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ISBN : 2070328767
Éditeur : Gallimard (25/05/2006)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 311 notes)
Résumé :
Catherine, dont la vie s'organisait autour du travail avec la haine des dimanches, le secours de la télévision, l'affection d'un chat et l'usage fréquent de somnifères, tourne le dos à la France pour s'installer au Brésil. Dépassant sa condition de touriste, elle quitte l'univers des agences de voyages pour celui des favelas. La violence avec laquelle les gens se traitent entre eux ne lui est alors plus épargnée. Dans ce récit d'un parcours absolu, Jean-Christophe R... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Mimimelie
05 octobre 2014
Parce que j'avais beaucoup aimé « le parfum d'Adam », je m'étais promis de lire dès que l'occasion s'en présenterait, d'autre livres de cet auteur, d'ailleurs j'ai bien en attente « Rouge Brésil » dans mes étagères, mais son poids me fatigue d'avance et je sais que nous nous rencontrerons lui et moi le moment voulu.
Et voilà que, dimanche passé, dans un vide grenier, je « tombe » sur une Salamandre pour 50 centimes…. (bin voui, faut ne pas croire que tous les retraités croulent sur un matelas d'or…).
Quoi qu'il en soit, je ne sais pas comment il s'est débrouillé ensuite celui-là pour ne pas atterrir dans l'étagère « pal » et se trouver ce matin, dès potron-minet sur mon chemin et se faire choper…. Bref, je l'ai englouti.
De prime abord, je n'ai été ni convaincue ni même attristée par cette sordide histoire, vraie semble-t-il. Comment peut-on être aussi stupide, aussi aveugle surtout quand on a su préalablement se sortir de la mouise sociale, quand on sait ce que coûte le prix de la liberté… quelle cruche ! et à 50 ans tout de même, incroyable de sottise !
Et puis quel intérêt pouvait bien présenter cette histoire, l'histoire d'une victime, de plus, qui n'a pas compris que le monde est impitoyable, cruel, que les prédateurs, les nuisibles sont légions, partout à l'affut des faibles ?
En fait, c'est la fin du livre, qui, aussi parce qu'elle m'a agacée, m'a fait comprendre où Rufin avait voulu nous mener en nous racontant ce « fait divers » atroce. Car en m'insurgeant contre son entêtement à aimer toujours ce voyou, j'ai pu comprendre qu'elle avait découvert une part essentielle d'elle-même et de la vie, qu'elle se découvrait capable de donner, d'aimer, sans quête d'un retour, et accepté de payer cette victoire un prix exorbitant !
D'ailleurs, il est beaucoup question d'argent finalement dans cette histoire, à commencer par la rencontre et l'affrontement de deux pôles l'un riche, l'autre pauvre, et chacun des deux protagonistes représentent ces mondes et incarnent les déchirements de notre monde d'aujourd'hui. Chacun est riche de quelque chose mais va chercher ailleurs ce qu'il n'a pas, lui est pétrit de sa culture, sa musique, mais en quête d'un mieux-être matériel, elle, comme beaucoup, est en quête de ce que notre monde a perdu de richesse intérieure et de racines culturelles, tribales presque…
Et puis il y a cette relation de l'argent au sexe, si elle peut paraître plus familière aux hommes en général, au moins culturellement, elle n'est pas quelque chose d'évident pour une femme. Pour toutes ces raisons, il semble que cette Catherine, en donnant tout semble désorientée, et semble aussi vouloir réparer une dette d'injustice.
Si tout cela la mène à la ruine, n'est-ce pas aussi pour nous dire que finalement la richesse, l'amour, n'est peut-être pas où on l'imagine, d'ailleurs ne l'a-t-elle pas trouvé in fine, ailleurs, en elle-même, même si elle a dû le payer le prix fort.
Car le bonheur et l'amour existe en soi indépendamment de toute possession « On aime la mer, pensa-t-elle, pourtant la mer ne nous aime pas »
…et c'est peut-être le plus joli message de cette histoire, retrouver en nous la capacité d'aimer…cadeau de Catherine.
Et puis bien sûr, l'auteur nous amène au passage à réfléchir sur l'image que l'on peut avoir de l'autre habitant du bout du monde et pourquoi pas au passage à se regarder soi-même, ne sommes-nous pas capable en effet, nous aussi de nous enfermer dans des relations tragiques ou autodestructrices….
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ladesiderienne
11 juin 2014
Avec ce roman, inspiré malheureusement d'un fait réel, je vous propose de partir pour le Brésil, un peu avant que toutes les caméras du monde ne soient braquées sur ce pays pour raison footballistique. Vous allez peut-être y retrouver la chaleur et le carnaval mais vous allez très vite en oublier le côté paradisiaque souvent décrit par ailleurs, car comme l'héroïne, vous allez vous perdre corps et âme dans les ruelles des favelas.
Catherine, célibataire, 46 ans, n'a pas vraiment trouvé d'autre sens à sa vie que le travail. Décidant de faire un break, la voilà partie en voyage au Brésil, chez un couple d'amis. La rencontre de Gil, sur une plage, va bouleverser son destin. Consciente que le jeune homme est un gigolo, elle apprécie malgré tout d'attirer l'attention de quelqu'un et tant pis si c'est grâce au peu d'argent qu'elle possède. Catherine va rapidement être prise dans un engrenage et pour s'accomplir enfin, elle va aller jusqu'à se détruire.
L'auteur décrit parfaitement la confrontation de ces deux mondes même si parfois il se laisse emporter dans des envolées lyriques qui tournent à la réflexion psychologique assez ampoulée. Mais peut-on assister à cette ascension de violences que l'héroïne va accepter de subir, sans éprouver un certain malaise ? Certainement pas moi. Ce drame de la solitude, cette longue descente aux enfers, m'a dérangée. J'espère que, du même auteur, "Rouge Brésil" qui m'attend dans ma PAL me présentera une autre facette de ce pays ou une vue plus optimiste du sentiment amoureux. 8/20
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comtesseoboulof
06 février 2012
J'ai d'abord détesté ce livre, il m'a dérangé, et puis finalement
j'y repense très souvent, il m'a profondément marqué.
Le thème en est la solitude, un sentiment de néant immense, qui vous pousse dans une relation vouée à la déchéance pour sentir le sel de la vie.
C'est l'histoire d'une française, à l'existence triste et banale, qui lors d'un voyage au Brésil, fait la connaissance d'un jeune voyou. L'idylle commence, elle y retourne, (comme d'autres femmes de nos jours) y retourne encore, quitte tout, lui donne tout, lui voue sa vie jusqu'à la destruction physique, sans rien regretter de son choix.
Drame terrible, en premier par l'effroi qu'on a à lire le destin accepté de cette femme, et d'autre part , par le sujet qui traite d'un des maux de notre société moderne, la solitude, source d'existences meurtries.
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flolacanau
23 avril 2013

J'aime bien donner un autre titre aux livres quand je les ai terminés. Ainsi, pour celui-ci, j'ai choisi « Icare au Brésil ».
Parlons d'abord de l'auteur (ça va être bref, je n'avais rien lu de lui auparavant.) Je m'en réfère à la présentation proposée :
« Né en 1952, médecin voyageur et président de l'association humanitaire – Action contre la faim- Il a été publié en 1997 l'Abyssin, prix Goncourt du Premier roman et prix méditerranée, Sauver Ispahan en 1998, Asmara et les causes perdues, prix interallié 1999, Rouge Brésil pour lequel il a reçu le prix Goncourt 2001, Globalia en 2004, et la Salamandre en 2005. »
Catherine, 46 ans, mène une vie monotone, sans issue et n'existe que par son travail. Aucun voyage en dix ans, Son argent investi dans l'immobilier, elle s'englue et décide finalement de fuir son univers étriqué pour s'accorder une parenthèse d'un mois au Brésil où l'attend un couple d'amis, Aude et Richard (attaché linguistique dans une Ambassade). le premier choc de Catherine avec le Brésil, c'est la plage : cacophonie, ULM en rase-motte, marchands ambulants avec tambours ou clochettes, motos et buggies, bateaux qui frôlent les nageurs…
«  Et naturellement, tous étaient dévêtus ou presque. Tant de fesses, tant de seins, tant de cuisses, tant de sexes qui imprimaient leur empreinte à si peu d'étoffe affolaient la vue, aux yeux de Catherine, ces gens étaient nus, indiscutablement nus. Ils ne portaient leurs maillots que comme la précieuse monture des joyaux de chair qu'ils entendaient mettre en valeur. le tissu ne cachait rien, il désignait. »
Les trois premiers jours, Aude dispense ses enseignements sur la vie brésilienne, et Catherine se laisse mener, elle opte pour le maillot de bain échancré, l'épilation, et vient rougir au soleil avec son amie. Elle se sent désirable, regardée.
Le quatrième jour, Aude Délaisse Catherine pour une Obligation à Brazilia et la voilà seule. Un homme d'une vingtaine d'année l'aborde et c'est le début d'une histoire d'amour unilatérale. Catherine rationalise, comprend vite l'attrait qu'elle représente pour le jeune homme, et offre volontiers des cadeaux en échange de faveurs charnelles qui la font vivre, sortir du carcan cafardeux de son existence française.
Plaisir, désir, amour. Catherine perd les pédales progressivement, se détache de ses amis, souhaite vivre le Brésil hors des sentiers touristiques balisés au bras de son amant, prolonge son séjour. Il lui fait connaître la fange, les bas-fonds, la misère et elle souhaite l'aider à tout prix. le récit de sa descente aux enfers est impitoyable. La nécessité fait loi et l'amour est piétiné par la misère. Catherine ira jusqu'au bout de son amour. Sur cette plage, les ailes de Catherine se sont déployées, mais elle finiront brûlées.
Le style est agréable, très visuel, et peu hermétique (à l'exception de quelques descriptions médicales qui trahissent le métier premier de l'auteur). J'ai senti un parallèle dans le jusqu'au boutisme entre ce roman et celui de Jean Teulé « Darling » qui m'avait bouleversé. le sujet est à-priori banal et évoqué dans un certain nombre de reportages, mais dès qu'on pénètre dans l'arrière décor, c'est un autre drame qui se joue. le livre m'a plu, les personnages sont convaincants et bien campés, l'histoire serait, selon l'auteur véridique. Ça fait froid dans le dos…
Le début :
« Le feu est la providence du voyageur. Il détourne son attention et concentre ses angoisses, lui permet d'être encore passionnément auprès de ce qu'il va quitter. Il représente soudain son appartement ravagé par une explosion et se répète avec effroi : « Ai-je bien pensé à refermer le gaz ? » Mais Catherine était équipée à l'électricité et elle avait tout vérifié dix fois avant de quitter la maison. Rien ne faisait obstacle entre elle et la terrifiante perspective de l'éloignement. »
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Aela
22 janvier 2011
Difficile de parler de ce livre tant le sujet est bouleversant: Catherine, une jeune femme dont la vie de comptable est bien réglée, pour ne pas dire ennuyeuse, tombe amoureuse d'un jeune Brésilien sulfureux lors d'un séjour passé chez des amis français installés à Rio. Prise au piège de cette passion pour un être intéressé, elle va tout abandonner et céder toutes ses possessions matérielles à son redoutable ami qui va l'entraîner dans un monde de violences, de brutalité où ne compte que la survie et l'appât du gain.
Le récit d'une femme qui se perd par amour et au delà de cette histoire tiré d'un fait réel, un thème fort qui se dessine: celui de l'Occident englué dans un certain ennui face aux pays émergeants livrés à la faim et à la lutte pour la survie..Un livre âpre que vous n'êtes pas prêts d'oublier...
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Citations & extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne10 juin 2014
La compagnie des hommes et des femmes illustres du passé lui plaisait. En pensée, elle évoluait au côté de Catherine de Médicis et de Frédéric II. Elle n'aurait pas voulu vivre réellement parmi eux mais elle appréciait à titre posthume leur noblesse, leur gloire et leurs petits travers. Le récit de leur vie lui donnait de bonnes raisons de ne pas frayer avec ses contemporains, qu'elle jugeait en comparaison si médiocres.
Les dépouilles de ces héros étaient enfermées dans les reliures riches qu'elle achetait à un éditeur de luxe et réglait par traites. En vérité, Catherine ne lisait guère. Son travail la fatiguait trop. Mais elle aimait sentir ces ouvrages près d'elle, bien alignés dans sa bibliothèque vitrée, à côté de la télévision. Certains dimanches, elle sortait deux ou trois lourds volumes et les cirait. C'était un peu comme si elle eût caressé la joue tannée de ces grands personnages.
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ladesiderienneladesiderienne11 juin 2014
De toute façon, son observation l'avait convaincue qu'il était inutile, pour un étranger lucide, de vouloir se mêler aux danses des Brésiliens. Elles leur appartiennent en propre.
Parfois, un enfant de cinq ou six ans, échappé des cuisines où sa serveuse de mère l'avait traîné, se joignait aux danseurs sur la piste. Il reproduisait d'instinct les pas les plus complexes en rythme et avec naturel, et révélait le lien profond de cette danse avec un peuple et une terre dont elle naît comme le végétal. Tout apprentissage est vanité pour qui ne s'enracine pas dans cet humus-là.
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ladesiderienneladesiderienne10 juin 2014
Le gosse était en larmes. C'étaient de petites larmes concentrées par la chaleur, évaporées sitôt sorties de la paupière et qui formaient sur son rebord une ligne de cristaux blancs. Les enfants pauvres ne demandent rien avec leurs pleurs. Par prudence, ils les cachent. Car ils n'attendent le secours de personne et redoutent au contraire que cet aveu de faiblesse n'incite quelque voisin à faire assaut de sa force.
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sylou83sylou8304 août 2012
Avec le temps, elle finit par juger presque beau cet état qui la contraignait à ne rien attendre, enfin, du dehors. Elle se sentait délivrée du besoin de possession qui l'avait conduite à vouloir se donner toute. Sortie de cette prison mentale, il lui restait l'amour, l'amour pur, celui que l'on offre et qui n' attend rien.
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ladesiderienneladesiderienne10 juin 2014
Une part d'elle-même se révoltait mais faiblement, tandis qu'une autre se troublait à éprouver le plaisir que lui causait ces humiliations. Peut-être étaient-elles simplement la forme nouvelle et inédite d'une mutuelle passion. Dans cette "caméra obscura" du corps soumis, la violence s'imprime à l'envers, comme l'image d'une attention, d'un désir, comme la certitude photographiquement révélée d'une présence et d'un sentiment.
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