> Jean-Paul Manganaro (Traducteur)
> Gioacchino Lanza Tomasi (Éditeur scientifique)

ISBN : 2757806432
Éditeur : Points (2007)


Note moyenne : 3.99/5 (sur 140 notes) Ajouter à mes livres
Dans la Sicile de 1860, une famille de la haute aristocratie subit le changement de régime de l'île. Le prince Salina, d'abord pris de vertige devant la "stupéfiante accélération de l'Histoire", se laisse peu à peu gagner par une indolente ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 12 avril 2011

    Cath36
    Le Crépuscule des Dieux : le sous-titre du film de Visconti sur Louis II de Bavière pourrait s'appliquer également au "Guépard" .(Merci à Paulotlet pour ses précisions)
    C'est en effet un roman sur la perte et sur le deuil, deuil d'un monde aimé, deuil de valeurs qui tendait une société vers le haut, deuil de la mémoire, et deuil d'une certaine sagesse où chacun assumait les responsabilités qui lui étaient propres. le Prince Salina, intelligent et résigné, sait s'adapter à un monde nouveau dont il comprend l'évolution mieux que personne.
    Mais, d'illusions en désillusions, de mépris en indulgence, comment pourrait-il se sentir à l'aise dans des valeurs qui ne sont plus les siennes, même s'il se réjouit de voir son neveu bien-aimé les assimiler suffisamment pour savoir rebondir et s'adapter à la nouvelle société.Le Prince Salina est un homme seul, qui tait ce qu'il pense et survit à sa résignation. le prince Salina est un homme courageux qui sait vivre et, ne s'abandonnant jamais à son désespoir, essaie de préserver les siens.
    La mort, omniprésente mais jamais nommée (sauf à la fin) est sans doute l'héroïne principale de ce magnifique roman et rend d'autant plus poignant le drame d'un homme qui survit contre sa conscience, qu'elle revendique l'éternité de ce qui dure. Alors oui, bien sûr, comme l'ont dit certains on peut affirmer que les valeurs de l'aristocratie ne sont pas irremplaçables et que nul ne les regrette, mais quand toute une société se meurt au profit du pouvoir de l'argent, ne doit-on pas regretter infiniment ce qui donnait du sens et de la valeur à la vie et s'efforçait d'humaniser notre condition humaine, en dépit du fait qu'un certain nombre d'aristocrates manquèrent à leurs devoirs ?
    En dépit d'une écriture pas toujours facile, ce livre analyse le monde moderne avec une acuité rare, à la lumière de ce que nous avons perdu et qui ne reviendra pas. Il analyse également la difficulté de s'adapter dans un monde en perpétuelle évolution, et c'est pour cela que chacun d'entre nous peut se sentir concerné par ce livre à portée universelle.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 18 mai 2011

    LiliGalipette
    Roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa.
    1860 en Sicile. La famille Salina est des plus illustres, des plus respectées et des plus puissantes. Féru d'astronomie, le Prince Fabrizio est un colosse qui sait jouir de la vie et qui fait honneur au symbole de sa famille, Le guépard. Fabrizio règne avec fermeté sur sa trop nerveuse épouse et sur leurs enfants. Déçu par ses fils, il reporte sur Tancredi, son neveu et pupille, toute son affection et ses espoirs pour la lignée des Salina. Convaincu que l'aristocratie sicilienne s'accomodera de la république, il déchante quand Garibaldi et ses troupes envahissent la Sicile et que l'île est rattachée à l'Italie. Pour satisfaire aux nouveaux idéaux plébéiens, Fabrizio accepte de marier Tancredi à Angelica, sublime enfant d'un parvenu. « Le Guépard, certes, Le Guépard ; mais des limites devraient exister aussi pour cette sale bête pleine de superbe. » (p. 174)
    Force de la nature et homme de tête, « le pauvre Prince Fabrizio vivait dans un mécontentement perpétuel, malgré son regard jupitérien courroucé, et il contemplait la ruine de sa e et de son patrimoine sans rien faire pour y porter remède ni en avoir la moindre envie. » (p. 13) Son dernier sursaut d'orgueil s'incarne en Tancredi qui a pris fait et cause pour Garibaldi. Mais Fabrizio n'est pas le genre d'homme à s'effrayer de la mort. « Comme toujours, les considérations sur sa propre mort le rassérénaient autant que celles sur la mort des autres l'avaient troublé ; peut-être parce, en fin de compte, sa mort était en premier lieu celle du monde entier. » (p. 240) Conscient qu'une époque s'achève et que les privilèges de l'aristocratie ont disparu, il emporte dans la tombe les ors et la vitalité des Salina.
    Ce magnifique roman est un hymne à la terre sicilienne et à ses habitants : « les Siciliens ne voudront jamais être meilleurs pour la simple raison qu'ils croient être parfaits : leur vanité est plus forte que leur misère. » (p. 193) Île fière qui ne s'en laisse pas imposer par la vaniteuse Italie, la Sicile allie la sensualité à la sécheresse. Dans les jardins des Salina, elle se fait superbement décadente. « de chaque motte de terre émanait la sensation d'un désir de beauté vite brisée par la paresse. » (p. 13) La richesse ravaudée et le luxe de façade qu'affichent les survivants des Salina participent de cette décadence pressentie dès les premières pages. Immédiatement, on sait qu'on touche à l'ultime frémissement d'une bête fabuleuse qui livre avec éclat ses derniers combats.
    La romance entre le fougueux Tancredi et la belle Angelica est aussi éclatante qu'une aile de papillon. Chacun assiste émerveillé au spectacle et pressent qu'une telle splendeur ne peut ne durer. le bal, dans la sixième partie, en est l'illustration parfaite. Les femmes y sont belles, le rire y est facile. Mais le petit matin ne trouve que des êtres fatigués qui font bonne figure et tentent une dernière bravade. Tancredi, enfant chéri et homme porteur de tous les espoirs, disparaît dans la fin du roman. On ne sait s'il a fait honneur aux Salina. Les six premières parties se déroulent entre 1860 et 1862. Les deux dernières font un bond en 1883 et en 1910. le déclin de la famille Salina se précipite à la mort du grand Fabrizio. La fuite en avant du récit va de pair avec le crépuscule des illusions d'une famille et l'avènement d'une nouvelle histoire, celle de l'Italie unifiée.
    Dans une langue majestueuse et foisonnante, Lampedusa déploie par touches perfides un humour acerbe et un cynisme maîtrisé. La religion, l'argent, les caractères et toutes les couches de la société sont discrètement pointés du doigt, puis férocement épinglés. L'auteur dresse des portraits sans concession : si les jeunes filles sont des fleurs enivrantes, l'âge se charge de les faner et l'auteur ne masque aucune de ses avanies. Les hommes sont moins nobles qu'avant, les sociétés moins respectueuses des traditions. Lampedusa écrit la décadence et le changement avec un talent incontestable. Le Guépard n'usurpe pas sa renommée de chef-d'œuvre et je n'ai pas boudé mon plaisir.
    Il me reste à voir le film éponyme de Luchino Visconti avec Burt Lancaster, Alain Delon et Claudia Cardinal, palme d'or à Cannes en 1963.

    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2011/05/18/21156964.html
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par MissBibliophile, le 18 juillet 2011

    MissBibliophile
    Je suis tombée complètement par hasard sur ce livre, qui se trouvait sur la table de la bibliothèque municipale réservée aux livres " en trop" et qu'on pouvait donc prendre sans les rendre. Ayant entendu parler du film de Visconti, restauré il y a quelques années et rediffusé au Festival de Cannes, je savais déjà que c'était un chef-d'oeuvre, sans toutefois savoir de quoi il parlait ! J'étais donc curieuse de connaître cette histoire.
    Le début du roman m'a semblé assez long ( la scène où le Prince de Salina arpente son jardin avec son chien Bendico), jusqu'au moment où Lampedusa présente réellement tous les personnages réunis à table pour le dîner. En fait, quand j'avais d'abord lu la quatrième de couverture de cette édition, je pensais avoir affaire à une histoire d'amour ( un Prince qui se méfie des fiançailles de son neveu, Tancredi, avec la fille d'un parvenu, Angelica).
    Mais au fil des pages je me suis rendue compte que Lampedusa allait beaucoup plus loin, et qu'il s'agit en fait du récit d'une famille princière en décadence par rapport à son temps, puisqu'elle s'oppose à l' Unité de l' Italie. Je conseillerais peut-être à un futur lecteur de faire un peu de recherches sur cet épisode d' Histoire de l' Italie, avant de se plonger dans ce roman, car sans cela il est sans doute plus difficile de comprendre les enjeux de cette époque, et donc les opinions divergentes des personnages du Guépard.
    Bref, ici le thème du roman n'est pas l'amour, mais la décadence d'une famille noble, vécue par son " patriarche", qui se résigne pourtant à laisser faire ces nouveaux hommes politiques, aux origines " inférieures", tels que Sedarà, le père d' Angelica. Et Lampedusa, qui insérait de temps en temps quelques nouveaux chapitres dans son manuscrit, n'arrête pas son récit à la mort du Prince. En fait, il part de l'année 1860 pour finir en 1911, quand les filles du Prince, veuves ou vieilles filles, mettent réellement fin à la gloire de la famille quand l' Eglise leur retire des reliques dépourvues d'authenticité, qu'elles conservaient fièrement dans la chapelle familiale.
    On ne peut pas non plus voquer cette oeuvre sans s'arrêter sur son "décor", la Sicile. Elle est omniprésente, aussi bien dans l'esprit du Prince, qui regrette évidemment son rattachement avec le reste de l' Italie, qu'à travers la mentalité des personnages, toujours en comparaison avec les gens du " Nord" ( les Piémontais). Les paysages sont décrits minutieusement par Lampedusa pour mieux faire transparaître la mélancolie, la nostalgie du Prince.
    L'auteur ne s'arrêtant que sur quelques périodes de la vie des Salina, on voit mieux l'évolution de cette famille qui tente tant bien que mal de conserver sa gloire et sa légitimité. Avec simplicité et s'inspirant de ses propres ancêtres, l'auteur résume en un seul roman ce que des dizaines de grandes familles ont du vivre durant ce tournant de l' Histoire de l' Italie.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Well-read-kid, le 03 mars 2010

    Well-read-kid
    Il s'agit d'un livre que j'ai du lire dans le cadre de ma terminale
    littéraire : un livre qui m'attirait à priori car je ne connaissais rien à son sujet et que le résumé était attractif. Alors, rassemblant courageusement mes forces, j'en ai débuté la lecture au mois de juillet, avant la rentrée.
    Il fut dur d'entrer dans l'histoire : le style, lourd et pesant, aime à s'arrêter sur des détails : il y a plus de descriptions que d'action. Les mots s'enchaînent pourtant assez joliment, et les phrases ont une gravité parfois poétique qui surprend. La première lecture s'avère malaisée, bien que le personnage de Don Fabrizio séduise et attendrisse le lecteur. L'histoire progresse lentement.
    Une deuxième lecture est nécessaire pour apprécier pleinement cette oeuvre : car finalement, c'est un livre excellent, plein de réflexions diverses et variées. Selon ma prof de littérature, on ne peut en dire qu'il s'agit d'un roman historique, pourtant, il nous donne un aperçu du débarquement garibaldien, des bouleversement sociaux qui s'opérèrent alors. le livre est divisé en chapitres : le dernier se passe en 1910 et rend le lecteur nostalgique : le prince est mort, seules demeurent ses filles, vivant dans la maison de leur enfance. Bendicò passant par la fenêtre clôt le roman sur une note assez triste.
    Un livre que j'ai aimé lire, je dois dire. Don Fabrizio est un personnage fascinant, à la fois charnel et spirituel, amoureux des étoiles et des plaisirs de la chair. Un personnage à multiples facettes, spectateur de son époque.
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    • Livres 5.00/5
    Par Luniver, le 09 septembre 2011

    Luniver
    L'histoire se déroule en 1860, lors du débarquement des troupes de Garibaldi en Sicile. Le Guépard, prince de Salina, pressent que cet évènement va conduire à la mort de sa classe.
    Lampedusa nous raconte ce déclin par petits tableaux : le retour dans son domaine ancestral, où son prestige se ternit par petites touches insensibles ; le mariage de Tancredi, neveu du Guépard, avec la fille d'un riche bourgeois que les derniers évènements ont tiré vers le haut de la société ; le refus du prince de participer à la nouvelle société, convaincu que son temps est terminé ; Un bal de la noblesse, qui se rassemble pour croire encore à sa suvie ; la mort du Guépard, conscient que sa maison s'éteint avec lui ; et enfin, la visite du clergé au palais tenu par ses filles, qui donne le coup de grâce à la famille des Salina.
    L'écriture est sublime et sert très bien le livre : c'est la première fois que je prends autant de plaisir à lire les phrases en elle-même qu'à imaginer l'histoire qu'elles racontent.
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Citations et extraits

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  • Par lanard, le 19 août 2010

    Fabrice Salina et l'astronomie :
    p . 18 Dans une lignée qui, au cours des siècles, n'avait su faire ni l'addition de ses dépenses ni la soustraction de ses dettes, il était le premier ( et le dernier) à posséder de fortes et réelles dépositions mathématiques; il les avait appliquées à l'astronomie et en avait tiré bon nombre de succès publics ainsi que des joie privée savoureuses. L'orgueil et l'analyse mathématique s'étaient si étroitement unis en lui qu'il se flattait de voir les astres obéir à ses calculs; et de fait, il semblait en être ainsi. Il pensait de bonne foi qui les deux petites planètes qu'il avait découvertes (il les avait nommées Salina et Svelto, en hommage à son fief et en souvenir d'une braque inoubliable) propageaient la renommée de sa maison entre Mars et Jupiter, à travers les espaces stériles du firmament. Les fresques de la villa exprimaient à son avis une prophétie, bien plus que l'adulation d'une peintre courtisan.

    p. 38 … l'astronomie, la morphine de Salina, était d'une espèce plus raffinée. Il chassa les image de Ragattisi perdue, d'Argivocale menacé et se plongea dans la lecture du plus récent numéro du Journal des Savants.

    p. 46 Fabrice et le père Pirrone : Tous les deux, apaisés, se mirent à discuter d'un rapport qu'il fallait envoyer au plus tôt à un observatoire étranger, celui d'Arcetri. Soutenus et guidés par les nombres, invisibles à cette heure mais présent, les astres rayaient l'éther de leur exacte trajectoire. Fidèle aux rendez-vous, les comètes s'étaient habituées à se présenter ponctuellement, à une seconde près, devant qui les observait. Elles n'étaient pas messagères de catastrophes, comme Stella [l'épouse de Fabrice] le croyait : leur apparition était au contraire le triomphe de la raison humaine, qui se projetait dans les cieux et prenait part à leur sublime normalité. "Peu importe si en bas les Bendico [le chien de Fabrice] poursuivent des proies rustique, si le couteau du cuisinier triture la chair d'animaux innocents. A la hauteur de l'observatoire, les fanfaronnades de l'un, l'activité sanguinaire de l'autre se fondent en une tranquille harmonie. Le vrai problème est de continuer à vivre la vie de l'esprit, dans ses moments les plus sublimes, les plus semblables à la mort."
    Ainsi raisonnait le Prince, oubliant ses perpétuelles lubies, ses caprices charnels de la veille.

    p. 82 Les étoiles semblaient troubles, leur rayons avaient peine à traverser la couche de chaleur suffocante.
    L'âme du Prince s'élança vers elles, les intouchables, les inabordables, celles qui donnent la joie, sans rien exiger en échange. Une fois de plus, il rêva du moment ou il pourrait enfin se trouver dans ces espaces glacés, pur intellect armé d'un carnet de calcules, : calculs bien difficiles, mais qui tomberaient toujours justes.
    "Ce sont les seules qui soient pures, il n'est pas de personnes plus distinguées, pensa-t-il, en ce style mondain qui lui était habituel; qui aurait l'idée de se préoccuper de la dot des Pléiades, de la carrière politique de Sirius, des secrets d'alcôve de Véga?"
    La journée avait été mauvaise, il le sentait mieux maintenant, non seulement à cette pression dans son estomac, mais aussi à ce qui lui disaient les étoiles. Au lieu de les voir former leurs signes habituels, il découvrait, chaque fois qu'il levait les yeux, un unique diagramme : deux étoiles en haut, les yeux ; une en dessous, la pointe du menton. C'était le schéma ironique, le visage triangulaire que son âme projetait dans les constellations, lorsqu'il était troublé. Le frac de don Calogero [un roturier enrichit], les amours de Concetta [elle pensait imminentes ses fiançailles à Tancrède - neveu de Fabrice Salina], l'emballement de Tancrède [pour Angélique fille de don Calogero], sa propre pusillanimité [devant les événement politique - chute de la couronne bourbonienne et avènement du roi piémontais Victor Emmanuel, roi d'une Italie unifiée], et jusqu'à la beauté menaçante d'Angélique; autant de complications, autant de petites pierres roulantes qui annoncent l'éboulement. Et ce Tancrède! Il avait raison, d'accord, et on l'aiderait, mais on ne pouvait nier qui' fut un tantinet ignoble. Au reste, Salina ne valait pas mieux que Tancrède. "Ça suffit, allons dormir."
    Bendica, dans l'ombre, frottait sa grosse tête contre le genou de son maître.
    Tu vois, Bendico, tu es un peu comme les étoiles, toi: une heureuse énigme, incapable d'engendrer l'angoisse.
    Il souleva la tête du chien, presque invisible dans la nuit.
    Mais avec tes yeux au niveau du nez et ton absence de menton, ta caboche peut évoquer des spectres mauvais dans le ciel.
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  • Par Mokasiliquide, le 25 janvier 2009

    Nous fûmes les Guépards, les Lions ; ceux qui nous remplaceront seront les chacals et des hyennes... Et tous, Guépards, chacals et moutons, nous continuerons à nous considérer comme le sel de la Terre.
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  • Par Cath36, le 11 avril 2011

    "Vous savez, don Pietrino, les nobles, comme vous dites, ne sont pas faciles à comprendre. Ils vivent dans un univers particulier qui n'a pas été crée directement par Dieu mais par eux-mêmes durant des siècles d'expériences très particulières, de soucis et de joies bien à eux ; ils possèdent une mémoire collective tout à fait solide et ils se troublent donc ou se réjouissent pour des choses qui ne nous intéressent en rien ni vous ni moi mais qui sont pour eux vitales car elles sont en rapport avec leur patrimoine de souvenirs, d'espoirs de craintes de classe.... Ils nous semblent peut-être si étranges parce qu'ils sont parvenus à une étape vers laquelle tendent tous ceux qui ne sont pas des saints, celle de l'insouciance des biens terrestres grâce à l'accoutumance. C'est pour ça peut-être qu'ils ne font pas attention à certaines choses très importantes pour nous ; celui qui vit dans la montagne ne se soucie pas des moustiques de la plaine, et celui qui habite en Egypte néglige les parapluies. Mais le premier craint les avalanches,, le second les crocodiles, autan de choses qui en revanche , nous, ne nous préoccupent pas beaucoup.
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  • Par Cath36, le 11 avril 2011

    cette violence du paysage, cette cruauté du climat, cette tension perpétuelle de chaque aspect, ces monuments, aussi, du passé, magnifiques mais incompréhensibles parce qu'ils n'ont pas été édifiés par nous et qu'ils se trouvent autour de nous comme autant de très beaux fantômes muets ; tous ces gouvernements, débarqués avec leurs armes dont ne sait d'où, aussitôt servis, vite détestés et toujours incompris, qui ne se sont exprimés qu'à travers des oeuvres d'art énigmatiques pour nous et avec de très concrets percepteurs d'impôts dépensés ensuite ailleurs ; toutes ces choses-là ont forgé notre caractère qui demeure donc conditionné par des fatalités extérieures autant que par une terrifiante insularité spirituelle.
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  • Par Cath36, le 11 avril 2011

    Ils offraient le plus pathétique des spectacles, celui de deux très jeunes amoureux qui dansent ensemble, aveugles à leurs défauts, sourds aux avertissements du destin, dans l'illusion que tout le chemin de la vie sera aussi lisse que les dalles du salon, acteurs inconscients qu'un metteur en scène fait jouer dans les rôles de Roméo et Juliette en cachant la crypte et le poison, déjà prévus dans l'oeuvre. Ni l'un ni l'autre n'étaient bon, chacun était plein de calculs, gros de visées secrètes ; mais ils étaient tous deux aimables et émouvants tandis que leurs ambitions, peu limpides mais ingénues,étaient effacées par les mots de joyeuse tendresse qu'il lui murmurait à l'oreille, par le parfum de ses cheveux à elle, par l'étreinte réciproque de leurs corps destinés à mourir.
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