> Christine Le Boeuf (Traducteur)
> Charlotte Melançon (Traducteur)

ISBN : 2914387598
Éditeur : L'Escampette (2005)


Note moyenne : 4.3/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Alberto Manguel est né à Buenos Aires en 1948. À 16
ans, il rencontre Borges devenu aveugle et lui fait la
lecture, le soir, pendant deux ans. Manguel en
retiendra que la vraie mesure de la littérature est le plaisir et l'émerveillement qu'elle nous... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par Lostinmypal, le 23 mars 2012

    Lostinmypal
    Il s'agit d'un recueil de trois essais autour de la lecture que j'ai adoré. C'est brillant, intelligent mais aussi accessible et digeste. Tout lecteur un tant soit peu exigeant s'y retrouvera. Dans "Comment Pinocchio apprit à lire", Manguel distingue le véritable lecteur qui tire une expérience de ses lectures du lecteur "déchiffreur" qui ne sait lire que techniquement parlant.
    Dans "La bibliothèque de Robinson", il distingue le vrai lecteur de celui pour qui le livre n'est qu'un instrument.
    Enfin, il termine avec "Vers une définition du lecteur idéal".

    Tout serait à souligner, à recopier, à relire inlassablement et je suis bien décidée à me le faire offrir ! Autant Une histoire de la lecture m'était tombée des mains, autant ce livret est simple, précis et agréable à lire. Il m'a parfois rappelé l'essai de Michèle Petit, "Eloge de la lecture".
    J'ai néanmoins une réserve à formuler. le refus quasi-viscéral d'Internet par Manguel m'a semblé peu digne d'un homme intelligent et ouvert qui devrait savoir faire la part des choses. Or, en la matière, Manguel est à la limite de l'aveuglement. Je suis d'accord pour considérer Internet comme un outil (avec ses limites mais aussi ses apports inédits) et l'idée que certains puissent estimer qu'il remplacera un jour le papier me fait doucement rire. Mais, selon moi, Manguel va trop loin dans son dénigrement. Toutefois, ces passages sont assez anecdotiques ; l'ensemble est tout simplement incontournable et jubilatoire, il vous secoue !
    MAJ 2012 : personne ne me l'a encore offert T_T Je ne dois pas être assez convaincante ;)
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    • Livres 4.00/5
    Par EmmanuelleT, le 23 janvier 2012

    EmmanuelleT
    Ce petit opuscule contient trois textes courts et essentiels: “Comment Pinocchio apprit à lire” est incontournable pour toute personne travaillant autour de l'apprentissage de la lecture. Manguel nous rappelle que la lecture est loin de se limiter à un geste technique si l'on veut transmettre une pratique qui a du sens et devient une clé pour apprendre à se connaître et à explorer le monde. “La bibliothèque de Robinson” aborde le lien très riche qui relie un lecteur à ses livres et constitue une critique de l'Internet, moins convaincante, le pessimisme de l'auteur laissant voir les limites de sa compréhension de ce nouvel outil – Manguel fait partie des défenseurs du livre face à l'Internet, avec Steiner et Umberto Ecco. Enfin, “Vers une définition du lecteur idéal” est un délicieux exercice visant à dessiner toute la liberté et la singularité créative de la lecture.

    Lien : http://souslepommierleblogdelecritoire.wordpress.com/2011/09/12/pino..
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Citations et extraits

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  • Par lanard, le 12 août 2010

    Comment Pinocchio apprit à lire

    p. 16 Lucignolo décrit le pays des joujoux en ces termes : « Il n’y a pas d’école, là ; il n’y a pas de maîtres ; il n’y a pas de livres… Voilà le genre d’endroit qui me plaît ! C’est comme ça que devraient être tous les pays civilisés ! » Les livres sont très justement associés, dans l’esprit de Lucignolo, avec la difficulté, et la difficulté (dans le monde de Pinocchio comme dans le nôtre) a acquis un sens négatif qu’elle n’a pas toujours eu. L’expression latine per adua ad astra, par la difficulté atteignons les étoiles, est presque incompréhensible pour Pinocchio (comme pour nous) puisqu’on est censé pouvoir tout obtenir au moindre coût possible.

    p. 21 Cette expérience superficielle de la lecture qu’est celle Pinocchio est exactement opposée à celle d’un autre héros errant, ou plutôt une héroïne. Dans l’univers d’Alice, le langage est rendu à la richesse de son ambiguïté essentielle et n’importe quel mot (si l’on en croit Humpty-Dumpty : « Par gloire j’entends dire « un bel argument sans réplique » » peut être contraint de dire ce que son utilisateur veut dire. Bien qu’Alice refuse des affirmations aussi arbitraires (« Mais gloire ne signifie par bel argument sans réplique », objecte-t-elle), cette épistémologie à l’usage de tous est la règle au Pays des Merveilles. Alors que dans le monde de Pinocchio le sen d’un mot imprimé est dépourvu d’ambiguïté, dans celui d’Alice la signification de « Jabberwocky », par exemple, dépende de la volonté du lecteur. (Il peut être utile de rappeler ici que Collodi écrivait à une époque où les règles de la langue italienne était fixées pour la première fois à partir d’un choix entre de nombreux dialectes, alors que l’anglais de Lewis Carroll était fixé depuis longtemps et pouvait être ouvert et mis en question avec une relative sécurité).

    p. 23 Il existe un ardent paradoxe au cœur de tout système scolaire. Une société doit impartir à ses citoyens la connaissance de ses codes afin qu’ils puissent y devenir actifs ; mais la connaissance de ces codes, outre la simple capacité de déchiffrer un slogan politique, une publicité ou un manuel d’instructions primaires, donne à ces même citoyens celle de mettre la société en question, de découvrir ses défauts et de tenter de la changer. C’est dans le système qui permet à une société de fonctionner que gît le pouvoir de la subvertir, pour le meilleur ou pour le pire. De sorte que le professeur, la personne chargée par cette société de révéler à ses nouveaux membres les secrets de ses vocabulaires communs, doivent de fait un danger, un Socrate capable de corrompre la jeunesse quelqu’un qui doit, d’une part, continuer inlassablement à enseigner et, de l’autre, se soumettre aux lois de la société qui l’a placé à ce poste d’enseignant – se soumettre jusqu’à s’autodétruire comme ce fut le cas pour Socrate. Un enseignant est toujours pris dans ce double nœud : enseigner de manière à apprendre aux étudiants à penser par eux-mêmes, enseigner en fonction d’une structure sociale qui impose sa loi à la pensée. L’école, dans le monde de Pinocchio et dans la plupart des nôtres, n’est pas un terrain d’entraînement où devenir meilleur et plus accompli, mais un lieu d’initiation au monde des adultes, avec ses conventions, ses exigences bureaucratiques, ses accords tacites et son système de castes. Il n’existe pas d’écoles pour anarchistes et pourtant, en un sens, tout professeur devrait enseigner l’anarchisme, apprendre aux étudiants à s’interroger sur les règles et les règlements, à chercher des explications aux dogmes, à faire face à des obligations sans céder aux préjugés, à exiger l’autorité de ceux qui sont au pouvoir, à trouver, à trouver un endroit d’où ils puissent exprimer leurs propres idées, même si cela signifie une opposition et même, en définitive, l’élimination du professeur.
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  • Par mangeclous, le 14 novembre 2010

    La lecture est une activité qui a toujours été considérée avec un enthousiasme mitigé par ceux qui nous gouvernent. Ce n'est pas un hasard si, aux XVIIIe et XIXe siècles, on a promulgué des lois interdisant la lecture aux esclaves, même celle de la Bible, car (soutenait-on avec justesse), qui peut lire la Bible peut aussi lire un trac abolitionniste.
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  • Par mangeclous, le 14 novembre 2010

    Presque tout, tout autour de nous, nous engage à ne pas réfléchir, à nous contenter de lieux communs, d'un langage dogmatique qui partage le monde clairement en blanc et noir, bien et mal, eux et nous.

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  • Par icare, le 21 août 2011

    Il se peut qu'il n'existe aucun livre, si bien écrit soit-il, qui puisse apaiser la souffrance de la tragédie de nos guerres quotidiennes, mais il se peut aussi qu'il n'existe aucun livre, si mal écrit soit-il, qui ne puisse être une renaissance pour le lecteur à qui il était destiné.
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  • Par mangeclous, le 14 novembre 2010

    Imaginer, c'est dissoudre les barrières, ignorer les frontières, subvertir la vision du monde qui nous est imposée.
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