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ISBN : 2070323021
Éditeur : Gallimard (1985)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 264 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
ESPOIR : Collection dirigée par Albert Camus
Nous sommes dans le nihilisme. Peut-on sortir du nihilisme ? C'est une question qu'on nous inflige. Mais nous n'en sortirons pas en faisant mine d'ignorer le mal de l'époque ou en décidant de le nier. Le seul espoir es... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par IreneAdler, le 07 février 2014

    IreneAdler
    Challenge Nobel 2013/2014
    8/15
    Je pose d'emblée que j'ai de grosses lacunes en philosophie ; ce qui signifie que parfois, je n'ai pas tout compris (eh non). Mais je l'ai terminé, presque sans me décourager.
    Que veut démontrer Camus ? que la révolte ne peut justifier la mort de millions de personnes ; selon lui, la révolte est un mouvement vers la vie, qui pose des limites. La révolte,c'est reconnaître l'humanité en chaque homme. Qu'au delà, c'est le nihilisme, la mort. Comprendre (en 1950) : le fascisme et le communisme. Voire, dans une moindre mesure, l'Occident. Pourquoi ? Pour lui, les 2 premiers, nés d'un mouvement de révolte, furent entraîné ensuite dans l'engrenage révolutionnaire. Ne sachant comment en sortir, leurs dirigeants les firent tomber dans le meurtre de masse, la révolution permanente ayant toujours besoin de nouvelles victimes. le 3è, quant à lui, est trop occupé par son confort matériel pour se révolter encore. Comment alors vivre la révolte ? Il s'agit de trouver un équilibre entre l'injustice pure et la justice pure (négation de la liberté), d'accepter que jamais le monde ne sera parfait? Mais veiller à ce qu'il ne tourne pas à l'inacceptable. Ce qu'on fait les révoltes devenues révolutions puis meurtres, c'est tuer Dieu, puis tuer l'idée de Dieu (la morale, le vertu), et enfin de diviniser les hommes. Et mouvement final, remplacer l'idée du salut religieux par la fin de l'histoire : une cité sans castes ni classes. Et pour y arriver, eh ben, il y a des sacrifices à consentir. Mais c'est sans compter sur le réel : à tout centraliser, les dirigeants se sont coupés de la base, des réalités du terrain et les décisions à appliquer stricto sensu sont rarement bien accueillies. La révolte s'ancre dans la réalité, s'ajuste et veille. Voila ce que j'ai compris et retenu.
    Évidemment, tout cela est étayé, référencé, construit. Je pense qu'il a voulu essayer d'être accessible au plus grand nombre : il n'est pas jargonneux, ne multiplie pas les renvois, expose clairement les faits, rigoureusement. Seulement, une base philosophique est indispensable pour tout saisir et comprendre (une certaine habitude à lire des essais philosophiques aussi). Je le relirai sans doute un jour, après avoir fait mes armes.
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    • Livres 5.00/5
    Par Pingouin, le 29 juin 2012

    Pingouin
    Cet essai est un éloge de la mesure, un éloge de l'humanité dans tout ce qu'elle a de beau, sans s'aveugler face à tout ce qui constitue également sa laideur.
    Je ne suis certainement pas ce qu'il y a de plus objectif concernant Camus, celui-ci étant l'un de mes écrivains et philosophes favoris, mais peut-être est-ce justement dans mon admiration -mesurée elle aussi- que je saurai le mieux vous parler de cet ouvrage.

    Il résume le combat de toute une vie, justifie la plupart des choix qu'a pu faire son auteur. La formule "Je me révolte donc nous sommes" est saisissante de vérité lorsqu'on achève sa lecture.
    La révolte est une réponse à l'absurdité de l'existence, mais, avant de nous justifier cette pensée, Camus prend bien soin de définir la révolte telle qu'il l'entend. Elle n'est pas une révolution qui, dans le but de chasser une tyrannie, ne fait qu'en installer une autre. Elle n'est pas un "non" intégral à la vie, la révolte exige une injustice, mais on va se battre contre cette injustice justement parce qu'il y a quelque chose qui ne la mérite pas, quelque chose qui mérite qu'on se batte pour une amélioration de sa condition, quelque chose auquel on va dire "oui".
    Il fait ainsi une critique de Hegel et Marx, qui promettent une fin heureuse tant et dans la mesure que le présent est malheureux. Qui rejettent tout ce qui ne se situe pas à la fin de l'histoire, qui disent "non" à tout ce qui fait la vie, qui conduisent au nihilisme. Car ce "plus tard" heureux qu'ils nous promettent, ressemble à s'y méprendre au paradis promis aux croyants, la notion de transcendance étant remplacé par celle, plus horizontale, de l'histoire.
    La mise en lumière de toute les contradictions de l'URSS de l'époque lui vaudra bien des malheurs, et pourtant, là encore, c'est d'une évidence telle qu'elle aura aveuglé la plupart, Sartre compris. Camus se fait le traducteur de cette vérité éblouissante, il nous la filtre et nous la restitue sans que l'on se brûle les yeux à tenter de la discerner au beau milieu de cette lumière.
    La révolte est une nécessité pour celui qui prétend améliorer l'humaine condition, et même lorsque la cause première de celle-ci est atteinte, il ne doit pas l'oublier, car c'est elle qui lui donne l'unité de mesure permettant de côtoyer la réunion de la justice et de la liberté pour laquelle Camus aura tant fait. C'est un état de tension permanente qui n'autorise jamais le repos : "Ceux qui ne trouvent de repos ni en Dieu ni en l'histoire se condamnent à vivre pour ceux qui, comme eux, ne peuvent pas vivre, les humiliés." La révolte ne permettra son oubli que lorsqu'elle ne sera plus nécessaire aux hommes, et c'est un temps qui, contrairement à ce qu'ont prétendu ces traîtres du présent, n'arrivera jamais; car la justice absolue supprime la liberté, quant à elle, la liberté absolue empêche la justice. L'une ou l'autre de ces deux valeurs aura de fait toujours besoin de révoltés qui se battront pour elle lorsqu'elle sera bafouée.
    La révolte en tant que sens de la vie, la révolte en tant qu'accès à l'éternité; voilà ce que vous offre ce livre.

    Un essai conforme aux attentes que l'on peut en avoir en découvrant les lettres qui composent le nom de son auteur. Je ne saurai trop vous conseiller de le lire, car il est un ouvrage de philosophie indispensable pour comprendre le XXème siècle, ce qui le précède et le prolonge, la révolte est intemporelle. Si vous cherchez une réponse à votre existence, il y a de fortes chances pour que, si elle ne se trouve pas offerte comme une gratuité, de bonnes parties de son inconcevable puzzle s'y trouve.
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    • Livres 5.00/5
    Par aouatef79, le 17 août 2015

    aouatef79
    L' homme révolté d' Albert Camus. Ce dernier est un romancier, un essayiste, un
    dramaturge, un journaliste, un philosophe de grande renommée. Camus est
    considéré comme le philosophe de l' absurde. Pour lui la vie est absurde, elle est
    un non-sens.C' est un révolté. Mais, contre cette absurdité et ce non-sens de la
    vie, Camus ne prône pas l' autodestruction de soi-même ou le suicide.J' essaie,
    modestement ,de comprendre cet intellectuel au parcours difficile : pauvre, étant
    encore jeune il a perdu son père, a contracté une maladie pulmonaire et malgré
    ces aléas, il a réussi dans ses études et aime le sport et surtout le foot-ball.
    Tôt, il a pris conscience de l' absurdité de la vie mais il insiste, grandement que
    cela n' empêche pas l' homme de chercher le bonheur et de vivre heureux.Tout
    cela sera vécu de façon relative, bien sûr .Camus aime la vie, la nature, la mer .C' est un panthéiste .
    L' homme révolté est une sorte d' essai qui fait suite au Mythe de Sisyphe.
    Dans cette oeuvre, Camus traite du thème qui lui est cher, le suicide et le
    caractère absurde de l' existence . Dans l' homme révolté, on relève cinq thè
    -mes de réflexion : -l'homme révolté-la révolte métaphysique-la révolte histo-
    -rique-révolte et art-la pensée de midi .Pour rédiger une telle oeuvre,Camus
    a revisité tout ce qui a été écrit sur le sujet par des penseurs et philosophes des périodes antérieures, à l' exemple de : Lucrèce, Epicure, .....Dostoievski,
    Nietzche, Sade,.....Rousseau, Saint-Just, Hegel,..les nihilistes, les athées ...
    L' homme révolté est, pour le lecteur moyen dont je suis, une oeuvre ardue
    difficile a abordée, qui demande une culture vaste, surtout en philo .
    Tout ce qui a été écrit, n' est qu' un modeste avis sur une magistrale d' une
    valeur inestimable.

    '
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    • Livres 5.00/5
    Par jcfvc, le 18 octobre 2009

    jcfvc
    Ma bible philsophique. En gros, on peut résumer le message ainsi : "La révolte oui, la révolution non." Et pour ceux qui, encore aujourd'hui, pensent que c'est en coupant les têtes. - fût-ce symboliquement - de tous les "profiteurs" : les riches, les patrons, les hommes politiques corrompus, etc, que l'on accèdera à une société plus juste, je leur conseille de relire attentivement le chapitre la pensée de midi, dont je donne quelques extraits dans les citations. Cela devrait les faire réfléchir à leurs petites haines ordinaires faiseuses de futurs dicatateurs, de droite comme de gauche.
    N'en déplaise à ceux qui voudraient remettre le couvert en nous promettant que, cette fois c'est juré, leur révolution ne sdera pas sanglante, l'homme révolté démontre que la terreur révolutionnaire, qu'elle soit jacobine, stalinienne, chinoise ou cambodgienne, n'est pas une "déviation" de la pensée révolutionnaire, mais en est sa conséquence incontournable..

    Lien : http://jcfvc.over-blog.com
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    • Livres 4.00/5
    Par Moglug, le 08 juillet 2015

    Moglug
    'homme révolté est un essai divisé en cinq parties : une définition de l'homme révolté, la révolte métaphysique, la révolte historique (la plus consistante), la révolte et l'art, et la pensée de midi (qui ouvre les perspectives).
    La première partie est très courte et s'attache à la naissance du sentiment de révolte dans l'homme. La seconde partie est certainement celle qui m'a le plus intéressée : elle traite essentiellement de la révolte en littérature ou en philosophie. A. Camus débute son propos avec La Bible et l'épisode du meurtre d'Abel par son frère Caïn, et le poursuit avec les écrits de Sade puis des romantiques. Viennent ensuite Nietzsche et le nihilisme, le poète Lautréamont, et enfin les écrivains surréalistes. Tous à leur manière ont abordé la question de la révolte par la remise en cause du catholicisme d'abord, puis de Dieu lui-même et enfin des valeurs transmises par la religion.
    La troisième partie est la plus volumineuse et la plus complexe de l'essai. J'ai malheureusement beaucoup trop souvent décroché, elle est consacrée à la révolte historique, conséquence en acte de la révolte métaphysique. Toujours dans la même logique, Camus s'attache d'abord aux régicides en reprenant le Nouvel Evangile puis les régicides historiques, celui de Louis XVI notamment. le déicide laisse ensuite la place aux différentes formes de terrorismes (individuel, étatique, rationnel ou irrationnel), et leurs traductions en acte au cours de l'histoire (des révolutions populaires ou marxistes du XIXème siècle aux génocides du XXème).
    La quatrième partie illustre comment le sentiment de révolte peut-être canalisé et dépassé dans l'art, notamment dans le roman. La pensée de midi, cinquième et dernière partie exprime toute l'ambiguïté d'une révolte déviante qui entraînerait le meurtre… acte hautement révoltant en soi. Il nous invite donc à une révolte mesurée, ce qui n'est pas antithétique nous explique-t-il dans son chapitre « Mesure et démesure » .
    Albert Camus conclue son ouvrage par un chapitre « au-delà du nihilisme ». Il s'appuie sur une phrase de René Char « L'obsession de la moisson et l'indifférence à l'histoire sont les deux extrémités de mon arc ». Il y décrit les valeurs de sa moisson et lance sa flèche vers l'avenir « du trait le plus dur et le plus libre ».
    Sa conclusion est grandiose et ouvre des perspectives pour notre XXIème siècle. Je suis frustrée de ne pas être en mesure de saisir tout le déroulement de la pensée de Camus dans cet ouvrage, mais les quelques bribes saisies au vol me sont précieuses. Les envies de suivre le fil et de lire les auteurs cités (Sade, Lautréamont, Blake, Lermontov, Dostoïevski, Nietzsche, Char, Barrès…) sont pressantes… et stimulantes !

    Lien : https://synchroniciteetserendipite.wordpress.com/2015/07/08/lhomme-r..
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