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ISBN : B00KT784SO
Éditeur : Editions du Seuil (2014)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 399 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans la Sicile de 1860, une famille de la haute aristocratie subit le changement de régime de l'île. Le prince Salina, d'abord pris de vertige devant la "stupéfiante accélération de l'Histoire", se laisse peu à peu gagner par une indolente et puissante nostalgie contre ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Gwen21, le 01 janvier 2015

    Gwen21
    Il n'est pas évident de rédiger un avis sur une œuvre aussi riche que "Le Guépard", seul et unique roman d'un auteur pas tout à fait comme les autres ; d'abord parce que sicilien, ensuite parce que prince et qu'en Sicile, un Prince, c'est tout un monde.
    Un monde en marche, en mutation ; un monde qui change vite et inexorablement, malmené par les coups de boutoir de Garibaldi et de ses soldats, bien déterminés à opérer l'unité de l'Italie jusque sur cette île à l'identité séculaire, ravagée par le soleil méditerranéen.
    Nous sommes donc en Sicile et la narration débute en 1860, peu de temps avant le débarquement des garibaldiens à Marsala, pour s'achever en 1910. Roman politique, roman sociologique, "Le Guépard" prend tour à tour des accents romanesques, érotiques et romantiques. Écrit en 1956, on peut légitimement le qualifier de roman historique, voire de témoignage, Giuseppe Tomasi di Lampedusa s'étant librement inspiré de la vie de son grand-père pour créer le personnage principal, son fameux guépard, le prince Fabrizio Salina.
    Tout d'abord moins accessible que je l'imaginais, ce récit, quoiqu'assez court, est d'une richesse si foisonnante que le lecteur met quelque temps à comprendre où l'auteur veut en venir avant de finalement lâcher prise, enivré par le spectacle de cette Sicile aristocratique et rurale superbement retranscrit, et de se laisser entraîner dans le tourbillon du temps où les nouveaux riches libéraux viennent inexorablement balayer sous la chaleur caniculaire les traditions d'un peuple perpétuellement assommé par le soleil vertical, l'antique patrimoine et la débilité congénitale siciliens.
    Je ressors de cette lecture presque aussi fascinée qu'épuisée ; l'histoire de l'unité italienne était une des lacunes de ma culture historique, elle est désormais en partie comblée. Je garderai sans doute longtemps en mémoire la galerie de portraits à la psychologie finement travaillée qui rend ce roman si fulgurant et néanmoins si attachant.

    Challenge ABC 2014 - 2015
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    • Livres 5.00/5
    Par Arakasi, le 17 septembre 2013

    Arakasi
    Subjuguée quelques années plus tôt par le visionnage du magnifique film « Le Guépard » de Visconti (et particulièrement par l’interprétation de Burt Lancaster, tout simplement formidable en vieux fauve fatigué !), je me suis plongée en toute confiance dans le roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Cette confiance s’est trouvée amplement justifiée puisque j’ai pu y retrouver tout ce qui m’avait tant captivée dans l’adaptation cinévisuelle : une ambiance de fin du monde douce-amère, un mélange de lucidité acide et de nostalgie, des personnages fascinants, pantins conscients et consentants de forces qui les dépassent… Du film comme du livre, exsude la même tristesse infinie, tempérée d’éclats d’humour désabusé.
    L’histoire débute en 1860 dans une Sicile orgueilleuse mais somnolente qu’un terrible coup de tonnerre va soudain tirer de son sommeil : l’invasion de Garibaldi et des troupes piémontaises, préfigurant l’unification de la Sicile au reste de l’Italie. Cette invasion va déclencher d’importants changements pour la population sicilienne, notamment pour la classe aristocratique qui se verra forcée de céder petit à petit – puis de plus en plus vite – du terrain face à une bourgeoisie en pleine expansion et à l’échine plus souple. Seul parmi ses pairs à deviner les bouleversements à venir, le prince Fabrizio Salina, aristocrate brillant mais doté d’un tempérament fataliste, s’en attriste sans tenter de les repousser pour autant, conscient que l’heure de la noblesse sicilienne a sonné et que toute lutte ne ferait que retarder l’échéance. Homme brave, fier et sensible, il prend sur ses épaules la lourde tâche d’être le témoin de l’agonie du seul monde qu’il ait jamais connu.
    Nul besoin d’être une nostalgique de la vieille aristocratie pour apprécier ce très beau roman. Il y a quelque chose de douloureusement universel dans les thèmes du « Guépard » : le deuil d’un pays, la perte de la mémoire et d’un patrimoine, l’agonie d’une certaine façon de vivre et de concevoir le monde… Le personnage du prince Fabrizio est particulièrement touchant dans son déchirement constant entre deux mondes, celui mourant de l’aristocratie dont il méprise secrètement l’aveuglement apathique et celui florissant mais si repulsivement prosaïque et avide de la bourgeoisie. Les protagonistes secondaires qui l’entourent sont tout aussi marquants, même s’ils n’éveillent pas une sympathie aussi profonde, notamment le neveu de Fabrizio, le cynique et opportuniste Tancredi, et la belle roturière Angelica (respectivement incarnés par Alain Delon et Claudia Cardinal, tous deux excellents, dans l’adaptation cinévisuelle) dont l’amour éclairera d’une flamme fugitive et éclatante les derniers jours du vieux prince. Le tout donne un très touchant roman crépusculaire que je relirai surement un de ces jours – de préférence après avoir revu l’adaptation de Visconti !
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    • Livres 5.00/5
    Par Darkcook, le 29 juillet 2014

    Darkcook
    Un véritable bijou de la littérature. Toujours restreint aux lectures de l'agrégation 2015, j'ai été quelque peu sauvé, soulagé, soigné de constater qu'une si belle oeuvre faisait partie du programme aux côtés du reste moins à mon goût, et qu'elle allait pouvoir compenser... En réalité, Le Guépard fait partie du corpus d'un cours sur les romans de la fin du monde, avec La Marche de Radetzky et Le Temps retrouvé. Et dans le genre roman tragique, sur l'écoulement du temps, la fin lente mais inexorable qu'on ne veut/peut accepter, d'une époque mirifique, idyllique, où le temps semblait pourtant suspendu, difficile de trouver mieux! J'ignorais tout de cette oeuvre, de son auteur, je connaissais vaguement l'existence du film, mais mon prof fétiche m'avait dit y a quelques mois, "ça va vous plaire!" J'aurais dû l'écouter et entamer déjà la lecture en février!
    Car au-delà du thème réactionnaire de la nostalgie du faste face à l'arrivée de Garibaldi et de la révolution qui nettoie tout sans vergogne pour ces personnages privilégiés certes, mais si touchants dans l'amour de leur condition éternelle et de leurs biens chéris, l'écriture est au rendez-vous pour nous faire souffrir sur presque chaque page de cette sombre déliquescence à l'oeuvre, nous rendant aussi impuissants et tristes que Don Fabrizio. Lampedusa se range désormais pour moi aux côtés des génies mésestimés de la littérature, au même titre que Laclos : un seul roman, mais quel roman! Tout a été mis dedans, et le mythe est renforcé par le fait que l'écrivain orfèvre soit mort juste après, comme si toutes ses forces avaient été abandonnées dans l'effort suprême de la confection de ce joyau. Chapeau au traducteur Jean-Paul Manganaro pour avoir su rendre cette merveille dans notre langue française : chaque page contient de pures perles, à la manière des plus grands chefs d'oeuvre de la littérature. Quasiment chaque passage est inoubliable, le superbe début pieux, la description du jardin de la villa Salina qui m'a absolument délecté, l'exil désertique de Donnafugata, l'errance sensuelle dans le dédale merveilleux du palais gigantesque entre Tancredi et Angelica, la mort du Prince, la fin terrible et fracassante... Même la digression sur le Père Pirrone contribue au charme de l'oeuvre et ne saurait être supprimée.
    Tel Don Fabrizio face à l'instance temporelle, je regrette de ne pas l'avoir lu plus tôt, et, contemplant les étoiles dans la nuit terrestre d'une époque qui n'est plus la mienne, j'aspire à rejoindre ces corps célestes, que la littérature et la musique parviennent à me faire côtoyer lorsqu'elles atteignent une telle apogée artistique qui nous transporte par-delà les limites de notre terre déchirée.
    Les deux autres romans du cours sur ce thème sauront-ils faire aussi bien? Suspense...
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 07 septembre 2012

    lecassin
    « Le guépard » est l'unique roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa ; un roman paru en 1958, peu de temps après la mort de l'auteur.
    Les temps changent…
    Nous sommes en mai 1860, dans une Sicile endormie…
    Débarque Garibaldi et ses troupes Piémontaises… le Gépard, Don Fabrizio Corbera, prince Salina, un aristocrate passionné d'astronomie voit son monde s'écrouler en même temps qu'il entre dans la vieillesse.
    Une page d'histoire de la Sicile se tourne dans l'Italie qui s'unifie…
    Pour un coup d'essai, il faut bien reconnaître que ce roman écrit par Lampédusa en fin de vie, est un coup de maître : Angelica et Tancredi, Don Fabrizio Corbera des personnages complexes, immergés dans une tranche d'histoire de l'Italie non moins complexe ; sans oublier la Sicile qui reste un des personnages principaux de l'histoire.
    Un livre que j'ai découvert il y a bien longtemps par l'intermédiaire du film de Visconti. Un livre teinté de nostalgie porté par un style d'un grande élégance qui nous fait regretter que l'auteur ne se soit mis à l'écriture plus tôt : un seul roman… C'est bien peu ! Mais quel roman ! Un classique de la littérature italienne.

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  • Par raton-liseur, le 09 septembre 2014

    raton-liseur
    Bien sûr, j'ai entendu parler du film. Mais je n'en connais que l'affiche, Claudia Cardinal et Alain Delon en superbes costumes de bal. Je ne savais donc absolument pas à quoi m'attendre en commençant ce livre. Si, peut-être m'attendais-je à un Jane Austen italien, intrigues matrimoniales et luttes d'influence sous le soleil sicilien. J'étais loin du compte. Certes, il y a bien un mariage, mais ce n'est pas une classe que l'auteur décrit, c'est un changement d'époque. Pour cela, le point de vue adopté est très intéressant. Ce ne sont pas ces fameux jeunes gens à marier qui sont le centre de l'histoire, ils ne sont qu'une péripétie, un prétexte, une allégorie peut-être, dans ce livre plus riche en descriptions qu'en actions. Non, le personnage principal est le prince don Fabrizio Salina, cinquante ans au début du roman, qui s'achemine à la fois vers le crépuscule de sa vie et vers celui de son époque.
    Le lecteur suit cette figure unique du roman (car tous les autres personnages ne font que graviter autour de lui) dans sa vie d'aristocrate sûr de sa supériorité et dominant à la perfection les codes de son milieu. Ce guépard, symbole de la famille Salina auquel il s'identifie sans modestie, se sait le dernier de sa race, nul dans sa famille n'est digne de lui succéder, et son neveu et fils spirituel ne sera pas le garant des codes de sa caste. Don Fabrizio voit le monde évoluer et, oscillant entre nostalgie et résignation, il en prend son parti et entreprend d'accompagner ce changement pour y survivre, abandonnant en chemin ce qui ne peut être sauvé, que ce soit la pureté du sang aristocrate ou son raffinement. « Il faut que tout change pour que rien ne change. », voilà la devise qui guide cet homme sûr de sa supériorité mais d'un pragmatisme étonnant.
    Si ce livre m'a surprise par son thème, il m'a tout de suite accrochée par l'intérêt de sa description, que j'ai trouvée très fine et qui sonne très juste. C'est aussi son ton ironique qui m'a surprise et que j'ai beaucoup aimé. Lorsque l'on sait que l'auteur, dont c'est l'unique ouvrage, est un descendant de cette classe aristocratique qu'il décrit avec tant de mordant (et que la figure de don Fabrizio doit beaucoup à celle de son grand-père), cela donne au livre et au ton détaché de l'auteur une saveur toute particulière.
    J'ai donc découvert avec le hasard de cette lecture, un livre qui m'a emportée, une lecture agréable et un propos bien plus complexe que ce à quoi je m'attendais. Un petit plaisir de lecture inattendu (ce qui participe probablement de mon enthousiasme !), comme j'aime qu'il en existe dans ma vie de raton liseur ; une belle surprise tant pour la description des personnages que pour celle des paysages brûlés d'une Sicile en plein bouleversement.
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Citations et extraits

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  • Par lanard, le 19 août 2010

    Fabrice Salina et l'astronomie :
    p . 18 Dans une lignée qui, au cours des siècles, n'avait su faire ni l'addition de ses dépenses ni la soustraction de ses dettes, il était le premier ( et le dernier) à posséder de fortes et réelles dépositions mathématiques; il les avait appliquées à l'astronomie et en avait tiré bon nombre de succès publics ainsi que des joie privée savoureuses. L'orgueil et l'analyse mathématique s'étaient si étroitement unis en lui qu'il se flattait de voir les astres obéir à ses calculs; et de fait, il semblait en être ainsi. Il pensait de bonne foi qui les deux petites planètes qu'il avait découvertes (il les avait nommées Salina et Svelto, en hommage à son fief et en souvenir d'une braque inoubliable) propageaient la renommée de sa maison entre Mars et Jupiter, à travers les espaces stériles du firmament. Les fresques de la villa exprimaient à son avis une prophétie, bien plus que l'adulation d'une peintre courtisan.

    p. 38 … l'astronomie, la morphine de Salina, était d'une espèce plus raffinée. Il chassa les image de Ragattisi perdue, d'Argivocale menacé et se plongea dans la lecture du plus récent numéro du Journal des Savants.

    p. 46 Fabrice et le père Pirrone : Tous les deux, apaisés, se mirent à discuter d'un rapport qu'il fallait envoyer au plus tôt à un observatoire étranger, celui d'Arcetri. Soutenus et guidés par les nombres, invisibles à cette heure mais présent, les astres rayaient l'éther de leur exacte trajectoire. Fidèle aux rendez-vous, les comètes s'étaient habituées à se présenter ponctuellement, à une seconde près, devant qui les observait. Elles n'étaient pas messagères de catastrophes, comme Stella [l'épouse de Fabrice] le croyait : leur apparition était au contraire le triomphe de la raison humaine, qui se projetait dans les cieux et prenait part à leur sublime normalité. "Peu importe si en bas les Bendico [le chien de Fabrice] poursuivent des proies rustique, si le couteau du cuisinier triture la chair d'animaux innocents. A la hauteur de l'observatoire, les fanfaronnades de l'un, l'activité sanguinaire de l'autre se fondent en une tranquille harmonie. Le vrai problème est de continuer à vivre la vie de l'esprit, dans ses moments les plus sublimes, les plus semblables à la mort."
    Ainsi raisonnait le Prince, oubliant ses perpétuelles lubies, ses caprices charnels de la veille.

    p. 82 Les étoiles semblaient troubles, leur rayons avaient peine à traverser la couche de chaleur suffocante.
    L'âme du Prince s'élança vers elles, les intouchables, les inabordables, celles qui donnent la joie, sans rien exiger en échange. Une fois de plus, il rêva du moment ou il pourrait enfin se trouver dans ces espaces glacés, pur intellect armé d'un carnet de calcules, : calculs bien difficiles, mais qui tomberaient toujours justes.
    "Ce sont les seules qui soient pures, il n'est pas de personnes plus distinguées, pensa-t-il, en ce style mondain qui lui était habituel; qui aurait l'idée de se préoccuper de la dot des Pléiades, de la carrière politique de Sirius, des secrets d'alcôve de Véga?"
    La journée avait été mauvaise, il le sentait mieux maintenant, non seulement à cette pression dans son estomac, mais aussi à ce qui lui disaient les étoiles. Au lieu de les voir former leurs signes habituels, il découvrait, chaque fois qu'il levait les yeux, un unique diagramme : deux étoiles en haut, les yeux ; une en dessous, la pointe du menton. C'était le schéma ironique, le visage triangulaire que son âme projetait dans les constellations, lorsqu'il était troublé. Le frac de don Calogero [un roturier enrichit], les amours de Concetta [elle pensait imminentes ses fiançailles à Tancrède - neveu de Fabrice Salina], l'emballement de Tancrède [pour Angélique fille de don Calogero], sa propre pusillanimité [devant les événement politique - chute de la couronne bourbonienne et avènement du roi piémontais Victor Emmanuel, roi d'une Italie unifiée], et jusqu'à la beauté menaçante d'Angélique; autant de complications, autant de petites pierres roulantes qui annoncent l'éboulement. Et ce Tancrède! Il avait raison, d'accord, et on l'aiderait, mais on ne pouvait nier qui' fut un tantinet ignoble. Au reste, Salina ne valait pas mieux que Tancrède. "Ça suffit, allons dormir."
    Bendica, dans l'ombre, frottait sa grosse tête contre le genou de son maître.
    Tu vois, Bendico, tu es un peu comme les étoiles, toi: une heureuse énigme, incapable d'engendrer l'angoisse.
    Il souleva la tête du chien, presque invisible dans la nuit.
    Mais avec tes yeux au niveau du nez et ton absence de menton, ta caboche peut évoquer des spectres mauvais dans le ciel.
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  • Par Gwen21, le 28 décembre 2014

    Le soleil, qui était pourtant loin d'avoir toute sa force en cette matinée du 13 mai, se révélait l'authentique souverain de la Sicile : violent et impudent, fort comme un narcotique, il annulait les volontés individuelles et maintenait tous les êtres dans une immobilité servile, bercée de rêves violents, de violences qui avaient l'arbitraire des rêves.

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  • Par Arakasi, le 05 septembre 2013

    Quand ils furent vieux et inutilement sages, leurs pensées revenaient à ces jours-là avec un regret insistant : ces jours avaient été ceux du désir toujours présent parce que toujours vaincu, des lits, nombreux, qui s'étaient offerts et qui avaient été repoussés, de l'aiguillon sensuel qui, justement en raison de son inhibition, s'était, un instant, sublimé en renoncement, c'est-à-dire en véritable amour. Ces jours furent la préparation à ce mariage qui, même érotiquement, ne fut pas une réussite ; mais une préparation qui prit la forme d'un tout indépendant, exquis et court : comme ces symphonies qui survivent aux opéras oubliées et contiennent, ébauchées et avec leur gaieté voilée de pudeur, tous les airs qui devaient être ensuite développés sans habilité dans l'opéra, sans aboutissement.
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  • Par Gwen21, le 02 janvier 2015

    - [...] ce climat qui nous inflige six mois de fièvre à 40 degrés : comptez, Chevalley, comptez - mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, six fois trente jours de soleil vertical sur nos têtes, cet été long et sombre comme un hiver russe, encore plus dur à supporter... Vous ne le savez pas encore, mais on peut dire que chez nous il neige du feu, comme sur les villes maudites de la Bible.

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  • Par Gwen21, le 29 décembre 2014

    Salina pensa à un remède découvert depuis peu aux États-Unis, qui supprimait la souffrance pendant les opérations les plus graves, et permettait de rester serein au milieu des pires douleurs. On appelait morphine ce vulgaire substitut chimique du stoïcisme antique et de la résignation chrétienne.

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