ISBN : 270214070X
Éditeur : Calmann-Lévy (2010)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 60 notes) Ajouter à mes livres
Alain Delambre est un cadre de cinquante-sept ans anéanti par quatre années de chômage sans espoir.

Ancien DRH, il accepte des petits jobs démoralisants. À son sentiment de faillite personnelle s’ajoute bientôt l’humiliation de se faire botter le cul pou... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (33)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 02 avril 2011

    caro64
    Quatre années de chômage pour un cadre de cinquante sept ans, Alain Delambre, ancien DRH, quatre années de galère, de démarches infructueuses pour trouver du travail, de petits boulots décrochés pour survivre, de vie de couple qui se délite et puis miracle : un employeur accepte d'examiner sa candidature pour un emploi dans les ressources humaines ; il va être mis en concurrence dans un drôle de « jeu » (une prise d'otages simulée) pour obtenir le poste convoité. Comme un forcené Alain va utiliser tous les moyens pour décrocher le poste et tous les moyens sont bons : jusqu'à trahir les siens, les tromper, les abuser. Mais les dès sont pipés et le jour de l'entretien les choses dérapent. La suite des événements n'est pas du tout favorable à Delambre. À moins qu'il ait encore des cartes en main…
    Si Cadres noirs, comme Robe de marié (que j'ai préféré), tient du thriller psychologique, la trame sociale est ici omniprésente, et en particulier le monde du travail, dans ce qu'il a de plus aliénant et de plus impitoyable, dominé par le rapport de forces, les luttes de pouvoir, la compétition effrénée.
    Très bien orchestré, ce polar net, précis, m'a emmenée sur des sentiers inattendus ! le principe du page-turner fonctionne à merveille : on est véritablement happé dans la machine mise au point par Lemaitre, qui décidément s'y entend en intrigues bien ficelées.
Rebondissements et retournements de situation alimentent généreusement le suspense, la tension monte comme une poussée de fièvre et les pages défilent sans qu'on y prenne garde.
Bref, largement de quoi passer un excellent moment de lecture.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 18 mars 2011

    lehane-fan
    Un bouquin sur le cadre noir ? Saumur en toile de fonds que je m'imaginais...Emballant , moi qui adore le cheval , saignant de préférence..Que les défenseurs de la condition chevaline se calment , je plaisante évidemment car à point , j'apprécie tout autant...
    Le cadre noir , c'est avant tout Alain , ex-cadre , chomeur de longue durée qui pour survivre bosse aux messageries Pharmaceutiques , boulot dont il s'émancipera par le biais d'une superbe Zizou en pleine tronche de son con-tremaitre ! Alain , dans son malheur , a la chance d'avoir une famille aimante et soudée (excepté son gendre dont il s'émancipera...) . Nicole ,sa femme , qui jamais ne l'accable , jamais ne le blame mais l'assure journalierement de son amour et de son soutien indefectible ! Ses deux filles , Lucie et Mathilde qui , bien qu'ayant un caractere diametralement opposé , ne sont jamais tres loin en cas de coup dur .
    On le retrouve au fonds du trou . Il a 57 ans , sans emploi , et voit se profiler en point de mire un proces pour exces de zele au niveau du coup de boule facial . Il nage dans le bonheur , la depression guette...
    Jusqu'au jour ou la roue tourne , enfin croit-il , puisqu' une opportunité de DRH vient s'offrir à lui . Un boulot taillé sur mesure car il a pratiqué pendant pres de 20 ans..Le test ultime , sortir vainqueur d'une simulation de prise d'otages en ayant démontré ses capacités de persuasion , de sang-froid à l'egard des employés victimes de cette mascarade...Quatre prétendants , un seul boulot !
    Et c'est là que le bouquin prend sa veritable dimension ! On voit ce gentil pere de famille changer radicalement , etre pret à tout et de quelque maniere que ce soit pour sortir de cette bande d'arret d'urgence sur laquelle il vegete depuis 4 ans pour enfin reintegrer l'autoroute de la vie... Il va se reveler menteur , calculateur , manipulateur , predateur au risque de se perdre tout en devastant ses proches ..Le plus triste , c'est qu'il s'en rend compte mais se dit qu'une fois le boulot décroché , tout lui sera pardonné ! Il n'a plus le choix !
    Lemaitre est décidément tres bon lorsqu'il s'agit d'ecrire des romans à tiroirs . L'histoire , deja tres prenante , n'en fini pas de rebondir tout en restant ultra coherente ! ( Robe de marié en était deja un excellent exemple ! ) .L'auteur sait tenir son lecteur en haleine ! Il n'y a pratiquement aucun temps mort . Son bouquin est une machine a tourner les pages ! Impossible de decrocher , sauf si le téléphone sonne bien sur....
    Au-delà de cet énorme thriller , il y a également cette reflexion sur le chomeur cinquantenaire et sa place dans la société . Un boulot n'est pas juste alimentaire ( mon cher Watson ) , il tend egalement à valoriser l'individu , à le conforter dans son utilité au sein de la fourmiliere...Je bosse donc j'existe economiquement et socialement !
    Un éminent philosophe d'1,20 m , DRH supreme , a dit : " travailler plus pour gagner plus " .
    Desormais , c'est juste travailler pour survivre et ne pas sombrer corps et ames en decimant votre famille au passage . Oublié le" je pense donc je suis" , desormais , c'est je bosse , je taffe , je travaille... donc je suis...
    Cadres noirs est une nouvelle réussite qui fait froid dans le dos puisque réaliste au possible !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ph_hugot, le 28 octobre 2011

    ph_hugot
    Cadres noirs va, sans inhibition aucune, sur le terreau du social, et s'il n'est évidemment pas le seul roman noir à le faire, il y va frontalement, en posant une réflexion finement amenée . D'un fait divers qui pourrait totalement survenir dans notre société de maintenant, Lemaitre nous fait réfléchir sur la réinsertion sociale, celle qui passe exclusivement par le travail, et qui peut amener les individus, même les plus normaux de prime abord, aux plus sombres dérives.
    Parmi ceux ci, prenez Alain Delambre, un cadre dans les RH, de + de 55 ans, et anéanti par quatre années de chômage sans espoir. Aussi, quand un employeur accepte enfin d'étudier sa candidature, Alain Delambre est prêt à tout : à emprunter une somme d'argent considérable, à se disqualifier aux yeux de sa femme, de ses filles et même à participer à l'ultime épreuve de recrutement, un jeu de rôle sous la forme d'une prise d'otages.
    Le roman est parfaitement construit, se divisant en trois parties : la première et la dernière offrant lelemaitre point de vue du héros, la partie du milieu étant narrée par l'organisateur de la simulation de prise d'otages. Cette alternance des voix narratives nous permet de comprendre les motivations profondes de la partie adverse,et d'intensifier le suspense.
    Les événements malheureux s'enchaînent de manière inéluctable, chaque acte posé par les personnages les conduisant à leur perte. Il ne suffit pas à Delambre d'être humilié après avoir servi la cause de l'entreprise, d'être diminué dans le regard de ses proches : sa révolte individuelle restera implacablement destructrice. Alors, forcément, il est difficile d'adhérer totalement à cet homme qui est pret à trahir les interets de ses proches pour toucher le gros lot et se faire de l'argent sur le dos du patronat, et la fin n'est pas toute rose, car Delambre laissera quelques plumes en route, mais il est impossible aussi de ne pas se passionner pour sa quête de réhabilitation sociale, malgré les moyens peu légaux qu'il emprunte.
    C'est cette ambivalence que Pierre Lemaitre arrive parfaitement à nous restranscrire dans ce polar qu'on lit le souffle court jusqu'à la dernière page de cet implacable rouage. Un polar qui sait à la fois nous divertir et nous faire réflechir sur les dérives de nos sociétés industrielles, voilà un pari réussi d'une main de (Le) maître!!!

    Lien : http://www.baz-art.org/archives/2011/10/28/22421414.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par TheenewVelvet, le 17 février 2010

    TheenewVelvet
    J'ai reçu ce livre grâce à l'opération Masse Critique de Babelio. Je remercie tout d'abord les instigateurs de cette idée et la maison d'édition Calmann-Lévy qui m'a envoyé le livre.



    Cadres noirs
    Pierre Lemaitre
    Critiques et infos sur Babelio.com

    Ce livre est un chef d'oeuvre. J'avais déjà adoré Robe de marié. Celui-là est encore meilleur. Sans faire de mauvais jeux de mots, le récit est mené de mains de maître. L'histoire est en trois parties, on découvre tout d'abord le quotidien d'un cadre, Alain Delambre, qui a perdu son emploi. Il se retrouve à effectuer n'importe quel emploi pour peu d'argent. Il commente largement sa vie professionnelle et sa vie familiale. On apprend à s'attacher à sa femme Nicole et à ses deux filles. Il perd de nouveau son emploi et prêt à tout s'engage corps et âmes dans la recherche d'un travail adapté à son domaine de compétences. Il va très vite découvrir qu'il est seul et qu'il ne peut pas compter sur grand monde. La deuxième partie est écrite selon le point de vue d'un autre personnage. Cette technique a déjà été utilisée par l'auteur dans le précédent opus. le style s'adapte au changement de personnage et nous voyons le personnage principal sous un autre angle. C'est lui d'ailleurs qui revient dans la troisième partie. Les effets ne sont pas ménagés et le livre est réellement bien documenté sur les personnages, le milieu de la sécurité et sur les prises d'otage. Tout sonne juste dans cet univers angoissant mais en même temps si proche de nous. La troisième partie se révèle comme une explosion jusqu'à la conclusion finale. Tout est organisé à la minute près et on y croit, en dépit de quelques invraisemblances. Je me suis passionnée pour l'expérience de ce personnage qui n'a voulu au fond que conserver son travail, et donner une vie digne à ses proches.



    Le livre, comme il est précisé dans les remerciements rend hommage à Céline, Kant, Proust et tant d'autres. Il est vraiment remarquable en tous points. Et rarement un livre ne m'a procuré autant de plaisir. Comment ne pas s'extasier devant un récit mené si brillamment et avec intelligence? L'horreur quotidien est magnifié ici comme sous la plume des plus grands; à l'instar des romanciers naturalistes, l'auteur nous enchante avec un monde noir et sans concession.




    Voici quelques mots sur l'auteur, pris sur le site des éditions Calmann-Levy:
    Pierre Lemaitre
    Né à Paris, Pierre Lemaitre a enseigné aux adultes, notamment les littératures française et américaine, l'analyse littéraire et la culture générale. Il est aujourd'hui écrivain et scénariste. Cadres noirs est son troisième roman.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 13 juin 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Alain Delambre est un homme comme les autres. Cependant, ce quinquagénaire souffre de plus en plus du chômage. Il faut savoir qu'avant cette situation, il était cadre dans une grande entreprise. Avoir un haut poste et du jour au lendemain, ne plus se sentir utile, donne un grand coup à l'ego.
    Le roman commence donc avec un homme brisé mais qui pourtant, ne baisse pas les bras. Il fait des petits boulots, parfois terriblement ingrats pour grappiller quelques euros, pour avoir une raison de se lever le matin.
    Un jour, pourtant, une entreprise décide de retenir sa candidature. Il doute beaucoup par rapport à son âge mais il décide d'y croire et se donne tous les moyens pour réussir au mieux. Malheureusement, cet employeur va lui proposer quelque chose auquel il ne s'attendait absolument pas : un jeu de rôle sous forme d'une prise d'otages.
    Evidemment, à ce moment-là en tant que lecteur, on se doute très bien que cela ne peut que mal finir. A jouer avec le feu, on se brûle. C'est bien connu.
    Mais l'art de Pierre Lemaitre est de nous faire croire que l'intrigue va aller dans un sens alors qu'il nous emmène dans un tout autre sens. Au fil des pages, on pense savoir ce qu'il va se passer au fur et à mesure. A force de pousser un homme hors de ses limites alors qu'il est déjà à bout, cela peut déclencher des réactions sans possibilité de retour.
    Pourtant, les choses ne se déroulent pas comme on aurait pu le prévoir.
    Alain Delambre est un homme avec bien plus de ressources qu'on aurait pu le penser. Et c'est justement parce que cet employeur a cru le contraire que tout va se dérouler de manière différente.
    Ce thriller a une forme différente que ceux que je lis d'habitude mais c'est très intéressant de les aborder d'une autre manière. Ce livre semble plus travaillé, plus réfléchi. le rythme est moins rapide donc on se laisse moins entraîner. le suspens est également moins présent que dans d'autres mais cela lui donne un côté réaliste. On croit à cette histoire tout en sachant qu'un jour, elle pourrait très bien se dérouler.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Alexis Brocas pour le Magazine Littéraire

    Il s’appelle Alain Delambre et il pourrait être vous. Jadis, il était ce brillant DRH qui présidait aux destinées de deux cents employés. Aujourd’hui, il doit se r&eac... > lire la suite

    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (33)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par caro64, le 02 avril 2011

    Je mesure mon utilité sociale au nombre de mails que je reçois. Au début, d’anciens collègues de chez Bercaud m’envoyaient des petits mots auxquels je répondais tout de suite. On papotait. Et puis, je me suis rendu compte que les seuls qui m’écrivaient encore étaient ceux qui s’étaient fait virer. Des copains de promo en quelque sorte. J’ai arrêté de répondre. Ils ont arrêté d’écrire. D’ailleurs, globalement, tout s’est raréfié autour de nous. (…) Les gens se sont peut-être un peu fatigués de nous. Et nous d’eux. Quand on n’a pas les mêmes soucis, on n’a pas les mêmes plaisirs.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par liliba, le 15 mars 2010

    Je n’ai jamais été un homme violent. Du plus loin que je remonte, je n’ai jamais voulu tuer personne. Des coups de colère par-ci par-là, oui, mais jamais de volonté de faire mal vraiment. De détruire. Alors là, forcément, je me surprends. La violence c’est comme l’alcool ou le sexe, ce n’est pas un phénomène, c’est un processus. On y entre sans presque s’en apercevoir, simplement parce qu’on est mûr pour ça, parce que ça arrive juste au bon moment. Je savais bien que j’étais en colère, mais jamais je n’aurais pensé que ça se transformerait en fureur froide. C’est ça qui me fait peur."
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par caro64, le 02 avril 2011

    Depuis quatre ans qu’on se connaît, forcément, je considère mon conseiller du Pôle emploi comme l’un de mes proches. Il m’a dit récemment, avec une sorte d’admiration dans la voix, que j’étais un exemple. Ce qu’il veut dire, c’est que j’ai renoncé à l’idée de trouver du travail, mais que je n’ai pas renoncé à en chercher.
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par lehane-fan, le 15 mars 2011

    Mehmet est " superviseur" et , selon une regle vaguement Darwinienne , chaque fois qu'il monte en grade , il se met aussitot à mepriser ses anciens collegues et à les considérer comme des sortes de lombrics . (...) Des qu'ils montent , ils s'identifient à leurs patrons avec une force de conviction dont les patrons ne reveraient meme pas . C'est le syndrome de Stockholm appliqué au monde du travail .
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Cath36, le 01 mai 2011

    Sa prestation me donne à penser. Parfois on donne, parfois on ne donne pas. Parmi tous les SDF, on donne à ceux qui nous touchent le plus, à ceux qui trouvent les mots capables de nous toucher. La conclusion me frappe de plein fouet : finalement, même chez les exclus, ceux qui survivent sont les plus performants, parce qu'ils parviennent à trancher sur la concurrence. Si je termine SDF, je ne suis pas du tout certain d'être de ceux qui arrivent à subsister, comme Charles.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Cadres noirs par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (99)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz