> Jamila Ouahmane Chauvin (Traducteur)
> Serge Chauvin (Traducteur)

ISBN : 2070317234
Éditeur : Gallimard (2004)


Note moyenne : 3.78/5 (sur 191 notes) Ajouter à mes livres
En 1984, dans Another Country, Rupert Everett jouait le rôle d'un agent britannique passé à l'Est. Le film de Marek Kaniewska brossait en même temps un tableau sans concession de l'éducation reçue dans une public school anglaise des ann... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par colimasson, le 29 juillet 2011

    colimasson
    Ce livre, c'est avant toute autre chose une révélation sur les années 70 en Grande-Bretagne. Comme qui dirait :
    « On a tendance à oublier à quoi ressemblaient vraiment les années soixante-dix. On se souvient des cols pelle à tarte et du glam rock, on évoque, avec des larmes dans les voix, les Monty Python et les émissions pour enfants, mais on refoule toute la sinistre étrangeté de cette période, tous ces trucs bizarres qui se passaient tout le temps. On se rappelle le pouvoir qu'avaient les syndicats à l'époque, mais on oublie comment réagissaient les gens : tous ces tordus militaristes qui parlaient de mettre sur le pied des armées privées pour rétablir l'ordre et protéger la propriété quand la loi ne serait plus en mesure de le faire. On oublie l'arrivée des réfugiés indiens d'Ouganda à Heathrow en 1972, qui avait fait dire que Powell avait raison, à la fin des années soixante, de prophétiser un bain de sang ; on oublie à quel point sa rhétorique devait résonner pendant toute la décennie, jusqu'à cette remarque qu'un Eric Clapton ivre mort fit sur scène en 1976 au Birmingham Odeon. On oublie à l'époque, le National Front apparaissait comme une force avec laquelle il allait falloir compter.»
    Et à partir de là, sur cinq cents pages, Jonathan Coe nous parle le plus simplement du monde de la vie d'une bandes d'adolescents et de leurs familles dont les destinées personnelles auront plusieurs fois l'occasion de se croiser et de se recouper, dans un beau fouillis propre à déclencher des drames alléchants pour le lecteur.
    Le ton alterne souvent entre la légèreté des préoccupations de ces adolescents et la réalité pas toujours rose de la Grande-Bretagne des années 70, entre premiers émois amoureux, attentats de l'IRA (les deux se mêlant parfois allègrement), concerts de rocks, syndicats et humiliations au collège, la vie est chargée. Heureusement, Jonathan Coe ne nous enfonce jamais dans des considérations trop longtemps accablantes ou trop souvent frivoles. L'un et l'autre alternent allègrement, et se croisent souvent au sein du même paragraphe, par exemple lorsqu'un article satyrique du journal du collège n'hésite pas à s'emparer du racisme contre les irlandais pour noircir des pages :
    « Il y avait fort longtemps que nous soupçonnions notre voisin, M. O'Reilly, d'être, puisqu'il faut appeler les choses par leur nom, irlandais. Nous n'en avions pas de preuves concrètes, mais plusieurs indices –son nom, la couleur (vert émeraude) qu'il avait choisie pour sa voiture, l'habitude qu'il avait de siffloter « Danny Boy » en tondant le gazon –semblaient confirmer sans doute possible qu'il avait du sang irlandais. Il ne fallut que quelques heures à Gladys pour disposer devant chez lui un piège à loup rudimentaire puis, tandis qu'il pendouillait lamentablement par la cheville gauche au réverbère le plus proche, pour le ligoter solidement et le transporter à l'étage, hurlant et gesticulant, jusqu'au placard à provisions, où il est toujours enfermé. Ca fera toujours un bouffeur de patates en moins à souiller les rues de notre belle ville ! »
    Impossible de s'ennuyer à la lecture des aventures des personnages de ce livre. Même s'ils sont nombreux, leur personnalité est facilement identifiable et la mémorisation des particularités de chacun se réalise aisément.
    Les différentes formes de narration alternent souvent, que ce soit au niveau du point de vue du personnage ou au niveau de la forme, n'hésitant pas à intégrer des pages de journal intime, des lettres d'amour ou des articles de journal scolaire. Jonathan Coe, talentueux dans le dédoublement de personnalités, donne une voix à chacun de ses personnages et, le plus naturellement possible, change de ton autant de fois qu'il est possible pour aborder une même thématique.
    Finalement, se fondant à merveille dans l'esprit de ses personnages un peu frivoles des années 70, le seul reproche que je pourrais adresser à ce Bienvenue au club serait le souvenir tiède qu'il a laissé dans ma mémoire. Les évènements, traités sur le même pied d'égalité et sur un ton plutôt anodin, ne marquent pas au fer rouge, et après avoir refermé le livre, je n'en garde qu'une impression vaguement favorable, qui ne me donnera pas spécialement envie de revenir dessus une seconde fois. Finalement, la légèreté est une bonne chose pour le lecteur, mais pas forcément pour l'auteur…


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-bienvenue-au-club-2003-de-jo..
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    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 12 janvier 2012

    carre
    Formidable évocation de l'Angleterre des années soixante dix, à travers le portrait de jeunes gens et de leur parents dont les préoccupations sont bien évidemment diamétralement opposées. Jonathan Coe nous donne un livre choral ou la politique, la peur des attentats de l'IRA et les conflits sociaux rythment la vie de ces compatriotes. Coe manie avec talent l'humour (noir parfois) et nous embarque avec un grand plaisir dans cette ballade anglaise. Il confirme qu'il est l'un des grands auteurs anglais. Délicieusement British.
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    • Livres 1.00/5
    Par Pchabannes, le 13 juillet 2009

    Pchabannes
    Ce roman s'adresse aux Anglais, aux Britanniques, qui eurent 18 ans en 1975 ou qui en cherche témoignage. Français, continental, gallo-romain, je n'ai pas de mémoire commune avec les pictes, les saxons, les angles et autres barbares d'Albion. Français né en 60, j'ai ignoré superbement les évènements politiques des années 70 conspuant par principe Mrs Thatcher au même titre que Giscard ou Chirac comme il se doit dans les familles de cathos de gauche.
    Le roman entremêle les fils de l'histoire des jeunes gens et ceux de l'Histoire des années 70 du Royaume-Uni. De fait nous n'arrivons pas à sortir de ce qui ne devait servir que de fil rouge. Les émois d'adolescents de prétexte à découvrir une époque, un pays, deviennent sujet.
    Percevant de la part de l'auteur un travail de recherche, une étude bibliographique, la déception n'en ait que plus vive. Jonathan COE, pour avoir un talent de romancier, n'a pas celui d'historien. Il eut fallu le talent ou le génie de Dreyfus, Furet ou Bordonove pour faire cet ensemble de sujets trop nombreux et trop vastes. Birmingham, les syndicats et les avantages acquis, la mauvaise qualité de la production industrielles, la situation politique avec ses partis et ses idéaux, les écoles publiques et privées…
    Pour autant dois-je rester sur une critique aussi sèche et sévère ? Des évocations, des passages justifient une relecture de Jonathan COE en version originale.
    Edition FOLIO, 536 pages, traduction de Jamilia et Serge Chavin.

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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 29 janvier 2011

    litolff
    J'ai adoré ce roman de Jonathan Coe, à la fois roman d'apprentissage nostalgique, et fresque grave et lucide d'un pays en pleine mutation.
    Peut-être parce que je suis née la même année que Jonathan Coe (61) et que j'ai passé quelques années en Angleterre dans les années 70, j'ai retrouvé avec jubilation une atmosphère unique, reflet à la fois des années 70, charnières entre le monde sage et ancien de nos parents et la frénésie des années 80-90, et de la société britannique en proie à la syndicalisation, à la lutte des classes. Jonathan Coe dépeint avec un humour dévastateur un monde qui change.
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    • Livres 3.00/5
    Par purplevelvet, le 11 août 2009

    purplevelvet
    Il peut être un peu difficile d'entrer dans ce livre au départ, vu la profusion de personnages qui se croisent et se recroisent sur une période de 5 ans à peu près (entre 1973 et 1977) entre autres. Pour ma part, Française, née en 77, bien que n'ayant pas vécu cette période, j'y ai cependant trouvé mon compte ( les jeunes héros évoluant dans un milieu rock, et plus précisément rock progressif, genre qui m'intéresse particulièrement. Les références - les premiers albums de Yes, Hatfield & the North, Henry Cow, etc.. ne m'étaient pas inconnues, ce qui aide bien). L'humour y est "so british", passant d'événements légers à des événements tragiques sans jamais verser dans le pathos ou se prendre au sérieux. 4 étoiles cependant, car je n'apprécie pas vraiment le style de la dernière partie ( le sous-bock vert), dont la rédaction suis le fil des pensées décousues du héros, sans ponctuation. Je lirais donc la suite quand l'occasion se présentera, même si les années 80 n'ont pas l'aura un peu mythique ( ni la fécondité musicale) des années 70.
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Citations et extraits

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  • Par Orphea, le 30 décembre 2010

    -- Alors je t'emmène, Patrick. On va remonter le temps. Jusqu'au tout début. Jusqu'à un pays qu'on serait sûrement incapables de reconnaître. L'Angleterre de 1973.
    -- Tu crois vraiment que c'était si différent que ça ?
    -- Complètement différent. Imagine. Un monde sans téléphones mobiles, sans magnétoscopes, sans Playstations. Même pas de fax ! Un monde qui n'avait jamais entendu parler de la princesse Diana ou de Tony Blair, qui n'aurait jamais imaginé partir en guerre au Kosovo ou en Irak. A l'époque, Patrick, il n'y avait que trois chaînes de télé. Trois ! Et les syndicats étaient tellement puissants que, s'ils le voulaient, ils pouvaient très bien couper une chaîne pendant toute une soirée. Il y avait même des fois où les gens étaient obligés de se passer d'électricité. Imagine !
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  • Par colimasson, le 29 juillet 2011

    […] en cet instant je lus dans son regard la même chose que dans celui de Stubbs la veille. Le même triomphalisme, la même excitation, non parce que quelque chose de neuf se créait, mais parce que quelque chose était détruit. Je repensai à Philip et à sa pathétique symphonie rock, et je jure que j’en eus les larmes aux yeux. Sa risible ambition de contenir des millénaires d’histoire en une demi-heure de riffs minables et de changements d’accord ne me paraissait soudain guère plus utopique et donquichottesque que toutes ces choses pour lesquelles mon père et ses collègues avaient œuvré si longtemps. Une couverture médicale gratuite à l’échelle nationale offerte à quiconque en aurait besoin. La redistribution des richesses par l’imposition. L’égalité des chances. De belles idées, papa, de nobles aspirations, de même qu’il y avait de la beauté en germe dans le salmigondis musical de Philip. Mais ça n’aboutirait jamais.
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  • Par colimasson, le 29 juillet 2011

    C’était le monde, le monde tout entier qui lui demeurait hors de portée, toute cette construction absurdement vaste, complexe, arbitraire, incommensurable, les incessants flux et reflux des rapports humains, des rapports politiques, toutes ces cultures, toutes ces histoires… Comment pouvait-on espérer maîtriser tout ça ? La musique, c’était autre chose. La musique, on la comprenait toujours. Et celle qu’il entendit ce soir-là était lucide, ouverte, pleine d’intelligence et d’humour, de mélancolie et d’énergie et d’espoir. Jamais il ne comprendrait le monde, mais toujours il aimerait cette musique. Il écoutait cette musique, avec Dieu à ses côtés, et il sut qu’il avait trouvé sa place.
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  • Par colimasson, le 29 juillet 2011

    Il y avait fort longtemps que nous soupçonnions notre voisin, M. O’Reilly, d’être, puisqu’il faut appeler les choses par leur nom, irlandais. Nous n’en avions pas de preuves concrètes, mais plusieurs indices –son nom, la couleur (vert émeraude) qu’il avait choisie pour sa voiture, l’habitude qu’il avait de siffloter « Danny Boy » en tondant le gazon –semblaient confirmer sans doute possible qu’il avait du sang irlandais. Il ne fallut que quelques heures à Gladys pour disposer devant chez lui un piège à loup rudimentaire puis, tandis qu’il pendouillait lamentablement par la cheville gauche au réverbère le plus proche, pour le ligoter solidement et le transporter à l’étage, hurlant et gesticulant, jusqu’au placard à provisions, où il est toujours enfermé. Ca fera toujours un bouffeur de patates en moins à souiller les rues de notre belle ville !
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  • Par Patsy_Stone, le 04 janvier 2010

    Ils burent en silence. Les tables qui reflétaient vaguement leurs visages étaient marron foncé, très foncé, couleur Cadbury pur cacao. Les murs étaient marron moins foncé, tendance chocolat au lait. La moquette était marron, semée de losanges d'un marron subtilement différent. Le plafond se voulait officiellement crème, mais n'en était pas moins marron, bruni par la nicotine de millions de cigarettes sans filtre. La plupart des voitures au parking étaient marron, idem pour les vêtements des clients du pub. Personne ne remarquait ce marron envahissant, ou en tout cas n'y voyait un sujet de conversation. Le monde était marron.
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Vidéo de Jonathan Coe

Lo scrittore inglese Jonathan Coe ci racconta come è nato "I segreti di Maxwell Sim" (Feltrinelli), un romanzo sulla crisi economica, l'ecologia, i rapporti umani e la paura di essere chi si è veramente. Coe ci ha svelato qualche curiosità sul suo modo di inventare storie e sui temi che più lo interessano. (en italien)








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