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Fanette Roche-Pézard (Traducteur)Vincenzo Consolo (Préfacier, etc.)
ISBN : 2020868636
Éditeur : Points (20/04/2006)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 560 notes)
Résumé :
Dans la Sicile de 1860, une famille de la haute aristocratie subit le changement de régime de l'île. Le prince Salina, d'abord pris de vertige devant la "stupéfiante accélération de l'Histoire", se laisse peu à peu gagner par une indolente et puissante nostalgie contre laquelle il ne sied plus de lutter. Son pétillant neveu, Tancrède Falconeri, incarne la force nouvelle qui ébranle son pays et devant laquelle il a l'intelligence de s'incliner. Avec son humour savour... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
01 janvier 2015
Il n'est pas évident de rédiger un avis sur une oeuvre aussi riche que "Le Guépard", seul et unique roman d'un auteur pas tout à fait comme les autres ; d'abord parce que sicilien, ensuite parce que prince et qu'en Sicile, un Prince, c'est tout un monde.
Un monde en marche, en mutation ; un monde qui change vite et inexorablement, malmené par les coups de boutoir de Garibaldi et de ses soldats, bien déterminés à opérer l'unité de l'Italie jusque sur cette île à l'identité séculaire, ravagée par le soleil méditerranéen.
Nous sommes donc en Sicile et la narration débute en 1860, peu de temps avant le débarquement des garibaldiens à Marsala, pour s'achever en 1910. Roman politique, roman sociologique, "Le Guépard" prend tour à tour des accents romanesques, érotiques et romantiques. Écrit en 1956, on peut légitimement le qualifier de roman historique, voire de témoignage, Giuseppe Tomasi di Lampedusa s'étant librement inspiré de la vie de son grand-père pour créer le personnage principal, son fameux guépard, le prince Fabrizio Salina.
Tout d'abord moins accessible que je l'imaginais, ce récit, quoiqu'assez court, est d'une richesse si foisonnante que le lecteur met quelque temps à comprendre où l'auteur veut en venir avant de finalement lâcher prise, enivré par le spectacle de cette Sicile aristocratique et rurale superbement retranscrit, et de se laisser entraîner dans le tourbillon du temps où les nouveaux riches libéraux viennent inexorablement balayer sous la chaleur caniculaire les traditions d'un peuple perpétuellement assommé par le soleil vertical, l'antique patrimoine et la débilité congénitale siciliens.
Je ressors de cette lecture presque aussi fascinée qu'épuisée ; l'histoire de l'unité italienne était une des lacunes de ma culture historique, elle est désormais en partie comblée. Je garderai sans doute longtemps en mémoire la galerie de portraits à la psychologie finement travaillée qui rend ce roman si fulgurant et néanmoins si attachant.

Challenge ABC 2014 - 2015
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michfred
11 juin 2015
Tandis que le prince de Salina se meurt,dans une chambre, à Palerme, on jette par la fenêtre de sa villa de Donnafugata ses chiens de chasse empaillés et mangés aux mites. Ils volent un court instant dans le ciel impitoyablement bleu de Sicile...Image saisissante et emblématique.
Le Guépard raconte la disparition d' un monde aristocratique, plein de songes d'honneur et de rêves de gloire, mais douloureusement impuissant, assigné à une oisiveté distinguée et mélancolique, face aux forces montantes de la bourgeoisie.
Place aux arrivistes! Place au beau Tancrède, le neveu de Salina - d'abord garibaldien, pour le panache, et surtout pour l'opportunité du pouvoir à cueillir au bout du fusil dans les heures troubles de la révolution, mais qui très vite tournera casaque et troquera sa chemise rouge pour un habit plus convenable..Il a très vite compris que pour durer et peser, il faut intriguer, courtiser, composer...et épouser!
Place aux nouveaux riches: au maire, un paysan madré, et à Angélica, sa ravissante fille, aussi pulpeuse qu'une orange sicilienne, mais inculte, sauvage, sans passé, toute pleine d'un grand appétit de vivre. Elle est riche, belle, jeune: Tancrède n'en demande pas plus. Elle fera le lien entre la vieille famille aristocratique déclinante dont il est le dernier rejeton et la souche populaire et vivace des paysans dont elle est issue.
Derrière eux, tout autour, frémit et brûle la Sicile, écrasée de chaleur, ceinte par le bleu intense de la mer qui l'isole du monde et la rattache aux légendes grecques.
La famille Salina, y a ses rituels- la chasse, les bals, les fêtes votives, les moissons- , ses palais, ses résidences d'été et d'hiver, et pour le Prince, l'humble maison de sa maîtresse palermitaine.
Depuis toujours. Mais pas pour toujours: l'Histoire brusquement fait irruption dans ce temps arrêté, fait basculer ce monde mythique et ritualisé dans un temps historique qui va tout balayer, bousculer, chambouler.
Ce qui rend ce livre majeur si fort, si puissant - je ne peux lire l'épisode des chiens empaillés sans avoir la gorge serrée, c'est une des pages les plus bouleversantes que je connaisse- c'est bien cet emballement de l'histoire face à la lenteur résignée du déclin et à l'approche inéluctable de la mort.
Écrit dans une langue magnifique- trop difficile, hélas, pour l'apprécier en V.O.-- Le Guépard est un livre qui se lit et se relit avec la même délectation, et auquel Visconti a su donner une impérissable adaptation, d'une parfaite fidélité : lente, superbe, hypnotique, comme les vibrations de l'air brûlant au-dessus des champs de blé siciliens..
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Arakasi
17 septembre 2013
Subjuguée quelques années plus tôt par le visionnage du magnifique film « le Guépard » de Visconti (et particulièrement par l'interprétation de Burt Lancaster, tout simplement formidable en vieux fauve fatigué !), je me suis plongée en toute confiance dans le roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Cette confiance s'est trouvée amplement justifiée puisque j'ai pu y retrouver tout ce qui m'avait tant captivée dans l'adaptation cinévisuelle : une ambiance de fin du monde douce-amère, un mélange de lucidité acide et de nostalgie, des personnages fascinants, pantins conscients et consentants de forces qui les dépassent… du film comme du livre, exsude la même tristesse infinie, tempérée d'éclats d'humour désabusé.
L'histoire débute en 1860 dans une Sicile orgueilleuse mais somnolente qu'un terrible coup de tonnerre va soudain tirer de son sommeil : l'invasion de Garibaldi et des troupes piémontaises, préfigurant l'unification de la Sicile au reste de l'Italie. Cette invasion va déclencher d'importants changements pour la population sicilienne, notamment pour la classe aristocratique qui se verra forcée de céder petit à petit – puis de plus en plus vite – du terrain face à une bourgeoisie en pleine expansion et à l'échine plus souple. Seul parmi ses pairs à deviner les bouleversements à venir, le prince Fabrizio Salina, aristocrate brillant mais doté d'un tempérament fataliste, s'en attriste sans tenter de les repousser pour autant, conscient que l'heure de la noblesse sicilienne a sonné et que toute lutte ne ferait que retarder l'échéance. Homme brave, fier et sensible, il prend sur ses épaules la lourde tâche d'être le témoin de l'agonie du seul monde qu'il ait jamais connu.
Nul besoin d'être une nostalgique de la vieille aristocratie pour apprécier ce très beau roman. Il y a quelque chose de douloureusement universel dans les thèmes du « Guépard » : le deuil d'un pays, la perte de la mémoire et d'un patrimoine, l'agonie d'une certaine façon de vivre et de concevoir le monde… le personnage du prince Fabrizio est particulièrement touchant dans son déchirement constant entre deux mondes, celui mourant de l'aristocratie dont il méprise secrètement l'aveuglement apathique et celui florissant mais si repulsivement prosaïque et avide de la bourgeoisie. Les protagonistes secondaires qui l'entourent sont tout aussi marquants, même s'ils n'éveillent pas une sympathie aussi profonde, notamment le neveu de Fabrizio, le cynique et opportuniste Tancredi, et la belle roturière Angelica (respectivement incarnés par Alain Delon et Claudia Cardinal, tous deux excellents, dans l'adaptation cinévisuelle) dont l'amour éclairera d'une flamme fugitive et éclatante les derniers jours du vieux prince. le tout donne un très touchant roman crépusculaire que je relirai surement un de ces jours – de préférence après avoir revu l'adaptation de Visconti !
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Darkcook
29 juillet 2014
Un véritable bijou de la littérature. Toujours restreint aux lectures de l'agrégation 2015, j'ai été quelque peu sauvé, soulagé, soigné de constater qu'une si belle oeuvre faisait partie du programme aux côtés du reste moins à mon goût, et qu'elle allait pouvoir compenser... En réalité, le Guépard fait partie du corpus d'un cours sur les romans de la fin du monde, avec La Marche de Radetzky et le Temps retrouvé. Et dans le genre roman tragique, sur l'écoulement du temps, la fin lente mais inexorable qu'on ne veut/peut accepter, d'une époque mirifique, idyllique, où le temps semblait pourtant suspendu, difficile de trouver mieux! J'ignorais tout de cette oeuvre, de son auteur, je connaissais vaguement l'existence du film, mais mon prof fétiche m'avait dit y a quelques mois, "ça va vous plaire!" J'aurais dû l'écouter et entamer déjà la lecture en février!
Car au-delà du thème réactionnaire de la nostalgie du faste face à l'arrivée de Garibaldi et de la révolution qui nettoie tout sans vergogne pour ces personnages privilégiés certes, mais si touchants dans l'amour de leur condition éternelle et de leurs biens chéris, l'écriture est au rendez-vous pour nous faire souffrir sur presque chaque page de cette sombre déliquescence à l'oeuvre, nous rendant aussi impuissants et tristes que Don Fabrizio. Lampedusa se range désormais pour moi aux côtés des génies mésestimés de la littérature, au même titre que Laclos : un seul roman, mais quel roman! Tout a été mis dedans, et le mythe est renforcé par le fait que l'écrivain orfèvre soit mort juste après, comme si toutes ses forces avaient été abandonnées dans l'effort suprême de la confection de ce joyau. Chapeau au traducteur Jean-Paul Manganaro pour avoir su rendre cette merveille dans notre langue française : chaque page contient de pures perles, à la manière des plus grands chefs d'oeuvre de la littérature. Quasiment chaque passage est inoubliable, le superbe début pieux, la description du jardin de la villa Salina qui m'a absolument délecté, l'exil désertique de Donnafugata, l'errance sensuelle dans le dédale merveilleux du palais gigantesque entre Tancredi et Angelica, la mort du Prince, la fin terrible et fracassante... Même la digression sur le Père Pirrone contribue au charme de l'oeuvre et ne saurait être supprimée.
Tel Don Fabrizio face à l'instance temporelle, je regrette de ne pas l'avoir lu plus tôt, et, contemplant les étoiles dans la nuit terrestre d'une époque qui n'est plus la mienne, j'aspire à rejoindre ces corps célestes, que la littérature et la musique parviennent à me faire côtoyer lorsqu'elles atteignent une telle apogée artistique qui nous transporte par-delà les limites de notre terre déchirée.
Les deux autres romans du cours sur ce thème sauront-ils faire aussi bien? Suspense...
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ninosairosse
18 octobre 2016
Inutile d'insister, c'est le genre de livre qui ne me convient absolument pas (ni le film de Visconti ).... Ce monde aristocratique, l'époque...pas de deuxième chance, d'ailleurs je l'ai filé à Anna, au resto sicilien à Chartres de Bretagne pour la déco; je ne me souviens même plus de la couverture, pourtant c'est surement grâce à elle que je lui ai accordé 1 * .
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Citations & extraits (117) Voir plus Ajouter une citation
BillBill10 avril 2017
La vérité est qu'il voulait puiser un peu de réconfort en regardant les étoiles. Il y en avait encre quelques-unes juste au-dessus, au zénith. Comme toujours, les voir le ranima; elles étaient lointaines, toutes-puissantes et en même temps si dociles à ses calculs; exactement le contraire des hommes, toujours trop proches, faibles et pourtant si rebelles.
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BillBill10 avril 2017
Le tricolore ! Bravo, le tricolore ! Ils en ont plein la bouche de ce mot, les vauriens. Et que signifie cet emblème géométrique, cette singerie des Français, si laid en comparaison de notre drapeau tout blanc avec l'or fleurdelisé du blason ? Et que peut leur faire espérer ce ramassis de couleurs si criardes ?
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BillBill10 avril 2017
Nous fûmes les guépards, les lions ; ceux qui nous remplaceront seront les chacals et les hyènes
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BillBill10 avril 2017
J’appartiens à une génération malheureuse, à cheval entre les temps anciens et les nouveaux, et qui se trouve mal à l’aise dans les deux
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BillBill10 avril 2017
Le sommeil, voilà ce que veulent les Siciliens, et ils haïront toujours celui qui voudra les réveiller, fût-ce pour leur apporter les plus beaux cadeaux.
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Romans, contes, nouvelles (653)
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