Par Philip Roth

Note moyenne : 3.34/5 (sur 29 notes)
Editions Gallimard 2007
ISBN : 2070337901  
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Juin 1940 : Charles A. Lindbergh, l’aviateur héroïque adulé des Américains, est choisi par le parti républicain comme son candidat aux élections présidentielles face à Franklin D. Roosevelt. La nouvelle fait l’effet d’une bombe. Car le brillant aventurier est aussi un admirateur de l’Allemagne nazie et un antisémite notoire. Tout comme les autres familles juives de Newark, les parents du petit Philip (le narrateur, âgé de sept ans) sont atterrés. Car, déjouant tous les pronostics, Lindbergh, exploitant à fond le pacifisme américain, imposant son slogan « Lindbergh ou la guerre ! » devient en novembre 1940 président des États-Unis. Dès son arrivée à la Maison-Blanche, il s’empresse de signer un pacte de non-agression avec Hitler, puis avec le Japon. Les Juifs ne tardent pas, alors, à être considéré comme des indésirables au même titre que les Noirs, puis pire encore… Mais, entre certains membres de la communauté juive qui soutiennent la paix à tout prix prônée par Lindbergh et ceux qui osent entrer en dissidence, voire créer des « brigades internationales » anti-nazies qui partent combattre en Europe, le fossé va s’élargir jusqu’à la rupture… Avec ce roman de politique-fiction où il procède par une accumulation de détails précis, d’autant plus convaincants qu’ils s’appuient sur des documents authentiques (comme l’hallucinant discours antisémite réellement prononcé par Lindbergh en 1941), Philip Roth dessine le portrait aussi juste que dérangeant d’une Amérique frileuse, préoccupée avant tout de sa sécurité, certes éprise de grands idéaux, de paix et de justice, mais prête à piétiner ses principes si elle le croit nécessaire. Une Amérique d’hier et aussi d’aujourd’hui, qui est peut-être, à en croire l’auteur, la véritable Amérique.

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Critiques et avis sur Le complot contre l'Amérique


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    • Livres 0.00/5
    Par sylvie, 2008-01-19 12:58:17

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    C'est un très bon roman qui m'a tenue en haleine tout le long de la lecture : La vie quotidienne et familiale aux prises avec la peur : antisémitisme galopant en Amérique et qui devient d'état avec l'avènement de Lindbergh au pouvoir à la place de Roosevelt.


    Bizarre comme propos, ce détournement de l'histoire... Voilà que Philip Roth imagine un autre destin à sa propre famille, un autre tour de l'histoire pour ce petit garçon de sept qu'il était à l'époque. Mais pourtant, cette peur qui lie et délie les membres de cette famille et de ce quartier natal est décrite avec talent, finesse, et sobriété. Sans doute le texte si fort est-il étayé par la peur vécue pas sa famille dans l'histoire vraie... L'antisémitisme a bel et bien pris de l'ampleur dans les années 40 en Amérique, et Lindbergh, personnage médiatique haut en couleur ne cachait pas ses opinions à ce sujet, tout comme Ford et bien d'autres... Le tout enrobé dans une vision protectionniste et pacifiste qui exhortait les américains de ne pas prendre part aux conflits européens...


    Malgré la qualité de la narration, je n'arrive toujours pas à saisir où l'auteur a voulu en venir en écrivant cette uchronie... Pourquoi transformer le cours de l'histoire et vouloir nous montrer ce qui serait advenu si Lindbergh avait été au pouvoir ? J'ai lu dans la presse des critiques qui y voit une manière de nous parler de l'Amérique actuelle avec G. Bush... L'auteur dit que non. Peut-être doit on y voir seulement une grande leçon de modestie pour l'Amérique, symbole de liberté, en nous rappelant que le cours de son histoire n'a tenu qu'à un cheveu en 1940... Le long post-scriptum en fin de livre est édifiant à ce sujet, et c'est vrai qu'on a peu l'occasion de connaitre ce versant là de l'histoire de l'Amérique.


    Je dirais donc que c'est un livre à lire, il fait réfléchir, il peut même donner le vertige. L'auteur provoque un certain malaise chez le lecteur parce qu'il l'embarque en pure fiction dans une histoire falsifiée tout en lui rappelant régulièrement que la frontière est ténue avec la réalité passée. L'histoire qu'il raconte nous fait peur, mais c'est un mensonge... Pourtant, les multiples rappels à l'histoire vraie nous montre combien l'Amérique était au bord du précipice, et là, notre vertige commence à se prendre plus au sérieux...

    http://sylvie-lectures.blogspot.com/2007/04/le-complot-contre-lamrique-philip-roth.ht
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    • Livres 3.00/5
    Par levraoueg, 2009-02-22 11:35:59

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    “C’est la peur qui préside à ces Mémoires, une peur perpétuelle“ : ainsi commence “Le complot contre l’Amérique” de Philip Roth. Il s’agit donc de mémoires. Dés le deuxième paragraphe nous sommes propulsés en 1940. Nous apprenons rapidement que le narrateur à la première personne avait sept ans en 1940 (comme l’auteur), qu’il se prénomme Philip (comme l’auteur) et qu’il est né dans une famille juive (comme l’auteur). Cela ressemble donc à une autobiographie. A un petit détail près toutefois : cette année là, Roth imagine la victoire aux élections présidentielles américaines de Charles A. Lindbergh, l’aviateur proche des idées nazies. A partir de cette élection, l’histoire des États-Unis, l’histoire du monde et l’histoire de la famille Roth sont réécrites, mais réécrites à partir du vrai, ce qui donne un peu le vertige. Ce roman est donc une uchronie, c'est-à-dire une réécriture de l’histoire par la modification d’un élément dont on tire de nouvelles conséquences. Il s’agit de se demander : que se serait-il passé si… ?



    Dan ce roman, les considérations purement politiques ne m’ont pas captivées. Je n’avais aucune envie de lire un essai. Je voulais un roman, avec des personnages. Pour que les idées politiques m’intéressent, il fallait qu’elles soient incarnées. Je me suis donc principalement intéressée aux Roth. Dans cette famille, on trouve le père (39 ans, agent d’assurances), la mère (36 ans, femme au foyer), le frère (Sandy, 12 ans), le cousin (Alvin, environ 20 ans), la tante (Evelyn), et le petit Philip (7 ans, philatéliste en herbe). L’un d’eux va trahir son camp, un autre va devenir un héros, la plupart va vivre ces années noires dans la peur.



    Je n’ai pas vraiment aimé ce roman. Je l'ai trouvé trop long, souvent ennuyeux, quand il s'éloignait de ses personnages principaux. L'évolution de l'intrigue ne m’a absolument jamais surprise. La fin ne m’a pas paru très convaincante. Et je n'ai pas non plus été conquise par l'écriture de Roth, que j'ai trouvée assez banale. Une déception donc, malgré un grand sujet et une réputation de grand auteur.
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    • Livres 5.00/5
    Par fzilbermann, 2008-01-08 11:50:53

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    Ce livre tranche des autres uchronies car ces dernières sont souvent centrées sur les moultes détails nés du point de divergence historique, hors là c'est l'histoire de Philip Roth, ou du moins le plus précisément qu'il l'aurait vécu si cette alternative historique était arrivée (à savoir l'arrivée au pouvoir de Lindbergh en 1940 à la place de Roosevelt). Le tout respire la précision des personnages, grands comme petits, et on se sent transportés dans cette vision de ce qu'aurai pu être une amérique qui se laisse gangrénée par l'antisémtisme. Un très bon livre, une très bonne reflexion.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigetoun, 2009-11-12 21:51:12

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    plaisir tranquille de ce métier qui fait que, au-delà de la thèse et de l’uchronie, les personnages de la petite famille nous sont présents, un peu schématiques mais présents comme des êtres au sein de l’histoire – peut être tout de même ce confort de lecture enlève-t-il un peu de force à l’histoire
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    • Livres 3.00/5
    Par Sophiepm, 2009-03-09 20:20:48

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    Suite au fascinant reportage télévisé que j'avais pu voir sur la vie de Charles Lindbergh, j'avais très envie de m'intéresser de plus près à sa vie, et à tout ce qui s'en rapprochait.

    Mais au lieu de commencer par son autobiographie, je me suis lancée dans le roman de Philip Roth.

    Lien : http://booksandcuriosity.blogspot.com/2009/03/un-complot-contre-lame..
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Citations et extraits de Le complot contre l'Amérique


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  • Par brigetoun, 2009-11-12 21:50:19

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    Et puis ce fut le charivari, la joie indicible. Lindbergh venait enfin de monter à la tribune. Mon père se leva d’un bond ; comme un demi-fou, et éteignit la radio à l’instant même où ma mère revenait dans le séjour pour demander, les larmes aux yeux : « Quelqu’un veut quelque chose ? Alvin, une tasse de thé ? »
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  • Par levraoueg, 2009-02-22 11:44:10

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    C’était la première fois que je voyais mon père pleurer. C’est un tournant, dans une enfance, le jour où les larmes de quelqu’un d’autre vous paraissent plus insupportables que les vôtres.
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