> Nathalie Amargier (Traducteur)

ISBN : 2020477815
Éditeur : Seuil (2004)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 116 notes) Ajouter à mes livres
A Kiev, Victor Zolotarev et le pingouin Micha tentent péniblement de survivre. Victor, journaliste, est sans emploi et Micha, rescapé du zoo, traîne sa dépression entre la baignoire et le frigidaire de l'appartement. Lorsque le patron d'un grand quotidien offre à Vict... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (15)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Ecrits-slaves, le 29 juin 2008

    Ecrits-slaves
    Je vais être méchante : j'ai lu quelques commentaires mauvais sur certains blogs concernant cet ouvrage. Bon, en soi, on a le droit de ne pas aimer un livre.. mais les "raisons" de cette déception sont, quant à elles, fort amusantes... Comme d'habitude, dans la littérature slave, il faut replacer le recit dans son cadre historique, et surtout ne pas tout prendre au pied de la lettre ...
    L'histoire se déroule dans la tourmente des années post-soviétiques en Ukraine. Tout n'est que mafia, grosses voitures et argent. Au milieu de tout ça, le héros se détache et par son originalité et par sa lenteur. En effet, il heberge chez lui un pingouin récuperé d'un zoo ... et il est écrivain ! C'est un détail ? non ce n'est pas un detail ... Les professions intellectuelles ont connu un gros gros malaise dans ces nouvelles sociétés en mutation .. un intellectuel c'est un etre inutile par definition... ça lit, ça gagne rien, ça produit rien ... il a donc un métier devalorisé, et un animal inutile, non acclimaté, quasiment dépressif. Animal qui n'est que son propre reflet... Il n'est qu'un homme qui se doit de s'adapter, sans pour autant y arriver.
    De plus, écrivain raté, il trouve comme travail d'écrire pour un journal des "petites croix" : c'est à dire des nécrologies de personnes non encore décédées. Il se retrouve alors pris dans un engrenage mafieux puisque ces personnes, connues, se mettent à décéder les unes après les autres. On lui demande alors de se cacher, d'avoir un revolver, d'heberger une enfant pour la protéger ...C'est prometteur, ça fait livre thriller à suspense .. Et bien en fait non .. ce qui a déçu certaines personnes ... le héros Victor est dans une bulle. Il ne sort pas de chez lui, écrit ses petits articles, ne se pose pas de questions, boit, mange, nourrit son pingouin, joue avec l'enfant, couche avec la nounou ... mais ne s'etonne de rien... Et c'est là je pense la clef de ce roman. Ne plus s'étonner de rien ? Quel mécanisme peut entrainer un homme, mur, instruit et intelligent, à ne plus s'inquieter et à ne plus s'étonner de rien ? A vivre dans une société qui lui échappe completement, où sa vie est perpetuellement en danger sans réagir ?? C'est là, que le rythme lent du roman prend tout son sens selon moi... Cet homme est anesthésié par quelque chose, il est mou, il est lent, il a perdu ce qui fait de lui un citoyen réflechi.
    Lui ne sait pas et ne voit plus rien, mais le lecteur, à travers l'auteur lui est choqué. Choqué par ses hopitaux qui laissent les vieillards à l'abandon, choqué par ses mines qui portegent la datcha (petites maisons secondaires), choqué par l'avarice de certains, ces jeunes mafieux en voitures étrangères... choqué par les séries mexicaines débiles qui passent à la télé ... choqué que tout le monde trouve Le Pingouin drole alors qu'il est en etat de survie permanent..
    Ce roman est donc un chef d'oeuvre sur la condition humaine et sur la société post-soviétique. Sobre et étouffée, la critique de l'auteur n'est que plus belle. Elle est très proche de "Matin brun" de Franck Pavloff... Alors, par pitié, ne lisez pas les romans slaves de cette époque, au premier degré, comme on lit ceux de la rentrée littéraire française. Jugez chaque détail et tentez d'en voir le sens caché. Un extrait comme celui-ci ne devrait pas vous laisser indifférents et devrait vous amener à réflechir :
    " Sa vie lui semblait paisible, malgré l'épisode alarmant qui lui avait valu de passer le réveillon terré dans la datcha de Sergueï. Tout allait bien pour lui, du moins en apparence. A chaque époque "sa "normalité". Ce qui, auparavant, semblait monstrueux, était maintenant devenu quotidien, et les gens, pour éviter de trop s'inquieter, l'avaient integré comme une norme de vie, et poursuivaient leur existence. Car pour eux, comme pour Victor, l'essentiel etait et demeurait de vivre, vivre à tout prix. "
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Ness, le 21 novembre 2011

    Ness
    Victor, journaliste sans emploi a recueilli chez lui Micha un pingouin que le zoo de Kiev ne pouvait plus nourrir. Entre les deux êtres solitaires, une bien étrange relation se noue. Un beau jour, Victor est embauché par un grand journal pour rédiger des nécrologies de personnalités. Mais les choses se compliquent le jour ou certaines de ces personnalités sont retrouvées assassinées. Commence alors pour Victor une drôle d'aventure.
    Avec beaucoup d'humour, l'auteur nous fait découvrir la société ukraïenne des années 90 encore très influencée par l'ex URSS. Cette histoire rocambolesque peut être lu à différents niveaux, et il est intéressant de voir lequel on choisit selon le type de lecteur que l'on est.
    Cette fois-ci, le format ne m'a posé aucune difficulté, peut-être parce que j'étais préparée ou que le roman me plaisait plus.
    En tout cas, une très belle découverte qui donne envie de lire le deuxième volume Les pingouins n'ont jamais froid.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par spleen, le 30 octobre 2011

    spleen
    Cela faisait un bout de temps que j'avais envie de lire ce livre et je n'ai pas été déçue!
    L'histoire est dans un premier temps surprenante , l'adoption du pingouin proposée par le zoo qui ne peut plus nourrir ses pensionnaires, les articles commandés à Viktor qui sont des nécros, ses petites croix noires , l'argent qui arrive par surprise la nuit dans son appartement...
    Tout cela a un aspect un peu déroutant quand on ne prend pas en compte le contexte politique de cet ex -pays sovietique .
    La naïveté de notre héros refléte sans doute ce que vivaient ces gens entrainés malgré eux dans un engrenage de violence et de morts suspectes.
    On est surpris aussi par le besoin de nouer des liens avec les gens que l'on rencontre, cette amitié qui se crée sans ambage entre les hommes, la solidarité dont ils font preuve comme pour se protéger des puissances supérieures, inconnues et malfaisantes.
    Ce roman laisse cependant un sentiment de tristesse car on quitte notre héros sans nouvelle de Micha, son pingouin et loin de Sonia, la petite fille qui lui a été confiée.
    J'aurais du acheter d'emblée la suite !!!


    Lien : http://lejournaldelouloune.over-blog.com/article-le-pingouin-par-and..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 08 février 2011

    kathel
    Victor Zolotarev, écrivain ukrainien qui n'arrive pas à faire publier ses fictions, qui vit de trois fois rien, et sombre peu à peu dans la déprime, prend un jour à domicile l'un des animaux que le zoo de Kiev n'arrive plus à nourrir : un pingouin nommé Micha, aussi neurasthénique que lui. peu de temps après , une opportunité lui est proposée par un grand journal, celle d'écrire des nécrologies à l'avance, du vivant d'hommes célèbres de la ville, dont le point commun est de traîner quelques boulets derrière eux. Cet emploi particulier lui fait retrouver pour un temps le goût du travail bien fait, il noue même quelques amitiés dans l'exercice de ce nouveau job. Mais une des personnalités sur lesquelles il a écrit meurt, puis une autre, et Victor commence à trouver cela étrange.
    Ne croyez pas qu'il va se mettre immédiatement à tenter de percer à jour ce mystère, non, Victor prend toutes les choses comme elles lui arrivent, et d'ailleurs a-t-il le choix, existe-t-il un autre moyen de survie dans l'Ukraine post-soviétique que de se laisser aller à prendre la vie comme elle vient ? Surtout si, alors que cette nouvelle vie implique que si l'on ferme les yeux sur certaines choses, l'argent afflue brusquement ? Apparaissant tout d'abord comme une comédie où les personnages sont un pingouin, un écrivain, un policier, une fillette de quatre ou cinq ans, une jeune fille et quelques personnages louches, l'auteur montre dans ce roman les dessous pas très ragoûtants de la société ukrainienne et laisse transparaître son mal-être à y vivre.
    Il ne faut pas s'attendre à une comédie déjantée, certes l'humour et l'exagération y sont très présents, de même, Micha est un personnage à part entière, ce qui donne lieu à quelques scènes très drôles, comme celle du pique-nique sur le Dniepr gelé. Cependant, l'intérêt vient davantage d'une très intéressante et vivante critique de société, pas dénuée de morale, qu'il faut vraiment découvrir. A noter, le style fluide et à agréable à lire, bien rendu par une très bonne traduction.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-andrei-kourkov-le-pingou..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par amarinne, le 23 septembre 2009

    amarinne
    Une histoire surprenante, déconcertante, qui nous fait traverser, un moment de vie d'un écrivain ukrainien qui a adopté un pingouin neurasthénique comme animal de compagnie. Il se retrouve malgré lui embarqué dans une sombre affaire de "nettoyage politique", mafia et autres crimes sordides, la déliquescence d'un état de l'ex-URSS. Il récupère au passage la petite fille d'un de ses commanditaires et sa nounou. Ce quatuor hors du commun traverse assez indifféremment un monde absurde, vide de sens et sordide. Dommage peut-être que l'épilogue ne soit pas aussi décoiffant qu'on l'aurait souhaité, mais c'est une lecture finalement drôle et qui ne laisse pas indifférent
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

> voir toutes (12)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Piling, le 31 juillet 2008 Première phrase du livre

    incipit :
    Ce fut d'abord une pierre qui tomba à un mètre de son pied. Victor se retourna. Au bord de la chaussée aux pavés disjoints, deux types le regardaient, l'air narquois. L'un d'eux se baissa, ramassa un nouveau projectile, et, comme s'il jouait au bowling, le lança vers Victor, en contrebas. Celui-ci fit un bond de côté, et, d'un pas rapide proche de celui des marcheurs de compétition, gagna le coin de la rue, où il tourna, se répétant : "Surtout ne pas courir !" Il ne s'arrêta qu'à proximité de son immeuble. Un coup d'oeil à l'horloge publique lui apprit qu'il était vingt et une heures. L'endroit était calme et désert. Il entra dans le hall. La peur l'avait abandonné. La vie des gens ordinaires est si ennuyeuse, les distractions sont devenues hors de prix. C'est pour cela que les pavés volent bas...
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par BMR, le 13 décembre 2009

    [...] Micha, le pingouin, se promenait dans le couloir sombre, cognant de temps à autre à la porte fermée de la cuisine. Victor finit pas se sentir coupable et lui ouvrit. Il s'arrêta près de la table. Haut de presque un mètre, il parvenait à embrasser des yeux tout ce qui s'y trouvait. Il fixa d'abord la tasse de thé, puis Victor, qu'il examina d'un regard pénétrant, comme un fonctionnaire du Parti bien aguerri. Victor eut envie de lui faire plaisir. Il alla lui préparer un bain froid. Le bruit de l'eau fit immédiatement accourir le pingouin, qui s'appuya au rebord de la baignoire, bascula et plongea sans attendre qu'elle soit pleine.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Lillafrite, le 08 février 2011

    - Et ta bestiole, comment elle va? demanda-t-il avec une amabilité appuyée, en caressant sa barbe.
    - Elle va bien.
    - Il faut que je t'explique, poursuivit Liocha, soudain grave. Je voudrais te demander de venir avec ton pingouin, pour un truc...C'est pas vraiment joyeux, mais bon...En tout cas c'est bien payé.
    - Quel genre de truc? interrogea Victor d'un ton un peu amène.
    - J'ai des amis qui ont perdu leur patron. Ils l'enterrent demain. Et en grande pompe, tu sais. Rien que le cercueil à poignées de bronze, y en a pour une brique. Bref...un jour, je leur avais parlé de ton pingouin, et ça leur est revenu...Ils t'invitent aux obsèques avec lui.
    Victor le regarda, interloqué.
    -Pour quoi faire?
    -Comment dire...
    Concentré, il mordillait sa lèvre inférieure.
    - Dans toute chose, il doit y avoir de la classe...Ils ont justement pensé qu'un enterrement avec un pingouin, ce serait classe...Et même trop classe. C'est déjà un animal de deuil, noir et blanc...Tu vois?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par BMR, le 13 décembre 2009

    [...] - Vous avez manqué l'époque de l'abondance, déplora le vieil homme. Chaque siècle offre environ cinq années de faste, puis tout s'écroule ... je crains que vous ne viviez pas jusqu'au prochain tour, et moi encore moins ... Mais moi, j'aurai profité de celui qui vient de passer. Comment se porte votre manchot ? [...]

    Le vieil homme se leva et Victor s'aperçut à nouveau qu'il n'avait pas de chaussures.
    - Vous n'allez pas attraper froid ? s'inquiéta-t-il.
    - Non, dit Pidpaly, sûr de lui. C'est parce que je fais du yoga ... J'ai un livre avec des photos, et tous les yogis indiens sont pieds nus.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par bibliophage, le 05 avril 2009

    L'existence brève mais riche en rebondissements de Victor Zolotarev renferme à elle seule la matière d'une grande trilogie, et on peut penser que celle-ci sera écrite un jour. Mais pour l'instant, comme une douloureuse annotation à cette future oeuvre, c'est la nécrologie de Victor Zolotarev qu'il faut hélas composer.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)









Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le Pingouin par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (207)

> voir plus

Quiz