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Critiques de Jean Ray (237)
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Malpertuis
  01 juin 2017
Malpertuis de Jean Ray
Cela fait longtemps que je veux découvrir l’œuvre de jean Ray. D'ailleurs, de vides-greniers en bourses aux livres, plusieurs livres de l'auteur avaient déjà rejoint ma PAL ou ils prenaient la poussière. Finalement, c'est grâce à une masse critique que je découvre enfin Jean Ray. Et c'est une jolie façon de faire connaissance tant le livre, publié par les éditions Alma (que je remercie ainsi que Babelio), est beau. Superbe couverture, papier de qualité, tout est réuni pour le plaisir du lecteur.



Il est difficile d'écrire un avis sur "Malpertuis" sans évoquer certains éléments. Ceux qui veulent découvrir le roman vierges de toute connaissance quant à l'intrigue sont prévenus. Sachez simplement que c'est un roman déroutant et fascinant.



La lecture de "Malpertuis" est une expérience singulière, étonnante. Le roman semble d'abord être une histroire de maison hantée. Histoire plutôt bien menée et dans laquelle ont goûte l'écriture superbe de Jean Ray. Mais, à la lecture de cette partie, j'ai eu l'impression que le récit souffrait de quelques longueurs. Et j'avoue que je me sentais parfois perdue, je me suis demandée si l'auteur savait où il voulait en venir. Ca m'a un peu perturbée jusqu'à ce que le récit prenne une autre dimension et bifurque vers autre chose que le thème classique de la hantise. A partir de ce moment-là, j'ai été happée, hypnotisée par le roman. L'auteur m'a complètement embarquée jusqu'à être totalement soufflée par la révélation de la vraie nature des personnages.

On ne prend la mesure du tour de force de Ray qu'au fur et à mesure de la lecture. Plus le roman avance, plus on est saisi par l'habileté narrative de l'auteur. La 1ère partie qui m'avait semblé connaître des longueurs et qui m'avait parue fouillis m'a semblé à posteriori totalement maîtrisée, au point d'avoir envie de la relire avec ce nouvel éclairage.



J'ai été séduite par la plume de Ray qui a un grand talent pour instaurer une atmosphère angoissante. L'ambiance créée est vraiment palpable grâce à un grand pouvoir d'évocation. Les descriptions, tant visuelles que sonores, sont saisissantes.

"Malpertuis" est un roman complètement intemporel et la fascination qu'il exerce place Jean Ray dans la lignée d'auteurs tels que Lovecraft ou Machen. Comme ces illustres auteurs, Ray évoque l'innommable, l'indicible pour installer une ambiance pesante tout en entretenant le mystère, en laissant une certaine liberté à l'imagination du lecteur. Comme chez Lovecraft et Machen, le surnaturel et la peur viennent bousculer et balayer les certitudes des héros. Derrière le monde qu'ils croient ordinaires, se cachent des forces anciennes qui œuvrent dans l'ombre.

J'ai ressenti une très forte filiation avec "le grand dieu Pan". Là où Machen ressuscitait Pan, Ray ressuscite tout un panthéon dans une histoire où les dieux peuvent être capturés, emprisonnés et même tués.



"Malpertuis" est un roman fascinant, complexe, qui demande certainement plusieurs lectures. On ne prend véritablement la mesure de sa puissance que lorsqu'on l'a terminé. Une fois refermé, le livre continue de vivre dans l'esprit du lecteur.



Je serais très curieuse de voir l'adaptation cinéma qui en a été faite, tant ce roman me parait difficilement transposable à l'écran.

Bien évidemment, cette rencontre avec jean Ray en appelle d'autres.



Challenge Multi-défis 2017 - 27 (item 35 : un roman écrit par un auteur belge)

Challenge 1914-1968 entre 2 points de bascule

Challenge A.B.C 2016-2017 (23/26)
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Le livre des fantômes
  04 avril 2018
Le livre des fantômes de Jean Ray
Je n'avais jusqu'alors jamais entendu parler de Jean Ray, celui que les critiques de l'époque ont surnommé le "Allan Poe belge" et pour cause, j'ai appris en lisant la postface que la maison d'édition chez laquelle il a été publié avait fait faillite peu de temps après ses publications. Est-ce parce qu'il s'est attaqué aux forces obscures ou pour son esprit de collaboration durant la Seconde Guerre mondiale ? L'on se saura jamais mais j'aurais plutôt tendance à opter pour la première option car sachez qu'en vous plongeant dans cette lecture, vous allez vous heurter à vos pires cauchemars, vous rendre dans un univers que vous ne pensiez pas pouvoir se matérialiser devant vous et pourtant, les personnages de cet ouvrage, personnes réelles (?) y ont été confrontées et témoignent, si elles n'ont pas succombé.



Ce sont ici une dizaine de nouvelles que le lecteur découvre dans le "livre des fantômes" suivies d'une dizaine d'autres réunies dans la partie "...et autres textes" qui n'en sont pas moins effrayantes. Que dire sans trop en dire si ce n'est que chacune de ces nouvelles fait intervenir, par des propos qui se veulent véridiques, des phénomènes étranges, invoquant l'Au-Delà ou encore des malédictions. Une écriture digne d'Edgar Allan Poe, j'en concède mais qui pourtant possède son indépendance propre. Aussi, ici, ni plagiat, juste une vague source d'inspiration peut-être et encore, rien n'est moins sûr.



Il va sans dire que je ne peux que vous recommander cette lecture si vous n'êtes pas trop superstitieux et ne craigniez qu'il vous arrive un quelconque malheur par la suite. En ce qui me concerne et maintenant que cette lecture est achevée, je ne peux plus revenir en arrière. Maintenant, je sais ! Aussi, si vous avez d'autres de mes nouvelles dans les jours, voire les mois qui viennent, c'est que cela se sera bien passé et que vous n'aurez plus à vous inquiéter pour moi, à moins que je ne me sois perdue dans l'une de ces "rues" étranges ou que j'aurais pris le risque de m'aventurer dans un "carrefour" tard la nuit (petit clin d’œil à deux des nouvelles de l'auteur !!
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Le livre des fantômes
  06 avril 2018
Le livre des fantômes de Jean Ray
Lorsque je l'avais informée que j'entamais ce livre, une de mes proches amies, Belge d'origine, connaissant bien les écrits de l'auteur, m'avait confié en avoir gardé un très joli souvenir de lecture. Précisant également que les histoires de Jean Ray, plus poétiques qu'effrayantes, s'apparentaient dans leur style à celles d'Edgar Poe. Confirmation m'en a d'ailleurs été donnée en 4ème de couverture : "Il meurt à Gand le 17 septembre 1964. Un vibrant hommage lui est rendu par Les cahiers de l'Herne en 1980, le plaçant dans la descendance de Hoffmann, Poe et Lovecraft."

Et, là, j'appréhende un petit peu car la lecture des "Histoires extraordinaires" de Poe ne m'avait laissé qu'une impression tiédasse et certaines m'avaient même carrément ennuyée.

Fort heureusement, cet ennui m'a été épargné dans les histoires de Jean Ray car je les ai trouvées originales et, pour la plupart, captivantes. La seule analogie que je pourrais faire avec celles d'Edgar Poe est dans la manière de les conter, naturellement marquée fin 19ème siècle.

Et je dirais que c'est tant mieux car je suis une pétocharde de première et ce style d'écriture légèrement obsolète m'a évité de trop m'impliquer et de cauchemarder. Laquelle écriture est néanmoins élégante et fluide même si elle est truffée de termes ou d'expressions qui n'ont plus cours aujourd'hui. Tel, entre autres, que "des vieilles pimpesouées" que mon précieux dico m'a révélé être "des vieilles mijaurées".



Bien que cette lecture ne sera pas un coup de cœur pour ce qui me concerne, elle m'a procuré un agréable moment et permis de découvrir un maître du genre.

Avec mes plus sincères remerciements à ALMA Éditeur ainsi qu'à l'équipe de Babelio pour leur investissement dans la gestion, ô combien active, de leur site.
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Malpertuis
  26 juin 2017
Malpertuis de Jean Ray
Quand les éditions Alma ont repris la publication des meilleurs romans et recueils de Jean Ray, il fallait s’attendre à redécouvrir du très bon récit d’épouvante, mais s’il y en a un qui devait être remis en lumière, c’est bien Malpertuis qui est souvent désigné comme son chef-d’œuvre personnel.



Premier constat une fois ce livre terminé : il faut le relire. Là-dessus, je rejoins la sentence d’Arnaud Huftier dans sa postface, on sort de cette lecture en se disant qu’il nous faut recomprendre des éléments, notamment dans la première partie du roman. L’histoire centrale est celle de Jean-Jacques Grandsire, dont le grand-oncle Cassave meurt et organise la vie posthume de sa maison Malpertuis. Il convie son entourage à perdurer dans sa demeure afin que le dernier en vie prétende à son immense héritable. On sent déjà poindre l’ambiance « Cluedo » où cohabitent la sœur de Jean-Jacques, Nancy, sa cousine Euryale, son cousin Philarète, ses oncle et tante Charles et Sylvie Dideloo, mais également les trois sœurs Cormélon, un taxidermiste nommé Lampernisse, le commis Matthias Krook ainsi que les serviteurs, Élodie et les époux Griboin. Rôdent autour d’eux la mère Groulle, l’abbé Doucedame et le mystérieux Eisengott. Parmi tout ce « beau » monde, les noms ne sont pas toujours choisis au hasard et chacun semble, tour à tour, intervenir plus ou moins volontairement dans le destin de Malpertuis.

L’horreur pour Jean-Jacques relève d’une alternance malsaine entre un quotidien d’un ennui pathétique et des scènes d’épouvante aussi violentes que spontanées. Jean-Jacques vit sa vie mais des événements étranges surviennent insidieusement : un camarade est retrouvé cloué par la tête à un mur et continue de chanter, un autre est agressé par trois êtres ailés, un autre encore crache des flopées de feu. Bref, Malpertuis est définitivement le repaire de toutes les bizarreries, de façon peut-être un peu trop loufoque pour le lecteur qui ne s’y attend pas (mais en même temps, c’est le but).

Le lecteur retrouve d’ailleurs le style caractéristique de Jean Ray. Ainsi, les adjectifs tarabiscotés, les métaphores glosées et les situations ubuesques sont légion. Rien que dans la scène de présentation de Cassave, Mais avec Malpertuis, Jean Ray utilise, en plus de cela, une construction atypique dans la narration. En effet, le narrateur ne se nomme jamais, mais précise seulement qu’il est le « cambrioleur des Pères Blancs ». Serait-ce Jean Ray lui-même qui se met en scène ? En tout cas, celui convoque un certain nombre de témoins qui vont à leur tour raconter ce qu’ils ont vu ou prétendent avoir vu. Un peu à la manière d’une enquête policière, charge est donc donné au lecteur de trouvé le mystère avant qui lui soit révélé.



Très personnellement, je n’ai sûrement pas la culture pour tout cerner de ce roman si atypique, à part peut-être sur le plan mythologique (et encore). De façon plus générale, Malpertuis marque son lecteur par une épouvante un peu échevelée, mais constamment mystérieuse, à n’en pas douter persévérer dans la bibliographie de Jean Ray ne peut que le plus grand bien.

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Malpertuis
  09 avril 2020
Malpertuis de Jean Ray
Malpertuis, manoir hanté dans lequel le diabolique Cassave en fin de vie a réuni ses héritiers, cousines cupides, oncle taxidermiste et autres parents à demi fous ainsi que le couple de domestiques et le neveux narrateur pour que soit lu son testament: une incroyable fortune sera léguée à celui ou au couple qui restera dernier en vie. Ne pourront en bénéficier que ceux qui s'installent à demeure au manoir. (Sacré confinement! ;-)



S'imbrique une autre histoire, l'origine du trésor, naufrage à proximité d'une île mystérieuse dans les Cyclades un soir de tempête...



L'ambiance est bien rendue mais la lecture (l'écoute) m'a parue un peu ardue et compliquée.

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Malpertuis
  04 décembre 2020
Malpertuis de Jean Ray
Jean Ray au sommet de l'Olympe de la littérature fantastique et de l'épouvante, certes disparu, oublié. Respect ! Et son esprit nous hante. "Mon coeur dans Malpertuis... pierre dans les pierres..." p.51





"Il me faut présenter Malpertuis et me voici frappé d'une singulière impuissance. L'image recule comme les castels de Morgane..." p.52 "Les hommes qui s'endorment dans ses immenses chambres s'offrent au cauchemar, ceux qui y passent leurs jours doivent s'habituer à la compagnie d'ombres atroces de suppliciés, d'écorchés vivants, d'emmurés, que sais-je encore ?" p..57 Héla ! Qui éteint les lumières ? "Je pense aux paroles de Lampernisse : "D'étranges volontés vous imposent tour à tour l'oubli et le souvenir."" p.85





"Je ne puis prétendre que les heures d'effroi se suivaient dans Malpertuis, selon une norme inexorable, qu'elles adoptaient dans l'épouvante, une régularité de marées ou de phases lunaires, comme dans la fatale maison des Atrides." p.87 "Jamais... entends-tu ? Jamais... ne prononce jamais ce nom, si tu ne veux pas que le malheur et l'épouvante soient sur toi !" p.101 Diantre ! Eh bien, ces trois divinités du Panthéon, je tairai donc leurs noms. "Je reconnus le cousin Philatère. Il marcha vers le cadavre, le souleva sans émotion et l'emporta dans la nuit." p.117





"Toute mon âme criait de crainte et de révolte et pourtant je me dirigeais vers le perron. [...] Dans la nuit noire, j'entrai dans Malpertuis." p.162 "Tais-toi... tais-toi ! Tu n'as vu que des fantômes, les reflets des choses cachées." p.174





Soit ! Je ne révélerai ni Zeus dans un éclair, ni toutes ces divinités de sinistre mémoire dont l'essence fut ramenée imprudemment par un marin véreux quitte à embraser le coeur de l'imprudent avant de le pétrifier de terreur. Je me contenterai de rendre hommage à la virtuosité de Jean Ray si habile à instaurer, à travers pas moins de cinq narrateurs, un climat d'une "vastité tourmentée" auquel il est impossible d'échapper.



Un roman aux effets cathartiques à l'heure où tant d'égos en manque de visibilité se voudraient des dieux alors qu'ils sont des poules sans tête s'agitant en tous sens, orchestrant l'anxiété pour mieux vous manipuler. Promettez ! Malpertuis comme vaccin à la peur irrationnelle !





Sans l'ombre d'un doute : Lisez Jean Ray à en devenir nyctalope !





https://www.youtube.com/watch?v=jFajJwjTNOs&list=PLBBW6-WusyfmhywzmmOll-14e0J8jl7zV



Pagination correspondant aux éditions Labor collection Espace Nord, 1993 incluant une éclairante lecture de Joseph Duhamel.
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Le grand Nocturne suivi de Les cercles de l..
  13 décembre 2019
Le grand Nocturne suivi de Les cercles de l'épouvante de Jean Ray
Vendredi 13, le ciel s'est assombri, pluie et grisaille du nord, chuintement dans les tuiles. Les gouttes tambourinent sur la lucarne un répétitif « plus vite, plus vite ». Mes doigts sur le clavier sont pris de frénésie. En ce jour de mystère l'heure a sonné de quelques mots sur Le grand nocturne, Les cercles de l'épouvante. Les voilà qui vont s'élargissant.





Après Jean Giono, Jean Ray, il n'y a pas photo. Elle est ici la grande Littérature de la peur, au coin de la rue, le long d'un quai, sur un bateau, dans la grisaille, sous la pluie ou les embruns, au clair-obscur ou dans les fumées d'un bistro pour marins. Rien ne les relie ces deux auteurs hormis ce poème Nevermore glissé dans ma précédente chronique ; encore faut-il savoir que la presse en son temps surnomma Jean Ray « l'Edgar Allan Poë belge ». Un fantastique de gothique flamand, qui aime les mots et les mets, des termes rares pleins de saveur. (Vous savez ce que c'est, vous, un « pylore » ?) nous avertit Jean-Pierre Bours dans sa préface.





18 nouvelles, royaumes fantastiques des ellipses et hyperboles, style vif, récits haletants. 18 nouvelles toutes différentes, toutes réussies et toutes baignées (la mer n'est jamais loin avec Jean Ray) dans un halo d'étrangeté quotidienne. Je ne ferai pas secret, je n'en raconterai aucune. Quelque chose, je ne sais quoi me retient. La même chose insolite qui me pousse à déposer au plus vite dans cet abri rassurant, familier et fréquenté cette chronique. Une force étrange qui me désigne ce vendredi 13 comme la porte temporelle à vous amener dans les univers intercalaires de Jean Ray, grand maître du fantastique.





« Il y a quelques années, les havres hanséatiques voyaient arriver encore, sortant des brumes comme des bêtes penaudes, de bizarres petits bateaux gréés à la façon latine : tartanes, sacolèves ou spéronares. […] – Ah ! disait-on, voilà les lougres de rêve ! » p.108



« C'est fini.

Il est dans la maison. » p.246

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Les contes du whisky
  28 mars 2019
Les contes du whisky de Jean Ray
Indiscutablement l'un des recueils les plus extraordinaires qu'il m'ait été donné de lire à cause de la puissance d'évocation de Jean Ray, de sa "poésie efficace", qui envoûte, piège et réussit à surprendre n'importe qui et à lui glacer le sang, ne serait-ce qu'un fugitif instant. Jean Ray n'a rigoureusement aucun équivalent sur la scène littéraire. Aucun. "Je suivais sans hâte une longue drève de peupliers d'Italie, toute droite, se soudant à l'horizon..." Jusqu'aux phrases qui vous hantent, avec leur lancinance incantatoire.



Extraordinaire.
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Harry Dickson, BD tome 1 : La bande de l'ar..
  07 octobre 2016
Harry Dickson, BD tome 1 : La bande de l'araignée de Jean Ray
Parole à l'auteur :



" Mon cher old Harry,



Je n'en pouvais plus, mes nerfs étaient à bout. Cicéron (*) m'a trop fait souffrir et je me suis vengée de lui. Scotland Yard ou les journaux du Fleet vous diront le reste.

Pour la vie, votre



Georgette Cuvelier" p.40



"... la demoiselle Georgette Cuvelier disparue depuis la découverte du crime.

- Dieu ! S'écria Harry Dickson, la voici lancée ! La bête a goûté au sang. Il ne lui en faudra pas plus pour devenir le monstre qui couvait en elle. [...] Une immense angoisse planait sur les hommes et les choses" p.41-42



"En Angleterre et sur le continent, la sinistre renommée de la "Bande de l'Araignée" croissait sans relâche. Tout d'abord, les polices d'Europe n'avaient pas voulu croire en son existence. Maintenant elles rivalisaient d'ardeur pour la traquer et la détruire.

Vains efforts !" p.61



"Harry Dickson au secours !

Ce cri sonna sinistrement à travers Londres. le grand détective entendit, du cabinet de travail de Lord Dambridge, monter cet appel de la rue." p.62



"Une ère de luttes, de dangers, d'horreurs sans nombre s'annonçait pour Harry Dickson et ses collaborateurs" fin p.85



Que voulez-vous que je vous dise : Harry Dickson c'est somme toute Tintin en plus viril ! Et je m'en voudrais d'omettre la curieuse attirance qui se tisse - tiens, revoilà l'Araignée - entre la machiavélique Georgette et le grand détective. Ca se boit comme du petit lait (sans lactose). Ca se lit comme une bande dessinée. Un très bon feuilleton.



Mais il y a un hic, comme dirait le capitaine Haddock^^. Le travail de détective c'est vous qui devrez le faire pour pouvoir vous procurer cet hors série des éditions Le Cri publié pour la journée mondiale du livre du 23 avril 2007 et offert à cette occasion par la communauté française de Belgique. A moins de retrouver un original des années trente, ou une des éditions Marabout qui ont par la suite réédité plusieurs épisodes de Harry Dickson.



Donc je vous mettrai aussi une belle description en citation. ;-)



Mais saviez-vous que Jean Ray est surtout connu comme un des premiers maîtres du fantastique ? On pourrait aller jusqu'à affirmer que sans Jean Ray pas de Harry ... Potter ! Car, je le glisse en passant, le grand initiateur des univers intercalaires : c'est bien lui.

Surréaliste me direz-vous.

Belge^^, je vous réponds, une fois.

Encore ! LOL ;)))



(*) spoiler :

marre du latin

et clette Georgette

a occis la préfette

coup du lapin !



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Saint-Judas-de-la-Nuit
  09 février 2019
Saint-Judas-de-la-Nuit de Jean Ray
A n'en pas douter l'Ange du Bizarre cher à Edgar Poe devait veiller sur Jean Ray quand il écrivit ce surprenant roman, paru en 1964 année de sa mort.



Il est difficile, voire impossible de résumer Saint-Judas -de-la-nuit, parlons seulement du fil rouge ; le grimoire Stein, ouvrage maudit volé par trois étudiants.



Jean Ray, alias "Le maître de Gand", nous emmène là où il le veut, et le fait avec talent, dans une langue riche qui réjouit le lecteur.



Ce roman, n'est peut-être pas la meilleure manière de découvrir cet auteur (quoique ?), mais il reste un livre énigmatique et jubilatoire, pour tout amateur d'étrangeté virtuose.
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La croisière des ombres
  17 novembre 2016
La croisière des ombres de Jean Ray
Après avoir découvert La Cité de l’indicible peur, je poursuis l’œuvre rééditée de Jean Ray aux éditions Alma avec La Croisière des ombres. Toujours sous la direction d’Arnaud Huftier, sont réunis ici des textes de différentes origines, écrits entre 1929 et 1935, avec d’un côté La Croisière des ombres, recueil de textes autour de la mer, des ports et des monstres de tout poil, et de l’autre quelques textes parfois très courts qui complètent cette thématique.



Comme souvent quand elle est de qualité (c’était déjà le cas dans Feuillets de cuivre, de Fabien Clavel), il est difficile de faire une critique novatrice quand on a lu la postface d’Arnaud Huftier, lui qui connaît le personnage de Raymond de Kremer (alias Jean Ray, alias John Flanders) sur le bout des doigts. Sur de nombreux points, cette postface se révèle très pédagogique pour assimiler les tenants et aboutissants du fantastique réaliste de cet auteur.

La Croisière des ombres était d’ores et déjà un recueil d’histoires horrifiques aux titres tout à fait parlants : « La présence horrifiante », « Le bout de la rue », « Le dernier voyageur », « Dürer, l’idiot », « Mondschein-Dampfer », « La ruelle ténébreuse », et « Le psautier de Mayence » sont autant de récits cauchemardesques qui peuvent tout à fait être issus des rêveries hantées de l’auteur comme des vôtres (en tout cas, les miennes peuvent facilement y ressembler). D’autres textes ont été réunis à cette Croisière pour leur brièveté ou leur thématique maritime : « Le torrent de boue », « Le ralenti de 5h17 », « L’effroyable histoire de Machrood », « Ombre d’escale », « Poste de police, R-2 », « L’idylle de monsieur Konigley », « La trouvaille de Mr. Sweetpye » et deux mini-articles « Le vent de la hache » et « Si Scotland Yard ».

Dans ce recueil qu’on aura de la peine à relâcher de notre étreinte fiévreuse, Jean Ray nous place face à l’horreur de la solitude. En chaque occasion, le narrateur se révèle seul face à une étrangeté qui finit par l’horrifier. Ce peut être un détail anodin, une redondance étonnante ou un péril lors d’un voyage, il y a toujours de quoi cauchemarder utile chez Jean Ray. Les petits récits composant ce recueil dans la continuité des Contes du whisky, qui valurent à l’auteur le surnom de « patron de Port-Angoisse », sont une succession d’idées aussi simples que diablement efficaces.



Avec un sens aigu du style alambiqué, Jean Ray réussit toujours en très peu de mots la formule qui fait mouche et qui saura éveiller la part d’horreur qui sommeille en vous, tout en nous faisant redécouvrir un vocabulaire fleuri comme rarement on en retrouve actuellement.

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La Vallée du sommeil
  02 avril 2020
La Vallée du sommeil de Jean Ray
Ce court roman de John Flanders (alias Jean Ray) fut publié en feuilleton dans la presse pour la jeunesse en 1949.

Les premières pages, de "la vallée du sommeil", font irrésistiblement penser à un célèbre roman de Stevenson.

Mais ici, pas d'aventures maritimes, ni d'île au trésor.



Ce court roman d'une petite centaine de pages, ressemble à ce qu'il est : un récit destiné à un public adolescent.



Des personnages bien typés, des méchants très vils, des gentils très bons, mais pour autant nulle mièvrerie, dans cette histoire menée tambour battant.



Si les trois quarts des chapitres, racontent une aventure historique dans le pays de Galles de 1745, les derniers basculent dans le fantastique, voire la science-fiction.



Flanders/Ray, donne encore avec "La vallée du sommeil", un exemple de son talent de conteur, campant un personnage en quelques mots, ne laissant nul temps mort dans son récit.



Le volume est complété par deux nouvelles : "La singulière Babet Brown", et "Dans la grande nuit du pôle".



Références : Corps 9 éditions, 1986. Présentation d'Albert Van Hageland, illustrations et couverture, d'André Julliard.
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La cité de l'indicible peur
  24 juin 2016
La cité de l'indicible peur de Jean Ray
Jean Ray, un nom qui peut intriguer, faire peur ou bien totalement laisser indifférent, mais dans tous les cas, on sent que d’une façon ou d’une autre, ce monsieur doit bien être connu pour une raison. La réédition de ses œuvres les plus connues (longtemps publiées chez Marabout) vient donc à point nommé. Et ce sont les éditions Alma, dont le catalogue est depuis quelques temps très alléchant, qui ont lancé l’opération en partenariat avec Arnaud Huftier, professeur-chercheur à l’université de Valenciennes (dont il préside, en outre, les Presses Universitaires).



S. T. Triggs, surnommé Sigma, voire Sigma-Tau, n’est qu’auxiliaire de police (et de bureau surtout) à Londres quand il résout une première enquête sans être lié à l’affaire et uniquement avec sa logique et sa raison. Ces deux compétences essentielles vont être rudement mises à mal quand, apeuré par la vision d’un fantôme, il prend quelques jours et se retire à Ingersham, petite ville de campagne, où il va devoir déjouer le vrai du faux, mais surtout le réel du surnaturel. À ses côtés, nous découvrons tour à tour un maire très paternaliste avec ses concitoyens, un directeur des galeries du coin amoureux d’un de ses mannequins, un fonctionnaire passé maître en calligraphie et quantité d’autres femmes chez qui l’heure du thé et les rumeurs déclenchent forcément bon nombre de tracas… et de coups bas.

Dans ce récit republié dans sa version originale et intégrale de 1943, le lecteur trouvera un style très particulier. Tout d’abord, l’antithèse filée tout au long du roman entre la morosité poussée à l’extrême de cette paisible bourgade et les événements atroces qui y ont lieu dénote dès le départ. Ainsi, les événements vont se succéder d’une telle façon qu’on atteindra une violence insupportable vers les deux tiers du récit. De plus, et c’est surtout là l’intérêt de relire du Jean Ray aujourd’hui, son style descriptif croule sous les détails croustillants et imagés, allant toujours chercher l’anecdote qui fera d’une simple narration un moment très étrange à lire.

Bien sûr, ce roman est le reflet de son époque, pourtant il est intéressant de le redécouvrir et de voir qu’à nouveau le fantastique le plus simple et le plus réaliste qui soit est sûrement l’un des plus efficaces. Les créatures fantastiques sont absentes ? Peu importe, il suffit de s’imprégner longtemps et profondément d’un lieu, d’un paysage, d’une atmosphère, de ses voisins pour voir en chaque chose une part de fantastique, et pour le coup d’horreur. Dans cette cité aux apparences flegmatiques trompeuses, l’indicible peur fait naufrager n’importe quelle âme en proie à un quelconque remords.



Une bien belle découverte donc que ce roman de Jean Ray. Il y a une actualité très intéressante autour de cet auteur avec la réédition d’Alma, mais aussi l’adaptation des Contes du Whisky, sélectionnés par Xavier Mauméjean et réalisés par Étienne Vallès en récit radiophonique sur France Culture (Lionnel Astier fait partie du casting vocal). Bref, il y a encore neuf volumes, pour ma part, à découvrir, merci à Alma et Babelio via sa Masse Critique de m’avoir procuré celui-ci.

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Malpertuis
  18 avril 2016
Malpertuis de Jean Ray
Jean Ray ou le "père" de la littérature fantastique belge francophone. Malpertuis ou l'Histoire d'une maison fantastique parait en Belgique en 1943. C'est l'occupation allemande et les frontières fermées à la littérature française vont permettre enfin à Jean Ray de rencontrer le public belge.

Malpertuis ou l'Histoire d'une maison fantastique, avec un titre pareil comment de ne pas s'attendre à des évènements surprenants!. Comment et pourquoi l'oncle Cassave décide t' il de ne léguer sa fortune aux membres de sa famille à la condition qu' ils acceptent de rester vivre à Malpertuis tous ensemble. Le dernier survivant touchera le pactole! L’appât du gain,les difficultés économiques , toutes ces raisons vont les convaincre de signer ....

Commence alors pour eux une vie alternant périodes de calme relatif et périodes où surviennent des phénomènes de plus en plus bizarres , des lumières qui s'éteignent toutes seules, des bruits de pas, des sensations de froid , de terreur qui vous assaillent... Nous sommes de plain pied dans Malpertuis avec Jean Jacques Grandsire ,le neveu de Cassave, dont le récit constitue le noyau principal de ce roman mais il n'est pas le seul narrateur ,ils sont en fait quatre.Quatre narrateurs, quatre regards différents, quatre récits qui s'emboitent les uns dans les autres, quatre je devrais dire cinq si l'on ajoute celui qui a "récupéré" les manuscrits et décidé de les mettre en pages avant leur publication...

Après un début de lecture un peu "poussif", je me suis retrouvée piégée !! Lecture fantastique certes mais quel contenu! Mêlant tour à tour mythologie, lycanthropie, les Roses-Croix, Jean Ray ne se transforme t' il pas en grand manitou de ce monde de lumières et de ténèbres ? Comme beaucoup l'on écrit avant moi, l'univers de Jean Ray ne peut pas s'appréhender en une seule lecture ... affaire à suivre ....



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Malpertuis
  01 mars 2018
Malpertuis de Jean Ray
Un roman fantastique, dans tous les sens du terme...



Publié pour la première fois en 1943, ce livre se trouve être le seul véritable roman de Jean Ray, l'écrivain belge étant avant tout nouvelliste.



Depuis sa demeure dénommée Malpertuis, l'oncle Cassave, se sentant proche de mourir, convoque et réunit autour de lui tous les membres de sa famille. Il leur annonce que, pour pouvoir toucher l'héritage conséquent qu'il leur lègue, chacun devra emménager en sa demeure. Au-delà, seul le dernier survivant sera le bénéficiaire de la dite fortune...



Au fil des jours suivant sa mort, la maison s'emplit d'une ambiance étrange. Les lampes s'éteignent, les habitants disparaissent mystérieusement les uns après les autres, ou de manière brutale. Le principal protagoniste, qui nous narre son histoire, semble surtout raconter son inexorable aller sans retour vers la folie.



Sauf qu'il serait sans doute trop simple d'expliquer ce qui se passe dans les murs de Malpertuis par un accès de folie, à moins qu'ils soient tous devenus fous, à moins que la vérité soit ailleurs...



Ce superbe roman est multiple : gothique, policier, d'aventure, mystique... L'écriture de Jean Ray est unique, à la fois riche et savante, sans être lourde ni indigeste.

Il faut se laisser perdre sur presque la totalité du livre pour finir ébloui par une fin surprenante, qui donne envie de le relire pour mieux apprécier encore cette intrigue incroyable.



Un petit bonheur....



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Harry Dickson - Librio, tome 10 : Les illus..
  25 juin 2020
Harry Dickson - Librio, tome 10 : Les illustres fils du Zodiaque - Le vampire qui chante de Jean Ray
J'avais déjà lu je ne sais plus quand deux nouvelles de Harry Dickson par Jean Ray, et je n'en avais pas gardé de mauvais souvenir, à l'inverse de mon conjoint qui me répétait que c'était creux, inintéressant, mal fichu. Et depuis le temps que j'entendais chanter les louanges de Jean Ray, notamment à propos de Malpertuis, ou encore des Contes du whisky, je ne pouvais croire que les aventures de Harry Dickson fussent aussi mauvaises que ça.... Hélas, trois fois hélas !





Est-ce dû au fait que Harry Dickson ne soit pas une invention de Jean Ray lui-même, mais une série qu'il fut chargé de traduire du néerlandais, et qu'il jugea si mal écrite qu'il la retoucha d'abord, puis la réécrivit carrément au fur des années ? Était-ce pour Jean Ray un travail purement alimentaire ?





Toujours est-il que les deux nouvelles ici présentes m'ont plongée dans un forme de consternation. Pour ce qui est des Illustres Fils du Zodiaque, je serais incapable d'en retirer la moindre qualité, y compris la plus conventionnelle du genre. Une vague histoire de société secrète criminelle à laquelle, oui, peut-être, on croit au début, mais qui est si mal fagotée qu'elle perd bien vite tout intérêt. Non seulement on voit venir de loin certaines astuces de Jean Ray, mais on ne comprend pas bien non plus ce que le détective recherche, courant sur les toits à la moindre occasion tout en faisant preuve d'une désinvolture, d'une naïveté et d'une absence de méthode étonnantes pour celui qu'on surnomme "le Sherlock Holmes américain". Et le lecteur de s'ennuyer à voir Harry Dicson "se fier à sa bonne étoile" (à croire que c'est une méthode d'enquête).





Le Vampire qui chante pouvait laisser espérer mieux, avec son histoire mystérieuse de meurtres visiblement liés les uns aux autres au sein d'une petite commune, avec à chaque fois pour point d'orgue le chant étrangement mélodieux d'une créature insaisissable. Ça peut faire penser, par exemple, à Sleepy Hollow de Tim Burton (mais non pas à la nouvelle de Wahington Irving). En moins bien. Seulement, une fois qu'on a le mot de la fin, ça fait surtout penser que Jean Ray s'est allègrement servi dans les œuvres de Gaston Leroux : on a là un mélange bien dosé du Fantôme de l'Opéra et du Fauteuil hanté, romans écrits bien avant la nouvelle de Jean Ray. Hélas, trois fois hélas !





J'espère de toutes mes forces que Malpertuis, lorsque je m'y mettrai, ne me réservera pas de telles déconvenues...
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Derniers contes de Canterbury
  31 octobre 2017
Derniers contes de Canterbury de Jean Ray
La nomination à la masse critique spéciale “Mauvais genre” – la défunte “Imaginaire”, que j’aimais beaucoup –, m’a permis de pouvoir lire un recueil de nouvelles d’un auteur que j’apprécie tout particulièrement : Jean Ray. C’est une chance d’avoir pu être sélectionnée et je remercie Babelio ainsi que les Éditions Alma. Je les remercie même plutôt deux fois qu’une, car cette maison d’Éditions dépoussière les textes de Jean Ray – cet écrivain talentueux.



Si pour beaucoup Howard Philips Lovecraft est un Maître du Fantastique, en ce qui me concerne, je lui préfère le génial belge Jean Ray. J’adore ses rythmiques tournures de phrases, son univers et un parfois humour noir que j’ai pu lire à travers « Le carrousel des malices » – qui sera réédité par Alma.



« Les derniers contes de Canterbury » sont un hommage à Geoffrey Chaucer. Il reprend les protagonistes de l’ouvrage « Les contes de Canterbury » parut au XIVe Siècle. Jean Ray ne s’arrête pas là, puisqu’il honore également « Le Chat Murr » qui est une œuvre de Ernst Thedor Amadeus Hoffmann. Le félin intervient régulièrement.



Le présent ouvrage regroupe près d’une quarantaine de textes de qualité inégale, mais tous, ou presque, sont du genre Fantastique. Et quoi de mieux qu’en cette période Halloween que se retrouver autour d’une tablée et des fantômes comme convives. Chacun raconte à sa manière un événement tragique. Parfois léger, sombre, glauque ou bien humoristique, ces textes sont agréables à lire, bien que quelques récits puissent être perçus comme désuet dans la forme.

L’ordre de lecture est bien pensé. Nous partons d’un restaurant digne d’un « Rituel de chair » – qui aurait pu être plus développé –, en passant par quelques bourreaux, des marins, pour terminer par des Démons. En bonus, nous avons même le droit à d’autres récits – intitulé “… Et autres textes” – dont l’excellent « Le démon d’Highbottam ».

Parmi ces savoureuses lectures, j’ai beaucoup aimé « La terreur rose » dont on peut admirer la prose magnifique de Jean Ray et qui flirte avec la Science-Fiction. J’ai adoré la tendre histoire « La plus belle petite fille du monde », sombre et tragique. J’ai bien aimé aussi « Tyburn », très Fantastique. Autre récit que j’ai apprécié fut « Le chat assassiné », qui touchera bien évidemment tous les propriétaires de ce cher félin.



En définitive, j’ai apprécié de recueil particulier. Je pense qu’il faut avoir lu les deux ouvrages dont l’auteur s’est inspiré, pour mieux le savourer et le comprendre. Ce sont de bons récits noirs et Fantastiques, parfait pour se divertir. Je suis d’accord avec Arnaud Huftier qui nous parle du talent de l’écrivain en postface. Je l’ai trouvé un ton en dessous « Le carrousel des malices ». Mais j’aime la plume de Jean Ray.
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Les contes du whisky
  08 janvier 2014
Les contes du whisky de Jean Ray
Vous êtes marin, rôdeur, mendiant, voleur, assassin ou prostituée. Vous vivez dans une masure délabrée, un immeuble décrépi ou dormez dans le ruisseau. Vous mangez du pain sec et buvez du bouillon auprès d’un maigre feu. Dehors, l’air est glacé et nauséabond, les rues sont désertées. En tendant l’oreille, vous pouvez entendre les chiens errants gratter aux portes, les miséreux râler dans leur fange, les catins alpaguer leur clientèle et les fantômes dériver doucement dans le fog londonien. Alors pour lutter contre la terreur nocturne et la détresse, il ne vous reste qu’une solution : le whisky, le bon whisky pourvoyeur de rêves et repousseur de cauchemars, le merveilleux whisky plus doux que les mains d’une femme et plus doré que l’or, le chaleureux whisky qui rapproche les hommes et les fait se sentir moins seuls et moins misérables…



Bien sûr, le sixième verre bu, vous risquez alors de voir d’étranges choses : des mains squelettiques ramper sur les trottoirs, une araignée monstrueuse sortir du bureau d’un prêteur à gages, des morts grimaçants surgir de leurs tombes pour se rincer le gosier et d’autres phénomènes tout aussi troublants. Mais la vie n’est-elle pas elle-même une curieuse affaire ? Et puis à quoi bon tout cela… Allons, barman, sers-moi un autre verre !



Avis aux amateurs de Jack l’Eventreur et autres ténébreuses légendes urbaines : voici un petit recueil de nouvelles qui devrait tout à fait vous séduire ! Ecrit dans le style si particulier de Jean Ray, alliant lyrisme tourmenté et réalité crasse, il vous plongera dans une Angleterre populaire du XIXe siècle agréablement surréaliste. Très brefs et souvent énigmatiques, ces « contes du whisky » oscillent souvent entre réalisme et fantastique, la plupart de leurs narrateurs étant ivres mort, ce qui rend leurs témoignages peu dignes de foi. Le tout donne un recueil fort plaisant à lire, mais un peu trop répétitif à mon goût, bien que quelques très jolies nouvelles se détachent du lot, comme « Petite femme aimée au parfum de verveine » ou « Le nom du bateau ». Afin d’éviter un sentiment de satiété trop rapide, je ne peux que conseiller aux futurs lecteurs d’y piocher un récit de temps en temps, au gré de leur fantaisie, plutôt que de lire l’ouvrage en une seule fois : leur lecture n’en sera que plus agréable.
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Malpertuis
  07 juillet 2012
Malpertuis de Jean Ray
Jean Ray est un grand maître du fantastique. Avec son style inimitable, il n'avait pas son pareil pour planter des ambiances ambigues, à la frontière du rêve, du mystère, de l'horreur, du grotesque, du sordide. Ses récits sont teintés par la lumière des pays riverains de la mer du nord.



Avec Malpertuis, il quitte le domaine des courtes nouvelles où il excelle pour aborder un récit plus long et une construction ambitieuse. Une histoire s'étendant sur plusieurs décennies, plusieurs narrateurs, parfois homonymes - ce qui peut rendre le récit difficile à suivre - de très nombreux thèmes, ésotériques ou mythologiques, et une explication, donnée en toute fin de livre, qui permet d'éclairer le récit sur ce qu'on n'a pas deviné.



Rien de tout cela ne nuit à l'ambiance forte et particulière du livre, inquiétante et mystérieuse. Malpertuis est considéré comme le chef d'oeuvre de Jean Ray, sans doute à cause de sa longueur, mais mon faible pour les contes du whisky demeure aussi fort.
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Les contes du whisky
  31 juillet 2012
Les contes du whisky de Jean Ray
Ces histoires très courtes se déroulent toutes à Londres, et mettent en scène marins, vagabonds, voleurs, assassins, prostituées, prêteurs sur gage, tout un monde de misère et d'ivrognerie, de déchéance sociale et de crime, baigné par la lumière de Dickens. Ces histoires sont drôles, cruelles, effrayantes, d'une féroce ironie, et quelque fois même optimistes, tout ça d'une manière évocatrice plus que crue, dans le style imagé inimitable de Ray.



Le fantastique et l'horreur en baignent quelques unes, mais on reste souvent à la frontière du surnaturel. Le personnage principal et narrateur de nombre de ces contes est en effet souvent ivre, ce qui laisse au lecteur la liberté d'interpréter ses expériences. Le whisky, souvent consommé sans modération, est en effet le fil rouge de ces contes, et leur donne leur unité, avec un certain nombre de personnages récurrents.



Un recueil savoureux, inimitable, à picorer. Pour moi le meilleur de Jean Ray.
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