> Jacques Houbart (Autre)
> Michel Mohrt (Autre)

ISBN : 2070367665
Éditeur : Gallimard (1976)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 309 notes) Ajouter à mes livres
"Sur la route" est centré sur le personnage obscur et fascinant de Dean Moriarty, alors considéré comme le chef de file de la Beat generation. En révolte contre l'hypocrisie morale de l'Amérique bien-pensante, Jack Kerouac parcourt les Etats-Unis à la recherche d'un nou... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 20 mai 2012

    LiliGalipette
    Sal Paradise, le narrateur, rencontre un jour Dean Moriarty. Ces deux jeunes gens, « les deux anges déchus de la nuit de l'Ouest » (p. 270), ont une passion commune pour le voyage. Sillonner l'Amérique les tenaille et l'appel de la route est insistant. « Quelque part sur le chemin, je savais qu'il y aurait des filles, des visions, tout, quoi ; quelque part sur le chemin, on me tendrait la perle rare ». (p. 25) S'engage alors une nouvelle conquête de l'Ouest, plus intime et plus furieuse. L'urgence est la même que celle qui animait les colons, mais la finalité est différente : les terres que Dean et Sal veulent gagner ne sont pas faites de poussière, mais de rêves. Finalement, c'est peut-être la même chose.
    Sal et Dean sont deux jeunes hommes un peu perdus. le premier est un vétéran, étudiant peu assidu et auteur qui peine sur un premier roman. le second sort de prison et est tenaillé par l'envie d'écrire et de bouger. Cette jeunesse exaltée a la fureur de vivre et d'expérimenter. « Il en vint à m'enseigner autant de choses que probablement je pouvais lui en apprendre. » (p. 19) Pour eux, l'initiation passe par le bitume, quoi qu'il en coûte. Sur la route et dans toutes les villes qu'ils traversent, Sal et Dean croisent de nombreux jeunes gens avec lesquels ils partagent de longues et fiévreuses conversations. Sal se met souvent en retrait : « Si vous continuez ce petit jeu, vous allez tous les deux devenir dingues, mais tenez-moi au courant aussi longtemps que vous continuerez. » (p. 79) Rapidement se dessine la folie de Dean Moriarty : ce mordu de la route est instable, presque dangereux, au moins pour lui et peut-être aussi pour Sal. « La mouche m'avait piqué de nouveau et le nom de la mouche, c'était Dean Moriarty et j'étais bon pour un nouveau galop Sur la route. » (p. 164) le départ, ça les prend comme une fièvre, c'est un ressort superbe qui se détend et qui relance la machine.
    De l'Est vers l'Ouest, de New York à San Francisco en passant par Denver, Houston, ou Los Angeles, Sal et Dean se cognent aux frontières de l'Amérique. « Voici que j'étais au bout de l'Amérique, au bout de la terre, et maintenant il n'y avait nulle part où aller, sinon revenir. Je résolus du moins d'adopter un périple circulaire. » (p. 115) Sal appartient à New York et Dean ne tend que vers San Francisco. Toujours, il leur faut reprendre la marche, revenir aux sources, puis repartir. La route prend la forme d'un monstrueux jokari : elle permet des envolées et des échappées superbes, mais elle ne laisse personne s'écarter ou s'immobiliser. Grâce à la route, l'Amérique est un territoire unifié à conquérir et à explorer. Les jeunes hommes veulent laisser la trace de leurs godasses sur le sol de toutes les villes qu'ils foulent. Pour cela, il faut une voiture : mettez un volant entre les mains de Dean Moriarty et il ira partout. « Toi et moi, Sal, on savourerait le monde entier avec une voiture comme ça, parce que, mon pote, la route doit en fin de compte mener dans le monde entier. Il n'y a pas un coin où elle ne puisse aller, hein ? » (p. 326) Et voilà comment la voiture devient partie prenante du récit, personnage secondaire essentiel, adjuvant obligatoire.
    Entre alcool, drogue et sexualité, les périples automobiles sont riches en expériences très diverses. Chacun court après quelques dollars pour faire un plein d'essence ou manger. Il faut alors chaparder, escroquer. Aucun problème, la route vous le rendra ! de même, les amours sont furtives, mais intenses et sincères. « Nous nous retournâmes au douzième pas, puisque l'amour est un duel et on se regarda l'un l'autre pour la dernière fois. » (p. 146) Sauf pour Dean Moriarty qui balance entre Marylou et Camille. de l'une à l'autre, il s'épuise et se trahit. S'asseoir et s'attacher, c'est mourir. Mais n'est-ce pas partir qui est mourir, un peu ? Peut-être, mais rester semble tellement pire ! « Quel est ce sentiment qui vous étreint quand vous quittez des gens en bagnole et que vous les voyez rapetisser dans la plaine jusqu'à, finalement, disparaître ? C'est le monde trop vaste qui nous pèse et c'est l'adieu. Pourtant nous allons tête baissée au-devant d'une nouvelle et folle aventure sous le ciel. » (p. 220)
    Sal Paradise n'est pas moins perturbé ou incertain : « J'ai du goût pour trop de choses que je mélange, m'attardant à courir d'une étoile filante à une autre jusqu'à temps que je me casse la figure. Voilà ce que c'est que de vivre dans la nuit, voilà ce que ça fait de vous. Je n'avais rien à offrir à personne que ma propre confusion. » (p. 178) À force d'être partout et de ne rester nulle part, Sal s'étourdit et perd pied. Mais pas question de raccrocher les souliers : la route ne se referme pas, on ne lui tourne pas le dos.
    Avec Marylou et Dean, l'odyssée américaine prend des airs de revendication, de bravade. « C'était trois enfants de la nuit de la terre qui voulaient affirmer leur liberté et les siècles passés, de tout leur poids, les écrasaient dans les ténèbres. » (p. 187) Les trois jeunes gens se révoltent, sans vraiment en parler, contre une Amérique bureaucratique, policière et suspicieuse. Animés d'un romantisme crasseux et sublime, ils mènent un train d'enfer sur les routes mythiques de l'Amérique. Ils fuient leurs tourments et la vacuité de l'existence, avant de comprendre au terme d'un énième voyage que rien ne s'abandonne, que la route ne peut rien effacer.
    « Un gars de l'Ouest, de la race solaire, tel était Dean. » (p. 25) Dean Moriarty attire et fascine, mais il est dangereux, décidément néfaste. « Tu n'as absolument aucun égard pour personne sinon pour toi-même et tes sacrés plaisirs de cinglé. Tu ne penses à rien d'autre qu'à ce qui te pend entre les jambes et au fric ou à l'amusement que tu peux tirer des gens et puis tu les envoies paître. Sans compter que dans tout ça tu te conduis stupidement. Il ne t'est jamais venu à l'esprit que la vie est une chose sérieuse et qu'il y a des gens qui s'efforcent d'en user honnêtement au lieu de glander à longueur de temps. Voilà ce que Dean était le GLANDEUR MYSTIQUE. » (p. 275) le héros solaire est plutôt sombre, comme un phare de naufrageurs : qui s'y frotte risque d'y perdre ses ailes. Et pourtant, quand il n'est pas là, il manque. Sal s'y réfère, s'en rappelle et, à sa façon, l'honore.
    Voilà quelques mots sur cette lecture époustouflante. Que ce roman soit le manifeste de la Beat Generation, c'est une évidence. Qu'il soit devenu le vademecum de plusieurs générations de jeunes gens, c'est encore plus évident. Je repose le roman, mais je vais le garder à porter de main, relire certains passages et rêver de prendre la route, de mettre mes pompes dans les pas de Dean Moriarty et de Sal Paradise, et de me couler un instant dans l'esprit un peu foutraque de Jack Kerouac. Je vais poursuivre cette lecture sublime par la visite de l'exposition Kerouac au Musée des lettres et manuscrits et par une séance de cinéma que j'espère à la hauteur du roman.
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    Critique de qualité ? (27 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    On the Road
    Traduction : Jacques Houbard
    Avez-vous rencontré, au hasard de vos nombreuses et bénéfiques lectures, certains de ces livres si particuliers qui, bien que vous soyez viscéralement hostile à la philosophie défaitiste de la vie qu'ils paraissent véhiculer, n'en trouvent pas moins le moyen de vous sauter au cou comme s'ils vous connaissaient depuis toujours avant de s'installer douillettement, tendrement, tout au fond de votre esprit et de votre cœur ? …
    Eh ! bien, « Sur la route », de Jean-Louis Kérouac, descendant vraisemblable de nobliaux bretons nommés Lebris de Kérouarc'h, et mieux connu sous son nom de Jack Kerouac, est de ceux-là.
    Pourtant, il n'y a pratiquement pas d'intrigue dans ce roman. Rien que des noms, beaucoup de noms de villes, des plus anonymes aux plus célèbres, qui s'échelonnent d'est en ouest parmi les paysages aussi vastes que contrastés des Etats-Unis. Et des routes si nombreuses, si folles que, à jamais, elles se confondront dans « la Route », celle qui, tel un trou noir inavoué, aspire, malaxe, rabote, rejette, digère … le narrateur, Sal Paradise – beau nom, n'est-ce pas ? – et surtout son « Ange » qui ne se transformera en « clochard céleste » qu'à la fin du livre, Dean Moriarty.
    Dean pour la folie auto-destructrice ; Moriarty pour toute la noirceur obsessionnelle. Ainsi placé sous ce double parrainage, l'anti-héros désespéré de « Sur la route » tour à tour nous répugne, nous choque, nous séduit, nous force à rire pour ne pas grimacer et même nous attendrit.
    Fils d'un alcoolique devenu clochard et qui s'appelait aussi Dean Moriarty, notre Dean à nous n'a pratiquement pas connu sa mère, morte alors qu'il n'avait que 4 ans. Son enfance, ce sont les « cuites » terribles d'un père auprès duquel il s'entête à vivre, cotoyant lui-même clochards et paumés jusqu'à l'âge de 11 ans, date de sa première arrestation - pour vol de voiture - et de sa première maison de correction. Derrière les murs bien clos, le petit rêve encore et toujours de son père et de la Route sur laquelle il chemine sans fin, de ville en ville, passager clandestin dans les wagons des convois de marchandises. Et, plus sûrement que la maison de correction, le rêve et la Route se referment sur lui.
    Car il est impossible de considérer Dean Moriarty Jr comme autrement qu'un déséquilibré, un asocial, plus lunaire que vraiment violent mais irrémédiablement voué à errer dans les méandres du jeu social sans jamais y trouver ne serait-ce que le plus humble des strapontins.
    L'alcool – fidèle à l'image paternelle, Dean boit évidemment comme une outre, à « s'en casser la tête » selon l'expression consacrée – la marijuana – pudiquement rebaptisée « thé » en cette après-guerre américaine – et vraisemblablement d'autres substances sur lesquelles Kerouac fait volontairement l'impasse sont ses plus fidèles compagnons. Avec la Déchéance et la Vieillesse et puis la Mort, qu'il fuit jusqu'à en crever, au volant de toutes les voitures qui lui tombent sous la main, sur cette Route que, lorsqu'elle vient buter sur un océan, il reprend immédiatement en sens inverse.
    Oh ! bien sûr, Dean aime aussi le sexe mais, même si les femmes semblent vouloir presque toutes lui tomber dans les bras, elles ne sont pour lui qu'un autre moyen de conjurer le Destin. Vaillamment, il en épousera trois : Marylou, Camille et Inez et il aura même des enfants. Mais il est foncièrement incapable de « se poser », d'édifier quelque chose, bon gré, mal gré. le faire, ne serait-ce pas trahir le Père, ce clochard dont il ne sait pas s'il est mort et qu'il recherche avec la même obstination dans tous les lieux les plus mal famés des USA ? …
    Fils d'un destin gâché, Dean gâche le sien avec constance. Trop souvent égoïste, parfois touchant, tantôt exaspérant comme un vilain garnement qui veut à toutes forces attirer l'attention sur lui, tantôt merveilleux de gentillesse et de tendresse, jamais cynique mais toujours désespéré, c'est un dément « au rire maniaque » comme le dit Sal et c'est aussi un pauvre gamin privé d'amour qui roule, qui roule sur la longue Route afin d'oublier le vide immense qui le cerne.
    A la fin du roman, alors que tous ses compagnons de cavale et de boisson sont rentrés dans le rang, il s'éclipse discrètement et non sans élégance dans son vieux manteau mité, au coin de la Septième Avenue, à New-York. Et Laura, la compagne de Sal, devenu « écrivain écrivant », éclate soudain en larmes et s'écrie : « Oh ! On n'aurait pas dû le laisser partir ainsi ! Qu'est-ce qu'on va faire ? … »
    Un livre étrange, donc et fascinant, qui allie à des dialogues volontairement plats de splendides images d'une poésie brute assez proche de celle d'un Henry Miller – Kerouac le considérait d'ailleurs comme l'un de ses maîtres. Et ça, c'est une référence, non ? …;o)
    Si vous voulez en savoir un peu plus sur Kerouac et la « Beat Generation », ce site (par exemple) :
    http://membres.lycos.fr/neal/kerouac.html
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par nastasiabuergo, le 08 mars 2012

    nastasiabuergo
    Ceci n'est pas un livre, c'est un état d'esprit. En effet, dites-le vous, Kerouac n'a pas écrit une histoire. Au début on est tenté de suivre les péripéties des deux gaillards principaux, Sal Paradise alias Jack Kerouac et Dean Moriarty alias Neal Cassady (NB: dans le rouleau original, Kerouac n'a même pas pris la peine de modifier les noms réels des protagonistes, ainsi Neal Cassady, Allen Ginsberg et autres apparaissent directement sous leur véritable identité). Mais au bout d'un moment l'histoire semble patiner et nous avec et puis, d'un coup, paf! On se rend compte que l'histoire n'a absolument aucun intérêt, que la seule chose qui prime c'est l'état d'esprit, le "Mood" pour reprendre un terme de jazz si propre à l'écriture de Kerouac. Soit cela prend et c'est magique, soit cela ne prend pas et c'est une déception cruelle pour le lecteur. Vous aurez compris que pour moi ça a pris, peut-être parce que je l'ai lu "Sur la route" sans but et sans mobile comme les deux protagonistes. Quand cela prend, on n'en ressort jamais complètement indemne, il y a un avant et un après Kerouac. C'est une autre manière de voir la vie. Cela devient de la métaphysique, une philosophie de vie (qui sera développée plus tard dans Les Clochards célestes). Est-ce moral de fuir ainsi tout le temps, d'abandonner ses enfants et ses compagnes comme le fait Dean? Est-ce que ça changerait quelque chose, à l'heure du dernier soupir, de ne pas les avoir abandonnés? Ce livre a le mérite d'exister et de souffler une autre vision de la vie que l'utilitarisme. Faire des choses qui ne servent à rien, juste pour les vivres, juste pour l'éphémère sensation qu'elles vous procurent. Vivre tout à fond, comme si c'était la dernière fois, expérimenter à tout va, la folle vitesse, les folles drogues, les folles orgies, les folles distances, les folles déprimes, les folles rigolades, les folles relations humaines, explorer des terrains inconnus de l'être, de la société, de la morale, de l'espace, vivre 100 vies en une, bref, accumuler des expériences, des expériences, et encore des expériences, quels qu'en soient la nature et le type, se chercher soi-même en une quête sans cesse réitérée au travers de ce que l'on ne connaît pas (voir la citation que j'ai postée). Voilà, pour moi, Sur la route, c'est tout ça. La devise de ces joyeux drilles pourrait être "peu importe le flacon, pour peu qu'il y ait l'ivresse!".
    Le livre sortit en 1957, année mémorable à plus d'un titre, mais en particulier pour l'envoi dans l'espace du fameux satellite artificiel soviétique nommé Spoutnik. Il n'en fallut pas plus à Kerouac pour imaginer le terme de beatnik pour qualifier ces sortes d'électrons libres déguenillés ayant la bougeotte. Kerouac explique le terme "beat" comme faisant référence à trois notions combinées: la première provient des populations noires du métro de New York, littéralement les "battus", oubliés du rêve américain, croupissant dans la misère et l'absence de perspective, mais caractérisés par une sorte d'insouciance, une bonne humeur et une fraternité de tous les instants, couplée à une sérieuse tendance à chanter pour un oui pour un non. La seconde provient de la notion de pulsation, de "battement", terme qui évoque le cœur, mais aussi et surtout la rythmique du jazz, dont la prose spontanée de Kerouac se veut l'équivalent littéraire des improvisations propres à cette musique. Enfin, n'oublions pas que Kerouac était francophone et que le français était même sa langue maternelle et que donc le terme "beat" fait également écho au terme français "béatitude" dans son sens d'émerveillement simple et naturel devant le spectacle de la nature (humaine ou rencontrée Sur la route). Ainsi, l'auteur désigna-t-il sa génération (ceux qui ont fait 39-45 et en sont revenus un peu paumés) comme la "Beat Generation", clin d'œil à la non moins fameuse "génération perdue" de 14-18, si bien décrite par D. H. Lawrence dans L'Amant de Lady Chatterley et dont l'écrivain Ernest Hemingway en est l'archétype.
    A titre de comparaison, si vous avez l'occasion, lisez cet autre "Sur la route" qu'est Voyage à motocyclette de Che Guevara et vous verrez un tout autre effet du fait de voyager sans but. D'une certaine manière, c'est la même histoire, les mêmes protagonistes, mais le hasard a fait qu'ils n'ont pas croisé la même réalité et qu'elle n'a pas eu les mêmes effets sur eux. Ceci engendre une autre métaphysique qu'il n'est pas inintéressant de confronter. Enfin, est-il utile de préciser que le "Sur la route" de Kerouac est dans la lignée des romans américains qui tirent leur origine du monument de Melville, Moby Dick, j'en veux pour preuve la première et la dernière page du roman. Dans la première, le héros ressemble à s'y méprendre au Ishmaël de Melville et dans la dernière, Kerouac compare l'Amérique à un ventre géant et allongé, allusion à peine masquée à la grosse baleine tueuse.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 24 juin 2010

    vincentf
    Fureur de vivre, de prendre la route, de se détruire, ce roman de l'errance infinie, de la frénésie, du bop, du it, des paradis (le narrateur se nomme Paradise) artificiels donne l'envie de tout balancer, de partir, n'importe où, de rendre visite à Dean le fou, du côté de Denver, de San Francisco ou du Mexique, de foncer ivre mort en bagnole (existe-t-il, dans le puritanisme ambiant, de crime plus odieux ?), de soulever des filles inconnues dans un bordel assoiffé de mambo, bref, de laisser l'énergie vitale guider le bateau trop intellectuel de la sage vie des gens ordinaires. Certes on voit bien que la route ne mène nulle part, pas même à Rome (Dean et Sal n'iront jamais en Italie), et que l'on ne trouve que la mort au bout du chemin. Génération perdue ? Sans doute. Génération qui comprend que la partie est forcément perdue et qui fuit les règles établies pour trouver un moyen de vivre un peu au milieu des cadavres qui s'amassent partout.
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    • Livres 4.00/5
    Par fran6h, le 27 avril 2012

    fran6h
    Il y a du mystique dans ce roman, de la quête du sens.
    Un "classique" de la littérature américaine, publié en 1957 et dont l'action se situe dans l'immédiat après guerre. L'aventure de deux jeunes à travers les Etats-Unis, de long en large et vice-versa.
    Sal Paradise, le narrateur, et Dean Moriarty vont passer un certain nombre d'années "Sur la route", entre New-York et San Francisco, Denver et Los Angeles. Cette route ponctuée de rencontres, d'amis de passage, d'histoires, d'aventures, de musiques, de beuveries, de drogues et d'amours ... Et comme ça pendant plus de trois cents pages.
    Les deux protagonistes sont à la recherche d'un idéal, du "it" ! Comme le bop le procure parfois. de l'extase de la vie. Une sorte d'expérience surréaliste grandeur nature.
    Et le voyage au Mexique répondra t-il aux attentes ?
    C'est le roman d'une jeunesse désœuvrée qui cherche à vivre pleinement sa vie.
    Un roman qui donne envie de se mettre au volant et de rouler ...

    Lien : http://animallecteur.canalblog.com/archives/2012/04/27/24113807.html
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Critiques presse (1)


  • LeMonde , le 28 novembre 2011
    Des années avant Sur la route, Kerouac y décrit son alter ego comme "en révolte contre la société telle qu'elle est". Tous les thèmes favoris de la littérature de la beat generation y sont déjà largement évoqués : The sea is my brother laisse transparaître l'amour de Kerouac pour les voyages, les grands espaces et les pérégrinations sans objectif précis
    Lire la critique sur le site : LeMonde

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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 20 mai 2012

    « Tu n’as absolument aucun égard pour personne sinon pour toi-même et tes sacrés plaisirs de cinglé. Tu ne penses à rien d’autre qu’à ce qui te pend entre les jambes et au fric ou à l’amusement que tu peux tirer des gens et puis tu les envoies paître. Sans compter que dans tout ça tu te conduis stupidement. Il ne t’est jamais venu à l’esprit que la vie est une chose sérieuse et qu’il y a des gens qui s’efforcent d’en user honnêtement au lieu de glander à longueur de temps. Voilà ce que Dean était le GLANDEUR MYSTIQUE. » (p. 275)
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  • Par LiliGalipette, le 20 mai 2012

    « J’ai du goût pour trop de choses que je mélange, m’attardant à courir d’une étoile filante à une autre jusqu’à temps que je me casse la figure. Voilà ce que c’est que de vivre dans la nuit, voilà ce que ça fait de vous. Je n’avais rien à offrir à personne que ma propre confusion. » (p. 178)
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  • Par LiliGalipette, le 20 mai 2012

    « Toi et moi, Sal, on savourerait le monde entier avec une voiture comme ça, parce que, mon pote, la route doit en fin de compte mener dans le monde entier. Il n’y a pas un coin où elle ne puisse aller, hein ? » (p. 326)
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  • Par LiliGalipette, le 20 mai 2012

    « La mouche m’avait piqué de nouveau et le nom de la mouche, c’était Dean Moriarty et j’étais bon pour un nouveau galop sur la route. » (p. 164)
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 20 mai 2012

    « Voici que j’étais au bout de la l’Amérique, au bout de la terre, et maintenant il n’y avait nulle part où aller, sinon revenir. Je résolus du moins d’adopter un périple circulaire. » (p. 115)
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Visite guidée : sur les traces de Jack Kerouac .
Le musée des lettres et des manuscrits de Paris expose le fameux rouleau de papier de 50 mètres de long sur lequel Jack Kerouac dactylographia son roman "Sur la route" en 1951. En trois semaines d?écriture intense et urgente. Visite guidée en compagnie d'Estelle Gaudry, commissaire de l'exposition.








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