Je viens de terminer
Testament à l'anglaise.
Jonathan Coe est vraiment un génie de la littérature. Et il ne faut surtout pas tarir d'éloges devant ce type d'écrivain.
Tous les ingrédients y sont dans ce livre. Tellement réaliste, parfois triste et émouvant. Je pense aux moments avec Fiona. A ces évènements communs à tout un chacun dans les services d'urgence des hôpitaux.
Mais, j'avoue aussi ne pas avoir pu m'empêcher de rire par moment.
L'humour anglais est à son paroxysme. Les personnages de cette famille sont d'une cruauté sans limites.
Leur seul leitmotiv est l'appât du pouvoir et du gain.
Dorothy est une spéculatrice hors norme, sa gestion en matière d'élevage ne relève malheureusement pas de la fiction. Elle est sans état d'âme, son mari en fera les frais.
La réplique qu'elle adresse à Phoebe dans le château vers la fin, ou elle propose son aide (j'ai une certaine expérience avec les carcasses), surtout lorsque l'on sait a qui cela s'adresse.
Hillary est pas mal non plus dans le genre, dans sa façon d'expédier celui qui lui a tout apprit dans le métier.
Quand à Mark, qui semble se soucier d'avantage de la perte de sa voiture d'exception un coupé Morgan 8 de 1962 que celle de sa femme victime vraisemblablement d'une bombe placé sous le châssis.
C'est congénital dans cette famille, seul un membre semble faire figure d'exception et encore, il a une telle conception de la justice qu'on n'aimerait pas l'avoir pour juge.
Jusqu'au majordome l'antique Pyles, et le coup du poulet accidenté par le fauteuil roulant de Mortimer et qui fera l'objet du diner des convives .
Au faite, Mr Pyles, était-il dans la connivence... ? Car effectivement toutes les prophéties qu'il adresse à Michael dés son arrivé au château vont se réalisées.
La description du château en lui même en dit suffisamment long sur les grands parents,Matthew et Frances ou pratiquement rien n'est dit d'ailleurs, ils figurent sur l'arbre généalogique dans le livre (Gallimard ISBN 978-2-07-073666-9) car les passages secrets démontrent que la quiétude n'était pas ce qui transpirait le plus au sein de cette famille.
Jusqu'au piège à loups de Lawrence, qui laisseront des séquelles à ce brave majordome.
Mais en dehors de tout cela, je crains que la société qui y est décrite dépasse largement les frontières de l'Angleterre.
Je n'entrerais pas d'avantage dans les détails du livre, dont je recommande vivement la lecture. C'est un régal.
Mais juste vers la fin du livre, le moment dans l'avion m'a rappelé à un doux souvenir d'un film d'
Alfred Hitchcock, dont je n'arrive pas a retrouver le titre.
L'histoire d'un homme en prison, pour s'évader fait appel au croque mort. Celui-ci lui propose de le mettre dans le cercueil du prochain cadavre au sein de la prison.
Le lendemain celui qui voulait s'évader se réveille dans le cercueil et allume une bougie et constate que le mort qui l'accompagne est en fait le croque mort.
Je n'ai pu m'empêcher cette référence au film et la comparaison de la réaction de Michael par rapport au pilote de l'avion. Je n'en dis pas d'avantage pour ceux qui n'ont pas encore lu le livre.
Dans livres pour une ile déserte sur Babelio (
Testament à l'anglaise en fait maintenant partie), je n'y dérogerais pas, car au moins en lisant ce livre à nouveau, j'apprécierais d'avantage cette ile déserte.
Certains disent que c'est le chef d'œuvre de
Jonathan Coe. Jusqu'à présent je n'ai pas été déçu par ceux que j'ai déjà lus de lui. Il m'en reste encore quelques un à découvrir. Mais c'est certain,
Testament à l'anglaise est d'une subtilité absolu.
Merci et Bravo à
Jonathan Coe