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ISBN : 2253035890
Éditeur : Le Livre de Poche (1985)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 90 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Dans sa vie comme dans son œuvre, c'est le même besoin effréné d'amour que l'on trouve, la même obsession de cette musique à travers laquelle les êtres croient se réconcilier avec eux-mêmes. Et l'on est frappé surtout par la recherche tenace de contacts humains, rédui... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cprevost, le 13 juin 2009

    cprevost
    « la ballade du café triste » a été écrite dans ces dix courtes et si fécondes années qui encadrent les deux mariages de l'auteure avec un même homme, Reeves McCullers. Il n'aura fallu que six semaines d'écriture sans interruption pour venir à bout de cette magnifique histoire.
    Cette promenade douloureuse d'une âme est toute imprégnée de la vie de Carson McCullers. Les thèmes de la solitude et de l'amour non partagé qui hantent toute l'œuvre de l'écrivaine sont au centre de cette nouvelle : «Nous vagabondons, nous questionnons. Mais la réponse est tapie dans le cœur de chacun – il s'agit de notre identité, de la façon dont nous pouvons dominer la solitude et éprouver enfin un sentiment d'appartenance (…) L'isolement moral, voilà ce qui sous-tend la plupart des thèmes que je traite. Ce fut presque l'unique thème de mon premier livre, et il se retrouve dans tous ceux que j'ai écrits depuis, d'une façon ou d'une autre. L'amour, spécialement l'amour pour une personne incapable de le rendre ou de le recevoir, est l'élément déterminant à partir duquel j'échafaude les personnages incongrus de mes romans (…)".
    Trois protagonistes dans cette nouvelles de Carson McCullers : Amelia Evans, son ex mari Marvin Macy et un bossu surnommé cousin Lymons. Il y a ceux ou celles qui sont aimés, ceux ou celles qui aiment et ce sont ici deux univers différents. Amelia, n'est pas dénuée de charme mais comme Carson adolescente, elle souffre d'être trop grande, trop maigre et surtout trop indépendante. Il est insupportable pour elle d'être l'objet d'un amour dévorant. Marvin est, comme l'était Reeves, un homme trop beau. Il aime passionnément Amelia et la blessure qui résulte de cette passion rejetée réclame vengeance. Celui qui est aimé peut avoir n'importe quel visage et pour Amelia c'est celui improbable du bossu. Pour lui, avec lui, Amelia transforme son établissement en café à succès. Tous les ingrédients, vous l'aurez compris, d'un drame puissant sont réunis. le mari et la femme après bien des années, comme le couple McCullers, se retrouvent, se déchirent à nouveau. Ils essaient avec force de se détruirent. C'est la lutte à mains nues de Miss Amelia et de Marvin Macy, aidé du bossu, qui met fin au récit.
    C'est un très beau livre. L'atmosphère crée par Carson McCullers est inoubliable. Les dernières pages tournées, le livre refermé, ont est encore dans cette petite ville désolée. C'est Colombus en Georgie, le Sud profond, le coeur du pays où l'auteure est née. C'est l'ambiance des cafés qui fascinait tant Carson McCullers, ce monde d'amour fraternel et vivant.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ikebukuro, le 21 mai 2011

    Ikebukuro
    Un livre magnifique sur la différence, la solitude, l'amour de soi et des autres avec cette écriture tout en délicatesse que l'on retrouve dans Le coeur est un chasseur solitaire. Une romancière à découvrir avec ses blessures et ses mots qui vous touchent au coeur. L'un de mes livres préférés !
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    • Livres 4.00/5
    Par nathalie_MarketMarcel, le 13 décembre 2012

    nathalie_MarketMarcel
    Le premier récit met en scène Miss Amelia, une femme forte comme un homme, qui sait se battre à coup de poing et fabriquer de l'alcool. Elle découvre l'amour mais le perd et toute la ville est là comme témoin. La description de la petite ville est très réussie : la poussière des routes, la chaleur, le soleil qui fait tourner les couleurs, c'est très visuel. Les portraits des personnages alternent entre figures sortant de l'ordinaire et d'autres plus communes, créant ainsi l'image d'une vraie communauté dont le centre serait le magasin de miss Amelia.
    Les autres nouvelles détaille la complexité des relations humaines et leur ambiguïté : les mensonges nécessaires pour vivre, l'affection entre un mari et sa femme alcoolique. le tout dans un langage plein de poésie et de mélancolie.
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    • Livres 4.00/5
    Par medsine, le 30 janvier 2012

    medsine
    La ballade du café triste est la plus connue des nouvelles de Carson McCullers. Il s'agit du récit de la vie d'une femme, Miss Amelia, propriétaire d'un magasin dans une ville perdue du sud des Etats-Unis. Un jour un bossu arrive et s'installe chez elle prétendant qu'il est un cousin éloigné, Cousin Lynon. A la stupeur de toute la ville Miss Amelia décide de l'héberger et le nourrir.On comprend qu'elle en tombe amoureuse malgré ses manières brutales et masculines.Le temps passe, le magasin devient un café joyeusement animé par Cousin Lynon, jusqu'à ce qu'un jour l'ancien mari de Miss Amelia, humilié par elle des années auparavant, revienne et décide d'utiliser la fascination qu'il exerce sur le bossu pour se venger.On retrouve des accents du sud Faulknerien dans cette nouvelle. L'écriture est cependant plus allégorique. Le thème de l'amour déçu est semble-t-il au coeur de l'oeuvre de Carson McCullers. Cette histoire en est une belle illustration
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    • Livres 4.00/5
    Par ANatalia, le 04 août 2013

    ANatalia
    Amélia a grandi comme un homme. C'est une femme manuelle et renfermée, ne sachant finalement réellement communiquer avec autrui qu'en créant des procédures et parlant argent.
    C'est au bout de deux ans qu'elle cédera aux avances de Marcy alors qu'il s'est bonifié, métamorphosé même. Elle est riche ce n'est donc pas l'argent qui lui fait accepter le mariage. Je me suis demandée si ce n'est pas son côté manuel justement qui l'aurait incitée à dire oui…je m'explique : au bout de deux ans Marcy change grâce à l'amour qu'il lui porte. C'est elle qui est à l'origine de ce changement, elle est guérisseuse.
    Il n'y a pas eu de nuit de noces puisqu'elle descend au bout d'une demi-heure. Que s'est-il passé ? Je crois qu'elle refuse tout simplement le rapprochement charnel et qu'elle espérait plutôt un partenaire spirituel aux mêmes préoccupations qu'elle ( les affaires ). Marcy, l'éconduit, lui cède sa fortune mais elle ne demande rien, elle prend.
    Et cette situation se reproduira avec cousin Lymon qui prendra à Amélia sans rien lui donner en échange que sa présence car » il vaut mieux vivre avec son ennemi que seule « dira Carson lorsqu ‘Amélia hébergera Marcy.
    L'arrivée du nain m'a laissée perplexe. Il débarque et Amélia le fait entrer alors qu'il n'est probablement pas de sa famille comme il le prétend.
    A mon avis rien de physique ne se passe avec cousin Lymon…si j'ai bien compris il y a deux chambres à l'étage et vous avez noté que l'auteur nous laisse dans le flou quant à ce qu'il peut s'y passer ?
    Je me demande aussi si elle ne l'accepte pas parce que comme elle, il est différent. Elle va l'aimer à sa façon, c'est à dire en lui laissant les rênes du porte-monnaie en quelque sorte puisqu'elle se tient en retrait dans le café. Je crois que l'important pour elle est la confiance qu'elle place en lui, confiance qu'il bafouera en choisissant Marcy et en aidant même celui-ci à battre Amélia lors de la fameuse scène du combat final. Marcy et lui la détruisent en saccageant tous les efforts qu'elle avait fournis, et tout ce qu'elle avait construit de ses mains. Ils arrivent même à lui ôter son âme ( elle ne guérit plus et n'a plus de charité pour les malades ) Ils l'ont anéantie.
    Alors dans me petite tête j'ai pensé à un complot mijoté par Marcy avec l'aide de Lymon. Marcy la prévient » Avant de partir, il glissa sous la porte de Miss Amélia une lettre étrange, écrite mi-partie au crayon, mi-partie à l'encre- une lettre d'amour fou, qui contenait de violentes menaces.Il y faisait serment de se venger d'elle d'ici la fin de sa vie ».
    Une bien belle ballade qui porte bien son nom. C'est triste, amère, désillusionnée mais l'écriture est terriblement efficace

    Lien : http://dzahell.fr/?p=368
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Citations et extraits

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  • Par cprevost, le 13 juin 2009

    L’amour est avant tout une expérience commune à deux êtres. Mais le fait qu’elle leur soit commune ne signifie pas que cette expérience ait la même nature pour chacun des deux êtres concernés. Il y a celui qui aime et celui qui est aimé, et ce sont deux univers différents. Celui qui est aimé ne sert le plus souvent qu’à réveiller une immense force d’amour qui dormait jusque-là au fond du coeur de celui qui aime. En général, celui qui aime en est conscient. Il sait que son amour restera solitaire. Qu’il l’entraînera peu à peu vers une solitude nouvelle, plus étrange encore, et de le savoir le déchire. Aussi celui qui aime n’a qu’une chose à faire : dissimuler son amour aussi complètement et profondément que possible. Se construire un univers intérieur totalement neuf. Un étrange univers de passion qui se suffira à lui-même. Il faut d’ailleurs ajouter que celui dont nous parlons, celui qui aime, n’est pas nécessairement un jeune homme qui a mis de l’argent de coté pour acheter une alliance. Celui qui aime est peut être un homme, une femme, un enfant n’importe quelle créature au monde.
    Mais voici que celui qui est aimé peut avoir lui aussi n’importe quel visage. Cet aiguillon de l’amour se trouve chez les créatures les plus surprenantes (...) La valeur, la qualité de l’amour, quel qu’il soit dépend uniquement de celui qui aime.
    C’est pourquoi la plupart d’entre nous préfèrent aimer plutôt qu’être aimer. La plupart d’entre nous préfèrent être celui qui aime. Car la stricte vérité, c’est que d’une façon profondément secrète, pour la plupart d’entre nous, être aimé est insupportable. Celui qui est aimé à toutes les raisons de craindre et de haïr celui qui aime. Car celui qui aime est tellement affamé du moindre contact avec l’objet de son amour qu’il n’a de cesse de l’avoir dépouillé, dût-il n’y trouver que douleur.
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  • Par sentinelle, le 04 septembre 2011

    (…) le cœur des petits enfants est un organe très délicat. Un début cruel dans la vie peut lui donner d’étranges formes. Le cœur d’un enfant blessé peut diminuer tellement qu’il finit par être dur et grêlé comme un noyau de pêche. Mais il peut aussi enfler et s’alourdir, et devenir comme un poids intérieur impossible à supporter, car la moindre chose l’irrite et l’enflamme.

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  • Par Piatka, le 01 août 2013

    Il n’existe rien qui ne vous fasse plus prendre conscience des aléas de la vie qu’une chanson incomplète. Ou qu’un vieux carnet d’adresses.

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  • Par MarianneDesroziers, le 12 juillet 2010

    La frange crépusculaire qui sépare sommeil et réveil était romaine ce matin-là : fontaines jaillissantes, étroites rues bordées d'arcades, villes d'or aux bourgeons éclatés, vieilles pierres usées par le temps. Il lui arrivait parfois, dans cette demi-inconscience, de se retrouver à Paris, ou dans l'Allemagne en ruine d'après-guerre, ou dans un hôtel de sports d'hiver en Suisse. Parfois même, partant pour la chasse, au petit jour, à travers les champs en friche de Georgie. Ce matin-là, dans l'univers des rêves où les années se confondent, c'était Rome. John Ferris finit par s'éveiller dans la chambre d'un hôtel de New York.
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  • Par orlye, le 03 août 2011

    L'amour et avant tout une expérience commune à deux êtres. Mais le fait qu'elle soit commune ne signifie pas que cette expérience ait la même nature pour chacun des êtres concernés. Il y a celui qui aime et celui qui est aimé, et ce sont
    deux univers différents. Celui qui est aimé ne sert souvent qu'à réveiller une énorme force d'amour qui dormait jusque là au fond du coeur de celui qui aime. En général celui qui aime est conscient. Il sait que son amour restera solitaire. Qu'il l'entrainera peu à peu dans une solitude nouvelle , plus étrange encore et ce savoir le déchire. Aussi celui qui aime n'a-t-il qu'une chose à faire dissimuler son amour aussi complètement et parfaitement que possible.Se construire un univers intérieur totalement neuf. Un univers de passion et de folie , qui se suffira à lui-même.
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