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> Josée Kamoun (Traducteur)

ISBN : 2070329852
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 152 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le lecteur retrouvera ici David Kepesh, le héros de Professeur de désir. Âgé maintenant de 62 ans, c'est un homme arrivé, qui enseigne à l'université et a créé son émission de télévision. Parmi ses étudiants, il distingue une certaine Consuelo, d'origine cubaine, jeune ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 08 juillet 2012

    carre
    On retrouve dans ce roman les thèmes chers à Roth : l'amour et la liberté sexuelle, le vieillissement, la mort. David Kepesh, 62 ans, universitaire brillant et reconnu est aussi un incorrigible séducteur, sa dernière conquête : une jeune étudiante cubaine au charme envoutant et aux formes généreuses. On voit bien les obsessions Rothienne dans le portrait de Kepesh, le sexe comme dernier plaisir face à la vieillesse et la mort qui se profilent.
    Philip Roth est un immense écrivain, alors forcément il est toujours difficile d'aller à contre courant des nombreuses louanges concernant « La bête qui meurt ». Pourtant ce roman m'a moins enthousiasmé. Si on retrouve le style inimitable, les réflexions sur le sens donné à la vie, Roth se complait aussi à nous mettre dans l'inconfort (les scènes intimes doivent t'elles être aussi explicites et scabreuses) et puis ce vague sentiment d'une répétition dans les interrogations.
    Mais malgré ces bémols, « La bête qui meurt » reste une œuvre largement estimable.
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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 26 juin 2011

    Malaura
    Eminent professeur de littérature, critique littéraire à la radio et à la télé, David Kepesch a passé sa vie à revendiquer sa liberté sexuelle; un séducteur impénitent, amoureux de la beauté sans attache et sans sentiment.
    A 62 ans, il rencontre Consuela, une belle cubaine de 24 ans et entre les seins de cette femme aussi envoûtante qu'une oeuvre d'art, David découvre les tourments de la passion amoureuse, les affres de la peur et de la jalousie ainsi que la conscience de la vieillesse et de la mort.
    On retrouve ici les thèmes chers à Philip Roth, les plaisirs de la chair, les conventions rigides dans une Amérique bien-pensante, les souvenirs de la révolution sexuelle... à travers le portrait de ce professeur sympathique, esthète érudit et cultivé pris dans les rets de la dépendance amoureuse.
    Brillante analyse des comportements humains, réflexion sur la vieillesse et la mort, "La bête qui meurt" est un petit bijou de finesse et d'émotion.
    Comme à son habitude, Roth est tout simplement magistral !
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    • Livres 3.00/5
    Par Ellen-R, le 09 mars 2013

    Ellen-R
    J'ai trouvé ce petit livre pathétique tant le héros me semble un être égoïste, enfermé dans son confort, ses habitudes, ses préjugés (sur le mariage notamment). Philip Roth ne fait rien pour nous le rendre sympathique et son histoire avec Consuela n'est pas une histoire d'amour mais un coup de sang et une lutte contre la mort dont le sexe est le meilleur antidote ou la revanche. Au début de l'histoire, David n'en a rien à faire de Consuela et parler d'amour est un abus de langage. D'ailleurs quand il s'aperçoit qu'il s'engage, il se défile piteusement sans se soucier d'elle un instant. Quand il la retrouve, il a vieilli, et s'apitoie sur elle pour mieux s'apitoyer sur lui même. Non décidément je n'aime pas ce type. Ces réactions montrent bien que je ne suis pas restée indifférente à la lecture de ce livre.
    Par ailleurs, je me suis demandée tout au long du roman si en fait il n'était pas constitué de textes écrits par Roth ici ou là et qu'il aurait réuni dans une sorte de patchwork. La longue digression sur la libération sexuelle des années soixante en est un très ennuyeux exemple.
    C'est au fond un livre sur la vieillesse et tous les moyens pour en reculer les ravages et Roth a raison quand il écrit : « Pour ceux qui n'ont pas encore atteint la vieillesse, elle signifie qu'on a été. Seulement la vieillesse ça veut dire aussi que malgré son avoir-été, on est en plus de lui, en prime de lui, on est encore. »
    Un petit Roth en quelque sorte, mais un petit Roth est quand même un livre d'une certaine envergure. Il est ici, mais ce n'est que mon avis, meilleur essayiste sur la vieillesse que bon romancier.
    Les pages sur la mort de l'ami de David, George, sont pour moi tout à la fois poignantes, ironiques, sans illusions et magnifiquement écrites.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 09 novembre 2011

    brigittelascombe
    La bête qui meurt est-elle passible de se transformer en prince?
    Sous un masque affable,derrière une façade de culture raffinée, David,homme plus que mûr, enseignant, critique culturel connu des médias,pianiste amateur, cache son goût immodéré pour des "générations de fellatrices stupéfiantes", rencontrées en général sur les bancs de ses cours, triées sur le volet et couchées sur canapé, telles des cailles croustillantes, à l'issue des soirées de fin d'année.
    Consuelo, cubaine, jeunette "au teint pâle, aux lèvres pleines", à "lélégance lisse à la Brancusi" cache, elle, "des seins puissants" sous sa veste boutonnée. Elle aime Puccini, la culture l'interesse et elle apprécie le regard d'esthète que "l'homme du monde" porte sur son corps.Fantasme élève professeur."Magie du sexe".Séduction.Désir. Erotisme torride. le lecteur, impliqué par Philippe Roth dans le tutoiement des confidences, assiste médusé à une parade amoureuse de haut niveau.
    Rouerie de la maîtrise.Art du flirt. Domination-soumission.
    La bête qui meurt, le jeu pervers de David qui retourne "à l'homme des bois", amateur de chair fraiche sanguinolente, évoque quelques scènes de La belle noiseuse (manège obsessionnel entre le peintre vieillissant et élève) atteint son paroxysme mais, comme un fusil changerait d'épaule part dans des directions inconnues.
    "L'avoir été", "la jalousie ce poison", le mystère de l'étrangère, la liberté sexuelle et ses débordements, autant de paramètres qui peuvent changer la donne.
    Et l'amour, alors?
    Philip Roth, auteur américain couronné par moult lauriers, révèle encore ici une écriture irréprochable, brosse des portraits psychologiques forts de personnages à la faille sous-jacente, aborde les rapports amoureux, les stratégies de la séduction amoureuse, les rapports de force où celui qui croyait prendre se retrouve souvent aux prises d'insoupçonnables filets,l'obsession,la vieillesse,la maladie,la mort et l'amour bien sûr.
    Chef d'orchestre brillant de la condition humaine, capable de nous rendre le "Me da asco" ( "Ca me dégoûte") émouvant sinon pitoyable, jouant en virtuose la corde sensible entre pianissimo, allegro et fortissimo, on ne peut qu'applaudir!
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    • Livres 4.00/5
    Par Cristie, le 04 mai 2013

    Cristie
    Philip Roth a tout pour me plaire. La lecture de son livre m'a bousculé comme peu de livres le font. Il faut dire qu'il a l'art de toucher aux tabous comme personne !
    Le statut de critique culturel à la télévision et à la radio confère à David Kepesh, homme de la soixantaine à la libido suractive, un certains succès auprès de ses étudiantes. Parmi ces apprenantes se trouve Consuella Castillo, vingt quatre ans, filles de riches émigrés cubains qui va devenir la maîtresse de ce séducteur invétéré car "émerveillée" par la culture dont il se fait l'apôtre ... Très vite, la dépendance sexuelle va naître ...
    Ce texte m'a remué en ce qu'il a l'art d'égratigner certaines certitudes que je pouvais avoir, il m'a même parfois franchement énervée mais je préfère ça à un texte d'une platitude navrante.
    Le sexe semble être au cœur des interrogations de cet écrivain pour qui il fait tourner le monde et il ne voit pas ou s'interroge sur la façon dont on pourrait s'en passer. A travers son personnage, c'est en quelque sorte un testament qu'il nous livre et un questionnement sur la vieillesse et la mort :
    "Que faire quand on a soixante deux ans et que l'urgence de cueillir ce qui se cueille encore n'a jamais été aussi impérieuse ?"
    Le sexe est l'accomplissement ultime pour qui le personnage est prêt à tout : mentir, jouer, se perfectionner, ... Je m'avancerai en parlant d'une peur de l'impuissance mais le sexe tient une telle place, que sans lui on se demanderai ce que serait cet homme.
    "C'est seulement quand tu baises que tu prends ta revanche, ne serait-ce qu'un instant, sur tout ce que tu détestes et qui te tient en échec dans la vie. C'est là que tu es le plus purement vivant, le plus purement toi-même. Ce n'est pas le sexe qui corrompt l'homme, c'est tout le reste. le sexe ne se borne pas à une friction, à un plaisir épidermique. C'est aussi une revanche sur la mort. Ne l'oublie pas la mort. Ne l'oublie jamais . Non, le sexe n'a pas un pouvoir illimité, je connais très bien ses limites. Mais, dis-moi, tu en connais un pouvoir plus grand ?"
    Les descriptions concernant la dépendance sexuelle sont elles aussi révélatrices. J'ai aimé cette fragilité de ce surhomme, jaloux des moindres instants passés sans sa belle, apprenant la jalousie, la manque de confiance, ... Il redevenait humain et pour la première fois créait un lien véritable.
    Un coup de cœur pour cet auteur avec qui je n'ai pas fini d'en découdre !
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