ISBN : 2226141855
Éditeur : Albin Michel (2003)


Note moyenne : 4/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Tout quitter du jour au lendemain pour aller chercher, seule, au fin fond de la Chine communiste, les secrets oubliés de l'art antique chinois, était-ce bien raisonnable ? Fabienne Verdier ne s'est pas posé la question : en ce début des années 80, la jeune et brillante ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 18 janvier 2012

    Lune
    Il y a dans ce livre, non pas une lecture, mais plusieurs.
    Il y a l'histoire d'une démarche personnelle artistique passionnante d'une jeune fille suffisamment audacieuse pour affronter seule une Chine des années 1983 à 1989. Une fille de 20 ans poursuit son rêve intense de l'approche picturale authentique loin de l'académisme et du « je m'en foutisme » qu'elle croise dans une école d'art française dont on se demande ce qu'y font ces « appelés » de l'art...
    Il y a, décrit, tout l'accomplissement de cette approche en surmontant les conditions de vie pauvres et dures, le malaise général, la volonté de trouver ce qui convient exactement à sa recherche.
    Il y a cet extraordinaire « Maître » en la personne de Huang, qui ouvre l'auteur non seulement à l'essence créatrice mais également à elle-même, condition indispensable pour entrer en peinture comme on entre en religion.
    Des citations de paroles de ce maître sont époustouflantes de révélations, elles sont à lire, relire et à méditer.
    L'homme y devient Homme dans le sens le plus noble du terme.
    Il y a la description de ce « vide » nécessaire à la création, cette « réceptivité » de l'instant présent, cet abandon au laisser-aller, source d'ouvertures. Des mois de travail répétitif, rigoureux avant d'arriver à l'expression personnelle ont été nécessaires pour acquérir cette vérité, cette authenticité.
    Il y a le portrait de la Chine de l'époque, des humiliations, des être anéantis, des artistes bafoués, de la misère, de la vie qui ne compte pas.
    Il y a toute cette culture perdue et ces mots profondément révélateurs du « Maître » en ce qui concerne l'utilité de l'homme politique par rapport à l'artiste.
    Il y a les voyages au Tibet, les rencontres d'ethnies, des expériences que Fabienne Verdier nous fait partager dans un style sobre, simple qui parle directement à notre cœur.
    Il y a le retour à l'étroitesse européenne dont il faudra que l'auteur s'éloigne pour que puisse s'exprimer tout son art.
    Il y a un livre que l'on repose en sachant qu'il a mis une pierre à l'édifice de notre propre vie.
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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 01 septembre 2011

    litolff
    Ce livre est une aventure inouïe !
    Quand, jeune diplômée des beaux-arts Fabienne Verdier décide de partir en Chine dans les années 80 pour y étudier la calligraphie, il faut un culot et un courage incroyables : la vie matérielle est sordide, la révolution culturelle (la mal nommée) a détruit tout ce qui avait trait à la culture et aux arts traditionnels. Les maîtres survivants sont vieux, isolés, sans élèves, méprisés, misérables. Fabienne Verdier, sans parler chinois, réussira à en trouver un qui accepte de la prendre pour élève, et qui pendant 10 ans (!!!), dans des conditions très difficiles, réussira à lui transmettre ce savoir en train de s'évanouir. le miracle aura lieu et elle deviendra à son tour un maître de la calligraphie, reconnue comme un des leurs par les vieux maîtres.
    Mais quelle abnégation pour parvenir à ce but suprême...seule, étrangère et perdue dans une grande ville du centre de la Chine ancrée dans l'idéologie maoïste des années 80 et totalement refermée sur elle-même, dans une école artistique régie par le Parti et qui doit lutter contre la méfiance des chinois, le système inquisitorial de l'administration, la misère, la promiscuité et la maladie...
    Un parcours exceptionnel qui a forcé mon admiration et m'a laissée sans voix !
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 02 septembre 2011

    meyeleb
    Comme Litolff, je reste sans voix.
    Un étonnant parcours initiatique de plusieurs années. Il lui a fallu entrer dans l'esprit chinois pour entrer dans la compréhension de l'art chinois. Pour que l'esprit s'insuffle dans L'Unique trait de pinceau. Et pour cela supporter les doutes, la misère, la maladie, des heures et des heures d'un apprentissage parfois fastidieux; aller jusqu'au bout de l'aventure... pour naître à soi-même. On ne peut qu'être impressionné par sa ténacité!
    Voilà comment Fabienne Verdier est devenue l'artiste accomplie que l'on connait ! Si vous allez visiter son site (http://www.fabienneverdier.com), vous la verrez à l'oeuvre, après un moment de méditation, cherchant le souffle dans le trait. S'il ne s'inscrit pas sur la toile, elle brûle l'oeuvre...
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    • Livres 4.00/5
    Par liratouva2, le 30 avril 2010

    liratouva2
    J'aime ce livre parce qu'il allie trois de mes passions les plus fortes actuellement : l'écriture, la peinture, la Chine et son immense culture, que je connais si peu encore! le tout symbolisé par cet art dont Fabienne Verdier est devenue maître: la calligraphie
    Passagère du silence, elle l'a été dix années pendant lesquelles elle s'est consacrée aux secrets de l'art chinois le plus antique, alors combattu et oublié sous Mao.
    Son séjour n'avait rien de touristique dans ces années quatre-vingt encore communistes. Seul l'apprentissage de son art lui importait, ce qu'elle a très bien réussi puisqu' après des études brillantes aux Beaux-Arts de Toulouse, elle a tout réappris des meilleurs maîtres de cette ville du Sichuan , Chongqing , où elle a vécu loin de Pékin et de l'ambassade française. Ces maîtres, pourquoi ne pas les citer, Cheng Jun de l'Ecole des Beaux-Arts auquel on avait coupé la main et qui lui apprend l'art de graver les sceaux, , Li, le maroufleur, son cher Huang Huan, qui met six mois avant de l'accepter pour élève et tant d'autres...
    Son livre est le récit de ces années-là et c'est un livre plein de richesses qui se lit à toute allure, comme un roman d'amour et d'aventures mais que je le relirai lentement maintenant pour ses moments de silence méditatif sur tous les grands sujets de la vie! C'est une mine de belles citations.

    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2010/04/passagere-du-silence-de-fabie..
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    • Livres 5.00/5
    Par vllc, le 11 mai 2011

    vllc
    L'auteure de ce récit, Fabienne Verdier, a passé 10 ans de sa jeunesse en Chine, de 1983 à 1992, en quête des techniques et du savoir de grands maîtres sur la calligraphie chinoise. Elle nous livre ses années passées dans la province du Sichuan avec beaucoup de sincérité et d'émotions. Elle nous décrit sa passion pour cet art ancestral, son parcours initiatique, ses amitiés avec de grands artistes marginalisés par le régime communiste.
    Je referme ce livre bouleversée, admirative et finalement éblouie. Bouleversée par la peinture d'une Chine communiste sans humanité et admirative par la persévérance de cette jeune femme malgré ce parcours de vie semé d'embûches. Enfin éblouie par ce bel enseignement sur la nature que Fabienne nous livre à travers le regard de ces maîtres de la calligraphie qui sont aussi des poètes et philosophes de la vie. Une belle leçon de vie tout court.


    Lien : http://www.fabienneverdier.com/
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Citations et extraits

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  • Par vllc, le 11 mai 2011

    Il ajouta même en souriant que la technique des glacis de la peinture flamande était certainement inspirée des laques chinoises.
    "D'où vient cette théorie ? lui demandai-je, interloquée.
    - En Europe, les peintres des 12e et 13e siècles manquaient de l'huile siccative nécessaire à leur technique. Leurs tableaux restaient de matière visqueuse sans jamais arriver à sécher. Alors qu'en Chine, l'utilisation des laques à base d'huile résineuse date de l'époque médiévale. Nous autres Chinois sommes les premiers inventeurs de ces effets de transparence infinie dans le vernis. De grands explorateurs flamands ou vénitiens, invités en Chine à l'époque des dynasties mongoles, se seraient passionnés pour cette technique des laques. Dès leur retour en Europe, inspirés par leurs d"couvertes, ils auraient créé le procédé des vernis siccatifs de la peinture à l'huile, qui fut à l'époque une véritable révolution."
    J'étais on ne peut plus surprise par ses propos. Du jamais entendu dans nos écoles d'art !
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  • Par Paulandrelit, le 07 avril 2010

    Dans le chaos et l'obscur réside le mystère originel. Suis, toi aussi, le principe cosmique pour donner vie à ta création. Comme le Ciel, crée à partir du chaos. Suis ton intuition et débroussaille l'informe pour aller, à travers les formes, au-delà de celles-ci. Transmets l'esprit des choses et n'oublie pas que l'esprit réside aussi dans les montagnes et les plantes; elles ont une âme, et c'est le Ciel qui la leur a donnée. La forme naît de l'informe: il ne faut pas avoir peur du chaos. Prends un pot, par exemple: c'est le vide qu'il enferme qui crée le pot. Toute forme ne fait que limiter du vide pour l'arracher au chaos.
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  • Par genieblanc, le 18 mars 2010

    L'unique trait de pinceau, ce "cérémonial du peintre", naît, sous le sceau de l'inspiration, d'un geste spontané, d'une pulsion première, d'une osmose primordiale avec la sève créatrice. Grâce à cette discipline, je tente de vivre "l'esprit un" en sa réalité absolue.
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  • Par genieblanc, le 18 mars 2010

    Nous vivions la transformation sur la feuille blanche : la mutation du ciel devenu eau, de la terre devenue ciel, du caillou devenu nuage, de la barque devenue récif; soudain, tout était possible, la liberté d'inventer un univers s'offrait...
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  • Par genieblanc, le 18 mars 2010

    Point n'est besoin de comprendre les idéogrammes chinois pour saisir la beauté en mouvement et atteindre ce que Sénèque appelait "la tranquillité de l'âme".
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Vidéo de Fabienne Verdier

Exposition de Fabienne Verdier à la galerie Jaeger Bucher.











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