James Joyce est peut-être l'écrivain qui a concentré plus que tout autre son uvre autour de lui-même et des circonstances de sa vie. Stephen le héros est ce qui reste d'une première autobiographie. Stephen est l'auteur lui-... > voir plus
(... ) L'esprit à l'instant de la création est pareil au charbon sur le point de s'éteindre. Lorsque l'on se met à composer, l'inspiration est déjà sur son déclin comme de la braise prête à s'éteindre et que, seul une influence invisible, tel un vent inconstant peut redonner un éclat éphémère.
Sa vie commençait à se teinter d'une certaine extravagance. Il se rendait compte que si, nominalement, il était d'accord avec l'ordre social au sein duquel il avait vu le jour, il ne pourrait le demeurer longtemps. La vie d'un déraciné lui paraissait beaucoup moins ignoble que la vie de celui qui accepte la tyrannie du médiocre sous prétexte que le fait d'être une exception se paie trop cher.
La liberté qu'ils souhaitaient pour eux-mêmes était surtout une liberté de costume et de vocabulaire; Stephen n'arrivait pas à comprendre comment cette pauvre caricature de la liberté pouvait amener des êtres humains raisonnables à plier les genoux pour l'adorer.