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> Josée Kamoun (Traducteur)

ISBN : 2070337901
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 3.63/5 (sur 321 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Juin 1940: Charles A. Lindbergh, l’aviateur héroïque adulé des Américains, est choisi par le parti républicain comme son candidat aux élections présidentielles face à Franklin D. Roosevelt. La nouvelle fait l’effet d’une bombe. Car le brillant aventurier est aussi un ad... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par tynn, le 29 mars 2015

    tynn
    "Il est à présent garanti que notre grand pays n'entrera pas dans le conflit d'Europe".
    On est en 1940 et Charles Lindbergh devient président républicain des Etats Unis d'Amérique.
    Par cette position négociée de neutralité, refusant d'engager le pays dans le conflit, la "démocratie" américaine rentre de facto dans la triple alliance de l'Axe, aux cotés de l'Allemagne et du Japon.
    Vous ne rêvez pas...
    Philip Roth nous entraine dans un twist historique où la planète se retrouve la tête à l'envers. Le fascisme assumé et l'isolationnisme de cette nouvelle présidence conduisent la sarabande de nouveaux comportements humains les plus incongrus dans le pays des libertés individuelles. Et quid de la position gouvernementale envers les juifs? Le pire est-il à craindre?
    L'Histoire se refait, en miroir...
    A travers le quotidien d'une famille juive typiquement américaine, le mécanisme des dérives sectaires est décortiqué avec brio, humour et ironie. La nature humaine s'avère particulièrement créative pour réinventer toutes formes d'antisémitisme, de ségrégation ou d'assimilation. Et la vieille peur ancestrale retrouve dans ce terreau toutes les raisons de ressurgir.
    A l'image du pays, la famille va se fragmenter en camps opposés sous l'oeil apeuré du plus jeune, qui va faire, par des interprétations anxieuses de l'attitude des adultes, un apprentissage accéléré de la vie de "bon américain".
    Une livre jubilatoire, une uchronie développée au plus prêt du réel, portée par l'écriture généreuse de son auteur.
    Démonstration magistrale!
    Philip Roth est vraiment un grand Monsieur des lettres américaines.
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 25 mai 2012

    carre
    Waouh. Quel roman .Une nouvelle fois, Roth nous livre une brillante uchronie à vous glacer les sangs. Partant de la défaite de Roosevelt lors des présidentielles en faveur de Lindberg (antisémite notoire et près à faire allégeance au fuhrer), l'auteur continue de sonder l'Amérique et ces contradictions, et force est de constater que la fiction est assez flippante. L'idée géniale du roman, vient dans le choix de Roth d'imaginer ce qu'aurait pu être la face du monde si cette hypothèse était arrivée, de la regarder à travers le regard d'un enfant juif, le narrateur ( Roth lui-même) dans sa famille, dans sa communauté et plus largement dans cette Amérique si fière de brandir l'étendard de la liberté chez les autres et d'être ultra protectionniste envers elle.
    L'auteur de Newark mèle habilement faits historiques avérés et fiction pour donner un regard à la fois passionnant, foisonnant et terrifiant. Rien à dire, Roth fait partie des très grands.
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    • Livres 5.00/5
    Par fx131, le 26 mars 2015

    fx131
    Voilà une oeuvre qui avait tout du sujet casse figure , mais qui à comme écrivain Philip Roth ...
    Un tel sujet entre les mains d'un auteur moins accompli aurait était potentiellement une catastrophe .
    La trame est particulièrement osée , avec une prise de risque maximale .
    Le choix de la politique fiction s'avère très audacieux , Roth en tirant toutes les possibilités avec une maestria confondante .
    Il parvient à un tel niveau de maitrise , que le lecteur se retrouve projetté dans un monde ou la plus grande nation à sombrée dans la folie .
    Le délire antisémite est abordé frontalement , le lecteur ne peut par la suite dire qu'il ne sait pas de quoi il retourne par rapport à cela .
    La puissance avec laquelle Roth méne son récit laisse le lecteur éreinté par la qualité des phrases , la force des idées , l'audace manifeste présente ici .
    Voilà clairement une oeuvre jubilatoire que le lecteur ne peut oublier .
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    • Livres 4.00/5
    Par MarieC, le 05 octobre 2014

    MarieC
    Un excellent roman, dans lequel l'auteur réussit avec brio à tisser deux fils.
    Le livre commence comme un récit autobiographique : le jeune Philip grandit avec ses parents et son frère ainé dans un milieu juif modeste du New Jersey, au tout début des années 40. Et l'ambiance est admirablement bien retracée : les pavillons partagés par deux familles, les réunions de parents d'élèves, les collections de timbres des enfants, les soucis professionnels de ces petits employés et commerçants... Tout un univers retracé de mémoire, dans lequel on vit entre soi, en ignorant les communautés voisines.
    Et puis le roman bascule, au cours de la campagne présidentielle de 1940. Car dans le roman, le candidat républicain s'appelle Charles Lindberg, auréolé de ses prouesses aériennes, bénéficiant de la sympathie populaire suite à l'enlèvement de son bébé. Et Lindberg défend (comme dans la réalité) des idées proches du nazisme : antisémitisme, admiration d'Hitler, isolationnisme... Dans les milieux juifs, l'inquiétude grandit, et s'épanouit lorsque Lindberg gagne les élections.
    Et peu à peu, l'univers du jeune Philip se transforme : l'antisémitisme s'affiche davantage, la peur règne dans les familles, son cousin choisit de se battre contre les nazis en Europe, son frère est envoyé faire les moissons en milieu chrétien... Une évolution lente, insidieuse, semblable à celle qu'ont déjà raconté beaucoup de témoignages sur l'Allemagne des années 30. Mais là, le procédé uchronique vient appuyer une réflexion critique : quand il n'y a pas de recul historique sur ce genre d'évolution, où fixer la limite entre l'anodin et l'insupportable ?
    Portée par le réalisme du récit, la réflexion est d'une efficacité redoutable... Un livre à recommander tant à ceux qui réfléchissent sur le fascisme, qu'à ceux qui aiment tout simplement la littérature. Même si la fin est un peu rapide et moins subtile que le reste du roman.
    sur deux niveaux. Je garderai sans doute très longtemps en mémoire l'ambiance d'une communauté juive du New Jersey, dans les années 40, vue de l'intérieur et à hauteur d'enfant
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    • Livres 4.00/5
    Par strummer, le 15 janvier 2013

    strummer
    Imaginez que Lindbergh antisemite notoire batte Roosevelt aux élections, les USA ne s'engagent pas dans la deuxième guerre mondiale ; ça c'est pour le tableau général, la focale est posée sur la vie d'une famille juive américaine de Newark c'est un tres beau roman sur la famille, les idéaux, les vindictes populaires et évidemment c'est très très bien écrit
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Citations et extraits

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  • Par luocine, le 20 avril 2015

    Leur judéité n’était pas une infortune ou une misère dont ils s’affligeaient, et pas davantage une prouesse dont ils tiraient fierté. Leur être leur collait à la peau sans qu’il leur vienne à l’idée de s’en débarrasser. Leur judéité était tissée dans leur fibre, comme leur américanité . Elle était ce qu’elle était ce quelle était, ils l’avaient dans le sang, et ils ne manifestèrent jamais le moindre désir d’y changer quoi que ce soit , ou de la nier, quelles qu’en soient les conséquences.
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  • Par luocine, le 20 avril 2015


    Elle m’échappe, ta morale, oncle Herman. Tu veux pas que je devienne un voleur, mais ça ne te gêne pas que je travaille pour un voleur.
    -Steinheim n’est pas un voleur, c’est un entrepreneur. Ce qu’il fait, ils le font tous, dit mon père. Ils n’ont pas le choix, le bâtiment c’est un coupe – gorge. Mais ses immeubles ne s’écroulent pas, que je sache . Il ne fait rien d’illégal. Alvin, si?
    -Non, il baise les ouvriers jusqu’à l’os, c’est tout. Je ne savais pas que ta morale était pour.
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  • Par olivberne, le 28 septembre 2013

    Tôt ou tard, le goût de l'aventure m'aurait rattrapé, mais, désillusionné de voir que ma famille m'échappait, à l'instar de mon pays, j'étais prêt à découvrir les libertés que peut prendre un gamin issu d'un foyer exemplaire lorsqu'il renonce à plaire à tout le monde par sa pureté juvénile pour goûter le plaisir coupable de faire ses coups en douce.

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  • Par bohanon, le 12 décembre 2012

    Mais toi tu ne sais rien de tout ça.Tu ne sais rien de von Ribbentrop,rien de Goebbels,de Himmler et de Hess.Moi si,par contre.Tu as déja entendu parler du chateau en Autriche ou Herr von Ribbentrop régale ses pairs,les criminels nazis?Tu sais comment il l'a acquis,ce chateau?Il l'a volé.L'aristocrate qui en était propriétaire,Himmler l'a jeté dans un camp de concentration,et maintenent,le chateau appartient a ce marchand de vin.Est-ce que tu sais ou est Dantzig,Sandy?Est-ce que tu sais ce qui s'est passé,la bas?Est-ce que tu sais ce que c'est que le Traité de Versailles?Et Mein Kampf,ça te dit quelque choses?
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  • Par michelekastner, le 12 mai 2012

    Une nouvelle vie commençait pour moi. J'avais vu mon père s'effondrer, je ne pourrais plus jamais revenir à la même enfance. ma mère au foyer passait désormais ses journées à travailler chez Hahne, mon frère partait en service commandé travailler pour Lindbergh après l'école, et mon père, qui n'avait pas hésité à sermonner les apprentis antisémites de bistrot à Washington, pleurait la bouche grande ouverte, comme un bébé qu'on abandonne, comme un adulte qu'on torture, parce qu'il n'avait pas le pouvoir de faire échec à l'imprévu.
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