ISBN : 2226141855
Éditeur : Albin Michel (2003)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 57 notes) Ajouter à mes livres
Tout quitter du jour au lendemain pour aller chercher, seule, au fin fond de la Chine communiste, les secrets oubliés de l'art antique chinois, était-ce bien raisonnable ? Fabienne Verdier ne s'est pas posé la question : en ce début des années 80, la jeune et brillante ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 18 janvier 2012

    Lune
    Il y a dans ce livre, non pas une lecture, mais plusieurs.
    Il y a l'histoire d'une démarche personnelle artistique passionnante d'une jeune fille suffisamment audacieuse pour affronter seule une Chine des années 1983 à 1989. Une fille de 20 ans poursuit son rêve intense de l'approche picturale authentique loin de l'académisme et du « je m'en foutisme » qu'elle croise dans une école d'art française dont on se demande ce qu'y font ces « appelés » de l'art...
    Il y a, décrit, tout l'accomplissement de cette approche en surmontant les conditions de vie pauvres et dures, le malaise général, la volonté de trouver ce qui convient exactement à sa recherche.
    Il y a cet extraordinaire « Maître » en la personne de Huang, qui ouvre l'auteur non seulement à l'essence créatrice mais également à elle-même, condition indispensable pour entrer en peinture comme on entre en religion.
    Des citations de paroles de ce maître sont époustouflantes de révélations, elles sont à lire, relire et à méditer.
    L'homme y devient Homme dans le sens le plus noble du terme.
    Il y a la description de ce « vide » nécessaire à la création, cette « réceptivité » de l'instant présent, cet abandon au laisser-aller, source d'ouvertures. Des mois de travail répétitif, rigoureux avant d'arriver à l'expression personnelle ont été nécessaires pour acquérir cette vérité, cette authenticité.
    Il y a le portrait de la Chine de l'époque, des humiliations, des être anéantis, des artistes bafoués, de la misère, de la vie qui ne compte pas.
    Il y a toute cette culture perdue et ces mots profondément révélateurs du « Maître » en ce qui concerne l'utilité de l'homme politique par rapport à l'artiste.
    Il y a les voyages au Tibet, les rencontres d'ethnies, des expériences que Fabienne Verdier nous fait partager dans un style sobre, simple qui parle directement à notre cœur.
    Il y a le retour à l'étroitesse européenne dont il faudra que l'auteur s'éloigne pour que puisse s'exprimer tout son art.
    Il y a un livre que l'on repose en sachant qu'il a mis une pierre à l'édifice de notre propre vie.
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 01 septembre 2011

    litolff
    Ce livre est une aventure inouïe !
    Quand, jeune diplômée des beaux-arts Fabienne Verdier décide de partir en Chine dans les années 80 pour y étudier la calligraphie, il faut un culot et un courage incroyables : la vie matérielle est sordide, la révolution culturelle (la mal nommée) a détruit tout ce qui avait trait à la culture et aux arts traditionnels. Les maîtres survivants sont vieux, isolés, sans élèves, méprisés, misérables. Fabienne Verdier, sans parler chinois, réussira à en trouver un qui accepte de la prendre pour élève, et qui pendant 10 ans (!!!), dans des conditions très difficiles, réussira à lui transmettre ce savoir en train de s'évanouir. le miracle aura lieu et elle deviendra à son tour un maître de la calligraphie, reconnue comme un des leurs par les vieux maîtres.
    Mais quelle abnégation pour parvenir à ce but suprême...seule, étrangère et perdue dans une grande ville du centre de la Chine ancrée dans l'idéologie maoïste des années 80 et totalement refermée sur elle-même, dans une école artistique régie par le Parti et qui doit lutter contre la méfiance des chinois, le système inquisitorial de l'administration, la misère, la promiscuité et la maladie...
    Un parcours exceptionnel qui a forcé mon admiration et m'a laissée sans voix !
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Lostinmypal, le 22 mars 2012

    Lostinmypal
    Ce livre est le récit d'une quête absolue pour assouvir une passion et l'écriture très personnelle de F. Verdier transmet beaucoup d'émotion au lecteur.
    La quête de l'auteur était au début d'ordre purement artistique. Cependant elle réalisera que son initiation relève aussi de la philosophie ; en effet, pour pratiquer véritablement l'art de la calligraphie chinoise il lui faudra découvrir et assimiler une culture très différente de la culture occidentale. C'est là que le livre prend toute sa profondeur, et pousse le lecteur à réfléchir sur sa propre vision du monde et de la place qu'il y occupe. Ce récit nous fait prendre conscience de la notion de silence et de sa qualité dans nos sociétés où il se fait si rare et de la nécessité de prendre du recul.
    Il traite aussi de l'importance de la persévérance et de la patience quand l'auteur nous relate son long et laborieux apprentissage. Fabienne Verdier ne cèdera jamais à la facilité, quelles que soient les difficultés (et Dieu sait qu'elle en traverse tout au long de ce récit !) et sa détermination tranquille force l'admiration.
    Un livre d'une richesse extraordinaire qui fait réfléchir au-delà de la dernière page...
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par VanessaV, le 16 avril 2008

    VanessaV
    Ce livre se lit comme un parcours de vie, une mise en route d'une pratique de peinture.
    Cette jeune femme étudiante aux Beaux-arts, obtient une bourse pour poursuivre ses études en France mais décide de partir en Chine, là où se trouvent encore les maîtres de la calligraphie. le livre présente une apposition de plein fouet entre l'occident et l'Asie mais aussi entre modernité dans l'art et art au sens noble du terme.
    Les cours théoriques à l'Ecole chinoise et leurs pendants politiques, son apprentissage des légendes, ses conditions d'artiste comme le matériel commun ou prêté par l'école, les influences chinoises mises de côté en faveur de celles occidentales, dénigrement des anciens grands maîtres. La jeune Fabienne va vouloir aller plus loin, reprendre l'art de tenir le pinceau, de peindre à l'horizontal, l'art de préparer l'encre et un je ne sais quoi de frondeur et de pertinence vont l'amener à chercher l'enseignement d'un grand maître isolé et oublié, maître Huang Yan. La rencontre est humaine et intense, c'est celle d'une vie, l'apprentissage sera de 10 ans ou rien.
    Alors commence une initiation artistique et à la vie. Des arts anciens et des techniques à apprendre et maitriser (marouflage, sculpture de sceaux, utilisation de teinture comme pour la soie, calligraphie), en passant par les philosophies concernées – et concernantes- en faisant sienne une philosophie de vie.
    l'avis complet est ici http://iam-like-iam.blogspot.com/2008/04/passagre-intiatique.html
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    • Livres 2.00/5
    Par sandpic, le 14 septembre 2010

    sandpic
    Humilité est le mot fort qui me vient à l'esprit après la lecture de ce livre.
    La soif de découvrir et de comprendre l'autre pour atteindre au mieux et en toute modestie le but fixé : apprendre à peintre selon l'enseignement des anciens.
    But maintenu au péril de sa vie mais qui rend cette femme o combien riche d'une culture exceptionnelle. Sans prétention elle devient peintre ce qui est ce à quoi elle aspirait depuis l'âge de 15 ans : « Je savais ce que je voulais peindre ; et d'abord apprendre à peindre en maîtrisant une technique picturale »
    J'ai lu ici une critique disant que l'écriture était plate, peut-être, mais l'essentiel du livre est plutôt sur cette quête de connaissances sans préjugés et en étant totalement ouverte pour appréhender un pays qui offre une telle diversité, une philosophie au-delà des terreurs endurées.
    Impressionnant et très intéressant pour comprendre la Chine des années 1980.
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Citations et extraits

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  • Par vllc, le 11 mai 2011

    Il ajouta même en souriant que la technique des glacis de la peinture flamande était certainement inspirée des laques chinoises.
    "D'où vient cette théorie ? lui demandai-je, interloquée.
    - En Europe, les peintres des 12e et 13e siècles manquaient de l'huile siccative nécessaire à leur technique. Leurs tableaux restaient de matière visqueuse sans jamais arriver à sécher. Alors qu'en Chine, l'utilisation des laques à base d'huile résineuse date de l'époque médiévale. Nous autres Chinois sommes les premiers inventeurs de ces effets de transparence infinie dans le vernis. De grands explorateurs flamands ou vénitiens, invités en Chine à l'époque des dynasties mongoles, se seraient passionnés pour cette technique des laques. Dès leur retour en Europe, inspirés par leurs d"couvertes, ils auraient créé le procédé des vernis siccatifs de la peinture à l'huile, qui fut à l'époque une véritable révolution."
    J'étais on ne peut plus surprise par ses propos. Du jamais entendu dans nos écoles d'art !
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  • Par Paulandrelit, le 07 avril 2010

    Dans le chaos et l'obscur réside le mystère originel. Suis, toi aussi, le principe cosmique pour donner vie à ta création. Comme le Ciel, crée à partir du chaos. Suis ton intuition et débroussaille l'informe pour aller, à travers les formes, au-delà de celles-ci. Transmets l'esprit des choses et n'oublie pas que l'esprit réside aussi dans les montagnes et les plantes; elles ont une âme, et c'est le Ciel qui la leur a donnée. La forme naît de l'informe: il ne faut pas avoir peur du chaos. Prends un pot, par exemple: c'est le vide qu'il enferme qui crée le pot. Toute forme ne fait que limiter du vide pour l'arracher au chaos.
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  • Par genieblanc, le 18 mars 2010

    L'unique trait de pinceau, ce "cérémonial du peintre", naît, sous le sceau de l'inspiration, d'un geste spontané, d'une pulsion première, d'une osmose primordiale avec la sève créatrice. Grâce à cette discipline, je tente de vivre "l'esprit un" en sa réalité absolue.
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  • Par wictoria, le 27 septembre 2008

    J'ai pénétré dans un entrepôt du quartier du Marais, mon carton à dessin sous le bras. Je suis montée jusqu'à la mezzanine où le directeur avait installé son bureau. Je retrouvais l'atmosphère de collection étonnante du musée d'Histoire naturelle de Toulouse. Son grenier était bourré de marionnettes, de costumes de théâtre anciens, de masques funéraires, de divinités de toutes sortes. L'ensemble était d'une beauté inquiétante, troublante. Je n'osais bouger de peur de déranger ces âmes étiquetées.
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  • Par genieblanc, le 18 mars 2010

    Nous vivions la transformation sur la feuille blanche : la mutation du ciel devenu eau, de la terre devenue ciel, du caillou devenu nuage, de la barque devenue récif; soudain, tout était possible, la liberté d'inventer un univers s'offrait...
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Exposition de Fabienne Verdier à la galerie Jaeger Bucher.











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