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ISBN : 2070369390
Éditeur : Gallimard (1973)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 250 notes)
Résumé :
Un concert fracassant envahit la rue. \" Les pompiers \", pensai-je. Arezki n'avait pas bougé. Les voitures devaient se suivre, le hurlement s'amplifia, se prolongea sinistrement et s'arrêta sous la fenêtre. Arezki me lâcha. Je venais de comprendre. La police. Je commençai à trembler. Je n'avais pas peur mais je tremblais tout de même. Je n'arrêtais plus de trembler : ; les sirènes, les freins, le bruit sec des portières et le froid, - je le sentais maintenant - le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
sabine59
sabine5929 janvier 2016
  • Livres 4.00/5
Ce livre provoque toujours en moi une tristesse indicible, une sourde douleur, un chagrin sans nom....
Elise et Arezki, ce couple magnifiquement tragique, hante mes pensées.Vivre un amour pur, entier, au moment de la guerre d'Algérie, pour une française et un algérien,c' est une épreuve de chaque jour, un courage terrible.Un acte rebelle.
Elise, venue rejoindre son frère Lucien, qu'elle couve malgré elle comme une mère, travaille durement à la chaîne en usine et découvre un monde du travail injuste et violent.C'est là qu'elle rencontre Arezki.
Les étrangers sont mal vus, méprisés.Le racisme banal, brutal, est attisé par le début de la guerre en Algérie.Les haines primitives s'exacerbent.Les deux amants sont obligés de se voir en cachette, à la dérobée, alors que leurs sentiments lumineux ne demandent qu'à voir le grand jour.On devine que des drames se profilent.Trop d'angoisse, trop de rejets.
le roman s'achève dans la désillusion et la souffrance.Un amour brisé, une vraie vie enfuie.
le style est admirable, mêlant poésie et grisaille du quotidien, passion et amertume,blessures et espoir, nostalgie poignante et éclats de lumière du souvenir.
Un livre bouleversant.
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hannahens
hannahens30 août 2012
  • Livres 4.00/5
Elise ou la vraie vie, voilà un titre qui dit tout mais ne prend tout son sens qu'une fois que l'on s'est plongé dans le roman.
Elise, pour suivre son frère qu'elle adule, va quitter sa province pour le rejoindre à Paris, dans les années 50-60. La jeune fille va se retrouver non pas une ville qui ferait rêver, mais va découvrir l'envers du décors en travaillant dans une usine. le travail est pénible, plus encore pour une femme, mal payé, et va la plonger au coeur du conflit qui déchire alors la France: la guerre d'Algérie. Les Algériens sont des parias à l'usine, considérés comme des moins que rien, des terroristes potentiels. Malgré cela, le contact va s'établir entre elle et Arezki.
L'auteur réussit un roman social, sans manichéisme, en abordant d'une part le travail des ouvriers et d'autre part la difficulté d'un amour entre ces deux personnes malmenées par la vindicte populaire et une politique d'état elle aussi raciste. Les sentiments parfois contradictoires de l'héroïne sont traduits avec justesse, de l'amour à la honte, en passant par la peur pour son amant. Les faits relatés touchent la réalité et pointent la violence de cette guerre lorsque Arezki est finalement enlevé. Rien n'est pire que la disparition d'un être, façon de l'effacer sans laisser de traces, laissant un trou béant dans le coeur de ses proches.
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melusine1701
melusine170121 janvier 2010
  • Livres 5.00/5
Elise vit en Province avec une grand-mère qui l'a élevée et un frère qu'elle vénère, Lucien. Lorsque Lucien, qui a tout abandonné pour aller militer à Paris pour que commence "la vraie vie", l'invite à le rejoindre, elle n'hésite pas longtemps. Il lui trouve un emploi dans une usine de voiture, où elle est chargée de contrôler les pièces qui défilent sur le chaîne de montage. Avec elle travaille avec beaucoup d'Algériens: là-bas, la guerre fait rage, tue, et le racisme est omniprésent en France. Parmi les Algériens de l'usine, Arezki.
La claque! J'ai terminé ce livre ce matin entre deux cours en salle des professeurs, hier il m'a fait rallumer la lumière tellement j'avais du mal à le lâcher. Il y avait longtemps qu'un livre ne m'avait pas fait cet effet-là. Et pourtant, j'avais toujours trouvé son titre complètement nunuche.
[...] La vie à l'usine, épuisante, le travail où les relations humaines n'entrent pas en ligne de compte, sont décrits avec justesse mais aussi avec retenue, pudeur, sans grands éclats. La langue est simple et directe. le racisme d'une France qui vit très mal la guerre d'Algérie, les rafles policières, le danger permanent sont si prenants que le topos de l'histoire d'amour impossible qui vient se greffer là-dessus ne semble même pas réchauffé. Pas un "je t'aime" ne sera échangé, mais la tension de l'un vers l'autre est palpable, seule oasis dans une vie sans issue.
[...]
Politique, sentiment, société, famille, il y a tout dans ce roman. J'en reste encore abasourdie.
Retrouvez ma critique et toutes les autres sur mon blog!
Lien : http://mabouquinerie.canalblog.com/archives/2010..
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Taraxacum
Taraxacum19 janvier 2015
  • Livres 4.00/5
Roman sur la condition ouvrière pendant la guerre d'Algérie,mais aussi simplement histoire de deux amours, l'un fraternel pour Lucien le frère cadet, l'autre amoureux pour l'algérien Arezki, Élise ou la vraie vie est une lecture sombre et un texte engagé, dont on sait dès le début que le lecteur au coeur tendre ressortira en miettes.
Le travail des ouvriers, la chaîne brutale pour les corps et les esprits, le racisme, le militantisme, le camarade de lutte issu d'un autre milieu qui les regarde en sociologue et ne comprendra jamais totalement...c'est toujours plus difficile un livre dur ainsi quand il s'inscrit dans le réel et la fin de ce texte en est est beaucoup plus marquante .
Si vous voulez simplement vous changer les idées ou vous remonter le moral, lisez autre chose car ce serait une méchante claque.Sachez si vous y êtes prêt que c'est un très beau livre, avec ces oasis de lumière en cours de route, peut-être un peu long à démarrer, mais très marquant.
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isabellelemest
isabellelemest15 janvier 2013
  • Livres 4.00/5
Élise s'étiole dans la pauvreté à Bordeaux, aux côtés d'un frère, qu'elle souffre de faire vivre dans ces conditions difficiles. Elle décide de monter à Paris pour trouver du travail dans une chaîne de montage, dans l'usine de Renault-Billancourt. Parallèlement, elle essaie de lire, de "s'élever" intellectuellement, malgré la fatigue de la journée. Elle fait la connaissance d'un OS comme elle, un Algérien, Arezki. Ils s'aiment et vivent ensemble, il milite dans les rangs du FLN, jusqu'à la manifestation d'octobre 1961 à Paris, en pleine guerre d'Algérie, qui sera réprimée par un massacre sur les ordres du préfet Papon. Arezki ne sera jamais retrouvé.
Un roman engagé et émouvant sur la condition ouvrière et le militantisme, â une époque à présent historique, mais encore présente grâce à ce témoignage.
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Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
SandrineDPSandrineDP20 janvier 2013
"ces pensées, le froid, les mèches qui volent dans mon cou, la dérobade d'Arezki, le sang du Magyar et l'odeur de l'usine, les quatre heures de chaîne qui m'attendent, la lettre de la grand-mère que je n'ai pas encore lue, c'est tout cet amalgame, la vie. Comme elle était douce, celle d'avant, la vue un peu floue, loin de la vérité sordide. Elle était simple, animale, riche en imaginations. Je disais "un jour..." et cela me suffisait."
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TaraxacumTaraxacum16 janvier 2015
Surtout ne pas penser. Comme on dit "Surtout ne pas bouger" à un blessé aux membres brisés. Ne pas penser. Repousser les images, toujours les mêmes, celles d'hier, du temps qui ne reviendra plus. Ne pas penser. Ne pas reprendre les dernières phrases de la conversation, les mots que la séparation a rendu définitifs, se dire qu'il fait doux pour la saison, que les gens d'en face rentrent bien tard; s'éparpiller dans les détails, se pencher, s'intéresser au spectacle de la rue.
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sabine59sabine5929 janvier 2016

O lacs assoupis, sentiers fleuris,sous-bois pleins de fougères, champs de blé où la bien-aimée attend, plus dorée que l'or des épis, ruisseaux que l'on suit à deux.Vieux rêves enfouis, enterrés, mais pas morts.Voici mon partage: la Porte des Lilas, la descente vers le Pré Saint-Gervais,avec, à l'horizon, les fumées mourantes des usines qui s'assoupissent, la steppe banlieusarde, et près de moi, cet homme avec lequel, pour la troisième fois, je vogue, comme si le paradis nous attendait au bout.
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AustralAustral06 octobre 2012
Je me sentais en sécurité chez moi. Sécurité. J'aimais ce mot et ce qu'il évoquait. J'en aimais la sonorité rude. Sécurité. Il commençait comme serrure. Il remplaçait le mot bonheur.
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LiliGalipetteLiliGalipette21 mars 2012
Un concert fracassant envahit la rue. " Les pompiers ", pensai-je. Arezki n'avait pas bougé. Les voitures devaient se suivre, le hurlement s'amplifia, se prolongea sinistrement et s'arrêta sous la fenêtre. Arezki me lâcha. Je venais de comprendre. La police. Je commençai à trembler. Je n'avais pas peur mais je tremblais tout de même. Je n'arrêtais plus de trembler : les sirènes, les freins, le bruit sec des portières et le froid, - je le sentais maintenant - le froid de la chambre.
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