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> Jean Pavans (Traducteur)

ISBN : 2070403262
Éditeur : Gallimard (1997)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 221 notes) Ajouter à mes livres
Tabitha Winshaw a 81 ans et elle est folle. Démence sénile ? Pas du tout. Elle a perdu l'esprit un soir de l'hiver 1942 quand son frère préféré, Godfrey, a été abattu par la DCA allemande au-dessus de Berlin. Le chagrin ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Eric75019, le 29 janvier 2011

    Eric75019
    Derrière l'histoire policière rappelant l'ambiance des romans d'Agatha Christie, se profile la critique implacable du tatchérisme et la dénonciation des dérives d'une classe dirigeante à la fois cynique, cupide et incompétente, symbolisée ici par la famille Winshaw. Au delà de la satire féroce, ce livre est impressionnant par l'efficacité de sa construction. Rien n'est ici laissé au hasard. Les membres de la famille Winshaw, abjects parfois jusqu'à la nausée, sévissent dans leur domaine respectif (la presse, la politique, l'art, l'agroalimentaire, etc.) et sont responsables à un moment ou à un autre d'une série de catastrophes intervenant dans la vie du narrateur ou de son entourage. le narrateur, Michael Owen, les connaît bien car il est chargé depuis plusieurs années de rédiger leur chronique familiale, une commande de la vieille tante Tabitha. Cette tante, tenue pour folle par la famille, est internée à l'asile après avoir accusé son frère d'assassinat pendant la dernière guerre. Pourra-t-on un jour connaître la vérité ? Rien n'est laissé au hasard dans ce magnifique récit, chaque anecdote trouvera sa justification, depuis l'étrange parfum de jasmin détecté dans un jardin des années plus tôt, le choix surprenant du biographe, les vieux rêves d'enfance inexpliqués, les destins qui s'entrecroisent, jusqu'aux répliques d'un vieux film, sans cesse revisité, qui finiront par avoir une résonance particulière dans la réalité. Tout finira par trouver une explication logique. La croisée des chemins aura lieu lors de la lecture du « Testament à l'anglaise » dans la vieille demeure familiale, et le magnifique jeu de massacre final (évoquant les Dix petits nègres), en renouant avec le genre polar du début, traduit sans doute une légitime envie de vengeance et de justice, possible au moins sur le papier, de la façon la plus jubilatoire qui soit.
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    • Livres 5.00/5
    Par EFar, le 11 septembre 2011

    EFar
    C'est le premier livre de Jonathan Coe que je lis, et j'ai été captivé. Passées les premières pages aux airs désuets de roman policier anglais, je me suis mis à le lire de manière compulsive, très rapidement, comme englouti dans ses méandres. Je l'ai fermé dans un état de flottement étrange, déçu de quitter son humour mordant et ses saynètes "so british", soulagé d'échapper à son crescendo tragique.
    Il m'est difficile de ne pas me répandre en éloges, car j'ai tout aimé dans ce roman inclassable : la galerie de personnages, les dialogues, la finesse de la construction, les références qui se recoupent et s'enrichissent, la richesse du texte, …
    L'image qui me vient en y repensant, c'est la tapisserie de Bayeux. C'est un conte mythologique sur la conquête de la Grande Bretagne que nous propose Jonathan Coe - un conte construit par un tissage de textes entrecroisés.
    Le fil narratif saute d'un récit à l'autre, d'un personnage à un autre, et les points de vue s'entremêlent et se complètent pour que finalement apparaisse le motif d'ensemble : l'asservissement de la société britannique à des intérêts privés, de grands prédateurs économiques, symbolisés par la famille Winhall. J'ai rarement vu une telle collection d'oligarques sans scrupules – à part peut-être les Atrides – et les moins nocifs d'entre eux sont de redoutables créatures.
    Au centre de cette tourmente, balloté par les mésaventures, avance le candide Michael Owen, écrivain hypersensible et dépressif, un personnage complexe mais crédible dans ses contradictions. Par sa voie et son regard, par ses errances, il apporte une profonde humanité à cette fresque - et une bonne dose de ressort comique.
    Le destin que Jonathan Coe réserve à ses personnage est pour le moins étonnant. le parti pris comique, mâtinés d'ironie féroce, aux accents de sitcom ou de films de genre, ne dissimule pas longtemps la noirceur de l'ensemble. La progression du livre a quelque chose du Boléro de Ravel, un crescendo permanent focalisé sur un thème central.
    Je ne vous dirai pas un mot de la chute finale.
    J'ai hâte de lire d'autres livres de cet écrivain.
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    • Livres 5.00/5
    Par SALOMONI-Fabrice, le 19 décembre 2011

    SALOMONI-Fabrice
    Je viens de terminer Testament à l'anglaise.
    Jonathan Coe est vraiment un génie de la littérature. Et il ne faut surtout pas tarir d'éloges devant ce type d'écrivain.
    Tous les ingrédients y sont dans ce livre. Tellement réaliste, parfois triste et émouvant. Je pense aux moments avec Fiona. A ces évènements communs à tout un chacun dans les services d'urgence des hôpitaux.
    Mais, j'avoue aussi ne pas avoir pu m'empêcher de rire par moment.
    L'humour anglais est à son paroxysme. Les personnages de cette famille sont d'une cruauté sans limites.
    Leur seul leitmotiv est l'appât du pouvoir et du gain.
    Dorothy est une spéculatrice hors norme, sa gestion en matière d'élevage ne relève malheureusement pas de la fiction. Elle est sans état d'âme, son mari en fera les frais.
    La réplique qu'elle adresse à Phoebe dans le château vers la fin, ou elle propose son aide (j'ai une certaine expérience avec les carcasses), surtout lorsque l'on sait a qui cela s'adresse.
    Hillary est pas mal non plus dans le genre, dans sa façon d'expédier celui qui lui a tout apprit dans le métier.
    Quand à Mark, qui semble se soucier d'avantage de la perte de sa voiture d'exception un coupé Morgan 8 de 1962 que celle de sa femme victime vraisemblablement d'une bombe placé sous le châssis.
    C'est congénital dans cette famille, seul un membre semble faire figure d'exception et encore, il a une telle conception de la justice qu'on n'aimerait pas l'avoir pour juge.
    Jusqu'au majordome l'antique Pyles, et le coup du poulet accidenté par le fauteuil roulant de Mortimer et qui fera l'objet du diner des convives .
    Au faite, Mr Pyles, était-il dans la connivence... ? Car effectivement toutes les prophéties qu'il adresse à Michael dés son arrivé au château vont se réalisées.
    La description du château en lui même en dit suffisamment long sur les grands parents,Matthew et Frances ou pratiquement rien n'est dit d'ailleurs, ils figurent sur l'arbre généalogique dans le livre (Gallimard ISBN 978-2-07-073666-9) car les passages secrets démontrent que la quiétude n'était pas ce qui transpirait le plus au sein de cette famille.
    Jusqu'au piège à loups de Lawrence, qui laisseront des séquelles à ce brave majordome.
    Mais en dehors de tout cela, je crains que la société qui y est décrite dépasse largement les frontières de l'Angleterre.
    Je n'entrerais pas d'avantage dans les détails du livre, dont je recommande vivement la lecture. C'est un régal.
    Mais juste vers la fin du livre, le moment dans l'avion m'a rappelé à un doux souvenir d'un film d'Alfred Hitchcock, dont je n'arrive pas a retrouver le titre.
    L'histoire d'un homme en prison, pour s'évader fait appel au croque mort. Celui-ci lui propose de le mettre dans le cercueil du prochain cadavre au sein de la prison.
    Le lendemain celui qui voulait s'évader se réveille dans le cercueil et allume une bougie et constate que le mort qui l'accompagne est en fait le croque mort.
    Je n'ai pu m'empêcher cette référence au film et la comparaison de la réaction de Michael par rapport au pilote de l'avion. Je n'en dis pas d'avantage pour ceux qui n'ont pas encore lu le livre.

    Dans livres pour une ile déserte sur Babelio (Testament à l'anglaise en fait maintenant partie), je n'y dérogerais pas, car au moins en lisant ce livre à nouveau, j'apprécierais d'avantage cette ile déserte.
    Certains disent que c'est le chef d'œuvre de Jonathan Coe. Jusqu'à présent je n'ai pas été déçu par ceux que j'ai déjà lus de lui. Il m'en reste encore quelques un à découvrir. Mais c'est certain, Testament à l'anglaise est d'une subtilité absolu.
    Merci et Bravo à Jonathan Coe
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    • Livres 5.00/5
    Par monnuage, le 28 juillet 2009

    monnuage
    Après avoir lu La femme de hasard,je me suis attaquée au Testament à l'anglaise de.J.Coe
    Le début du récit paraît d'abord assez banal puisqu'on y assiste à un meurtre commis au sein d'une famille dont les membres se déchirent et enferment dans un asile la tante Tabitha.Celle-ci affirme,en effet,que son frère Lawrence est responsable de la mort d'un autre frère,Godfrey,abattu dans son avion pendant la seconde guerre mondiale.
    Cependant ce point de départ s'épanouira sur une histoire bien plus complexe où chaque représentant de la famille s'évérera être le symbole de la cupidité sous toutes ses formes.
    Chacun fait partie de l'establishment et nous passons ainsi du domaine de la politique (période thatchérienne),à celui des marchands d'art,de l'élevage intensif au trafic d'armes....
    Certes cela se situe surtout dans les années 80-90 mais certaines scènes où apparaît,par exemple,Saddam Husein,sont encore étrangement contemporaines.
    Je recommande aux âmes sensibles de passer le chapître consacré à l'élevage intensif et à la malbouffe sous peine de se trouver au bord de l'écoeurement voire de l'évanouissement.
    Mais ce qui est intéressant dans ce livre,c'est la forme qui,d'après des critiques que j'ai lues ailleurs,avait dérouté des lecteurs habitués à un schéma linéaire.
    Rien de semblable ici:la composition romanesque est un véritable puzzle où chaque pièce s'emboîte progressivement à une autre;le temps n'est pas chronologique et les flash-back n'en constituent qu'une des difficultés.Il en est de même pour l'espace qui peut se centrer autour de l'affreux château de la famille Winshaw mais qui s'étend aussi de Londres à Birmingham,du Yorkshire à l'Irak.
    Les personnages,comme je le disais plus haut,sont tout à fait métaphoriques et il serait vain de les prendre pour les vrais membres d'une vraie famille.
    Ils sont dépeints soit par eux-mêmes,soit par l'étrange Michaël Owen,écrivain à qui on a demandé de rédiger l'histoire de la famille et qui....là je n'en dis pas plus pour ne pas déflorer le sujet. Dès lors,ceci nous amène à des changements de points de vue et à des variations de ton perpétuels.
    Enfin,autre qualité à mes yeux,ce sont les interactions avec d'autres formes d'art comme la peinture et le cinéma et même avec le jeu Cluedo.
    C'est ici que ma critique se sépare de l'excellent commentaire de Fantasio.En effet,la fin grandguignolesque me paraît être un clin d'oeil de plus soit aux romans d'aventures soit aux films du genre James Bond!
    Bref,si on peut d'abord et avant tout considérer Testament à l'anglaise comme une virulente critique sociale (repensons aussi aux chapitres consacrés à un système médical et hospitalier absolument déglingué,vers lequel nous semblons,hélas,nous diriger!),c'est aussi une oeuvre qui vous oblige à une gymnastique des neurones qui, à mon avis,ne doit pas rebuter les lecteurs avertis.
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    • Livres 5.00/5
    Par Soundandfury, le 10 juillet 2011

    Soundandfury
    Avis chrono'
    4e roman de Jonathan Coe et nouveau coup de coeur... ça commence à devenir une habitude. Je reste muette d'admiration, à la fois devant la qualité d'écriture - on sent que l'auteur s'éclate à chaque page - l'impressionnante trame satirique qui me laisse déprimée devant l'étendue de mon ignorance et fascinée par cette structure en toile d'araignée qui soutient tout le récit. Sur moi, le piège a fonctionné!
    _________________________
    J'ai tout aimé dans ce roman, qui ne peut être qualifié de "policier" et pourtant... pourtant tout y est minutieusement réfléchi et calculé, de la première ligne à la dernière.
    Dégager un pan de mur de deux mètres de large. Y coller des dizaines de feuilles de papier, des post-it, un pour chaque personnage. Prévoir sur le côté un calendrier géant afin d'y reporter les dates importantes, de 1942 à 1991. Puis agencer, relier, tracer des traits sur l'ensemble de cet édifice. Faire apparaître la toile très serrée et dense des correspondances et des échos.
    Enfin, photographier.
    Voilà ce que j'aurais dû faire (et ce que je ferai un jour, si je le relis, ce dont je suis quasi certaine, parce que ce volume est à moi, rien qu'à moi, pas à la bibliothèque, non, il est à moi. C'est un cadeau.) pour pouvoir vous montrer la prouesse technique qu'a dû représenter l'écriture d'un tel roman.
    En 1942, l'un des frères de la puissante famille Winshaw, engagé dans le conflit contre l'allemagne, meurt en mission. Rapidement sa soeur Tabitha émet l'hypothèse d'une trahison élaborée par un autre membre de la famille. Mais taxée de folie, celle-ci est aussitôt expédiée dans un asile. Pourtant, cet évènement, minuscule racine, ne cessera d'étendre ses ramifications sur les cinquante années à venir, jusqu'à atteindre Michael, jeune écrivain dépressif chargé par Tabitha de rédiger l'histoire des Winshaw.
    En suivant l'évolution du jeune homme, nous découvrons touche par touche toute la famille, car tout est lié. Pas une phrase du récit ne semble être là par hasard. Elle trouve dans le chapitre suivant, ou bien 200 pages plus loin, une explication, une raison d'être. Les personnages qui ne font que traverser ici sont ailleurs en plein sous le feu des projecteurs. Un film vu par un petit garçon frustré, un détective pervers, des lettres délirantes, des élevages de poulets... Des centaines de détails plein d'humour mais si disparates... qui tous cependant participent à une même logique des faits... Quel supplice pour ma mémoire!
    Ce roman est un petit bijou d'humour noir, il tombe sur tous les travers de la société anglaise, incarnés par chacun des membres (plus immonde et secs de coeur les uns que les autres) de la famille. Verni intellectuel de la journaliste qui écrirait n'importe quoi du moment que ça fait vendre, traitement inhumain des animaux destinés à l'industrie alimentaire, montages financiers destinés à financer les ventes d'armes à Saddam Hussein, politiciens véreux, sans morale, dégradation du système de santé...
    J'ai bien senti que je ne saisissais pas toutes les allusions politiques - il ne faut pas trop m'en demander non plus - mais la satire est un des points forts du roman et elle décape... ! Tout y passe, mais , ce qui est plus incroyable, sans jamais nous écarter une seule seconde de Michael.
    Voilà, je l'ai redis: j'aime quand un roman ressemble de loin à un patchwork et que de près, il est impossible de mettre en défaut la cohérence parfaite de l'ensemble.


    Lien : http://talememore.hautetfort.com/archive/2011/07/10/rien-n-arrive-pa..
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Citations et extraits

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  • Par IzaBzh, le 09 novembre 2011

    - Savais-tu que nous avons le projet de supprimer les repas gratuits pour plus d'un demi-million d'écoliers dans les cinq prochaines années ?
    - Ca ne sera pas une décision très populaire, me semble-t-il.
    - Oh, évidemment, ce sera un tollé, mais ça passera, et il y aura certainement quelque chose d'autre pour préoccuper les gens. L'important, c'est que nous allons économiser beaucoup d'argent et, en attendant, toute une génération d'enfants des familles pauvres et ouvrières aura pris l'habitude de ne manger rien d'autre que du chocolat et des biscuits toute la journée. Ce qui veut dire qu'ils finiront par s'affaiblir, physiquement et mentalement. [...] Un régime de sucreries retarde le développement du cerveau. Nos garçons l'ont prouvé, ajouta-t-il avec un sourire narquois. Et, comme le savent tous les généraux, à la guerre, le secret de la victoire, c'est de démoraliser l'ennemi.
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  • Par SALOMONI-Fabrice, le 12 janvier 2012

    « Que diable veux-tu dire ?

    -Je veux dire que s’il ne devient pas vite adulte, s’il ne nous rejoint pas tous dans le vingtième siècle, lui et moi n’aurons plus un sou vaillant d’ici cinq ans.

    -Mais la ferme de Brunwim est une des plus prospères à des kilomètres à la ronde. Tout le monde le sait. »

    Dorothy renifle. « Ce n’est pas parce qu’il a fait une école d’agriculture il y a vingt ans que George sait comment s’en sortir dans le monde moderne.

    Bon Dieu, il ne sait même pas ce qu’est un taux de conversion.

    -Un taux de conversion ?

    -Le rapport, explique patiemment Dorothy, comme à un ouvrier agricole à l’esprit obtus, entre la quantité de nourriture qu’on investit dans un animal et ce qu’on en retire en bout de chaîne, sous forme de viande.

    Vraiment, il suffit de lire quelques numéros de Farming Express, et tout devient parfaitement clair.

    Vous avez entendu parler de henry Saglio, j’imagine ?

    -Un politicien n’est-ce pas ?

    -Henry Saglio est un éleveur de volaille américain qui a promis de grandes choses pour la ménagère britannique. Il a réussi à mettre au point un nouveau type de poulet qui atteint trois livres et demie en neuf semaines, avec un taux de conversion de la nourriture de 2,3.

    Il utilise les méthodes les plus modernes et les plus intensives », continue Dorothy avec une animation, une animation que Mortimer n’a jamais vue briller ainsi dans ses yeux.

    « Pendant ce temps, ce triste crétin de George continue de laisser ses poulets picorer en plein air comme si c’était des bêtes d’agrément. Pour ne pas parler de ses veaux, qui dorment sur de la paille et sont libres de gambader encore plus que ses maudits chiens.

    Et il s’étonne de ne pas en obtenir de la belle viande blanche !

    -Mon Dieu, je ne sais pas…, fait Mortimer. Peut-être a-t-il d’autres choses en vue. D’autres priorités.

    -D’autres priorités ?

    -Eh bien, le… le bien-être des animaux. L’atmosphère de la ferme.
    -L’atmosphère ?

    -Il y a parfois dans la vie autre chose que de faire du profit, Dorothy. »

    Dorothy le regarde avec des yeux ronds. C’est peut-être sa fureur de s’entendre parler sur un ton la ramenant bien des années en arrière – le ton qu’un adulte adopte envers un enfant crédule- qui provoque l’insolence de sa réplique.

    « Vous s’avez, papa disait toujours que tante Tabitha et vous étiez les farfelus de la famille. »
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  • Par Eric75019, le 02 juin 2011

    Mortimer s'arrêta avant de franchir la porte.
    " A propos, dit-il, qui était ton visiteur ? "
    Elle lui lança un regard vide.
    " Mon visiteur ?
    - Pyles m'a dit que quelqu'un a demandé à te voir il y a quelques minutes.
    - Eh bien, il s'est trompé. Il s'est complètement trompé. "
    Mortimer poussa un profond soupir et s'apprêtait à sortir, mais quelque chose le retint ; il se retourna avec un froncement de sourcil. " Est-ce que je me fais des idées, dit-il, ou est-ce qu'il y a une curieuse odeur ici ?
    - C'est le jasmin, répondit Tabitha en lui adressant pour la première fois un regard rayonnant. N'est-ce pas délicieux ? "
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  • Par Yuko, le 16 août 2011

    Par deux fois déjà la tragédie avait frappé les Winshaw, mais jamais avec une telle intensité.
    Le premier de ces incidents nous ramène à la nuit du 30 novembre 1942, durant laquelle Godfrey Winshaw, qui n'avait alors que trente-deux ans, fut abattu par un tir antiaérien allemand lors d'une mission secrète au dessus de Berlin. La nouvelle, qui parvint à Winshaw Towers aux petites heures du matin, suffit à faire perdre complètement la tête à sa soeur ainée Tabitha, et elle ne l'a pas retrouvée depuis. (...)
    Par une curieuse ironie, cette même Tabitha Winshaw, aujourd'hui âgée de quatre-vingt-un ans et pas plus saine d'esprit qu'elle ne l'a été durant les quarante-cinq dernières années, se trouve être, amis lecteurs, le commanditaire, la mécène, du livre que vous tenez en main. Écrire avec objectivité sur son état devient ainsi une tâche quelque peu problématique. Cependant, il faut établir les faits, et les faits sont les suivants : depuis le moment où elle a appris le décès tragique de son frère, Tabitha a été la proie d'une illusion baroque. En un mot, elle a conçu l'idée (si on peut parler d'idée dans son cas) qu'il n'avais nullement succombé à des balles nazies, mais que le responsable de cette mort brutale était leur frère Lawrence.
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  • Par Theoma, le 25 mai 2009

    - Alors... je n'ai guère besoin de vous dire que nous avons un sérieux problème avec ce livre, Michael. Il est franchement diffamatoire.
    - Ce n'est pas un problème, répliquai-je. Je peux tout changer : les noms, les faits, les lieux, les époques. C'est seulement une esquisse, voyez-vous, c'est seulement une base. Je peux effacer mes pistes. Rendre l'ensemble pratiquement méconnaissable. Ce n'est qu'un début.
    - Hum, fit pensivement Patrick en se tapotant la bouche avec les doigts. Et alors, qu'est qu'il en restera, exactement ? Il en restera un livre à scandale, au ton fielleux et vindicatif, manifestement écrit dans un esprit de malveillance, et même parfois... vous me permettrez de le dire... empreint de futilité. »
    Je poussais un soupir de soulagement. « Donc, vous allez le publier ? »
    - Je pense. A condition que vous y apportiez les changements nécessaires et, bien sûr, quelque chose qui ai l'air d'un dénouement.
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Lo scrittore inglese Jonathan Coe ci racconta come è nato "I segreti di Maxwell Sim" (Feltrinelli), un romanzo sulla crisi economica, l'ecologia, i rapporti umani e la paura di essere chi si è veramente. Coe ci ha svelato qualche curiosità sul suo modo di inventare storie e sui temi che più lo interessano. (en italien)








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