Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Anne Perry (Traducteur)

ISBN : 2264042079
Éditeur : 10-18 (2005)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 578 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu'une brigade spéciale a dû être créée pour s'occuper d'affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les r... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (126)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par jeranjou, le 07 octobre 2013

    jeranjou
    Eh Maurice ! Je m'achèterais bien jeudi prochain l'Eyre comprimé en boite norvégienne ?
    Si vous avez du mal à décrypter cette phrase, c'est très simple. Regardez attentivement la couverture de cet OLNI !
    Un dodo V2.3 ou plus exactement un clone du dronte de Maurice dans une boite de conserve, un titre qui semble s'inspirer du livre de Charlotte Brontë « jane eyre » et enfin Jasper Fforde, sûrement un auteur norvégien qui aurait dérivé en Angleterre depuis le Geirangerfjord. Bref, je me suis toujours demandé, comme vous surement, ce qu'était cet OLNI (objet littéraire non identifié pour ceux qui ne n'auraient pas décodé l'acronyme) sur fond rouge si flashy !
    A priori, les soixante seize sociétés d'édition qui ont refusé de faire paraître l'ouvrage détestent foncièrement les OLNI, ces cocktails de polar, de science-fiction, d'humour british et d'histoire d'amour invraisemblable. Heureusement, une société anglaise, «Hodder and Stoughton» (1), a accepté en 2001 d'éditer cet ouvrage et a touché le jackpot après le succès fulgurant des « aventures de Thursday Next ».
    Oui, oui, vous avez bien lu comme moi. L'héroïne se nomme Thursday Next (jeudi prochain pour les gaulois pure souche) car elle est née un jeudi même si sa mère Wednesday (mercredi pour les wallons pure souche) est née un dimanche. Je sais, cela n'a pas de sens, mais ne cherchez pas à comprendre, suivez moi sans crainte pour un voyage dans une autre dimension, largement consacrée à la littérature anglaise !
    Vivant avec son dodo Pitwick, Thursday, trente cinq ans, est célibataire depuis sa douloureuse rupture avec Landen il y a dix ans. Après avoir quitté l'Armée durant la guerre de Crimée, Thursday rentre dans le Service des Opérations Spéciales anglaises (de OS-1 à OS-30) et plus précisément dans la brigade littéraire (OS-27).
    Durant le mois de juin 1983, le manuscrit "Martin Chuzzlewit" de Charles Dickens est volé par un malfaiteur mystérieusement invisible et l'enquête est alors confiée à Thursday Next, transférée temporairement chez les OS-5. Lorsqu'elle surprend le voleur et décide de lancer l'assaut avec ses collègues, Thursday est grièvement blessée par une balle miraculeusement stoppée par le roman « jane eyre » plaqué contre sa poitrine…
    Simple coïncidence ! C'est à vous de le découvrir. Non, non, même sous la torture, je ne dévoilerai plus une seule ligne de ce roman original et déroutant ! (2)
    Néanmoins, afin d'être parfaitement opérationnel avant d'entamer la lecture de ce livre, je vous conseille quelques pré-requis qui ne vous prendront à peine que quelques mois de travail:
    - bucher intensément sur la Guerre de Crimée opposant français, anglais et turcs notamment contre les russes entre 1853 et 1956 pour prendre le contrôle de la presqu'ile sur le territoire ukrainien,
    - lire toute la bibliographie de Shakespeare et se renseigner sur l'origine de ses écrits,
    - connaître par chœur le livre jane eyre (au moins 4 à 5 lectures minimum me semble nécessaire pour être à l'aise sur le sujet).
    Une connaissance de la série culte de la « Quatrième dimension » serait tout de même un plus afin de mieux comprendre les apparitions déconcertantes du père de Thursday dans le roman. Mais ne vous inquiétez pas, dans un premier temps, la parfaite maitrise de la guerre de Crimée, de Shakespeare et de jane eyre me parait suffisante pour aborder avec sérénité et lucidité cet ouvrage.
    Comme j'ai écrit évidemment la critique après avoir lu « L'affaire Jane Eyre », je ne pouvais pas, bien entendu, mettre en pratique ce que je viens de vous suggérer, mesurant ainsi la chance que vous avez de pouvoir suivre dorénavant mes conseils. Vous me suivez toujours ! Non, bon, je vous laisse quelques secondes pour relire la phrase précédente. Pas de problème, je vous attends,...
    En fin de compte, malgré un univers plutôt différent de mes lectures habituelles, j'ai pris plaisir à découvrir les aventures délirantes de Thursday Next et ses rencontres multiples avec des personnages bien déjantés. J'ai particulièrement aimé cette idée de pouvoir se projeter dans la vie quotidienne des personnages d'un livre et imaginer leur univers uniquement décrit par les mots contenus dans ce même livre.
    Une belle découverte « L'affaire Jane Eyre », un roman anglais (pas du tout norvégien comme certains pouvaient l'imaginer!) intemporel et original à la croisée des genres, à l'humour omniprésent servi à la louche, malgré de nombreuses allusions à l'histoire ou à la littérature anglaise parfois difficiles à appréhender pour les néophytes (comme moi).
    Bonne lecture à tous et à jeudi prochain sans faute.

    (1) La société "Penguin Books" édite également la série pour le marché anglo-saxon.
    (2) Si vraiment vous souhaitez connaitre la fin pour des raisons personnelles, il est toujours possible de s'arranger moyennant quelques billets, uniquement libellés en euros (je ne prends pas les livres... sterling).
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          9 59         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par nekomusume, le 09 novembre 2012

    nekomusume
    Voilà je viens de refermer L'affaire Jane Eyre et je me demande pourquoi je n'ai pas les autres aventures de Thusday Next. J'en voudrais encore un peu plus s'il vous plait. Un conseil LISEZ-LE ! Et si vous comptez le faire, ne lisez pas ce qui suit : spoiler à tous les étages….
    1- Nous somme en Angleterre en 1985, sauf que ce n'est pas l'Angleterre que l'on connait, ni le 1985 que certains d'ente nous ont pu connaître. Vous connaissez le principe des mondes parallèles ? Et bien nous sommes en plein dedans. La théorie c'est que notre monde n'est pas unique mais qu'à chaque fois qu'un évènement se produit, il existe un monde semblable dans lequel il ne se produit pas et qui, à partir de là, diverge totalement du notre. Et bien dans le monde de Thusday Next, Churchill est mort dans un accident à l'adolescence, il n'a pas dirigé le Royaume-Uni pendant la seconde guerre mondiale, du coup les nazis ont envahis l'Angleterre, l e pays de Galle a fait sécession à la fin du 19ème, la guerre de Crimée dure depuis 137 ans, bref, il n'y a plus beaucoup de repère politiques et géographique. Et pour ce qu'il en reste, toute ressemblance avec des faits réels serait purement fortuite.
    2- La police ne semble pas avoir un rôle majeur, elle est secondée (ou elle seconde) une kyrielle de services nommés Opérations Spéciales ou OpSpec ou même OS suivi d'un numéro (jusqu'à 30) ayant des attributions plus ou moins top secrètes et surtout assez peu probables pour certains d'entre eux. C'est pour un de ces services que travaille notre héroïne : OS-27 ou Littératecs, le service des délits littéraires. Enfin jusqu'à ce qu'un de ses anciens prof de fac ne se révèle être un individu très recherché, génie du mal à l'état pur et qu'elle soit la seule à pouvoir l'identifier et se retrouve (brièvement) recrutée par OS-5.
    3- La religion, c'est la littérature d'abord. Les querelles religieuses portent sur qui a réellement écrit les pièces de Shakespeare… mais rien ne convient réellement, jusqu'à ce que le père de Thusday n'apporte une nouvelle explication. En attendant entre Shakespearien, Baconnien et autres partisans des différents candidats, la querelle s'éternise. Toutefois les œuvres sont révérées en tous lieux même les plus improbables : des Shakespearparleurs sont installés à l'effigie des personnages du maître qui déclament leurs célèbres tirades pour quelques piécettes. Il y a même des représentations de Richard III qui sont l'équivalent de certaines projections du Rocky Horror Picture Show (les initiés comprendront)
    4- La famille de Thusday est également particulière : une mère un peu annecdotique, un père Chronogarde rebelle qui apparait et disparait inopinément de la vie de sa fille, un frère aîné mort en Crimée, un frère cadet pasteur de l'Être Suprême Universel, un oncle et une tante du genre couple de savants fous, un ex-petit-ami qui ne demande qu'à renouer…
    5- J'allais oublier les dodos ! et oui dans ce monde (de fous !) les dodos ont été clonés et sont disponibles en kit afin de réaliser son animal de compagnie soi-même, chaque version étant améliorée par rapport à la précédente. E le dodo n'est que l'arbre qui cache la forêt, j'ai entendu parler de mammouths, et même d'hommes de Neandertal (au point qu'il a fallu écrire une Déclaration des Droits de l'Homme de Neandertal)….
    De plus Thusday est un personnage particulièrement attachant, dynamique, intelligente, prête à tout ; elle ne reculera devant rien pour sauve le chef d'œuvre de la littérature anglaise qu'est Jane Eyre, empêcher la guerre en Crimée de se poursuivre, contrer Hadès, mettre des bâtons dans les roues de la multinationale Goliath et reconquérir Laden… Bref, elle nous emmène à 100 à l'heure dans sa Speedster 356 bariolée dans une enquête complètement barrée dans un monde parallèle, dans les romans comme dans le temps…
    Archéron Hadès quand à lui est un méchant digne de son patronyme, faisant le mal pour le mal (bien que je le soupçonne aussi d'agir par cupidité à certains moment, même si il s'en défend), doté de pouvoirs prodigieux, d'une intelligence hors norme et d'une certaine tendance à trop parler…
    Quand à l'intrigue, elle reste relativement simple (enfin relativement, mais après tout çà ce n'est peut être pas plus mal). Hadès vole un manuscrit précieux puis kidnappe l'oncle et la tante de Thusday qui ont mit au point une façon d'entrer et de sortir des livres. Il s'en sert pour faire pression sur le gouvernement pour obtenir tout ce qu'il souhaite. le premier manuscrit ayant été détruit, il s'en prend ensuite à Jane Eyre. Thusday qui n'avait au départ été sur cette enquête que par hasard, se retrouve à tenter de sauver son oncle et sa tante, puis aussi son livre préféré (même si la fin est décevante…). Il faut dire qu'elle a déjà eu l'occasion de rencontrer Mr Rochester plusieurs fois et qu'ils se sont rendu service mutuellement et seront amenés à recommencer plusieurs fois.
    C'est jubilatoire d'imaginer pouvoir rentrer dans son roman préféré, de savoir qu'on pourrait le visiter comme un musée ou un château, qu'il serait possible de le modifier, d'influencer le destin des personnages, que les personnages pourraient devenir nos amis, et même qu'ils pourraient sortir du roman pour influencer nos vies…
    Quand au style d'écriture, si la majeure partie du roman est écrite dans un style propre à l'auteur, celui-ci n'hésite pas à paraphraser, inclure des phrases du livre qu'il visite, voir même à faire parler les personnages issus de ces livres dans le style que leur auteur leur a donné.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 25         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par mariecesttout, le 31 mars 2014

    mariecesttout
    Et bien ,on a eu chaud! Figurez vous, chers amis lecteurs, qui, le plus souvent dans vos jeunes années, vous êtes plongés dans la vie tumultueuse de Jane eyre , avez pleuré et vous êtes réjouis avec elle, que Charlotte Brontë avait choisi une toute autre fin pour ce roman, et une autre destinée pour son héroïne. Certes Mr Rochester ne devenait pas aveugle, mais Jane, écoeurée de ses découvertes, le quittait définitivement pour devenir missionnaire en suivant un personnage falot et très ennuyeux.
    Heureusement........heureusement Thursday a changé tout cela, et en pénétrant au coeur de ce roman, a permis de réunir ces deux personnages!
    Comment a -t-elle fait? Ah ça......Il faut savoir, quand même ,que Thursday est une LittéraTec. Et que le manuscrit de Martin Chuzzlewit a disparu. Volé. Par l'immonde Achéron Hadès, qui ne compte pas s'arrêter là. A une époque où le Pays de Galles est une République socialiste indépendante, où la guerre entre Crimée et Angleterre dure depuis 130 ans, où les animaux domestiques sont des dodos clonés et où les Shakesparleur ( distributeurs automatiques de monologues de Shakespeare) commencent à se faire rares, on ne plaisante pas avec la littérature anglaise .Non mais!!!!
    Quelle bouffée d'oxygène que ce livre! A déconseiller peut être à ceux qui n'aiment ni la littérature anglaise, ni les histoires complètement déjantées( sous peine, par exemple de finir meringués, c'est une mort atroce) mais que les autres n'hésitent pas! Ces personnages qui entrent et sortent des livres m'ont rappelé l'excellent roman de Timothy Findley, le chasseur de tête, dans lequel Kurtz s'échappe malencontreusement des pages d'Au coeur des ténèbres, argh!
    Les premières lignes:
    "Mon père avait une tête à arrêter les pendules. Je ne veux pas dire par là qu'il était laid; c'était l'expression employée chez les ChronoGardes pour décrire quelqu'un qui avait le pouvoir de ralentir le débit du temps.."
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 33         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Soune, le 30 mai 2013

    Soune
    Lorsqu'on est fan de littérature anglo-saxonne, qu'on adore la langue d'origine et qu'on est enclin à apprécier tout ce qui sort de l'ordinaire, on se jette à corps perdu dans le livre de Jasper Fforde, The Eyre affair. C'est logique, prévisible. On s'attend à être surpris.
    Cependant, lorsqu'on est un tantinet suspicieux, à tort ou à raison, sur son niveau d'anglais, que les inventions de termes et les histoires abracadabrantesques se succèdent, la première réaction est sans appel : « Mon dieu ! Aidez-moi. Je ne comprends plus rien à l'anglais !!!!! »On tente de poursuivre l'aventure, tenace, on note sur des bouts de papier des noms, des mots clefs, les liens qu'ont les personnages entre eux, on se fait des fiches… Au final, on est arrivé à la moitié du livre. L'histoire a l'air superbement original mais semble tellement tirée par les cheveux qu'on doute qu'elle soit bel et bien écrite ainsi. Au mieux, on se dit qu'on a une trame gigantesque, suffisamment bien faite pour écrire soi-même l'histoire et finalement le roman. Au pire, on se dit qu'on doit retourner immanquablement sur les bancs de l'école pour revoir les bases.
    Puis, las de ces questionnement, on fait une pause de lecture. Ce livre nous a tellement chamboulés qu'il vaut mieux nous reposer un moment.
    Les mois passent. On zieute la version française, figurant dans le catalogue de notre bibliothèque de quartier qui, comme par hasard, n'est jamais disponible et on finit part trouver une occasion à moins d'un euro. le livre est abimé mais qu'importe.Il faut tout simplement que notre curiosité soit rassasiée. Adieu Shakespeare, bonjour Molière !
    Le livre arrive.On le range dans un coin un moment, histoire de le regarder en chien de faïence pour le supplice vécu. Et un jour, on on se lève du pied droit : on se décide enfin à le lire.
    Les mots défilent. Les souvenirs nous assaillent. Cette histoire nous rappelle quelque chose. On arrive à la moitié du livre. Nous constatons avec effarement que la langue ne posait pas le moindre problème à la compréhension du roman. On a lu deux fois la même histoire. Nous n'avions aucune difficulté linguistique. Nous étions juste dans un combat acharné avec le style de l'auteur. Un sourire inattendu s'accroche à nous. On a adoré lire deux fois la même histoire. C'est quelquefois un peu long et pourtant on adore ! Nous sommes éblouis par notre prestation, autant que par celle de l'auteur qui a réussi à nous retourner le cerveau en deux temps trois mouvements. Quelle imagination ! Quelle culture ! Quelle honte ! Quelle joie !
    Les émotions affluent en tous sens.
    C'est qu'on ne rencontre pas tous les jours une histoire aussi tirée par les cheveux, farfelue de bout en bout. A croire par moments que l'auteur est tombé sur la tête… C'est en tout cas la première réflexion qui vient à l'esprit dès lors que l'originalité pousse la porte de notre monde. Trop c'est trop, disent souvent certains. Certes ! On pourrait ne pas aimer et s'ennuyer avec tous ces détails rocambolesques. Personnellement, je ne l'ai pas vécu ainsi. J'ai cédé à Jasper Fforde. Je suis devenue une lectrice assidue. C'est grave, docteur ?

    Résumé de la quatrième de couverture :
    Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu'une brigade spéciale a dû être créée pour s'occuper d'affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits. Mais quand on a un père capable de traverser le temps et un oncle à l'origine des plus folles inventions, on a parfois envie d'un peu plus d'aventure. Alors, lorsque Jane Eyre, l'héroïne du livre fétiche de Thursday, est kidnappée par Achéron Hadès, incarnation du mal en personne, la jeune détective décide de prendre les choses en main et de tout tenter pour sauver le roman de Charlotte Brontë d'une fin certaine... " Au croisement du roman policier et de l'uchronie déjantée, Jasper Fforde signe un ouvrage jubilatoire. " le Monde des livres.

    Mon avis:
    Dans un monde semblable au notre, le détective intrépide Thursday Next se bat pour contrer les malfaiteurs qui kidnappent les personnages des romans de la littérature classique. Dans ce monde étrange, la littérature est une composante si essentielle à la société qu'une section spéciale de la police œuvre pour mettre fin aux actes criminels liés aux œuvres littéraires.Le Pays de Galle et une nation socialiste indépendante, l'Angleterre poursuit la guerre de Crimée depuis plus d'un siècle aux côtés de la Russie impériale, les débats littéraires sont au cœur des préoccupations de la société et conduisent souvent à des crimes.
    C'est ici qu'intervient Thursday Next, détective littéraire, vivant à Londres. Lorsque le manuscrit de Martin Chuzzlewit de Charles Dickens est volé, elle est appelée sur l'affaire, car elle est l'une des seules à pouvoir appréhender le voleur, l'ayant déjà aperçu. Alors qu'elle est sur le point de l'arrêter, il réussit à s'échapper après lui avoir tiré une balle dessus. Grièvement blessée, elle est sauvée de justesse par un exemplaire de Jane Eyre qu'elle avait avec elle et qui a stoppé la balle.Un mystérieux inconnu s'approche d'elle pour la soigner avant que les ambulances n'arrivent.
    Thursday Next, dans ce monde totalement délirant et pourtant très bien organisé, est l'héroïne parfaite. Célibataire, vétéran de la guerre de Crimée et meurtrie par un ancien amour, elle est la parfaite héroïne. Il lui manque presque son cheval blanc pour sauver la terre du malfaiteur absolu! Aussi quand ce monstre décide de kidnapper Jane Eyre, remettant ainsi en cause l'avenir même d'un roman vénéré par la plupart des habitants, le lecteur avide de littérature ne peut que l'acclamer, à défaut de l'accompagner réellement. Revenons sur terre un peu là, car le lecteur que nous sommes n'a malheureusement pas le pouvoir d'entrer dans les livres, et encore moins d'échanger avec les personnages.
    Lorsque Jane Eyre est kidnappée par le monstre, qui a enlevé auparavant bien d'autres personnes, dont des gens très proches de Thursday Next, l'histoire prend corps et m'a complètement passionnée. Bien qu'arrivant tardivement dans le roman, j'ai personnellement adoré arriver à ce tournant de l'histoire avec tous les détails hallucinants qui amènent notre détective à ce moment crucial. Les détails sont non seulement nécessaires pour rendre l'histoire complètement loufoque mais ils soulignent d'autant plus le second degré que l'auteur utilise constamment.
    Malgré ce coup de cœur de ma part, j'ai parfaitement conscience que le lecteur a parfois quelques difficultés à entrer dans ce monde « trop » différent des romans que nous avons l'habitude de côtoyer, aux frontières du roman policier, de la romance, du mystère, de l'humour et de la science fiction. Jasper Fforde aurait pu opérer un choix entre tous ces styles. L'auteur a choisi de tous les utiliser, histoire de faire un pied de nez à la littérature classique. On aime ou non. Il est vrai que ce n'est pas toujours facile de se familiariser avec la nouveauté.
    Le lecteur est peu habitué à découvrir de tels mondes parallèles, où le burlesque est roi, où l'Angleterre est complètement parodiée au travers de sa culture littéraire.Voici un monde où la paternité des œuvres de William Shakespeare est remise en question par exemple, pas moins! On a osé toucher aux valeurs sûres : « Help» nous crie notre cerveau bien trop civilisé.
    L'auteur s'inspire en effet d'œuvres littéraires ayant marqué l'identité anglaise pour créer une histoire policière aux antipodes de ce qui a été fait jusqu'ici.
    Outre l'imagination débordante dans laquelle j'ai adoré voyager, la technique utilisée se révèle être aussi une sorte de critique de la littérature anglaise, la parodie étant pour l'auteur la ligne de conduite par excellence. L'histoire de Charlotte Brontë, auteur de Jane Eyre est critiquée pour son contenu, le caractère des personnages… C'est également une sacralisation merveilleuse de l'œuvre brontéenne qui est faite ici, un hommage sublime qui est réalisé à un auteur classique que j'apprécie et que j'ai aimé retrouver ici sous une autre forme. La culture n'est pas limitée et Jasper Fforde le montre parfaitement avec ce premier tome d'une série parfaitement maîtrisée à mon sens.
    En faisant montre d'une écriture très personnelle de la langue anglaise et de sa connaissance des œuvres du patrimoine anglais, Jasper Fforde offre ici un roman qui marque en raison des détournements des codes littéraires. Ils sont quelques peu dérangeants car surprenants, innovants, caustiques, absurdes et en même temps si intelligents.Voici une prouesse que je suis loin d'oublier, un monde crédible qui se moque des impossibilités et qu'on découvre avec un plaisir contagieux.
    Et puis avouez que pour tout livraddict, il est jubilatoire de vivre dans un monde où la littérature est sans cesse un enjeu de pouvoir et de passion. Imaginez un univers où les livres ont plus d'impact que les boutiques de luxe, où les partisans de Shakespeare affrontent régulièrement les amoureux de Bacon, où la langue est sans cesse réinventée, moquée et en même temps adulée…

    Un roman à part que je recommande, bien que je comprenne aisément qu'il risque de ne pas plaire à tous. Vivement la suite que je lirai cette fois-ci en anglais!!!! Parce que « je le vaux bien » M. Jasper Fforde.

    Lien : http://aupetitbonheurlapage.blogspot.fr/2013/05/lorsquon-est-fan-de-..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 6         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Z3D, le 30 septembre 2013

    Z3D
    Je crois que j'ai une maladie assez grave pour un bibliophile, j'aime les livres que je n'aimerai pas. Je suis attiré par des livres qui ne me correspondent pas. le pire, c'est que je le sais avant de débuter ma lecture. C'est comme si je ne choisissais que des partenaires sentimentaux qui me feraient souffrir (cas très fréquent en amour soit dit en passant).
    Je sais que l'association de l'imaginaire et du comique ne me correspond pas. J'ai pourtant essayé les livres de Douglas ou de Pratchett sans succès. Malgré cela, je n'ai pu m'empêcher de tomber dans les livres de Fforde. Pourtant tout s'accorder pour me faire fuir: thriller scienfictio-fantastique bourré d'humour anglais! La recette parfaite pour me procurer une indigestion littéraire.
    Heureusement pour moi, ce premier tome de la série Thursday Next n'a pas été aussi infame que je l'envisageais. Je dirais même plus, il s'agit surement du meilleur cycle que j'ai lu avec ces ingrédients (comparé à H2G2 et Les annales du disque monde). le meilleur cycle peut-être mais point trop n'en faut au risque d'attraper la nausée!
    Le monde créée par l'auteur est assez loufoque mais cohérent, les personnages sont quasiment tous barrés et les méchants sont de vrais méchants. On passe globalement un bon moment de lecture avec quelques sourires et 2 -3 rires. J'ai bien aimé ce livre même si l'histoire est relativement courte puisque la mise en place des personnages prends pas mal de temps. Tout se résoud en un coup de cuillère à pot et en quelques pages. C'est très bien écrit (surement mieux en anglais même si les jeux de mots doivent être difficiles à saisir) et on se laisse guidé par Thursday dans la traque d'Hadès jusque sur le toit du chateau de Thornfield. Il est recommandé d'avoir connaissance de l'histoire de Jane Eyre (je pense) pour apprécier un peu plus l'histoire.
    Je suis persuadé que le coté loufoque de ce cycle aura raison de moi et me lassera très vite, en attendant, si vous êtes friands de jeu de mot, de paradoxes temporels et de Dodos ou si vous êtes fans des précedents auteurs cités et d'humour anglais, foncez vous adorerez!
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 17         Page de la critique

> voir toutes (31)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Yuko, le 01 février 2012

    En l'espace de vingt secondes suivant l'enlèvement de Jane, le premier lecteur inquiet avait remarqué qu'il se passait des choses étranges aux abords de la page cent sept de sa luxueuse édition reliée de cuir de Jane Eyre. En l'espace d'une demi-heure, le standard de la bibliothèque de l'English Museum avait sauté. En l'espace de deux heures, tous les bureaux de LittéraTecs étaient assiégés de coups de fil provenant de fans de Brontë anxieux. En l'espace de quatre heures, le président de la Fédération Brontë s'était entretenu avec le Premier Ministre.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 16         Page de la citation

  • Par saphoo, le 01 mai 2010

    de l’autre côté du Portail de la Prose, Polly se tenait sur la rive herbeuse d’un grand lac, écoutant le doux clapotis de l’eau. Le soleil brillait, et des petits nuages floconneux voguaient paresseusement dans l’azur du ciel. Le long de la baie, on apercevait des myriades de jonquilles jaune vif qui poussaient dans l’ombre ajourée d’une boulaie. Les fleurs frissonnaient et dansaient dans la brise dont le souffle embaumait la fraîche odeur de printemps. Tout était calme et paisible. Le monde dans lequel elle se trouvait à présent n’était pas terni par la méchanceté des hommes. C’était le paradis
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la citation

  • Par nekomusume, le 07 novembre 2012

    On se serait cru dans la bibliothèque d'une maison de campagne. Sur deux niveaux, les étagères étaient pleines à craquer de livres qui recouvraient chaque centimètre carré du mur. Un escalier en colimaçon menait vers la galerie qui faisait le tour de la pièce, permettant d'accéder aux étagères du haut. au centre de la pièce, il y avait des tables disposées comme dans la salle de lecture d'une bibliothèque publique. La moindre surface et tout le plancher disparaissaient sous des piles de livres et de papiers; c'en était même surprenant qu'ils arrivent à travailler là-dedans.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la citation

  • Par jeranjou, le 07 octobre 2013

    - OS-3 ? répétai-je. Ils s’occupent de quoi ?
    - De Trucs Bizarres.
    - Je croyais que les Trucs Bizarres, c’était OS-2.
    - OS-2, c’est les Trucs Très Bizarres.

    Commenter     J’apprécie          2 29         Page de la citation

  • Par saphoo, le 01 mai 2010

    Les barrières entre réalité et fiction sont plus minces que nous ne l'imaginons, un peu comme un lac gelé. Des centaines de personnes peuvent le traverser, mais un soir, ça dégèle à un endroit, et quelqu'un tombe dans le trou. Le lendemain matin, la couche de glace s'est déjà reformée”

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la citation

> voir toutes (9)

Videos de Jasper Fforde

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Jasper Fforde


Etonnants Voyageurs 2011 : Conférence Comment je me suis emparé de l'univers d'un autre 2/2
Avec Brandon Sanderson, Jasper Fforde, Fabrice Colin, Nicolas Fructus et Joëlle Wintrebert








Sur Amazon
à partir de :
9,12 € (neuf)
4,89 € (occasion)

   

Faire découvrir L'affaire Jane Eyre par :

  • Mail
  • Blog

Découvrez les éditions 10-18

> voir plus

Lecteurs (989)

> voir plus

Quiz