ISBN : 9782864326571
Éditeur : Verdier (2011)


Note moyenne : 3/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Dans un espace-temps indéfini, le docteur Garine est dévoué à son métier et veut servir son peuple. Il doit affronter une terrible épidémie venue de Bolivie, qui transforme les gens en zombies.
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par nadejda, le 05 novembre 2011

    nadejda
    Sorokine nous offre un récit classique en apparence où l'on peut se croire, au fil de son déroulement, pris à la fois dans «La tempête de neige» de Tolstoï et emporter par la course folle de la troïka qui entraîne Tchitchikov dans «Les âmes mortes» de Gogol en compagnie du médecin Boulgakov.
    Le ton est celui d'une fable, plein d'un humour à la fois bonhomme et sarcastique mais aussi d'une angoisse sourde qui grandit dans cette lutte obstinée de Kosma «Le graillonneux» porteur de pain et de Platon Ilitch Garine le médecin qui va perdre petit à petit son arrogance et sa superbe. Il devra abandonner, dans la tempête où les obstacles se succèdent et font tourner en rond, son acharnement à rejoindre Dolgoïé où il devait vacciner la population contre une épidémie.
    Sorokine casse la veine classique de son récit qui s'emballe, nous prend et nous retient dans un tourbillon fantasque, où les chevaux sont à peine plus gros que des perdrix, où l'on croise un meunier nain, un géant mort dissimulé par la neige, des trafiquants de drogue sous une yourte fantasmagorique qui apparaît et accueille nos deux compères Kosma et Garine alors qu'ils sont égarés etc...
    Bonhomme, content de tout, «Le graillonneux» qui fait corps avec son attelage de 50 tout petits chevaux représente le dernier rejeton de cette force ancestrale issue des générations de «moujiks» qui ont maintenu, malgré une certaine résignation fataliste, par leur dévouement et leur débrouillardise, la cohésion du pays dans La tourmente de la tempête, quand tout repère s'efface. Mais il semble que, ce bon sens disparaisse lui-aussi et ne suffirait plus à sortir la Russie de l'ornière dans laquelle elle s'est brisée et s'enfonce sans grand espoir de retrouver son chemin. Où va la Russie, vers quel précipice, quel avenir ???
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par papillote88, le 10 mars 2012

    papillote88
    "La tourmente" mêle habilement une sorte de récit historique et de science fiction : habilement car il m'a fallu du temps pour comprendre que tout n'était pas réel dans le récit, et que le fantastique y tenait une grande part, et que finalement, plutôt que d'évoquer le passé, Sorokine décrivait l'avenir !
    Donc encore peu habituée à la littérature sorokinienne, j'ai pensé au début entamer un Roman traditionnel d'obédience "littérature russe traditionnelle", sans référence ésotérique ou science fiction.
    J'ai toutefois commencé à me poser des questions je crois quand il fut question de la femme du meunier et de son mari meunier... en fait un être miniature qui boit sa vodka dans un dé à coudre et qu'elle réchauffe contre sa poitrine dans son corsage ! Avais-je bien lu ?
    Donc, l'histoire pour moi, au début, prenait l'allure d'un récit historique normal : un médecin doit louer un traîneau ("la trottinette") à un moujik, "le Graillonneux", porteur de pain de son état, pour rejoindre à travers neiges et tempête un village frappé par une épidémie de peste et y livrer les vaccins.
    Un récit d'abord ordinaire d'une course en pleine tempête : les patins qui cassent, les couvertures de peaux et le samovar pour réchauffer le passager, le silence, l'immensité, les hurlements de loups...
    Mais le fantastique s'est petit à petit révélé et affirmé au fur et à mesure que le récit s'assombrissait et que La tourmente se renforçait :

    - le traîneau est tiré par 50 chevaux… miniatures (franchement, j'ai mis un temps à comprendre cette histoire de mini-chevaux !)
    - on rencontre un meunier nain de la taille d'une poupée, désagréable et et injurieux... marié à une belle matrone russe
    - le docteur et le cocher rencontrent en pleine tempête au milieu de nulle part, mais dans des tentes "magiques", des "Vitaminovampires" kazakhes qui dealent de la drogue dure contenue... dans des pyramides de verre...drogue qu'apprécie du reste le Docteur.. C'est à ce moment que le lecteur baigne en pleine SF. Je passe l'épisode du géant congelé sur Le Nez duquel la trottinette de nos deux compères se fracasse...
    - Contre toute attente, Vladimir Sorokine met en scène à la fin des Chinois équipés de téléphones portables qui conduisent un "traîneau/train" tiré par un "cheval géant" haut comme 2 immeubles.
    Je dois dire et répéter qu'il m'a vraiment fallu du temps pour comprendre que Sorokine nous avait plongés dans un univers parallèle mêlant passé et futur de la Russie... et que la fin de ce récit n'est pas des plus réjouissantes ou optimistes... En effet : que constate-t-on : que nous sommes dans une nouvelle ère post-ernégtitque où l'on doit recourir à nouveau aux forces animales "irréelles" faute de carburant ! des animaux rendus géants ou micronains ... par modification génétique forcément ? Un petit livre qui donne froid. (et le poids géopolitique de la Chine mis en exergue à la fin ...). "Dystopique" !
    La 4e de couverture précise : "Le couple classique de la littérature russe (le peuple et son élite, la seconde voulant éternellement faire le bonheur du 1er et faisant son éternel malheur) se trouve réuni, fonçant à travers l'espace et le temps dans ce curieux véhicule, version sorokinienne de la célèbre troïka de Gogol (Les âmes mortes). "Russie, où cours-tu donc ?" demandait l'auteur des Ames mortes au début du 19e s".
    http://coquelicoquillages.blogspot.com/2012/03/vladimir-sorokine-la-glace-opritchinik.html

    Lien : http://coquelicoquillages.blogspot.com/p/lectures-deurope-de-lest-et..
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    • Livres 4.00/5
    Par Readingintherain, le 15 mai 2012

    Readingintherain
    Encore un bouquin conseillé par Anne, décidément il va falloir que je la mette dans les dealers… Donc bref, c'était un cadeau pour mon anniversaire (oui, mon anniversaire, c'est bientôt, donc en gros ça fait longtemps qu'il est dans ma PàL. Oui, onze mois et demi, bon, on va pas passer la journée là-dessus, si?) et une fois de plus, j'ai glandouillé, attendu pour le lire (et aussi été assez paniquée par la couverture trop sérieuse des éditions Verdier qui me donne toujours l'impression que ce sont des bouquins trop intelligents pour moi). Tout ça pour dire que je m'y suis mise l'autre jour, qu'en fait c'est franchement pas mal, assez déjantée et très représentatif de ce qu'on appellera pour plus de simplicité « l'âme russe ».

    On y croise de la neige, de tous petits chevaux, de la neige, de la drogue bizarre, de la neige et éventuellement un peu de neige. C'est très réaliste et en même temps complètement surréaliste. On y croise un médecin et un livreur de pain qui mettent beaucoup, beaucoup de temps à faire un trajet finalement pas si long et réfléchissent ensemble pendant ce temps.J'ai un peu du mal à vous en dire plus sans tout dévoiler, mais franchement je vous le conseille.

    Lien : http://www.readingintherain.com/2012/05/la-tourmente-v-sorokine/
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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 05 novembre 2011

    Il menait l'attelage, jetant, çà et là, des coups d'oeil au nez réchauffé du médecin.
    Ce grand nez qui, peu auparavant, semblait perdu-transi, qui avait bleui et gouttait, qui se cachait, peureux, dans le col en mouton doré, distillait à présent tant de certitude et d'énergie, fendant victorieusement, telle la quille d'un navire, l'espace tourbillonnant, que le guide se sentit soudain empli d'une joie espiègle. p 116
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  • Par nadejda, le 05 novembre 2011

    --- Et tu livres le pain ?
    --- Ben oui.
    --- Ça ne t’ennuie pas de le faire seul ?
    --- Non. On est ben mieux, tout seul , barine ! Les vieux porteurs, ils l’disaient : «Tu cours la route seul, t’as un ange sur chaque épaule. Tu la cours à deux, t’as pus qu’un ange pour toi, et à trois, c’est l’diab’ dans la charrette !» p 27
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  • Par nadejda, le 05 novembre 2011

    Epigraphe
    Et s'étend le défunt pour sommeiller
    Sur la couche blanche,
    A la fenêtre, s'en vient tourbillonner,
    Paisible, la tourmente.
    Alexandre Blok
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Vidéo de Vladimir Georgievic Sorokin

Extraits de la conférence de l'écrivain russe Vladimir Sorokine, le 16 mai 2010 à Lagrasse dans le cadre du Banquet de printemps consacré à "L'espace russe".








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