> Pierre Albouy (Programmeur)
> Roger Borderie (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070418715
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 4.45/5 (sur 97 notes) Ajouter à mes livres
Pour Paul Claudel, il s'agit "d'un album de lithographies épiques et paniques", rien de moins que "le chef-d'œuvre du grand poète". Victor Hugo a écrit L'homme qui rit en deux années, de 1866 à 1868, peu de temps après la pub... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par raton-liseur, le 26 février 2011

    raton-liseur
    Un livre qui m'a coupé le souffle… Peut-être à cause des grandes phrases et des amples descriptions, mais surtout pour le côté envoûtant de sa lecture.
    Une lecture qui n'est pas facile, un livre qui se gagne à la force du poignet… J'ai pu y rester plongée, happée pendant des heures et m'apercevoir que je n'avais pas parcouru 100 pages (d'un pavé qui en compte plus de 600 dans mon édition de poche). Mais que c'est agréable, que cela fait du bien à l'esprit de lire ces lignes érudites, travaillées, intelligentes (ne me croyez pas pédante ou élitiste ou intellectualiste, je ne pense être rien de tout ça, j'aime juste, de temps à autre, que l'on s'adresse à mon intelligence, qu'une lecture soit ardue, mais que cela en vaille la peine)…
    C'est vrai que les longues digressions, les énumérations des lords et de leurs titres, possessions ou privilèges peuvent parfois être rébarbatives et il m'a fallu un peu de volonté parfois pour ne pas sauter quelques pages assommantes. Mais L'Homme qui rit n'en reste pas moins un livre prenant et passionnant.
    Arrivée à ce point de ma critique, il faut que je confesse que ceci est en fait le premier livre de Victor Hugo que je lis (à l'exception d'une version abrégée des Misérables il y a bien longtemps et du survol d'un ou deux ouvrages…). Je ne sais trop comment j'ai entendu parler de ce livre, certes pas l'in des plus connus de Victor Hugo, mas je me souviens avoir tenté de le lire lorsque j'avais 16 ou 17 ans. C'est donc une relecture que j'ai faite ici, plus longue, plus attentive, où les digressions ne m'ont pas gênée dans mon envie de connaître la suite de l'histoire.
    Et ce qui m'a le plus frappée, peut-être, c'est le sarcasme permanent dont Victor Hugo tisse son récit et ses descriptions du système politique anglais. Une royauté, où le bon vouloir du roi fait office de loi… Comment Victor Hugo, le pourfendeur de Napoléon peut-il en faire l'apologie, si ce n'est sur le ton de l'ironie mordante, où chaque phrase est un dard acéré planté dans le plumage de l'aigle fossoyeur de la Révolution et de ses idéaux. Je ne m'attendais pas à ce ton ironique, à cette écriture sempiternellement au second degré de la part d'un auteur que l'on pare d'habitude de tous les oripeaux du sérieux et de la gravité. Cela rend cette lecture jubilatoire, pleine de sourires en coin et de petits rires sous cape, certainement pas ce à quoi je m'attendais de la part d'un des monstres sacrés de notre littérature nationale !
    Un mot de l'intrigue tout de même. L'Homme qui rit est Gwynplaine, enlevé enfant et défiguré afin d'en faire un animal de foire, et ce sur ordre du roi du fait d'une filiation gênante. Mais Gwynplaine vit heureux, ignorant ses origines, adopté par un philosophe bourru et son loup, aimé d'un amour pur par l'aveugle Déa. Les évènements, la fatalité, les jalousies et les mesquineries des grands de ce monde viendront troubler ce bonheur simple, le spectacle d'autrui se débattant dans la toile d'un difficile destin étant le remède préféré des aristocrates pour occuper leur oisiveté ostentatoire et leur mépris sans borne de ceux qui ne se sont pas donné la même peine qu'eux pour naître là où il fallait. Vient alors le temps des choix, mais aussi celui des désillusions quand celui qui se croit un destin, une mission, s'aperçoit qu'il ne peut rien contre la bêtise ou l'institution en place.
    Une intrigue aux ressorts usés et re-usés dans la littérature, le gentil homme du peuple opposé aux aristocrates pervertis, mais Victor Hugo sait donner un tour particulier à son histoire et sait nous tenir en haleine, soit par des retournements de situation bien menés soir par des digressions au verbe maîtrisé. Et ne nous y trompons pas, sous couvert d'un roman historique, Victor Hugo parle bien de son présent, mais de notre présent aussi. Les systèmes politiques ont évolué en apparence, mais pas toujours dans les faits et cette œuvre demeure d'une grande actualité.
    Une très belle lecture pour de longues après-midi faites de solitude et de concentration. Je ne peux que recommander, encore et encore.
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    • Livres 5.00/5
    Par Carosand, le 11 octobre 2011

    Carosand
    La misère des pauvres et le luxe des riches : L'homme qui rit est l'alchimie de ces deux extrêmes, une âme humaine qui oscille entre le bien et le mal.
    Peu importe l'époque, le lieu ou la condition, l'argent et le pouvoir sont de terribles tentations pour tout homme, la générosité et le partage sont d'horribles sacrifices que peu d'hommes sont capables d'honorer et Victor Hugo n'a pas peur de le crier haut et fort, un roman d'exeption comme à son habitude
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    • Livres 5.00/5
    Par gigi55, le 18 février 2010

    gigi55
    Victor Hugo n'est jamais plus à l'aise que dans le grandiose, le gigantesque, le superbe, le foisonnant, le débordant, .....
    Chaque page apporte son lot d'informations sur les lords anglais, sur la philosophie sociale, sur la beauté de l'amour, sur la force de la nature, à chaque page on trouve une formule, un morceau de bravoure, une réflexion profonde, une dissertation, un portrait, ...
    Quel plaisir de lecture, même quand Victor en fait trop ...
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    • Livres 5.00/5
    Par johaylex, le 09 août 2011

    johaylex
    Oubliez "Notre-Dame de Paris", oubliez même "Les misérables", et précipitez-vous sur ce chef-d'oeuvre.
    Pour moi, le meilleur de Victor Hugo. Il est mieux connu que d'autres, mais le style est à son apogée et ne dessert pas l'intrigue.
    Les descriptions tiennent du prodige, les personnages fascinants.
    Je me suis incliné devant le génie.
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    • Livres 3.00/5
    Par peto, le 01 avril 2012

    peto
    Bon.
    M. Hugo, il n'y a pas à dire, il envoie du lourd.
    C'est romanesque, emporté, révolté.
    Le style est à l'avenant, avec des quelques envolées brillantes, une ironie piquante.
    L'oncle Victor, parfois (souvent) est agaçant,
    avec ce côté "J'ai tellement plus de vocabulaire que toi pauvre lecteur! Je vais t'en mettre plein la vue".
    Il faut aimer le vocabulaire maritime, quelques descriptions, digressions interminables, des leçons d'étymologie laissant pantois mon dictionnaire ("canapé", "boulevard" de mémoire)
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Citations et extraits

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  • Par peto, le 01 avril 2012

    Ursus admirait Homo. On admire près de soi. C'est une loi.

    Être toujours sourdement furieux, c'était la situation intérieure d'Ursus, et gronder était sa situation extérieure. Ursus était le mécontent de la création. Il était dans la nature celui qui fait de l'opposition. Il prenait l'univers en mauvaise part. Il ne donnait de satisfecit à qui que ce soit, ni à quoi que ce soit. Faire le miel n'absolvait pas l'abeille de piquer; une rosé épanouie n'absolvait pas le soleil de la fièvre jaune et du vomito negro. Il est probable que dans l'intimité Ursus faisait beaucoup de critiques à Dieu. Il disait:--Évidemment, le diable est à ressort, et le tort de Dieu, c'est d'avoir lâché la détente.--Il n'approuvait guère que les princes, et il avait sa manière à lui de les applaudir. Un jour que Jacques II donna en don à la Vierge d'une chapelle catholique irlandaise une lampe d'or massif, Ursus, qui passait par là, avec Homo, plus indifférent, éclata en admiration devant tout le peuple, et s'écria:--Il est certain que la sainte Vierge a bien plus besoin d'une lampe d'or que les petits enfants que voilà pieds nus n'ont besoin de souliers.
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  • Par Carosand, le 28 octobre 2011

    Quelle folie que d'être heureux comme on rêve ! Il lui venait des idées. L'absurde lui traversait le cerveau. Parce qu'il avait autrefois secouru un enfant, il sentait des vélléités de secourir le monde. Des nuages de rêverie lui obscurcissaient parfois sa propre réalité ; il perdait le sentiment de la proportion jusqu'à se dire : que pourrait-on faire pour ce pauvre peuple ? Quelquefois son absorption était telle qu'il le disait tout haut. Alors Ursus haussait les épaules et le regardait fixement. Et Guynplaine continuait de rêver : "Oh ! si j'étais puissant comme je viendrais en aide aux malheureureux ! Mais que suis-je ? Un atome. Que puis-je ? rien.
    Il se trompait. Il pouvait beaucoup pour les malheureux. Il les faisait rire. Et nous l'avons dit, faire rire, c'est faire oublier. Quel bienfaiteur sur la terre qu'un distributeur d'oubli !
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  • Par Carosand, le 26 septembre 2011

    Pour la foule, qui a trop de têtes pour avoir une pensée et trop d'yeux pour avoir un regard, pour la foule qui, surface elle-même, s'arrête aux surfaces, Gwynplaine était un clown, un bateleur, un saltimbanque, un grotesque, un peu plus et un peu moins qu'une bête. La foule ne connaissait que le visage.
    Pour Déa, Gwynplaine était le sauveur qui l'avait ramassée dans la tombe et emportée dehors, le consolateur qui lui faisait la vie possible, le libérateur dont elle sentait la main dans la sienne en ce labyrinthe qui est la cécité. Gwynplaine était le frère, l'ami, le guide, le soutien, le semblable d'en haut, l'époux ailé et rayonnant, et là où la multitude voyait le monstre, elle voyait l'archange.
    C'est que Déa, aveugle, apercevait l'âme.
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  • Par Joetzette, le 21 février 2012

    Ursus préférait Homo comme bête de somme à un âne .Faire tirer sa cahute à un âne lui eut répugné, il faisait trop cas de l'âne pour cela. En outre il avait remarqué que l'âne songeur à quatre pattes peu compris des hommes , a parfois un dressement d'oreilles inquiétant quand les philosophes disent des sottises .
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  • Par Carosand, le 26 septembre 2011

    Il y avait dans l'air une imminence d'orage. L'enfant ne s'en rendait pas compte, mais un marin eût tremblé. C'était cette minute d'anxiété préalable où il semble que les éléments vont devenir des personnes, et qu'on va assister à la transfiguration mystérieuse du vent en aquilon. La mer va être océan, les forces vont se révéler volontés, ce qu'on prend pour une chose est une âme. On va le voir. De là l'horreur. L'âme de l'homme redoute cette confrontation avec l'âme de la nature.
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Hugh Jackman et Anne Hathaway sur le plateau de l'adaptation cinématographique des Misérables de Victor Hugo par Tom Hooper (Discours d'un roi).








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