire et ses désordres. L'origine même de cette valeur nous garantit qu'elle ne peut être que déchirée. La mesure, née de la révolte, ne peut se vivre que par la révolte. Elle est un conflit constant, perpétuellement suscité et maîtrisé par l'intelligence. Elle ne triomphe ni de l'impossible ni de l'abîme. Elle s'équilibre à eux. Quoi que nous fassions, la démesure gardera toujours sa place dans le coeur de l'homme, à l'endroit de la solitude. Nous portons tous en nous nos bagnes, nos crimes et nos ravages. Mais notre tâche n'est pas les déchaîner à travers le monde; elle est de les combattre en nous-même et dans les autres.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation










Sur Amazon
à partir de :
7,69 € (neuf)
4,64 € (occasion)

   

Faire découvrir L'Homme révolté par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (466)

> voir plus

Quiz