> Isabelle Maillet (Traducteur)

ISBN : 2743614811
Éditeur : Payot et Rivages (2006)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.18/5 (sur 613 notes) Ajouter à mes livres
Shutter Island est un îlot au large de Boston où un hôpital psychiatrique semblable à une forteresse accueille des pensionnaires atteints de troubles mentaux graves et coupables de crimes abominables. Un matin de septembre 1954, le marshall Teddy Daniels et son équipier... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Hahasiah, le 15 mai 2012

    Hahasiah
    Mon premier Lehane, ça se fête ! D'autant plus que cette rencontre a fomenté, au fil des pages, une inclination féroce pour cet auteur.
    Shutter Island, une île perdue et peu accueillante qui abrite un hôpital psychiatrique dans lequel est enfermée la fine fleur des agités du bocal passés à l'acte. Rachel Solando, une pensionnaire, disparaît de façon mystérieuse. A-t-elle fuit ? Comment s'y est-elle prise, si c'est le cas ? (On se demande bien pourquoi…Le lieu avait l'air si hospitalier !) A-t-elle été enlevée ? Où est-elle à présent ? Deux policiers, Teddy Daniels et Chuck Aule vont être chargés de cette enquête qui va s'avérer haletante et riche en rebondissements. Et là, vous me dites on est en plein remake du passe-muraille …Que nenni ! Shutter Island c'est beaucoup plus !
    Dennis Lehane aime jouer avec le lecteur qui se perd en conjecture au fur et à mesure que le récit se déroule…Son écriture est généreuse, riche en images de style mais jamais lassante. Lehane écrit à la manière d'un peintre et nous livre ici une toile où le clair côtoie idéalement l'obscur et où les couleurs ne sont jamais saturées.
    Tout est là : une ambiance sombre qui n'alourdit pas pour autant l'histoire, des personnages ambigus et torturés rattrapés par le passé, un lieu imprégné de mystères.
    Si je devais caractériser le style de Lehane en un seul mot, ce serait « ambivalence ». L'écriture de Lehane est ainsi continuellement tendue à l'extrême entre deux pôles et bascule sans cesse du polar au roman littéraire, de l'humour au tragique, du sordide à l'onirisme. L'auteur n'a de cesse de jouer avec les émotions du lecteur qui passe du sourire à l'effroi en quelques lignes.
    Lehane excelle tant dans son domaine que le lecteur, habilement manipulé, en vient à se demander où est le vrai du faux...
    Avez-vous le pied marin et le cœur suffisamment accroché pour braver les flots en compagnie du capitaine Lehane? Oserez-vous vous rendre sur Shutter Island et entamer un voyage au tréfonds de l'étrange? Peut-être laisserez-vous là-bas un peu de vous-même...Read at your own risk!
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    Critique de qualité ? (32 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par fee-tish, le 03 mars 2012

    fee-tish
    Un thriller époustouflant, particulièrement bien orchestré, qui ne laissera pas le lecteur indemne une fois le livre refermé. Une histoire excellente, du début à la fin.
    Teddy Daniels et Chuck Aule sont deux marshals de Boston, envoyés sur l'île de Shutter Island pour retrouver une femme, Rachel Solando, qui s'est échappée de l'hôpital psychiatrique d'Ashecliffe. La particularité de cette institution îlienne est de renfermer des patients atteints de folie violente.
    Une enquête angoissante va commencer, où tous les ingrédients oppressants sont réunis pour étreindre le lecteur jusqu'aux dernières pages. le contexte de huis-clos est le premier de ces facteurs : l'île, un endroit isolé dont on ne peut s'enfuir. La période de quatre jours durant lesquels se déroule l'enquête correspond également à un épisode de tempête sans précédent, ce qui participe à créer une ambiance lourde et apocalyptique. de plus, la disparition de Rachel Solando est pour le moins étonnante ; d'autant qu'il s'agit d'une patiente dangereuse, ayant déjà tué ses trois enfants.
    Ce livre aborde également les conditions de vie dans un hôpital psychiatrique de haute sécurité dans les années 50 aux États-Unis. Plus que des patients, on pourrait presque parler de détenus. Des hommes et des femmes parqués dans trois bâtiments A, B et C, représentant leur degré de dangerosité ; qui sont soumis à des techniques de soins basées sur une médicamentation surdosée ainsi que sur les lobotomies transorbitales. Une époque où la parole et l'expression de l'état du patient sont encore à leurs balbutiements.
    Une des forces de cette histoire réside dans son personnage principal, Teddy Daniels. Dennis Lehane signe ici une construction psychologique hors du commun. Anti-héros attachant, il a vécu une expérience traumatisante deux ans auparavant puisque sa femme est décédée dans l'incendie de leur appartement. Lors de son enquête, Teddy va avoir quelques flashs-back, permettant au lecteur d'en apprendre davantage sur sa vie, son passé de militaire lors de la Seconde Guerre mondiale, son rôle de mari amoureux transi mais aussi alcoolique. Ce personnage a toutes les qualités inhérentes à l'enquêteur torturé, que l'amateur de thriller sera ravi de sonder.
    Vous l'aurez compris, on ne se détend pas vraiment à la lecture de Shutter Island. Mais quelle leçon d'écriture en matière de polar ! Et le plus surprenant et déroutant reste bien sûr la fin, magistrale. Je vous le recommande chaleureusement.
    Une excellente adaptation cinématographique de ce livre a été réalisée par Martin Scorsese, avec un prodigieux Léonardo Dicaprio dans le rôle de Teddy Daniels.
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    Critique de qualité ? (24 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 02 octobre 2011

    Malaura
    1954. le marshal Teddy Daniels est envoyé avec son coéquipier Chuck Aule sur Shutter Island, une île au large de Boston.
    Dans cet ancien camp militaire fortifié transformé en hôpital psychiatrique, sont internés les criminels fous.
    L'une des patientes, Rachel Solando, meurtrière infanticide, y a mystérieusement disparue, comme volatilisée…
    Dans ce lieu aussi sinistre qu'inhospitalier, Teddy sent très vite que les choses ne sont pas telles qu'on voudrait lui faire croire.
    Son enquête, éprouvante, dans les méandres de la folie, va l'amener à lutter contre ses propres démons intérieurs.
    Dans ce thriller psychologique aussi intense qu'aliénant, Dennis Lehane joue avec nos peurs et nos obsessions les plus profondes.
    Une île coupée du monde grouillant de rats, un asile psychiatrique abritant de sanguinaires meurtriers, des personnages inquiétants, une nature déchaînée...il n'en faut pas plus au lecteur pour se sentir totalement happé par le climat de terreur baignant les lieux.
    Machiavélique, l'auteur de « Mystic River » ou d'« Un pays à l'aube » prend un malin plaisir à ourdir une intrigue des plus tortueuses, retorses et labyrinthiques pour nous précipiter dans un dédale de questionnements, d'interrogations et d'interprétations à en perdre la tête.
    Voyage au cœur de la folie, inflexible roman noir à l'ambiance glauque et délétère, "Shutter Island" aborde les rivages de l'inconscient et nous montre de quoi l'être humain est capable pour occulter d'insurmontables vérités.
    Si l'adaptation cinématographique - avec Léonardo di Caprio dans le rôle de Teddy - est plus qu'honnête et très bien filmée, elle ne possède toutefois pas la puissance remarquable ni le degré d'intensité de l'œuvre tourmentée, fascinante, de l'écrivain.
    On comprend maintenant pourquoi ce romancier fait tant d'émules !
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    Critique de qualité ? (26 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Suny, le 08 février 2012

    Suny
    J'ai bien du mal à pondre un commentaire potable sur ce livre. Pourtant, je l'ai aimé, beaucoup, même. Il y règne dès le début une atmosphère très particulière, étrange, lourde, sombre. Forcément, dans une histoire qui se passe sur une île réaménagée en hôpital psychiatrique pour cas très lourds, on va pas se retrouver au pays des Bisounours.
    Le marshal Teddy Daniels arrive là, accompagné d'un coéquipier qu'il vient tout juste de rencontrer, Chuck Aule, pour enquêter sur la disparition d'une détenue – hum, pardon… d'une patiente –, avec son propre passé et ses propres douleurs. On entre sans peine dans le personnage, dans sa tête et ses ressentis, et ça n'en rend ce livre que plus prenant. On entre d'emblée dans une histoire étrange, avec beaucoup de zones d'ombre, de mystères et de choses qu'on ne peut s'expliquer. Et plus on avance, moins on a de réponses, bien au contraire. Page après page, le mystère s'accentue, tant et si bien qu'on a parfois l'impression de sombrer soi-même dans la folie de tous ces personnages aussi louches les uns que les autres, personnel soignant compris…
    Et puis, tout à la fin, les réponses arrivent aussi brusquement qu'une tarte dans la tronche, que j'ai pris en pleine figure sans comprendre ce qui m'arrivait.
    C'était ma première rencontre avec Dennis Lehane, et j'espère bien que ça ne sera pas la dernière. le jour où j'aurai besoin de me faire retourner le cerveau, je saurai à quelle porte frapper !

    Lien : http://mariounette.free.fr/wordpress2/?p=191
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    Critique de qualité ? (25 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par manu17, le 07 février 2012

    manu17
    L'atmosphère est oppressante, l'ambiance inquiétante à souhait. Vous frémissez d'angoisse. Vous cherchez des explications. Vous imaginez des solutions plus extravagantes et abracadabrantes les unes que les autres et vous vous trompez, vous êtes bien en deçà de la vérité. Vous vous sentez seuls, isolés, il fait noir; l'humidité vous glace le sang, vous glace les os...

    Le dénouement arrive, vous êtes stupéfaits, vous aviez pourtant tout imaginé, oui, tout, mais pas ça..

    Pas de doute, vous vous êtes laissés prendre au piège de l'écriture du grand Dennis Lehane.


    Lien : http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.com/2012/02/shutter-isl..
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    Critique de qualité ? (27 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°129 - mars 2009 - Cette bande dessinée est une adaptation du roman éponyme de Dennis Lehane, publié en 2003. Dans les années 1950, l'îlot de Shutter Island, au large de Boston, abrite un hôpital psychiatrique où sont internés des criminels souffrant de troubles mentaux. Le marshal Tedy Daniels et son coéquipier Chuck Aule prennent le bateau pour se rendre dans la forteresse, à la demande du directeur. En effet, une prisonnière, Rachel Solando, s'est évadée sans laisser de traces, excepté une feuille de papier laissée sur son lit sur laquelle elle a dessiné une succession de chiffres et de lettres, sans signification apparente. Les enquêteurs s'interrogent sur le véritable rôle des médecins psychiatres qui semblent leur cacher la vérité. Se livrent-ils à des traitements expérimentaux sur les malades, en particulier ceux qui sont enfermés dans le phare ? On comprend que l'inspecteur a des motifs personnels pour être sur cet îlot : il recherche le responsable de la mort de sa femme, un certain Andrew Laeddis... jusqu'au moment où le récit bascule ! L'atmosphère de ce huis clos, hanté par de dangereux psychopathes,
    est admirablement servie par le graphisme et de sombres teintes
    encrées, jouant sur les contrastes sépia. Le lecteur est littéralement piégé
    par des indices savamment distillés, qui le conduisent à une terrifiante
    révélation finale. C'est une oeuvre aboutie car on relit attentivement cet
    album pour savourer l'agencement des dessins et des textes avec le
    plaisir d'y déceler la maîtrise parfaite du récit. ? Colette Broutin

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Citations et extraits

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  • Par Metaphore, le 16 mai 2012

    Il détestait qu’elle s’engage dans cette voie. Rue des souvenirs. Comme elle était incapable de s’adapter au présent, à ce qu’ils étaient devenus aujourd’hui – avec tous leurs défauts-, elles empruntait les chemins sinueux de la mémoire pour retrouver un passé susceptible de lui réchauffer le cœur.
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  • Par Morgouille, le 15 décembre 2009

    Les deux marshals échangèrent un coup d’œil, puis Chuck, l’air vaguement penaud, adressa un petit sourire à son coéquipier.
    — On ne m’a pas appris à fuir, toubib, répondit-il.
    — Sans doute. A propos, qui vous a élevé ?
    — Les ours, affirma Teddy.
    Une lueur brilla dans les yeux de Cawley, qui le gratifia d’un léger hochement de tête approbateur.
    Naehring, en revanche, ne semblait guère goûter la plaisanterie. Il lissa son pantalon au niveau des genoux, avant de demander :
    — Vous croyez en Dieu ?
    Teddy éclata de rire.
    Son interlocuteur se pencha en avant comme pour mieux l’entendre.
    — Oh, vous étiez sérieux ? s’étonna Teddy.
    De toute évidence, Naehring attendait une réponse.
    — Eh bien, vous avez déjà eu l’occasion de visiter un camp d’extermination, docteur ?
    Naehring fit non de la tête.
    — Non ? reprit Teddy en se voûtant à son tour. Votre anglais est excellent, docteur ; je dirais même presque parfait. Mais vous prononcez encore les consonnes avec un peu trop de dureté.
    — L’immigration légale est-elle considérée comme un crime, marshal ?
    Un sourire naquit sur les lèvres de Teddy, qui esquissa un geste de dénégation.
    — Alors, revenons-en à Dieu, si vous voulez bien.
    — Quand vous aurez vu un camp de ce genre, docteur, vous me reparlerez de vos sentiments sur la question.
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    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par Morgouille, le 15 décembre 2009

    — Chacun a le droit de penser ce qu’il veut.
    Le visage du directeur s’assombrit.
    — Faux. Les hommes sont des imbéciles. Ils mangent, ils boivent, ils libèrent des gaz, ils forniquent et ils procréent – ce qui est d’ailleurs tout à fait regrettable, car le monde serait un endroit bien plus supportable si nous étions moins nombreux. Des retardés, des bâtards, des cinglés et des individus sans moralité – voilà ce que nous produisons. La souillure que nous répandons sur cette terre.
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    Citation de qualité ? (22 votes positifs)
  • Par verobleue, le 17 octobre 2011

    - Si vous n'êtes pas fou mais que l'on vous a présenté comme tel au reste du monde, toutes vos protestations ne servent qu'à conforter les autres dans leur opinion. Vous me suivez?
    - Plus ou moins.
    - Imaginez un syllogisme qui prendrait comme point de départ le principe suivant :"Les fous nient leur folie. " D'accord?
    - Oui.
    - Ok, deuxième partie : "Or Bob nie sa folie." Troisième partie, celle du "donc" : "Donc, Bob est fou."
    (...)
    Si on vous juge dément, alors tous les actes qui devraient prouver le contraire sont interprétés comme ceux d'un dément. Vos saines protestations constituent un déni. Vos craintes légitimes deviennent de la paranoïa. Votre instinct de survie est qualifié de mécanisme de défense. C'est sans issue. L'équivalent d'une condamnation à mort en quelque sorte.
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    Citation de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par kathy, le 26 avril 2012

    Je l'ai tenue dans mes bras. Je l'ai tenue dans mes bras pendant que Bing Crosby roucoulait dans la cuisine; je sentais son odeur et ses lèvres ont frôlé mes doigts.
    Je l'ai tenue dans mes bras. Ce monde-ci ne peut pas m'offrir ça. Ce monde-ci ne peut m'offrir que des souvenirs de ce que je n'ai pas, de ce que je n'aurai jamais plus, de ce que je n'ai pas eu suffisamment longtemps.
    Nous étions censés vieillir ensemble. Avoir des enfants. Nous promener sous les arbres séculaires. Je voulais voir les rides se graver une à une dans ta chair en sachant précisément à quel moment elles étaient apparues. Je voulais mourir avec toi.
    Mais je ne voulais pas ça. Oh non.
    Je l'ai tenue dans mes bras, et j'étais sûr qu'il me suffirait de mourir pour pouvoir la serrer de nouveau contre moi.
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