ISBN : 2070373622
Éditeur : Gallimard (1982)


Note moyenne : 4.19/5 (sur 454 notes) Ajouter à mes livres
Il devait penser que j'étais encore interdit aux mineurs et qu'il y avait des choses que je ne devais pas savoir. En ce moment, je devais avoir sept ans ou peut-être huit, je ne peux pas vous dire au juste parce que je n'ai pas été daté, comme v... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ballad, le 27 novembre 2011

    ballad
    J'ai passé un moment fabuleux avec cet écrit de Romain Gary. Un livre plein de la poésie enfantine de Momo qui en est le narrateur principal. Au travers de sa voix et de son langage coloré, des sujets graves sont abordés comme ceux de la prostitution, des traumatismes d'Auschwitz, l'absence de sécurité sociale chez les immigrés, etc. Ce livre, c'est la confrontation des générations, la vieillesse, l'euthanasie dans la société, et le regard qu'un enfant porte sur le monde adulte et la société. C'est Momo, enfant de la prostitution, qui nous parle de tout cela, de son vécu, et surtout de Madame Rosa la seule qui ait tout fait pour lui. L'humour est dans chaque ligne.
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Beatrice64, le 25 février 2011

    Beatrice64
    Je m'appelle Mohammed mais tout le monde m'appelle Momo pour faire plus petit. Pendant longtemps je n'ai pas su que j'étais arabe parce que personne ne m'insultait. On me l'a seulement appris à l'école.
    Momo, dix ans ou à peu près, est un « fils de pute » . Avec d'autres enfants « nés de travers » comme lui, il habite chez madame Rosa, parce que leurs mères « se défendent avec leur cul » , et que du coup il y a incompatibilité. Madame Rosa, juive rescapée d'Auschwitz, ancienne prostituée, est vieille, moche et grosse, et dans la vie elle n'a que Momo, et Momo n'a qu'elle. Ils vivent dans un vieil immeuble, avec d'autres enfants (Moïse et Banania), une « travestite » et des frères camerounais, « venus en France pour la balayer » : La première chose que je peux vous dire c'est qu'on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu'elle portait sur elle et seulement deux jambes, c'était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines. Elle nous le rappelait chaque fois qu'elle ne se plaignait pas d'autre part, car elle était également juive. Sa santé n'était pas bonne non plus et je peux vous dire aussi dès le début que c'était une femme qui aurait mérité un ascenseur.
    Succès colossal à sa publication, ce livre est vraiment incroyable. Innervé par une langue inventive, drôle, pleine d'images saugrenues (c'est Momo qui raconte), ses thèmes centraux, à la fois simples et fondamentaux, sont le besoin d'amour et la peur de la mort. Tous les ingrédients sont réunis pour en faire un roman misérabiliste formaté pour faire pleurer dans les chaumières. Mais toujours il oscille avec grâce sur la crête de l'émotion, par la vertu de cette écriture si fraîche et tellement pleine de vie, qui provoque des rires, et, bien sûr, quelques larmes aussi
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 21 juin 2011

    brigittelascombe
    Et toujours cette quête d'identité (Qui est mon véritable père?) que l'on retrouve dans les romans de Roman Kacew dit Romain Gary pour l'écriture mais qui dans ce roman "La vie devant soi" (prix Goncourt 1975) a pris le Pseudonyme Emile Ajar. "Pseudo" sera d'ailleurs le titre d'un futur roman, l'histoire d'un malade psychiatrique qui lutte contre son sentiment de dépersonnalisation.
    Qui suis je ? se demande Momo recueilli par Madame Rosa, une juive polonaise,au 'gros cul' mais au grand coeur, une qui le traite de 'sale bicot' lorsqu'il la fait un peu 'trop chier' ou qu'il 'chie' un peu de partout, rien que 'pour l'emmerder' mais lui, il veut surtout se faire remarquer et exister et être aimé, tout au long du livre La vie devant soi. Sa mère était une 'pute', c'est un fait établi, comme tous les autres, six ou sept pensionnaires dont s'occuppe Madame Rosa moyennant finances. Mais, son âge, on lui ment sur son âge, à Momo, et puis Madame Rosa connait un juif qui s'y connait en faux papiers. Et son père, celui dont Madame Rosa, à chaque crise de violence, parle au bon docteur Katz en employant le terme 'psychiatrique'. Qui est donc ce père qu'il n'a jamais vu mais qui envoie régulièrement des sous jusqu'au jour où il n'en envoie plus.
    Mais le lien tissé est tellement fort qu'elle le garde Madame Rosa.
    Et puis un jour, il l'a promis, khaïrem, il l'amènera en Israël. Il a promis, car elle a 'un trou juif' dans la cave là où elle se cache lorsque les démons de nazis l'assaillent un peu trop dans sa tête,en criant 'c'est Auswitch', car cette tête, elle part un peu en vrille, de temps en temps et de plus en plus.
    Belleville, six étages et des personnages hauts en couleurs.
    Dans l'appartement, y a Madame Rosa, qui 's'est défendue' lorsqu'elle était jeune, sous entendu, 'faisait le tapin' mais qui connait un commissaire, ancien enfant de pute qui la protège. Banania qui se marre tout le temps et qu'elle amène parfois dans des foyers de noirs pour qu'il s'habitue à sa couleur. Michel qui a eu des parents vietnamiens qui payaient mais payent plus.Le chien 'Super', celui que Momo aime le plus au monde mais qu'il vend 'pour lui faire un 'avenir doré' tout à sa logique d'enfant malheureux qui passe pour fou.
    Dans le café de Monsieur Driss, y a Monsieur Hamil, qui boit du thé vert, a fait un pélerinage à la Mecque,a lu Victor Hugo, lui raconte Nice et ses clowns et lui fait 'travailler sa religion' , c'est un sage Monsieur Hamil et Momo, du haut de ses dix ans, voudrait bien qu'il épouse Madame Rosa.
    Parfois passe Monsieur N'Da Amédée le 'proxynète', le 'maquereau' costume de soie rose, ongles manucurés,qui dicte des lettres à Madame Rosa. Il s'invente pour ses parents une belle image d'entrepreneur qui a réussi.
    Et puis y a Mahoute qi se trompe un jour en piquant Madame Rosa à l'héroïne et qui pleure qu'il a perdu 'son bonheur', un bonheur qui fait planer la juive l'espace d'un moment mais pour lequel elle risque l'overdose.
    Et puis, y a Arthur, son ami, son parapluie qu'il a déguisé, avec lequel il dort et qu'il amène avec lui lorsqu'il traine à Pigalle pour essayer 'de se défendre' et de gagner les sous de la pension qui n'arrivent plus.Parce qu'il va pas à l'école Momo, c'est comme ça, là bas on a dit, vu les papiers qu'il avait pas l'âge.
    Et puis y a Nadine, y en a des comme ça, de belles étoiles qui prennent le relai d'une Madame Rosa lorsque la lumière s'éteint peu à peu, pour pouvoir garder malgré tout La vie devant soi!
    On se dit est ce possible? Mais oui, ça existe et Emile Ajar, nous le décrit si bien, avec les mots simples et crus de Momo qu'on y croit à cette misère où flottent ça et là les mots d'amour de Momo pour la mère qui est là pour lui, une brave femme au vécu douloureux, qui fait ce qu'elle peut avec ce qu'elle a et que seule la mort lui fera quitter.
    Prix Goncourt:on n'en attendait pas moins!
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par vanillabricot, le 03 août 2008

    vanillabricot
    Quand un livre a atteint la note maximale de 5/5 on le sait de suite. Dès qu'on met la tête hors de l'eau après avoir été happée par ses pages, dès qu'on revoit la lumière du soleil, on sait.
    Le 5/5 ça frappe comme une évidence.

    POur les autres notes il y a un instant de réflexion.
    On prend en compte plusieurs considérations: le style de l'écrivain, l'intérêt pour l'histoire, le fond, la forme, on dose les émotions que nous a procuré la lecture, on pèse, on tergiverce, on pense, on laisse trainer quelques jours pour sentir l'impact après coup... et on note.
    Un peu comme quand on rencontre une personne. Ses opinions politiques, son attitude, sa vision du monde, sa capacité à sourire, à écouter,.... on jauge. On échange les numéros ou pas, on invite à la maison ou pas, ... sas s'en rendre compte on donne des notes autour de soi sans arrêt.
    Mais quand on croise un 5/5, dans la vie ou sur une étagère, ça n'a rien à voir. La réflexion n'entre même en compte. On adore. C'est un coup de coeur. Peu importe le fond, la forme, la morale, l'histoire, on est conquis. Livre ou rencontre, c'est un coup de foudre immédiat au delà de tous ses préjugés, ses attentes,...
    Les gens que j'aime sont presque tous des coup de foudre instantanés. Ce sont les gens qui restent. POur les bouquins c'est pareil. Ca va, ca vient, mais il y en qui, à peine arrivés, se font une place pour y rester.
    C'est le cas de "La Vie devant soi". Je pourrais vous parler des heures du style d'écriture extraordinaire, du narrateur qui est un petit "fils de pute", de l'histoire touchante, des thèmes de la différence et la tolérance,de l'ambiance colorée de Belleville ( quartier qui décidemment inspire de bien beau x moments de littérature), des larmes de la fin, des perles de sagesse, du sourire omniprésent malgré la dureté de l'histoire, ...
    Je pourrais en faire des tonnes. Mais l'amour ça ne s'explique pas comme ça. le livre est excellent sans aucun doute. Mais il est aussi magique. C'est ça un magnifique 5/5.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 10 février 2012

    carre
    Deux personnages inoubliables Momo le narrateur et Madame Rosa ancienne pute qui recueille les mômes de prostituées. Un clandé ou la vieille femme apprend les valeurs de la vie à des gosses en recherche de repère et d'affection.
    Un roman qui brasse, avec une infinie tendresse et un humour épatant, des sujets difficiles : la prostitution, la Shoah, l'intégration des immigrés.
    Tout est juste, sans fausse note, le langage imagé et naif de Momo est formidablement vivant, l'émotion nous envahit et l'on se surprend d'avoir le coeur serré entre deux sourires. Momo à qui on a volé l'enfance rejoint le Panthéon de nos personnages préférés. Romain Gary qui pour s'amuser avait réussi l'une des plus grande supercherie du monde de l'édition, réussit un roman ou l'espoir en l'être humain est peut-être encore possible. Magistral.
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Citations et extraits

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  • Par Ania-x, le 26 janvier 2012

    Pendant longtemps, je n'ai pas su que j'étais arabe parce que personne ne m'insultait.
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  • Par thursdaynext, le 21 novembre 2010

    Il se marrait tout le temps car il était né de bonne humeur.

    J'ai cessé d'ignorer à l'âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque.

    Il était déjà très vieux quand je l'ai connu et depuis il n'a fait que vieillir.

    Elle était si triste qu'on de voyait même pas qu'elle était moche.

    Elle avait tout le temps peur, mais pas comme tout le monde, elle avait encore plus peur que ça.

    J'étais sûr que si je bougeais, ça allait hurler et sauter sur moi de tous les côtés, avec des monstres qui allaient enfin sortir d'un seul coup au lieu de rester cachés, comme ils le faisaient depuis que j'étais né.

    Je vous dis ça tout de suite pour vous épargner les émotions plus tard.

    Je raconte ça pour me mettre un peu de bonne humeur.

    Les gens tiennent à la vie plus qu'à n'importe quoi, c'est même marrant quand on pense à toutes les belles choses qu'il y a dans le monde.

    Moi je crois que les juifs sont des gens comme les autres mais il ne faut pas leur en vouloir.

    Parfois on se regardait en silence et on avait peur ensemble parce qu'on avait que ça au monde.

    Le docteur Katz disait qu'il n'y a rien de plus contagieux que le psychologie

    Monsieur Hamil est un grand homme, mais les circonstances ne lui ont pas permis de le devenir.

    Je ne tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie.

    Le bonheur, je vais pas me lancer là dedans avant d'avoir tout essayé pour m'en sortir.

    J'étais tellement heureux que je voulais mourir parce que le bonheur il faut le saisir pendant qu'il est là.

    A Belleville, il n'y a pas d'établissements pour les bonnes femmes moches qu'on appelle instituts de beauté.

    Je me suis couché par terre, j'ai fermé les yeux et j'ai fait des exercices pour mourir, mais le ciment était froid et j'avais peur d'attraper une maladie.

    Ils savent bien ce qui les attend et on voit dans leurs yeux qu'ils regardent en arrière pour se cacher dans le passé comme des autruches qui font de la politique.

    Je voudrais aller très loin dans un endroit plein d'autres choses et je ne cherche même pas à l'imaginer pour ne pas le gâcher.

    Je l'aimais bien mais c'était quelqu'un qui ne ressemblait à rien et n'avait aucun rapport.

    Mais Monsieur Hamil s'était perdu à l'intérieur parce que la vie fait vivre les gens sans faire tellement attention à ce qui leur arrive.

    Madame Rosa, c'est seulement la vie, on peut vivre très vieux avec ça.

    Madame Rosa je lui aurais promis n'importe quoi pour la rendre heureuse parce que même quand on est très vieux le bonheur peut encore servir.

    Il avait relevé le col de son pardessus et n'avait pas de cheveux comme beaucoup de chauves.

    Il s'est tourné vers moi et il m'a regardé attentivement comme s'il cherchait un nez qu'il avait perdu.

    Moi je souriais aussi, mais à l'intérieur j'avais envie de crever.

    Quand ils ont enfoncé la porte pour voir d'où ça venait et qu'ils m'ont vu couché à côté, ils se sont mis à gueuler au secours quelle horreur mais ils n'avaient pas pensé à gueuler avant parce que la vie n'a pas d'odeur.

    La vie, c'est pas un truc pour tout le monde.
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  • Par claireogie, le 14 janvier 2011

    - Ils vont me faire vivre de force, Momo. C'est ce qu'ils font toujours à l'hôpital, ils ont des lois pour ça. Je ne veux pas vivre plus que c'est nécessaire et ce n'est plus nécessaire. Il y a une limite même pour les Juifs. Ils vont me faire subir des sévices pour m'empêcher de mourir, ils ont un truc qui s'appelle l'Ordre des médecins qui est exprès pour ça. Ils vous en font baver jusqu'au bout et ils ne veulent pas vous donner le droit de mourir, parce que ça fait des privilégiés. J'avais un ami qui n'était même pas juif mais qui n'avait ni bras ni jambes, à cause d'un accident, et qu'ils ont fait souffrir encore dix ans à l'hôpital pour étudier sa circulation. Momo, je ne veux pas vivre uniquement parce que c'est la médecine qui l'exige. Je sais que je perds la tête et je veux pas vivre des années dans le coma pour faire honneur à la médecine. Alors, si tu entends des rumeurs d'Orléans pour me mettre à l'hôpital, tu demandes à tes copains de me faire la bonne piqûre et puis de jeter mes restes à la campagne. Dans des buissons, pas n'importe où. J'ai été à la campagne après la guerre pendant dix jours et j'ai jamais autant respiré. C'est meilleur pour mon asthme que la ville. J'ai donné mon cul aux clients pendant trente cinq ans, je vais pas maintenant le donner aux médecins. Promis ?
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  • Par vanillabricot, le 03 août 2008

    Monsieur Waloumba, pendant qu'on se régalait, a expliqué que dans son pays il était beaucoup plus facile de respecter les vieux et de s'occuper d'eux pour les adoucir que dans une grande ville comme Paris où il y a des milliers de rues, d'étages, de trous et d'endroits où on les oublie et on ne peut pas utiliser l'armée pour les chercher partout où ils étaient car l'armée est pour s'occuper des jeunes. [...] Il m'a dit que les nids de vieux, il y en a pour ainsi dire des dizaines de milliers dans les villes et à la campagne, mais il n'y a personne pour donner des renseignements qui permettraient de les trouver, et c'est l'ignorance.
    [...] En Afrique, ils sont agglomérés par tribus où les vieux sont très recherchés, à cause de tout ce qu'ils peuvent faire pour vous quand ils sont morts. En France il n'y a pas de tribus à cause de l'égoïsme.
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  • Par vanillabricot, le 03 août 2008

    il m'a expliqué en souriant que rien n'est blanc ou noir et que le blanc, c'est souvent le noir qui se cache et le noir, c'est parfois le blanc qui s'est fait avoir.
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Lecture de textes de Romain Gary et de Eric Moreau à l'occasion d'une soirée hommage de l'écrivain Romain Gary. Filmé à l'hôtel de ville de Paris.








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