ISBN : 2707301485
Éditeur : Editions de Minuit (1952)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 309 notes) Ajouter à mes livres
L'attente comprend deux phases, l'ennui et l'angoisse. La pièce comprend donc deux actes, l'un grotesque, l'autre grave. Préoccupé de peu de choses hormis ses chaussures, la perspective de se pendre au seul arbre qui rompt la monotonie du paysage et Vlad... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Sedrik, le 16 août 2011

    Sedrik
    En attendant Godot. Tout la pièce se livre en trois mots. Oui tout est là, car cette pièce n'est rien moins que le jeu auquel se livre l'existence dans toute son étrangeté. Un jour, puis un autre. Que se Passe-t-il ? Peu, bien peu de choses, dans cet espace clos où le temps rétrécit. D'ici l'action est presque bannie : "Il n'y a rien à faire", rien si ce n'est attendre. Car que faisons nous de nos vies si ce n'est attendre, attendre encore, attendre toujours. Alors attendons, oui attendons, l'inconnu qui fait nos lendemains, pour vaincre l'ennui qui compose nos existences parfois ternes, toujours brèves, trop brèves, et fragiles. Dans cette pièce, les protagonistes sont vaincus, irrémédiablement vaincus par un temps qui ne Passe Pas, ce vide, ce précipice, cette béance trop ordinaire où tout homme s'abandonne. Sous l'étendard de l'ennui, règne le fardeau de la pensée, la malédiction reine. Puisqu'il est impossible de se taire, puisque tout est dit, essayons comme Didi et Gogo, dans cette épuisante attente qu'est la vie, de nous livrer aux mots "sans trop nous exalter", restons sobre et profitons de l'instant. Mais notre temps n'est il Pas voué à la vanité quoiqu'on en fasse ? Ne sommes nous Pas que temps consommé ? C'est une des nombreuses questions que peut susciter cette œuvre fade ou amer, assurément minimaliste et pourtant d'une inépuisable richesse...
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 27 août 2011

    brigittelascombe
    "Le fait de vivre le supplice de Sisyphe affirmait Albert Camus,signifie que l'on vit une situation absurde répétitive dont on ne voit jamais la fin ou l'aboutissement"
    Ici, point de caillou à rouler indéfiniment,point trop d'effort à fournir pour les deux vagabonds Vladimir dit Didi et Estragon dit Gogo qui se roulent les pouces sous un arbre, ou plutôt si, un caillou symbolique, celui du jour qui monte et redescend sa pente,et revient indéfiniment car jour après jour,s'enclenchent inlassablement des jours d'attente.
    Et ils attendent quoi ces deux ostrogoths?
    "-Allons nous en!
    -On ne peut Pas.
    -Pourquoi?
    -On attend Godot."
    Godot! God, Dieu,retour au ventre de la mère,mort ou rien?
    Nul ne sait,Pas même Samuel Beckett qui a écrit le texte.Anti-théatre qui a fait scandale tout en rendant la pièce célèbre.Théatre de l'absurde à contre sens de toute logique.
    Ils attendent un sauveur qui ne vient Pas,ce que l'auteur a contesté.
    Pieds et poings liés à Godot, ils ont beau parler,rire,chanter,s'engueuler,s'interroger,se démener,s'impatienter,essayer en vain de se pendre car la mort serait leur seule consolation, ils restent là, tels qu'ils sont, avec leur mal de vivre,leur vide existentiel.
    "-Si on se repentait?
    -De quoi?
    -Eh bien,on n'aurait Pas à entrer dans les détails.
    -D'être né?"
    Débarquent deux autres gugusses.Pozzo le maître inhumain et Lucky, l'esclave porteur de bagages remplis de sable, le "knouk" traité comme un chien.
    "Debout charogne!"
    Le cou, lacéré par la corde est à vif. le fouet claque.
    "C'est une honte!" s'écrie Vladimir.
    "C'est un scandale!" recopie Estragon, Pas trop convaincu tout de même.
    "Danse pouacre!" "Pense porc!" "Hue!"
    Pozzo est ignoble, les ordres pleuvent,le bouffon exécute, mais les deux zouaves s'y mettront bientôt aussi à cette ignominie.
    Et l'autre pleure mais accepte son sort sans se rebeller.
    Ainsi est la nature humaine.
    Ils jouent à être quelqu'un comme dans L'être et le néant de Jean Paul Sartre.
    Qui?
    Laurel et Hardy, Don Quichotte et Sancho Pansa? le plus énergique et le plus faible? L'adulte et l'enfant?Sade et sa Justine?
    Une vision du monde dominée par le dégout et le désespoir et l'"être là" gratuit des choses.L'homme est le seul artisan de sa manière de vivre prônent les existentialistes, le bonheur est illusoire.
    A quatre, ces personnages, représentent un microcosme.
    Ainsi que l'affirmait Schopenhauer :vivre avec les autres est difficile,mais il nous est difficile de vivre sans eux.
    Vladimir et Estragon voudraient bien se quitter mais une étrange corde, comme celle qui attache Lucky à Pozzo, les relie.
    Un sot reste un sot, dit encore ce philosophe pessimiste, un balourd demeure un balourd seraient-ils entourés des houris du paradis.
    "-Tu connais l'histoire de l'anglais dans un bordel?"
    "-Assez!"
    "-Pardon!"
    Une pièce entre rêve et réalité où les distorsions du temps font qu'en un jour Pozzo devient aveugle et Lucky muet,à moins que ce soit une semaine, un mois qui sait? Nul ne sait!
    A la manière surréaliste,tout se dérègle.
    Et l'attente revient encore et encore car le garçon Passe pour les avertir,pour NOUS avertir: "Il ne viendra Pas ce soir".
    Samuel Beckett, écrivain irlandais(1906-1989), installé à Paris en 1937 a commencé à écrire certaines de ses oeuvres en français en 1945.
    En attendant Godot a été publié en 1952.
    En 1969, lui a été attribué le prix Nobel de littérature.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 29 juin 2010

    vincentf
    Qu'est-ce que c'est que cette pièce ? Becket ne le sait Pas lui-même. Deux hommes attendent. Attendent quoi ? Godot. C'est vrai. Qui est Godot ? Dieu ? Il a une barbe blanche. On parle des larrons, d'Abel, de Caïn ? Dieu pour autant ? Peut-être. Deux autres hommes, le maître, le chien. le lendemain, un aveugle, un sourd. Tout le monde a tout oublié, sauf Vladimir, la tête. Estragon, le corps, a mal. On l'a battu cette nuit. Qui ? Il y avait Lucky. Il ne s'en souvient Pas. De quoi parle la pièce ? de rien et peut-être de plein de chose, comme ça. L'amitié, émouvante, Vladimir et Estragon impossibles l'un sans l'autre. Pourquoi ? Parce ce qu'ils attendent Godot. La religion ? Y croit-on vraiment ? La condition humaine ? La lecture allégorique aplatirait. Pourtant, des éclats de sens : "L'appel que nous venons d'entendre, c'est plutôt à l'humanité tout entière qu'il s'adresse. Mais à cet endroit, en ce moment, l'humanité c'est nous, que ça nous plaise ou non". Notre responsabilité dans la Shoah ? Trop simple. Un peu de ça quand même. Nous Passons nos vies à attendre. A attendre quoi ? Godot. C'est vrai. Tout est simple, sauf quand Lucky pense, et rien. Y comprendre quelque chose ? Non, attendre que Godot, demain, nous sauve. La nuit est tombée, brusquement. Il n'est même plus temps de se pendre.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 20 août 2010

    chartel
    C'est en découvrant le tableau d'un peintre hollandais (dont je n'ai malheureusement Pas retenu le nom !)dans une salle du Rijksmuseum d'Amsterdam que j'ai imaginé Samuel Beckett s'en servir comme point de départ pour sa pièce "En attendant Godot". Deux personnages sont représentés en train de deviser au pied d'un arbre devant un paysage de plaine cultivée. Il ne manque plus que les chapeaux melons et la pièce peut démarrer. C'est la force du théâtre de Beckett. Avec lui s'est imposée l'idée que tout peut faire théâtre, qu'un rien peut tenir le spectateur en haleine si les acteurs ne cherchent Pas à raconter d'histoires mais sont l'histoire. Car peut importe ce qu'ils racontent, le spectateur veut voir la vie sur un plateau, absurde ou incompréhensible, mais la vie tout simplement.
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    • Livres 5.00/5
    Par folivier, le 17 mars 2011

    folivier
    Ouaouh ! Pièce archie connue que je n'avais Pas encore lue, ni la chance de la voir au théâtre... eh oui il est toujours temps de combler ses lacunes !
    Quel style, quelle écriture ! J'ai été fasciné et impressionné par le long monologue de Lucky à la fin du premier acte. Tout en le lisant je me disais mais comment un acteur peut-il retenir ce texte pour le jouer sur scène.
    Le texte est truffé de situation absurde cocasse qui bascule en deux phrases dans le tragique, puis dans le ridicule. C'est fascinant.
    Les thèmes et les réflexions sont multiples. On peut discuter longtemps sur cette attente et qui est attendu cependant un thème revient de manière récurrente : le salut..
    "- On se pendra demain. A moins que Godot ne vienne. - Et s'il vient ? - Nous serons sauvés."
    Mais au lieu de l'attendre il vaut peut-être mieux le chercher.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Meduzantic, le 23 mars 2012

    VLADIMIR : Tout de même, tu ne vas pas me dire que ça (geste) ressemble au Vaucluse ! Il y a quand même une grosse différence.
    ESTRAGON : Le Vaucluse ! Qui te parle du Vaucluse ?
    VLADIMIR : Mais tu as bien été dans le Vaucluse ?
    ESTRAGON : Mais non, je n'ai jamais été dans le Vaucluse ! J'ai coulé toute ma chaudepisse d'existence ici, je te dis ! Ici ! Dans la Merdecluse !
    VLADIMIR : Pourtant nous avons été ensemble dans le Vaucluse, j'en mettrais ma main au feu. Nous avons fait les vendanges, tiens, chez un nommé Bonnelly, à Roussillon.
    ESTRAGON (plus calme) : C'est possible. Je n'ai rien remarqué.
    VLADIMIR : Mais là-bas tout est rouge !
    ESTRAGON (excédé) : Je n'ai rien remarqué, je te dis !
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  • Par wictoria, le 03 octobre 2009

    POZZO (tranchant). - Qui est Godot ?
    ESTRAGON. - Godot ?
    POZZO. - Vous m'avez pris pour Godot.
    VLADIMIR. - Oh non, monsieur, pas un seul instant, monsieur.
    POZZO. - Qui est-ce ?
    VLADIMIR. - Eh bien, c'est un... c'est une connaissance.
    ESTRAGON. - Mais non, voyons, on le connaît à peine.
    VLADIMIR.- Evidemment... on ne le connaît pas très bien... mais tout de même...
    ESTRAGON. - Pour ma part je ne le reconnaîtrais même pas.
    POZZO. - Vous m'avez pris pour lui.
    ESTRAGON. - C'est-à-dire... l'obscurité... la fatigue... la faiblesse... l'attente... j'avoue... j'ai cru... un instant...
    VLADIMIR. - Ne l'écoutez pas, monsieur, ne l'écoutez pas !
    (p 28-29)
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  • Par Meduzantic, le 23 mars 2012

    Les larmes du monde sont immuables. Pour chacun qui se met à pleurer, quelque part un autre s'arrête. Il en va de même du rire.
    Citation de qualité ? (12 votes positifs)
  • Par ccha, le 12 avril 2010

    On trouve toujours quelque chose, hein, Didi, pour nous donner l'impression d'exister?
    Citation de qualité ? (12 votes positifs)
  • Par Spilett, le 03 avril 2011

    Les larmes du monde sont immuables. Pour chacun qui se met à pleurer, quelque part un autre s'arrête. Il en va de même du rire.
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