> Josée Kamoun (Traducteur)

ISBN : 2070337901
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 3.63/5 (sur 115 notes) Ajouter à mes livres
Juin 1940 : Charles A. Lindbergh, l’aviateur héroïque adulé des Américains, est choisi par le parti républicain comme son candidat aux élections présidentielles face à Franklin D. Roosevelt. La nouvelle fait l’effet d’une bombe. Car le brillant aventurier est aussi un a... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 25 mai 2012

    carre
    Waouh. Quel roman .Une nouvelle fois, Roth nous livre une brillante uchronie à vous glacer les sangs. Partant de la défaite de Roosevelt lors des présidentielles en faveur de Lindberg (antisémite notoire et près à faire allégeance au fuhrer), l'auteur continue de sonder l'Amérique et ces contradictions, et force est de constater que la fiction est assez flippante. L'idée géniale du roman, vient dans le choix de Roth d'imaginer ce qu'aurait pu être la face du monde si cette hypothèse était arrivée, de la regarder à travers le regard d'un enfant juif, le narrateur ( Roth lui-même) dans sa famille, dans sa communauté et plus largement dans cette Amérique si fière de brandir l'étendard de la liberté chez les autres et d'être ultra protectionniste envers elle.
    L'auteur de Newark mèle habilement faits historiques avérés et fiction pour donner un regard à la fois passionnant, foisonnant et terrifiant. Rien à dire, Roth fait partie des très grands.
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
  • Par sylvie, le 19 janvier 2008

    sylvie
    C'est un très bon roman qui m'a tenue en haleine tout le long de la lecture : La vie quotidienne et familiale aux prises avec la peur : antisémitisme galopant en Amérique et qui devient d'état avec l'avènement de Lindbergh au pouvoir à la place de Roosevelt.
    Bizarre comme propos, ce détournement de l'histoire... Voilà que Philip Roth imagine un autre destin à sa propre famille, un autre tour de l'histoire pour ce petit garçon de sept qu'il était à l'époque. Mais pourtant, cette peur qui lie et délie les membres de cette famille et de ce quartier natal est décrite avec talent, finesse, et sobriété. Sans doute le texte si fort est-il étayé par la peur vécue pas sa famille dans l'histoire vraie... L'antisémitisme a bel et bien pris de l'ampleur dans les années 40 en Amérique, et Lindbergh, personnage médiatique haut en couleur ne cachait pas ses opinions à ce sujet, tout comme Ford et bien d'autres... le tout enrobé dans une vision protectionniste et pacifiste qui exhortait les américains de ne pas prendre part aux conflits européens...
    Malgré la qualité de la narration, je n'arrive toujours pas à saisir où l'auteur a voulu en venir en écrivant cette uchronie... Pourquoi transformer le cours de l'histoire et vouloir nous montrer ce qui serait advenu si Lindbergh avait été au pouvoir ? J'ai lu dans la presse des critiques qui y voit une manière de nous parler de l'Amérique actuelle avec G. Bush... L'auteur dit que non. Peut-être doit on y voir seulement une grande leçon de modestie pour l'Amérique, symbole de liberté, en nous rappelant que le cours de son histoire n'a tenu qu'à un cheveu en 1940... le long post-scriptum en fin de livre est édifiant à ce sujet, et c'est vrai qu'on a peu l'occasion de connaitre ce versant là de l'histoire de l'Amérique.
    Je dirais donc que c'est un livre à lire, il fait réfléchir, il peut même donner le vertige. L'auteur provoque un certain malaise chez le lecteur parce qu'il l'embarque en pure fiction dans une histoire falsifiée tout en lui rappelant régulièrement que la frontière est ténue avec la réalité passée. L'histoire qu'il raconte nous fait peur, mais c'est un mensonge... Pourtant, les multiples rappels à l'histoire vraie nous montre combien l'Amérique était au bord du précipice, et là, notre vertige commence à se prendre plus au sérieux...
    http://sylvie-lectures.blogspot.com/2007/04/le-complot-contre-lamrique-philip-roth.ht
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Chiwi, le 25 août 2011

    Chiwi
    1940. Charles Lindbergh bat Franklin Delano Roosevelt aux présidentielles. Il met alors en place une politique étrangère favorable à l'Allemagne nazie et une politique intérieure qui discrimine peu à peu les Juifs. Philip Roth, qui avait sept ans à l'époque, raconte comment lui et sa famille ont vécu ces évènements.
    Le complot contre l'Amérique c'est une uchronie ou une histoire parallèle, ça n'a pas eu lieu mais ça aurait pu.
    Mais je suis partagé sur la portée du récit. J'ai trouvé original de penser à ce qu'il aurait pu se passer si un régime fasciste était apparu aux Etats-Unis. Mais j'ai trouvé peu d'originalité dans les sentiments exprimés : la difficulté d'accepter un tel changement, fatalement un frère qui adhère aux idées de Lindbergh, la présence d'un parti collaborationniste au sein des Juifs.
    Philip Roth est plus convaincant dans la description du développement d'un antisémitisme latent, où apparaissent des attitudes qui révulsent.
    La fréquente énumération des personnages historiques est usante à la longue.
    Malgré des éléments que j'ai pu trouvé "moyen", je considère Le complot contre l'Amérique comme un incontournable, car en utilisant le biais de l'uchronie Philip Roth permet de se rappeler que l'on n'est jamais à l'abri de la réapparition d'un régime qui remettrait en cause les droits et libertés, que l'un des moyens pour ne pas se laisser aveugler et de lire et de se tenir au courant de l'actualité.
    4/5
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    • Livres 3.00/5
    Par pergolese, le 07 mai 2012

    pergolese
    Et si les américains avaient été du côté de l'Axe ? Et si les Anglais, les Canadiens et les Russes étaient restés seuls à lutter contre la barbarie des Nazis en Europe et des Japonais en Asie et dans le Pacifique ?
    Cette hypothèse fait froid dans le dos... Et pourtant.... Si Roosevelt n'avait pas eu le New Deal dans sa liste de références... S'il avait eu comme adversaire en 1940 un de ces pacifistes à tout prix qui ont cru en Europe éviter la guerre en négociant avec le Diable...
    C'est ce qu'imagine Philip Roth en portant à la Maison Blanche à la place de FDR Charles Lindbergh, pacifiste et nationaliste convaincu aux affinités douteuses. Pour le pays chantre de la démocratie, c'est le début d'une spirale infernale...
    Malgré quelques longueurs, ce roman m'a scotchée. Il a fini de me convaincre qu'il ne faut parfois qu'un presque rien pour basculer du meilleur vers le pire.
    La chute est extraordinaire : et si c'était vrai ?...
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    • Livres 4.00/5
    Par kedrik, le 07 septembre 2011

    kedrik
    Rien de tel qu'une bonne tranche de littérature blanche pour se changer les idées après de la SF ou de la fantasy. Mais une fois débuté Le complot contre l'Amérique, surprise, ce n'est pas tout à fait de la littérature blanche puisque derrière ce timbre svastiké se cache une uchronie. Ah ben mince alors, s'ils se mettent à cacher de la SF dans le rayon général, où va le monde ?
    Le livre se construit sur l'hypothèse suivante : et si l'aviateur Charles Lindbergh avait battu Franklin Delano Roosevelt aux élections en 1940 ? Énoncée de la sorte, cette hypothèse de travail ne me disait rien, mais 500 pages plus tard, j'ai compris que l'Amérique aurait pu prendre un sacré coup de pied au cul avec un tel président. Car si je connaissais le Lindbergh tragique en père à qui l'on a arraché un bébé et le Lindbergh héroïque du Spirit of Saint Louis, j'ignorais que le bonhomme avait reçu la médaille de l'ordre de l'Aigle en 1938 des propres mains d'Hermann Göring, qu'il avait quelques déclarations dieudonnesques sur le peuple juif et qu'il trouvait que tonton Adolph était un grand homme.
    Philip Roth va plus loin en faisant de son Lindbergh un antisémite avançant caché qui signe des accords avec l'Allemagne nazie et s'engage progressivement dans une politique intérieure d'assimilation des Américains d'origines juives. Et pour raconter les 4 ans du mandat présidentiel de Lindbergh, l'auteur use de l'auto-fiction puisqu'il raconte sa propre enfance à Newark durant cette période qui n'a jamais existé. C'est à travers cette chronique familiale de la famille Roth que l'on sent progressivement poindre comme une odeur de pourriture. Il n'y a pas de camps de concentration, ils ne doivent pas porter d'étoiles jaunes, et pourtant, cette Amérique lindberghienne glisse lentement dans un antisémitisme de complaisance.
    Philip Roth y raconte donc autant comment l'Histoire fait un pas de côté avec cette hypothèse Lindbergh (que Robert Harris avait déjà en partie explorée dans son excellent Fatherland puisque son Lindbergh devenait alors ambassadeur américain à Berlin) qu'il raconte de l'intérieur les affres d'une famille qui se définit comme "juive par hasard". Sa propre communauté est divisée, sa famille s'affronte face à la politique de Lindbergh, et le jeune Philip grandit dans cette drôle d'époque où l'Amérique ne veut pas faire la guerre pour cette Europe trop lointaine.
    Je ne connais pas le degré de vérité pour ce qui est de la part autobiographique du roman, mais à la fin du livre, Roth résume la vraie vie des personnages historiques qu'il a détournés pour le bien de sa fiction. Les idées d'Henry Ford en matière d'hygiène politique et d'internationale juive sont brièvement exposées : on ne m'avait pas parler du monsieur sous cet angle dans mes cours d'économie...
    Le livre m'a aussi fait beaucoup penser à La séparation de Christopher Priest mais également à Les extraordinaires aventures de Kavalier et Clay de Michael Chabon.
    Le complot contre l'Amérique est un bon moyen de mettre un pied dans le principe de l'uchronie si l'on est allergique à la SF. C'est une uchronie blanche, une belle manière de rendre hommage à la famille et au quartier. Et si au passage ça sert de piqûre de rappel contre les dérives du fascisme, c'est tant mieux.
    Note pour la traductrice (qui lit certainement ce blog, c'est bien connu) : pour faire la différence entre la ville de New Brunswick dans le New Jersey et le New Brunswick canadien (qui sont tous les deux utilisés dans le roman), il y a un moyen simple : la province canadienne s'appelle en français le Nouveau Brunswick. C'est d'ailleurs la seule province canadienne qui est officiellement bilingue. C'était la minute de culture générale canadienne à l'occasion des JO.

    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2010/02/le-complot-contre-lamerique.html
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Citations et extraits

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  • Par carre, le 25 mai 2012

    C’est dégoûtant, c’est pire que dégoûtant. Lentement mais sûrement, ça ne dérange plus personne, en Amérique, que Lindbergh lèche les bottes de Hitler.
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  • Par michelekastner, le 12 mai 2012

    Une nouvelle vie commençait pour moi. J'avais vu mon père s'effondrer, je ne pourrais plus jamais revenir à la même enfance. ma mère au foyer passait désormais ses journées à travailler chez Hahne, mon frère partait en service commandé travailler pour Lindbergh après l'école, et mon père, qui n'avait pas hésité à sermonner les apprentis antisémites de bistrot à Washington, pleurait la bouche grande ouverte, comme un bébé qu'on abandonne, comme un adulte qu'on torture, parce qu'il n'avait pas le pouvoir de faire échec à l'imprévu.
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  • Par line70, le 26 mars 2011

    [...] la révélation de l'imprévu, tout était là. Retourné comme un gant, l'imprévu était ce que nous, les écoliers, étudiions sous le nom d'«histoire», cette histoire bénigne, où tout ce qui était inattendu en son temps devenait inévitable dans la chronologie de la page. La terreur de l'imprévu, voilà ce qu'occulte la science de l'histoire, qui fait d'un désastre une épopée.
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  • Par Morriszapp, le 22 août 2010

    …, et je vis que l’amertume aveugle l’homme et l’avilit. (p. 427).
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  • Par Anncy, le 31 juillet 2011

    La route de l'enfer est pavée de travaux en cours.
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