Dernier roman de
Faulkner, "
Les larrons" , comme son titre l'indique, côtoie plus le ridicule et le pitoyable que le drame et le pathétique. le registre comique repose cependant sur une thématique chère à
Faulkner, celle de la chute irrésistible de ses personnages vers le fond du précipice, chute pourtant prévisible, comme si la conscience du danger était déjà une promesse de félicité et d'exaltation, comme si les incessants appels à la Vertu n'avaient pour résultat que le désir contraire de la Non-vertu.
Un vieil aristocrate sudiste raconte à son petit-fils quatre jours de perdition, alors qu'il n'avait que onze ans, quatre jours semblant contenir toute une vie, quatre jours d'une rocambolesque épopée entre Jefferson et Memphis, le long du Mississippi, dans un temps ou le Cheval, grand mythe de l'Amérique, sentait le vent inquiétant d'une nouvelle machine, l'automobile, qui deviendrait, elle aussi, un objet mythique d'un pays en pleine mutation.