> Jacques Houbart (Autre)
> Michel Mohrt (Autre)

ISBN : 2070367665
Éditeur : Gallimard (1976)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 258 notes) Ajouter à mes livres
"Sur la route" est centré sur le personnage obscur et fascinant de Dean Moriarty, alors considéré comme le chef de file de la Beat generation. En révolte contre l'hypocrisie morale de l'Amérique bien-pensante, Jack Kerouac parcourt les Etats-Unis à la recherche d'un nou... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    On the Road
    Traduction : Jacques Houbard
    Avez-vous rencontré, au hasard de vos nombreuses et bénéfiques lectures, certains de ces livres si particuliers qui, bien que vous soyez viscéralement hostile à la philosophie défaitiste de la vie qu'ils paraissent véhiculer, n'en trouvent pas moins le moyen de vous sauter au cou comme s'ils vous connaissaient depuis toujours avant de s'installer douillettement, tendrement, tout au fond de votre esprit et de votre cœur ? …
    Eh ! bien, « Sur la route », de Jean-Louis Kérouac, descendant vraisemblable de nobliaux bretons nommés Lebris de Kérouarc'h, et mieux connu sous son nom de Jack Kerouac, est de ceux-là.
    Pourtant, il n'y a pratiquement pas d'intrigue dans ce roman. Rien que des noms, beaucoup de noms de villes, des plus anonymes aux plus célèbres, qui s'échelonnent d'est en ouest parmi les paysages aussi vastes que contrastés des Etats-Unis. Et des routes si nombreuses, si folles que, à jamais, elles se confondront dans « la Route », celle qui, tel un trou noir inavoué, aspire, malaxe, rabote, rejette, digère … le narrateur, Sal Paradise – beau nom, n'est-ce pas ? – et surtout son « Ange » qui ne se transformera en « clochard céleste » qu'à la fin du livre, Dean Moriarty.
    Dean pour la folie auto-destructrice ; Moriarty pour toute la noirceur obsessionnelle. Ainsi placé sous ce double parrainage, l'anti-héros désespéré de « Sur la route » tour à tour nous répugne, nous choque, nous séduit, nous force à rire pour ne pas grimacer et même nous attendrit.
    Fils d'un alcoolique devenu clochard et qui s'appelait aussi Dean Moriarty, notre Dean à nous n'a pratiquement pas connu sa mère, morte alors qu'il n'avait que 4 ans. Son enfance, ce sont les « cuites » terribles d'un père auprès duquel il s'entête à vivre, cotoyant lui-même clochards et paumés jusqu'à l'âge de 11 ans, date de sa première arrestation - pour vol de voiture - et de sa première maison de correction. Derrière les murs bien clos, le petit rêve encore et toujours de son père et de la Route sur laquelle il chemine sans fin, de ville en ville, passager clandestin dans les wagons des convois de marchandises. Et, plus sûrement que la maison de correction, le rêve et la Route se referment sur lui.
    Car il est impossible de considérer Dean Moriarty Jr comme autrement qu'un déséquilibré, un asocial, plus lunaire que vraiment violent mais irrémédiablement voué à errer dans les méandres du jeu social sans jamais y trouver ne serait-ce que le plus humble des strapontins.
    L'alcool – fidèle à l'image paternelle, Dean boit évidemment comme une outre, à « s'en casser la tête » selon l'expression consacrée – la marijuana – pudiquement rebaptisée « thé » en cette après-guerre américaine – et vraisemblablement d'autres substances sur lesquelles Kerouac fait volontairement l'impasse sont ses plus fidèles compagnons. Avec la Déchéance et la Vieillesse et puis la Mort, qu'il fuit jusqu'à en crever, au volant de toutes les voitures qui lui tombent sous la main, sur cette Route que, lorsqu'elle vient buter sur un océan, il reprend immédiatement en sens inverse.
    Oh ! bien sûr, Dean aime aussi le sexe mais, même si les femmes semblent vouloir presque toutes lui tomber dans les bras, elles ne sont pour lui qu'un autre moyen de conjurer le Destin. Vaillamment, il en épousera trois : Marylou, Camille et Inez et il aura même des enfants. Mais il est foncièrement incapable de « se poser », d'édifier quelque chose, bon gré, mal gré. le faire, ne serait-ce pas trahir le Père, ce clochard dont il ne sait pas s'il est mort et qu'il recherche avec la même obstination dans tous les lieux les plus mal famés des USA ? …
    Fils d'un destin gâché, Dean gâche le sien avec constance. Trop souvent égoïste, parfois touchant, tantôt exaspérant comme un vilain garnement qui veut à toutes forces attirer l'attention sur lui, tantôt merveilleux de gentillesse et de tendresse, jamais cynique mais toujours désespéré, c'est un dément « au rire maniaque » comme le dit Sal et c'est aussi un pauvre gamin privé d'amour qui roule, qui roule sur la longue Route afin d'oublier le vide immense qui le cerne.
    A la fin du roman, alors que tous ses compagnons de cavale et de boisson sont rentrés dans le rang, il s'éclipse discrètement et non sans élégance dans son vieux manteau mité, au coin de la Septième Avenue, à New-York. Et Laura, la compagne de Sal, devenu « écrivain écrivant », éclate soudain en larmes et s'écrie : « Oh ! On n'aurait pas dû le laisser partir ainsi ! Qu'est-ce qu'on va faire ? … »
    Un livre étrange, donc et fascinant, qui allie à des dialogues volontairement plats de splendides images d'une poésie brute assez proche de celle d'un Henry Miller – Kerouac le considérait d'ailleurs comme l'un de ses maîtres. Et ça, c'est une référence, non ? …;o)
    Si vous voulez en savoir un peu plus sur Kerouac et la « Beat Generation », ce site (par exemple) :
    http://membres.lycos.fr/neal/kerouac.html
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    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 24 juin 2010

    vincentf
    Fureur de vivre, de prendre la route, de se détruire, ce roman de l'errance infinie, de la frénésie, du bop, du it, des paradis (le narrateur se nomme Paradise) artificiels donne l'envie de tout balancer, de partir, n'importe où, de rendre visite à Dean le fou, du côté de Denver, de San Francisco ou du Mexique, de foncer ivre mort en bagnole (existe-t-il, dans le puritanisme ambiant, de crime plus odieux ?), de soulever des filles inconnues dans un bordel assoiffé de mambo, bref, de laisser l'énergie vitale guider le bateau trop intellectuel de la sage vie des gens ordinaires. Certes on voit bien que la route ne mène nulle part, pas même à Rome (Dean et Sal n'iront jamais en Italie), et que l'on ne trouve que la mort au bout du chemin. Génération perdue ? Sans doute. Génération qui comprend que la partie est forcément perdue et qui fuit les règles établies pour trouver un moyen de vivre un peu au milieu des cadavres qui s'amassent partout.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par furby71, le 22 décembre 2010

    furby71

    Sur la route (Jack Kerouac)

    Résumé :
    « Un gars de l'Ouest, de la race solaire, tel était Dean. Ma tante avait beau me mettre en garde contre les histoires que j'aurais avec lui, j'allais entendre l'appel d'une vie neuve, voir un horizon neuf, me fier à tout ça en pleine jeunesse ; et si je devais avoir quelques ennuis, si même Dean devait ne plus vouloir de moi pour copain et me laisser tomber, comme il le ferait plus tard, crevant de faim sur un trottoir ou sur un lit d'hôpital, qu'est-ce que cela pouvait me foutre ?... Quelque part sur le chemin je savais qu'il y aurait des filles, des visions, tout, quoi ; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare ».

    Avis :
    Sur la route est la description de l'Amérique d'après-guerre et de la beat génération, une génération de jeunes gens rejetant le passé et le futur, vivant l'instant présent et se livrant à tous les excès.
    Ce roman quasi-autobiographique relate les aventures de deux amis sur les routes américaines ; ils voyagent en stop, logent chez ceux qui les acceptent, partagent les femmes et l'alcool et rencontrent une foule de personnages tous plus extravagants les uns que les autres.
    L'histoire est relatée par Sal Paradise, un ancien combattant tentant d'écrire son premier roman, qui incarne en réalité l'auteur lui-même. Sa rencontre avec Dean Moriarty, ancien pensionnaire des maisons de correction, se proclamant poète, va l'entraîner dans une folle cavalcade. Fasciné par Dean, Sal le suit à travers tous les Etats-Unis, de New-York à San Francisco, en passant par Denver. Il va, au cours de ce voyage, tisser des liens amicaux, tomber amoureux, vivre de grandes désillusions. Ce voyage au travers du territoire américain est une véritable quête, la quête d'un idéal de vie.
    Ce roman est très intéressant, même si le style de l'auteur est parfois un peu déroutant. le récit comporte quelques longueurs et les très nombreuses références à la culture américaine des années 40 engendrent quelques problèmes de compréhension. De même, l'extravagance du personnage de Dean Moriarty, poussée à l'extrême, est parfois un peu dérangeante.
    J'ai cependant aimé ce livre car il est une véritable plongée dans la vie américaine des années 40. Sa lecture m'a rappelé « Le Rêve le plus doux », de Doris Lessing, et « Les Chroniques de San Franciso » d'Armistead Maupin, même si, dans ce dernier cas, il ne s'agit pas de la même période.
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    • Livres 4.00/5
    Par kilimandjaro, le 23 août 2010

    kilimandjaro
    Malgré le comportement désagréable de certains personnages,
    l'égoïsme affiché au nom d'une certaine liberté, ce livre est une aventure à lire. L'écriture, l'ambiance, l'intensité, la sensibilité et même le ridicule procurent un vrai plaisir.
    il faut oublier que c'est le livre clé de la "Beat Generation" écrit par son chef de file...
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    • Livres 1.00/5
    Par aleatoire, le 24 octobre 2011

    aleatoire
    Malgré plusieurs tentatives, ne suis jamais parvenu à prendre la route et tristement, demeure au bord de la page.
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Critiques presse (1)


  • LeMonde , le 28 novembre 2011
    Des années avant Sur la route, Kerouac y décrit son alter ego comme "en révolte contre la société telle qu'elle est". Tous les thèmes favoris de la littérature de la beat generation y sont déjà largement évoqués : The sea is my brother laisse transparaître l'amour de Kerouac pour les voyages, les grands espaces et les pérégrinations sans objectif précis
    Lire la critique sur le site : LeMonde

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Citations et extraits

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  • Par Olaf, le 22 mars 2011

    Carlo Marx arriva, de la poésie sous le bras, et s'installa sur un siège confortable, nous observant avec ses yeux en vrille. Durant la première demi-heure, il se refusa à dire quoi que ce fût; en tout cas, il refusa de se compromettre. Il s'était assagi depuis l'époque des Idées Noires de Denver; ceci à cause des Idées Noires de Dakar. A Dakar, la barbe au menton, il avait traîné dans les ruelles avec des gamins qui l'avaient conduit auprès d'un sorcier, lequel lui dit la bonne aventure. Il avait des instantanés de rues étranges avec des huttes couvertes d'herbe dans les bas-fonds pouilleux de Dakar. Il dit qu'il avait failli, tel Hart Crane, se jeter du haut du bateau, pendant le trajet du retour. Dean était assis sur le plancher avec une boîte à musique et il écoutait, saisi d'une immense stupeur, la petite chose qui jouait "Une belle romance". «Petites pirouettes de grelots grelottants. Ah! écoutez! Penchons-nous tous ensemble pour observer l'intérieur de la boîte à musique jusqu'à temps qu'on découvre les secrets des petits grelots grelottants, hi!» Ed Dunkel était aussi assis sur le plancher; il tenait mes baguettes de tambour; soudain il se mit à scander une minuscule batterie pour accompagner la boîte à musique, que l'on pouvait à peine entendre. Tout le monde retint son souffle pour écouter. «Tic... tac... tic-tic... tac-tac.» Dean mit la main en cornet à son oreille; il était bouche bée; il dit: «Ah! Hi!».

    Carlo observait cette toquade loufoque les yeux mi-clos. Finalement il se claqua le genou et dit: «J'ai une déclaration à faire.
    - Oui? ah, oui?
    - Quelle est la signification de cette expédition à New York? Quel genre d'affaire sordide mijotes-tu encore? Je veux dire, mon pote, vers quel séjour diriges-tu tes pas? Vers quel séjour diriges-tu tes pas, Amérique, en ton automobile étincelante dans la nuit?
    - Vers quel séjour diriges-tu tes pas?», répéta Dean bouche bée. On était assis et on ne savait pas quoi dire; il n'y avait rien à ajouter à ça. La seule chose à faire, c'était de diriger nos pas. Dean se leva d'un bond et dit que nous étions prêts à repartir pour la Virginie.

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  • Par gaillard1, le 19 septembre 2010

    Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller.
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  • Par Zabou, le 18 juillet 2010

    La Californie de Dean, pays délirant et suant, pays d'importance capitale, c'était celui où les amants solitaires, exilés et bizarres, viennent se rassembler comme des oiseaux, le pays où tout le monde, d'une manière ou d'une autre, ressemble aux acteurs de cinéma détraqués, beaux et décadents.
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  • Par mandarine43, le 31 juillet 2011

    [ Incipit ]

    J'ai connu Dean peu de temps après qu'on ait rompu ma femme et moi. J'étais à peine remis d'une grave maladie dont je n'ai rien à dire sinon qu'elle n'a pas été étrangère à cette lamentable et déprimante rupture, à mon impression que tout était foutu. Avec l'arrivée de Dean Moriarty commença le chapitre de ma vie qu'on pourrait baptiser « ma vie sur la route ». Auparavant j'avais souvent rêvé d'aller dans l'Ouest pour voir le pays, formant toujours de vagues projets que je n'exécutais jamais. Pour la route Dean est le type parfait, car il y est né, sur la route, dans une bagnole, alors que ses parents traversaient Salt Lake City en 1926 pour gagner Los Angeles. Les premiers échos que j'ai eus de lui me vinrent de Chad King, qui me montra des lettres que Dean avait écrites dans une maison de correction du Nouveau-Mexique. Je fus prodigieument intéressé par ces lettres dans lesquelles, avec tant de naïveté et de gentillesse, il demandait à Chad de tout lui apprendre sur Nietzsche et les autres choses merveilleuses que Chad connaissait. À l'occasion, Carlo et moi nous parlions de ces lettres : pourrions-nous jamais rencontrer l'étrange Dean Moriarty ? Tout cela remonte bien loin, à l'époque où Dean n'était pas encore le type qu'il est devenu, où il était un gosse en cage tout enveloppé de mystère. Puis la rumeur courut que Dean était sorti de sa maison de correction et qu'il venait à New York pour la première fois ; on disait aussi qu'il venait de se marier avec une fille nommé Marylou.
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  • Par kilimandjaro, le 23 août 2010

    Ils étaient descendus du plus haut des montagnes pour mendier quelque chose qu'ils croyaient obtenir de la civilisation et n'imaginaient pas la tristesse ni la pauvre et sinistre illusion de cet espoir.
    Ils ne savaient pas qu'une bombe était née qui pouvait démolir tous nos ponts et toutes nos routes et les rejeter au chaos et que nous serions peut-être un jour aussi pauvres qu'eux, et les mains ouvertes, tout à fait de la même façon.
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