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ISBN : 2070373622
Éditeur : Gallimard (1982)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 1081 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Il devait penser que j'étais encore interdit aux mineurs et qu'il y avait des choses que je ne devais pas savoir. En ce moment, je devais avoir sept ans ou peut-être huit, je ne peux pas vous dire au juste parce que je n'ai pas été daté, comme v... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ballad, le 27 novembre 2011

    ballad
    J'ai passé un moment fabuleux avec cet écrit de Romain Gary. Un livre plein de la poésie enfantine de Momo qui en est le narrateur principal. Au travers de sa voix et de son langage coloré, des sujets graves sont abordés comme ceux de la prostitution, des traumatismes d'Auschwitz, l'absence de sécurité sociale chez les immigrés, etc. Ce livre, c'est la confrontation des générations, la vieillesse, l'euthanasie dans la société, et le regard qu'un enfant porte sur le monde adulte et la société. C'est Momo, enfant de la prostitution, qui nous parle de tout cela, de son vécu, et surtout de Madame Rosa la seule qui ait tout fait pour lui. L'humour est dans chaque ligne.
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 17 mars 2012

    lehane-fan
    Sous le Pseudo d'Emile Ajar qu'il prit pour retrouver une certaine virginité littéraire , Romain Gary , ce petit cachottier , fut le seul à se voir décerner un second prix Goncourt ( Les racines du ciel : 1956 ) pour La vie devant soi .
    Mohammed a 10 ans , bientot 14 . Mohammed prefere qu'on l'appelle Momo , les Inconnus n'ont rien inventé ; ) . Recueilli des son plus jeune age par madame Rosa qui s'est spécialisée dans " l'adoption " d'enfants de putain , il creche à Belleville , au sixieme , sans ascenseur . Madame Rosa , ancienne gagneuse qui se défendait avec son cul , juive , déportée , n'est plus que l'ombre d'elle-meme . Laide , grosse , 36 cheveux au compteur , elle se rend bien compte qu'elle n'a plus la lumiere à tous les étages . Elle "s'absente " de plus en plus fréquemment , sentant bien que ses jours de pleine lucidité sont désormais comptés . Finir la bave aux levres avec le regard du veau qui tete , tres peu pour elle ! N'est pas Ribéry qui veut....Ses cauchemars récurrents , Hitler et le cancer : l'un étant éradiqué , l'autre , aux aguets , attendant son heure selon ses dires...Une femme ayant échappé au terrible systeme concentrationnaire d'Auschwitz ne peut s'imaginer entrer dans le livre des records en pulvérisant un coma végétatif de 17 ans , alors détenu par un Amerloque ( trop fort ces Ricains ! ) . Elle fera promettre à son petit Momo de " l'avorter " si l'on devait en arriver là . du haut de ses 10 ans , bientot 14 , Momo fera bien plus que cela...
    Le tour de force de ce roman , c'est d'évoquer un sujet résolument grave sur le ton de la légereté . La grande faucheuse est omniprésente , on la sent se rapprocher inexorablement jusqu'à vous submerger de sa noirceur et pourtant , par le biais de ce jeune héros au phrasé si particulier , la lecture s'accompagne d'un petit sourire en coin qui ne vous quitte jamais .
    Les personnages découverts sont hétéroclites au possible . Cela va de Monsieur N'da Amédée , " proxynete " illettré le mieux sapé de Paname et de sa proche banlieue à Monsieur Hamil , ancien vendeur de tapis ambulant et néo philosophe sans oublier Madame Lola qui d'ancien champion de boxe au Sénégal s'est reconvertie en travestie au Bois de Boulogne . Autant d'acteurs truculents gravitant autour de ce petit monde fusionnel qu'est l'univers Rosa-Momo .
    L'auteur vous prend aux tripes en conférant à ce jeune narrateur une gravité anormalement conscientisée pour un gamin de son age . Un vocabulaire fait d'amalgames aussi amusants que profonds et c'est la mort qu'on appréhende à un age ou l'innocence devrait faire loi . Momo découvre que rien ne dure jamais . Qu'il devra devenir un acteur majeur dans l'inéluctable disparition de sa maman d'adoption . Une mere de substitution qui le fait se questionner sur son age et ses origines mais qu'il aime par dessus tout . Un gamin innocent projeté et ballotté dans un monde d'adultes bien avant l'heure . S'il maitrise de façon plus qu'aléatoire la définition de la majorité des mots de son vocabulaire , il saisit cependant parfaitement le sens de la vie qui s'écoule et s'acheve parfois tragiquement . Ce roman écrit par un sexagénaire que la mort effrayait au plus haut point ( et qu'il devancera pourtant en 1980 ) est tour à tour lyrique , naif , sombre et violent mais baigne , paradoxalement , dans une perpétuelle bonne humeur contagieuse . Sa causticité décalée vous emportera de la premiere à la derniere page !
    La vie devant soi : atypique et jubilatoire...
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    • Livres 5.00/5
    Par lauredanse, le 23 décembre 2012

    lauredanse
    J'ai adoré ce livre, c'est un coup de coeur. Rien qu'en écrivant la quatrième de couverture mes larmes me sont revenues, tant la beauté de ce livre est grande, tant l'émotion est grande, tant l'amour est profond, pure de toute l'innocence de l'enfance, vrai. Pourtant le ton donné tout au long du livre semble léger, amusant, parce que le narrateur n'est autre que Mohamed dit Momo, ce petit garçon arabe de 10 ans (apparemment) et qu'il nous parle – avec légèreté, simplicité, honnêteté et avec les mots d'un garçon de son âge et de son éducation – nous parle donc de sa vie et de cette femme, Madame Rosa. « Elle avait les yeux pleins de larmes et je suis aller chercher du papier cul pour les torcher ». Mais bien qu'il soit un jeune enfant il est plein de lucidité, ce qui est frappant. On se prend des vérités en pleine face, des vérités qui font du bien.
    Momo n'a jamais vu sa mère, ni son père. Il est un « enfant de pute » et son père supposé était « proxynète« . Il est élevé par Madame Rosa depuis ses 3 ans, une ancienne prostituée reconvertie, qui s'occupe désormais de recueillir les enfants des prostituées – « les femmes qui se défendent » comme dit Momo - en échange de mandats, qu'elle reçoit ou pas d'ailleurs. Tout de suite on se rend compte que Momo n'est pas un enfant comme les autres, par exemple comme lorsqu'il a volé un chien et que finalement il le revend, ne gardant pas l'argent, juste pour que ce chien puisse être dans une famille où il est certain qu'on s'occuperait bien de lui, se rendant compte que lui ne pourrait pas assumer cette tâche.
    Tout ce qui est raconté dans ce livre n'est jamais un apitoiement quant à une vie qui pourtant n'est pas rose. C'est l'entraide des gens de ce « milieu » qui est ici mis en valeur comme Madame Rosa qui écrit les lettres d'un proxénète pour sa famille en Afrique car il ne sait pas écrire, les gens qui viennent aider Madame Rosa à monter ses 6 étages lorsqu'elle n'a plus la force et la santé de le faire, l'aide maternelle et financière de Madame Lola la « travestite » etc En parlant de Madame Lola « J'ai jamais vu un sénégalais qui aurait fait une meilleure mère de famille que Mme Lola, c'est vraiment dommage que la nature s'y est opposée ».
    Momo raconte avec une grande désinvolture son histoire, sans peine ni tristesse, bien qu'il vive dans un milieu de pauvreté et de délinquance. Sa vie pour lui est une vie normale, c'est la vie. On voit les choses avec les yeux de cet enfant, qui ne porte ni jugement sur les gens, ni mépris, il constate juste, il voit la vérité, sans salissure, sans dédain, car il est dans cette vie. On ne peut être que touchés car ce qu'il raconte est au fond dur, très dur mais il rend ça beau parfois ou sans gravité d'autres fois. Sans doute car il est élevé par une femme qui a un grand amour pour lui et qui le protège en lui donnant un regard autre sur cette vie.
    Madame Rosa est une femme pourtant marquée, marquée par son passé de juive déportée. Elle a donc des frayeurs nocturnes et s'est fait une sorte d'abri dans sa cave, au cas où on viendrait la chercher à nouveau. « C'est pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur, Momo », voilà ce qu'elle lui dit quand il lui demande pourquoi elle va parfois se cacher dans la cave, pourquoi elle a peur. Et au fur et à mesure qu'elle se voit vieillir et que sa santé se détériore, elle rappelle bien à Momo qu'elle ne veut pas aller dans un hôpital : « Elle ne voulait pas entendre parler d'hôpital où ils vous font mourir jusqu'au bout au lieu de vous faire une piqûre. Elle disait qu'en France on était contre la mort douce et qu'on vous forçait à vivre tant que vous étiez encore capable d'en baver ».
    Momo va rencontrer un jour une femme, qui s'avérera être une personne clé dans son avenir. Il rencontrera son prétendu père qui lui fera une révélation de taille…
    Je n'en dirais pas plus pour vous laisser découvrir ce roman magnifique, empli d'humanité, d'amour et d'émotions incroyables. C'est d'une grande pureté, pureté dans les sentiments, pureté dans le don de soi à l'autre, la protection, la fidélité, la loyauté. On y côtoie plusieurs nationalités qui se mêlent, s'entraident sans différence qui pourraient leur nuire, mais des différences qui sont au contraire des richesses pour les uns et les autres.
    Et la fin m'a complètement bouleversée…

    Lien : http://madansedumonde.wordpress.com/2012/12/23/la-vie-devant-soi-rom..
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 16 novembre 2012

    lecassin
    Après son premier Emile Ajar, « Gros calin » en 1974, Romain Gary récidive en 1975 avec « La Vie Devant Soi »…pour un écrivain que la critique de l'époque jugeait fini…
    « La Vie Devant Soi ». Un thème récurrent dans la littérature française : un enfant arabe voue une infinie tendresse à une vieille dame… juive. Jacques Lanzmann, Joseph Joffo, Eric-Emmanuel Schmitt , et probablement d'autres ont " traité " le sujet…
    Quoiqu'il en soit sous la plume de Romain Gary, le thème est magnifié, non seulement par l'intrigue que nul autre ne pouvait imaginer que Romain Gary, mais également par le second thème, en filigrane : la fin de vie…
    Madame Rosa, une ancienne prostituée juive (elle a connu Auschwitz) de la rue Blondel, ou elle « se défendait » dans son jeune temps, comme dirait Momo… Elle a vieilli et est devenue Grosse, laide et malade…
    Momo, un jeune garçon arabe, est recueilli par Madame Rosa dans son établissement qui accueille les « enfants nés de travers »… comprenez les naissances accidentelles de ces dames prostituées…
    L'histoire d'un amour fusionnel du jeune garçon pour la vieille dame… elle est malade. Elle doit être hospitalisée. C'est le drame. Momo l'enlèvera et « l'assistera » dans ses derniers moments pour une fin dans la dignité…
    Un roman, peut-être un des plus émouvants de l'auteur avec « Clair de femme »… En tout cas, un de mes préférés.
    Le jury Goncourt ne s'y est pas trompé, d'ailleurs, qui attribua son Prix à Emile Ajar, alias Romain Gary. Un prix qui lui avait déjà été attribué en 1956 pour « Les racines du ciel »…
    Bravo, l'artiste…
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    • Livres 4.00/5
    Par Marcelline, le 14 janvier 2013

    Marcelline
    Quelques jours après avoir terminé La Vie Devant Soi, il me reste le souvenir d'une lecture faite le sourire aux lèvres et de la découverte d'un texte plein de fraîcheur et de tendresse.
    Au moment où les pages s'enchaînaient, cependant, je me demandais quand même ce qui avait pu justifier pour son auteur le prix Goncourt et, pour ce roman, le passage au statut de classique... J'avais l'impression d'un texte légèrement niais...
    Et puis, quelques jours après avoir tourné la dernière page, je me rends compte qu'il ne s'agira pas pour moi d'une lecture parmi tant d'autres mais d'un texte qui m'a touchée plus que je ne l'aurais crû car il dégage, subtilement, avec une finesse masquée par l'humour et l'ironie, une profonde humanité!
    L'amitié entre Mohamed, cet enfant abandonné qui raconte son histoire ici, et la vieille madame Rosa restera pour moi un magnifique réquisitoire contre le racisme et les injustices, doublé d'une très touchante histoire d'amour entre générations...
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Citations et extraits

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  • Par stcyr04, le 04 mai 2013

    Madame Rosa disait que le docteur Katz était pour la médecine générale et c’est vrai qu’il y avait de tout chez lui, des Juifs, bien sûr, comme partout, des Nord-Africains pour ne pas dire des Arabes, des Noirs et toutes sortes de maladies. Il y avait sûrement beaucoup de maladies vénériennes chez lui, à cause des travailleurs immigrés qui attrapent ça avant de venir en France pour bénéficier de la sécurité sociale. Les maladies vénériennes ne sont pas contagieuses en public et le docteur Katz les acceptait mais on avait pas le droit d’amener la diphtérie, la fièvre scarlatine, la rougeole et d’autres saloperies qu’il faut garder chez soi. Seulement, les parents ne savaient toujours de quoi il se retournait et j’ai attrapé là une ou deux fois des grippes et une coqueluche qui ne m’étaient pas destinées. Je revenais quand même. J’aimais bien être assis dans une salle d’attente et attendre quelque chose, et quand la porte du cabinet s’ouvrait et le docteur Katz entrait, tout de blanc vêtu, et venait me caresser les cheveux, je me sentais mieux et c’est pour ça qu’il y a la médecine.
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  • Par thursdaynext, le 21 novembre 2010

    Il se marrait tout le temps car il était né de bonne humeur.

    J'ai cessé d'ignorer à l'âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque.

    Il était déjà très vieux quand je l'ai connu et depuis il n'a fait que vieillir.

    Elle était si triste qu'on de voyait même pas qu'elle était moche.

    Elle avait tout le temps peur, mais pas comme tout le monde, elle avait encore plus peur que ça.

    J'étais sûr que si je bougeais, ça allait hurler et sauter sur moi de tous les côtés, avec des monstres qui allaient enfin sortir d'un seul coup au lieu de rester cachés, comme ils le faisaient depuis que j'étais né.

    Je vous dis ça tout de suite pour vous épargner les émotions plus tard.

    Je raconte ça pour me mettre un peu de bonne humeur.

    Les gens tiennent à la vie plus qu'à n'importe quoi, c'est même marrant quand on pense à toutes les belles choses qu'il y a dans le monde.

    Moi je crois que les juifs sont des gens comme les autres mais il ne faut pas leur en vouloir.

    Parfois on se regardait en silence et on avait peur ensemble parce qu'on avait que ça au monde.

    Le docteur Katz disait qu'il n'y a rien de plus contagieux que le psychologie

    Monsieur Hamil est un grand homme, mais les circonstances ne lui ont pas permis de le devenir.

    Je ne tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie.

    Le bonheur, je vais pas me lancer là dedans avant d'avoir tout essayé pour m'en sortir.

    J'étais tellement heureux que je voulais mourir parce que le bonheur il faut le saisir pendant qu'il est là.

    A Belleville, il n'y a pas d'établissements pour les bonnes femmes moches qu'on appelle instituts de beauté.

    Je me suis couché par terre, j'ai fermé les yeux et j'ai fait des exercices pour mourir, mais le ciment était froid et j'avais peur d'attraper une maladie.

    Ils savent bien ce qui les attend et on voit dans leurs yeux qu'ils regardent en arrière pour se cacher dans le passé comme des autruches qui font de la politique.

    Je voudrais aller très loin dans un endroit plein d'autres choses et je ne cherche même pas à l'imaginer pour ne pas le gâcher.

    Je l'aimais bien mais c'était quelqu'un qui ne ressemblait à rien et n'avait aucun rapport.

    Mais Monsieur Hamil s'était perdu à l'intérieur parce que la vie fait vivre les gens sans faire tellement attention à ce qui leur arrive.

    Madame Rosa, c'est seulement la vie, on peut vivre très vieux avec ça.

    Madame Rosa je lui aurais promis n'importe quoi pour la rendre heureuse parce que même quand on est très vieux le bonheur peut encore servir.

    Il avait relevé le col de son pardessus et n'avait pas de cheveux comme beaucoup de chauves.

    Il s'est tourné vers moi et il m'a regardé attentivement comme s'il cherchait un nez qu'il avait perdu.

    Moi je souriais aussi, mais à l'intérieur j'avais envie de crever.

    Quand ils ont enfoncé la porte pour voir d'où ça venait et qu'ils m'ont vu couché à côté, ils se sont mis à gueuler au secours quelle horreur mais ils n'avaient pas pensé à gueuler avant parce que la vie n'a pas d'odeur.

    La vie, c'est pas un truc pour tout le monde.
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  • Par missK78, le 01 juillet 2012

    Après j'ai essayé de me faire remarquer autrement. J'ai commencé à chaparder dans les magasins, une tomate ou un melon à l'étalage.

    J'attendais toujours que quelqu'un regarde pour que ça se voie.
    Lorsque le patron sortait et me donnait une claque je me mettais à hurler, mais il y avait quand même quelqu'un qui s'intéressait à moi.
    Une fois, j'étais devant une épicerie et j'ai volé un oeuf à l'étalage. La patronne était une femme et elle m'a vu.
    Je préférais voler là où il y avait une femme car la seule chose que j'étais sûr, c'est que ma mère était une femme, on ne peut pas autrement. J'ai pris un oeuf et je l'ai mis dans ma poche.

    La patronne est venue et j'attendais qu'elle me donne une gifle pour être bien remarqué. Mais elle s'est accroupie à côté de moi et elle m'a caressé la tête.
    Elle m'a même dit : - Qu'est-ce que tu es mignon, toi !

    J'ai d'abord pensé qu'elle voulait ravoir son oeuf par les sentiments et je l'ai bien gardé dans ma main, au fond de ma poche.
    Elle n'avait qu'à me donner une claque pour me punir, c'est ce qu'une mère doit faire quand elle vous remarque.
    Mais elle s'est levée, elle est allée au comptoir et elle m'a donné encore un oeuf. Et puis elle m'a embrassé.

    J'ai eu un moment d'espoir que je ne peux pas vous décrire parce que ce n'est pas possible.
    Je suis resté toute la matinée devant le magasin à attendre. Je ne sais pas
    ce que j'attendais. Parfois la bonne femme me souriait et je restais là avec mon oeuf à la main.
    J'avais six ans ou dans les environs et je croyais que c'était pour la vie, alors que c'était seulement un oeuf.
    Je suis rentré chez moi et j'ai eu mal au ventre toute la journée.
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  • Par lehane-fan, le 15 mars 2012

    Bon moi j'ai rien vu dans ma vie et j'ai pas tellement le droit de dire ce qui est effrayant et ce qui ne l'est pas plus qu'autre chose , mais je vous jure que Madame Rosa à poil , avec des bottes de cuir et des culottes noires en dentelles autour du cou , parce qu'elle s'était trompée de coté , et des niches comme ça dépasse l'imagination , qui étaient couchées sur le ventre , je vous jure que c'est quelque chose qu'on peut pas voir ailleurs , meme si ça existe . Par-dessus le marché , Madame Rosa essayait de remuer le cul comme dans un sex-shop , mais comme chez elle , le cul dépassait les possibilités humaines..
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  • Par vanillabricot, le 03 août 2008

    il m'a expliqué en souriant que rien n'est blanc ou noir et que le blanc, c'est souvent le noir qui se cache et le noir, c'est parfois le blanc qui s'est fait avoir.

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Extraits d'une conférence prononcée en mai 2009 par mon ami, le philosophe Paul Audi, sur l'oeuvre de Romain Gary, auquel il a consacré un très beau livre, intitulé Je me suis toujours été un autre (Christian Bourgeois, 2007). Où il est en particulier question de La danse de Gengis Cohn, un admirable roman de Gary qui n'est peut-être pas le plus connu et que je vous invite vivement à lire.








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