Un petit bijou d'avant-garde que cette pièce, qui en plein XIXème siècle remet en question la place d'une femme au sein d'une société dominée par l'homme.
Le texte met en scène une héroïne présentée comme naïve et soumise à son mari, conformément à ce que l'opinion alléguait, pour aboutir au final à sa prise de conscience des rapports inégaux au sein de son couple, doublé d'un désir d'indépendance mené à bien.
Je trouve que cette histoire soulève brillamment le problème de la considération des femmes. le choix de l'auteur de faire prendre cette décision finale à Nora, d'une manière si catégorique, si féministe, relève sans doute de courage pour l'époque, et suscite mon admiration.
Le mari a vraiment un épilogue peu glorieux, et sa manière de supplier opiniâtrement le rend encore plus pitoyable. Il n'était pas des plus attachant dès le début de la pièce (euphémisme), avec les surnoms ridicules dont il affublait sa femme, et sa façon de la traiter en petite enfant, mais il n'empêche, l'auteur ne le ménage vraiment pas. En effet, finir à la fois sur une émancipation radicale féminine et une humiliation masculine, cela a du remuer les bien-pensants du moment.
Un texte sur un sujet qui polémique, moi ça me plait ! Il y a bien le résultat de l'abandon de ses enfants qui continue à me gêner, et tout bien considéré je me dis que c'est surtout cela qu'
Ibsen a voulu montrer, et que c'est là-dessus qu'il veut nous pousser à réfléchir. Un homme qui part en laissant sa femme et ses enfants, ça s'est déjà vu à foison et ça ne choque pas vraiment. Pourtant il en est géniteur au même titre que la mère. Alors, dans cette histoire, pourquoi ne pourrait-elle pas s'éloigner de son foyer afin de chercher à s'élever intellectuellement ? La parité doit aussi s'appliquer à ce genre de point sensible. L'auteur est plus féministe que moi, cet homme du XIXème me fait la leçon... Brillant.