Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2070454762
Éditeur : Gallimard (2013)


Note moyenne : 4.01/5 (sur 194 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
ESPOIR : Collection dirigée par Albert Camus
Nous sommes dans le nihilisme. Peut-on sortir du nihilisme ? C'est une question qu'on nous inflige. Mais nous n'en sortirons pas en faisant mine d'ignorer le mal de l'époque ou en décidant de le nier. Le seul espoir es... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (12)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

  • Par IreneAdler, le 07 février 2014

    IreneAdler
    Challenge Nobel 2013/2014
    8/15
    Je pose d'emblée que j'ai de grosses lacunes en philosophie ; ce qui signifie que parfois, je n'ai pas tout compris (eh non). Mais je l'ai terminé, presque sans me décourager.
    Que veut démontrer Camus ? que la révolte ne peut justifier la mort de millions de personnes ; selon lui, la révolte est un mouvement vers la vie, qui pose des limites. La révolte,c'est reconnaître l'humanité en chaque homme. Qu'au delà, c'est le nihilisme, la mort. Comprendre (en 1950) : le fascisme et le communisme. Voire, dans une moindre mesure, l'Occident. Pourquoi ? Pour lui, les 2 premiers, nés d'un mouvement de révolte, furent entraîné ensuite dans l'engrenage révolutionnaire. Ne sachant comment en sortir, leurs dirigeants les firent tomber dans le meurtre de masse, la révolution permanente ayant toujours besoin de nouvelles victimes. le 3è, quant à lui, est trop occupé par son confort matériel pour se révolter encore. Comment alors vivre la révolte ? Il s'agit de trouver un équilibre entre l'injustice pure et la justice pure (négation de la liberté), d'accepter que jamais le monde ne sera parfait? Mais veiller à ce qu'il ne tourne pas à l'inacceptable. Ce qu'on fait les révoltes devenues révolutions puis meurtres, c'est tuer Dieu, puis tuer l'idée de Dieu (la morale, le vertu), et enfin de diviniser les hommes. Et mouvement final, remplacer l'idée du salut religieux par la fin de l'histoire : une cité sans castes ni classes. Et pour y arriver, eh ben, il y a des sacrifices à consentir. Mais c'est sans compter sur le réel : à tout centraliser, les dirigeants se sont coupés de la base, des réalités du terrain et les décisions à appliquer stricto sensu sont rarement bien accueillies. La révolte s'ancre dans la réalité, s'ajuste et veille. Voila ce que j'ai compris et retenu.
    Évidemment, tout cela est étayé, référencé, construit. Je pense qu'il a voulu essayer d'être accessible au plus grand nombre : il n'est pas jargonneux, ne multiplie pas les renvois, expose clairement les faits, rigoureusement. Seulement, une base philosophique est indispensable pour tout saisir et comprendre (une certaine habitude à lire des essais philosophiques aussi). Je le relirai sans doute un jour, après avoir fait mes armes.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          4 28         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par mickbu, le 14 novembre 2013

    mickbu
    « L’homme révolté »
    A première vue, cet opus camuséen fait davantage étalage d’une culture littéraire, il est vrai manifeste, qu’il ne propose de théorie décisive sur la révolte, d’autant que si l’on contextualise l’intentionnalité psychique du révolté, on converge forcément vers un réalisme ponctuel, intangible au principe d’intentionnalité, si bien que l’argumentaire référentiel à la littérature trahit une sorte de formalisme descriptif en réalité presque inutile à la contemporanéité notionnelle. La révolte sonne le glas d’une humanité chevillée à sa condition, soit, on peut soumettre l’aspect revendicatif d’une liberté totale à la destruction qu’opérât Sade en son temps et y voir comme Camus une preuve d’affirmation universelle, ou bien synthétiser « la volonté de puissance » nietzschéenne en une sorte de pari « méthodique » anticonformiste, et ce faisant tout autant nihiliste, ou plutôt ascétique, car la liberté promue par Nietzsche « le dire oui à la vie » est en définitive un renoncement, l’abandon de la servitude, c’est certain, au nom d’une volonté qui se réclame d’elle-même (en quelques sortes le doute hyperbolique de Descartes), et des jugements de valeurs. Mais une existence sans jalon, sans loi ….. Peut-elle se revendiquer comme telle ? Faut-il nier l’évidence pour être libre ? C’est un peu le constat que fait Nietzsche en abandonnant l’homme à ses valeurs primordiales. D'autant que Nietzsche est contraint de crier pour réveiller les hommes, or comme l'indique Heidegger "Ce n'est pas dans un cri que la pensée parvient à se faire entendre", la tempérance promue par Heidegger annihile tout instinct séditieux, revendique une voie saine que l'esprit de révolte semble méconnaître. C’est indéniablement la spécificité thomiste de la pensée nietzschéenne qui l’amenât à estimer, encenser, le macrocosme de l’Art, et par là le feu d’Héraclite, la source de l’un-primordial, statuant arbitrairement d’une thématique philosophique où l’Art devient cette échappatoire obligatoire au scientisme (cf. « Aux origines de la Tragédie »).
    La révolte est le témoignage d’une attitude hostile à son temps, à sa classe…, mais l’objection peut aussi revêtir le marqueur soudain, injustifié du moment, qu’est-ce donc que la révolte si aucun mouvement révolutionnaire n’est décelé, ni qu’aucun raccord idéologique n’implique la fédération d’une masse quelconque. André Breton, qui devait passer le plus clair de son temps à dormir, énonce sans intention le principe essentiel à l’œuvre dans la révolte qui n’est autre qu’une dynamique contradictoire à la subjectivité, un principe contestataire qui dans certains cas verse dans la mystification parodique : « Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l’on peut ainsi dire. C’est à sa conquête que je vais, certain de n’y pas parvenir mais trop insoucieux de ma mort pour ne pas supputer un peu les joies d’une telle possession ». C’est joli la rébellion par ces quelques atours freudiens, mais on voit ici que la révolte n’est autre qu’une forme de nihilisme fantaisiste, dont l’inclinaison démagogique nous fait scruter le réel avec davantage d’intérêt - sans remettre en question la théorie de Freud sur l’interprétation des rêves. Pour Breton la surréalité prône la liberté par la subversion, l’hostilité envers tout ce qui compose la condition matérielle et morale des hommes, pour une morale neuve capable de solutionner tous nos maux, une lutte désespérée pour ainsi dire. Une théorie anarchiste dont l’incursion dans le domaine de la pensée révèle une marque d’esprit apatride, éloignée d’une cohérence fondée à l’univers artistique. La totalité irrationnelle que prône la surréalité, « le hasard objectif », donne à la révolte ce ton négatif d’une direction sans issue, laissant Nietzsche s’accommoder sans modération de l’innocence d’un soleil au zénith.
    Si pour Camus la révolte est le seul moyen de dépasser l’absurde, qu’elle s’approprie la déviance humaine, crime etc….de manière systématique - sans analyse psychologique préalable -, nous laisse entrevoir cette césure quasi polémique entre l’irrationnel et la dignité qu’implique un esprit doté de raison, et ainsi sur l’inanité d’un tel débat ; car doit-on comme, dans le mythe de Sisyphe, adhérer à l’extrémité d’une humanité radicalisée, poussée dans ses retranchements tourmentés et d’où les ponts vers ces états dominés par le règne de la raison sont à jamais rompus. C’est aussi la marque de tout récit elliptique, de chercher à tout prix une analogie quel qu’en soit le prix ; en quoi la filiation historique donnerait aux mouvements révolutionnaires, quel qu’il soit, cette inviolabilité notionnelle que cherche à caractériser Camus, lesquels sont à jamais captifs d’un contexte précis, d’une inclusion sociale distinctive où le peuple dans la mesure de sa volonté exprime, [mesure n’est pas innocent], ce qui en un lieux, doit être sa vérité, car finalement dans l’acception mesure nous est livrée la réalité du « contrat social », et l’acuité d’une notion qui se réclame d’une universalité inattaquable mais qui se heurte malgré cela à la réalité d’un contexte.
    « La vie est cette puissance de configuration d’un vivant et de son milieu….si bien qu’on pourrait reprendre cette formule de Dilthey, que la vie se comprend et s’interprète elle-même… », c’est en ce sens qu’il faut saisir le caractère subjectif réciproque de l’intention, laquelle implique toujours, et par essence, un lien constitutif à un monde ambiant ; pour l’homme cette existence dans une totalité imparfaite se révèle telle une lutte en opposition à cette plénitude comme l’indique Patočka : « L’animal est entier, la vie animal est une vie dans l’unité, intégrée sans discontinuité dans tout le reste de la nature….. L’animal n’a aucune égoïté, puisque c’est la totalité qui agit en lui….Il n’a pas besoin d’un rapport explicite à la totalité-il est lui-même cette totalité. L’homme au contraire s’est mis à part. Le rapport humain à la totalité signifie chez l’homme qu’il y a une incomplétude essentielle, une révolte contre la totalité, une dissension avec elle. L’homme vie dans un rapport à la totalité parce qu’il ne vit pas en totalité et à partir d’elle. La vie humaine est à vrai dire une vie contre la totalité ». La force à l’œuvre dans la révolte est cernée, circonscrite et localisée au sein d’une continuité active où l’être de l’homme semble étranger à la constitution de ce qui est, un constat préoccupant. Il en est rien, car c’est par ce destin inachevé que la quête du sens prend son essor et vient parachever l’expérience universelle de la nature : « C'est vérifiable chez tous les animaux, non seulement par l'observation externe, mais aussi par l'observation interne, par la dissection. Un organe, dont la destination n'est pas d'être utilisé, une structure qui n'atteint pas son but est incompatible avec une étude téléologique de la nature. Car, si nous nous écartons de ce principe, nous n'avons plus une nature conforme à des fins, mais un jeu de la nature sans finalité, et le hasard désolant détrône le fil directeur de la raison ». Kant.
    « Je me révolte, donc nous sommes.. », et la révolte métaphysique ajoutait alors le « nous sommes seuls.. » écrivait Camus, ce constat d’une servitude assurée doit échapper à son renoncement et retrouver la vigueur créatrice qui fait ces esprits de conquêtes, entraînant l’humanité vers un épanouissement commun à chacun.

    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Pingouin, le 29 juin 2012

    Pingouin
    Cet essai est un éloge de la mesure, un éloge de l'humanité dans tout ce qu'elle a de beau, sans s'aveugler face à tout ce qui constitue également sa laideur.
    Je ne suis certainement pas ce qu'il y a de plus objectif concernant Camus, celui-ci étant l'un de mes écrivains et philosophes favoris, mais peut-être est-ce justement dans mon admiration -mesurée elle aussi- que je saurai le mieux vous parler de cet ouvrage.

    Il résume le combat de toute une vie, justifie la plupart des choix qu'a pu faire son auteur. La formule "Je me révolte donc nous sommes" est saisissante de vérité lorsqu'on achève sa lecture.
    La révolte est une réponse à l'absurdité de l'existence, mais, avant de nous justifier cette pensée, Camus prend bien soin de définir la révolte telle qu'il l'entend. Elle n'est pas une révolution qui, dans le but de chasser une tyrannie, ne fait qu'en installer une autre. Elle n'est pas un "non" intégral à la vie, la révolte exige une injustice, mais on va se battre contre cette injustice justement parce qu'il y a quelque chose qui ne la mérite pas, quelque chose qui mérite qu'on se batte pour une amélioration de sa condition, quelque chose auquel on va dire "oui".
    Il fait ainsi une critique de Hegel et Marx, qui promettent une fin heureuse tant et dans la mesure que le présent est malheureux. Qui rejettent tout ce qui ne se situe pas à la fin de l'histoire, qui disent "non" à tout ce qui fait la vie, qui conduisent au nihilisme. Car ce "plus tard" heureux qu'ils nous promettent, ressemble à s'y méprendre au paradis promis aux croyants, la notion de transcendance étant remplacé par celle, plus horizontale, de l'histoire.
    La mise en lumière de toute les contradictions de l'URSS de l'époque lui vaudra bien des malheurs, et pourtant, là encore, c'est d'une évidence telle qu'elle aura aveuglé la plupart, Sartre compris. Camus se fait le traducteur de cette vérité éblouissante, il nous la filtre et nous la restitue sans que l'on se brûle les yeux à tenter de la discerner au beau milieu de cette lumière.
    La révolte est une nécessité pour celui qui prétend améliorer l'humaine condition, et même lorsque la cause première de celle-ci est atteinte, il ne doit pas l'oublier, car c'est elle qui lui donne l'unité de mesure permettant de côtoyer la réunion de la justice et de la liberté pour laquelle Camus aura tant fait. C'est un état de tension permanente qui n'autorise jamais le repos : "Ceux qui ne trouvent de repos ni en Dieu ni en l'histoire se condamnent à vivre pour ceux qui, comme eux, ne peuvent pas vivre, les humiliés." La révolte ne permettra son oubli que lorsqu'elle ne sera plus nécessaire aux hommes, et c'est un temps qui, contrairement à ce qu'ont prétendu ces traîtres du présent, n'arrivera jamais; car la justice absolue supprime la liberté, quant à elle, la liberté absolue empêche la justice. L'une ou l'autre de ces deux valeurs aura de fait toujours besoin de révoltés qui se battront pour elle lorsqu'elle sera bafouée.
    La révolte en tant que sens de la vie, la révolte en tant qu'accès à l'éternité; voilà ce que vous offre ce livre.

    Un essai conforme aux attentes que l'on peut en avoir en découvrant les lettres qui composent le nom de son auteur. Je ne saurai trop vous conseiller de le lire, car il est un ouvrage de philosophie indispensable pour comprendre le XXème siècle, ce qui le précède et le prolonge, la révolte est intemporelle. Si vous cherchez une réponse à votre existence, il y a de fortes chances pour que, si elle ne se trouve pas offerte comme une gratuité, de bonnes parties de son inconcevable puzzle s'y trouve.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 13         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Pirouette0001, le 15 février 2014

    Pirouette0001
    Lecture ardue et difficile, car Camus joue avec des références qui m'étaient inconnues et qui ont rendu ma lecture malaisée.
    J'ai davantage été séduite par la seconde partie du livre, c'est-à-dire par la période contemporaine à Camus, qui termine d'écrire cet essai en 1951. Lorsqu'il décrit le nazisme, le fascisme et les dérives russes du marxisme, tout d'abord il m'a semblé faire beaucoup moins de références livresques, mais le propos m'est apparu également d'autant plus vécu et ressenti de l'intérieur par l'auteur.
    Les considérations ultérieures sur l'art et ses conclusions finales sont, elles aussi, très personnelles.
    Raisons pour laquelle cette seconde partie de l'ouvrage m'est véritablement apparue comme plus intéressante.
    Ceci dit, je préfère de loin le Camus romancier ou dramaturge à l'essayiste avec lequel j'ai l'impression de davantage partager et d'être davantage sur le même niveau.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par jcfvc, le 18 octobre 2009

    jcfvc
    Ma bible philsophique. En gros, on peut résumer le message ainsi : "La révolte oui, la révolution non." Et pour ceux qui, encore aujourd'hui, pensent que c'est en coupant les têtes. - fût-ce symboliquement - de tous les "profiteurs" : les riches, les patrons, les hommes politiques corrompus, etc, que l'on accèdera à une société plus juste, je leur conseille de relire attentivement le chapitre la pensée de midi, dont je donne quelques extraits dans les citations. Cela devrait les faire réfléchir à leurs petites haines ordinaires faiseuses de futurs dicatateurs, de droite comme de gauche.
    N'en déplaise à ceux qui voudraient remettre le couvert en nous promettant que, cette fois c'est juré, leur révolution ne sdera pas sanglante, L'Homme révolté démontre que la terreur révolutionnaire, qu'elle soit jacobine, stalinienne, chinoise ou cambodgienne, n'est pas une "déviation" de la pensée révolutionnaire, mais en est sa conséquence incontournable..

    Lien : http://jcfvc.over-blog.com
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 13         Page de la critique

> voir toutes (71)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par mickbu, le 13 avril 2014

    "Celui qui tue ou torture ne connait qu'une ombre à sa victoire : il ne peut pas se sentir innocent. Il lui faut donc créer la culpabilité chez la victime elle-même pour que, dans un monde sans direction, la culpabilité générale ne légitime plus que l'exercice de la force, ne consacre plus que le succès".

    Commenter     J’apprécie          2 11         Page de la citation

  • Par mickbu, le 07 novembre 2013

    "Au monde des condamnés à mort, à la mortelle opacité de la condition, le révolté oppose inlassablement son exigence de vie et de transparence définitives. Il est à la recherche, sans le savoir, d'une morale ou d'un sacré. La révolte est une ascèse, quoique aveugle. Si le révolté blasphème, c'est dans l'espoir du nouveau dieu.......Ce n'est pas la révolte en elle-même qui est noble, mais ce qu'elle exige, même si ce qu'elle obtient est encore ignoble".
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 23         Page de la citation

  • Par gigi55, le 25 avril 2011

    L'art, du moins, nous apprend que l'homme ne se résume pas seulement à J'histoire et qu'il trouve aussi une raison d'être dans l'ordre de la nature. Le grand Pan, pour lui, n'est pas mort. Sa révolte la plus instinctive, en même temps qu'elle affirme la valeur, la dignité commune à tous, revendique obstinément, pour en assouvir sa faim d'unité,' une part intacte du réel dont le nom est la beauté. On peut' refuser toute l'histoire et s'accorder pourtant au monde des étoiles et de la mer. Les révoltés qui veulent ignorer la nature et la beauté se condamnent à exiler de l'histoire qu'ils veulent faire la dignité du travail et de l'être. Tous les grands réformateurs essaient de bâtir dans l'histoire ce que Shakespeare, Cervantes, Molière, Tolstoï ont su créer : un monde toujours prêt à assouvir la faim de liberté et de dignité qui est au coeur de chaque homme. La beauté, sans doute, ne fait pas les révolutions. Mais un jour vient où les révolutions ont besoin d'elle. Sa règle qui conteste le réel en même temps qu'elle lui donne son unité est aussi celle de la révolte. Peut-on, éternellement, refuser l'injustice sans cesser de saluer la nature de l'homme et la beauté du monde? Notre réponse est oui. Cette morale, en même temps insoumise et fidèle, est en tout cas la seule à éclairer le chemin d'une révolution vraiment réaliste. En maintenant la beauté, nous préparons ce jour de renaissance où la civilisation mettra au centre de sa réflexion, loin des principes formels et des valeurs dégradées de l'histoire, cette vertu vivante qui fonde la commune dignité du monde et de l'homme, et que nous avons maintenant à définir en face d'un monde qui l'insulte. p. 344
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la citation

  • Par LaForceduTemps, le 12 octobre 2013

    Le révolté au sens étymologique, fait volte face
    Il marchait sous le fouet du maître.

    Il oppose ce qui est préférable à ce qui ne l'est pas. Toute valeur n'entraîne pas la révolte, mais tout mouvement de révolte invoque tacitement une valeur.

    Si confusément que ce soit, une prise de conscience naît du mouvement de révolte ;

    la perception, soudain éclatante, qu'il y a dans l'homme quelque chose à quoi l'homme peut s'identifier, fût-ce pour ce pour un temps.
    Cette identification jusqu'ici n'était pas sentie réellement
    Toute les exactions antérieures au mouvement d'insurrection. l'esclave les souffrait,
    Souvent même il avait reçu sans réagir des ordres plus révoltants que celui qui déclenche son refus. Il y apportait de la patience, avec l'impatience, commence au contraire un mouvement qui peut s'étendre à tout ce qui, auparavant était accepté.
    Cet élan est presque toujours rétroactif.
    L'esclave a l'instant où il rejette l'ordre humiliant de son supérieur, rejette en même temps l'état d'esclave lui-même.

    Le mouvement de révolte le porte plus loin qu'il n'était dans le simple refus. Il dépasse même la limite qu'il fixait à son adversaire, demandant maintenant à été traité en égal... Installé auparavant dans un compromis, l'esclave se jette d'un coup dans le tout ou rien.
    La conscience vient au jour avec la révolte.

    http://guermante-laforcedutemps.blogspot.fr/
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la citation

  • Par LSH, le 26 juillet 2008

    Plusieurs citations :
    ---
    Il ne suffit pas de vivre, il faut une destinée, et sans attendre la mort.
    ---
    Ceux qui n'ont pas exigé, un jour au moins, la virginité absolue des êtres et du monde, tremblé de nostalgie et d'impuissance devant son impossibilité, ceux qui, alors, sans cesse renvoyés à leur nostalgie d'absolu, ne se sont pas détruits à essayer d'aimer à mi-hauteur, ceux-là ne peuvent comprendre la réalité de la révolte et sa fureur de destruction.
    ---
    Les symphonies de la nature ne connaissent pas de point d'orgue. Le monde n'est jamais silencieux ; son mutisme même répète éternellement les mêmes notes, selon les vibrations qui nous échappent.
    ---
    Il n'y a pas de pensée absolument nihiliste sinon, peut-être, dans le suicide, pas plus qu'il n'y a de matérialisme absolu. La destruction de l'homme affirme encore l'homme.
    ---
    Agir, c'est détruire pour faire naître la réalité spirituelle de la conscience.
    ---
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

> voir toutes (84)

Videos de Albert Camus

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Albert Camus

VIDEO Salah Al Hamdani et Hyam Yared : L'influence d'Albert Camus ou l'art d'être "embarqué" !











Sur Amazon
à partir de :
7,98 € (neuf)
20,00 € (occasion)

   

Faire découvrir L'Homme révolté par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (684)

> voir plus

Quiz