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EAN : 9782259277587
320 pages
Éditeur : Plon (24/10/2019)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Les Molina n’ont pas le droit de sortir, de se laver, de se changer, de se parfumer et encore moins de travailler… pendant sept jours, comme le veut la tradition.
Ils sont en deuil de leur mère Louise.
Adam Molina, 40 ans, le plus jeune des quatre enfants, avait prévu de repartir le lendemain de l’enterrement. Mais devant la pression de son père et de son frère aîné Henri, il est contraint de rester. D’autant plus qu’il a une mission, la dernière volon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
NigraFolia
  10 avril 2020
C'est un roman touchant. Sur le fond, qu'elle soit juive ou non, la perte d'une mère est toujours un effondrement, la remise en cause de l'équilibre familial et personnel. On est tous un peu Adam, Lucie, Henri ou Suzanne. C'est une étape de vie logique mais bouleversante.
L'idée d'une fratrie hier encore tenue par Ima, aujourd'hui bousculée par le Roi David, le père perdu, secoué, déboussolé est parfaite, bien qu'elle me soit parfaitement étrangère. Patrice esquisse une famille, aimante mais aussi violente, émue, perdue.
L'après ne sera plus jamais semblable à la veille.
Patrice tient ce point. Il écrit de manière juste et ouvre des sourires. Il sait teinter ses personnages de drôlerie et tendresse.
Côté personnages, je retiens :
- Adam le cadet de la famille, est singulier. Une position qui met inconnue et pourtant on se projette avec une belle dose d'empathie pour celui qui semble être le plus fragile. C'est à la fois, le protégé et la victime. Son carnet de bord le rend singulier dans cette famille où la tradition est importante. La connaissance d'Adam des rites et coutumes est si ténue, qu'il devient un agréable compagnon qui guide le lecteur goy.
- Lucie est pour moi définit dans le chapitre 10. Avec Ima, elle a perdu plus qu'une mère. Et j'avoue qu'étant donné la dernière volonté d'Ima, j'attends beaucoup de ce personnage.
- Suzie est un parfait personnage. Elle se met en quatre pour la famille qui l'a accueilli mais qui n'hésite pourtant pas à lui rappeler l'étrangère qu'elle est et restera.
Reste sur le fond, la surprise la religion et son importance. Moi qui ait été élevé dans un fondement républicain, à travers une éduction certes d'origine plutôt catho, mais n'ayant comme repère qu'une lecture tardive de l'Ancien et du Nouveau testament, comme celle du Coran et une chapelle, parce qu'elle avait terrain pour faire du patin à roulettes, il ressort à mes yeux un côté désuet qui ressemble à première vue à de l'auto-flagellation. Oui, la Shiva me parait too-much. Et je vois au premier abord, une religion lourde et contraignante.
En revanche, arrivé au terme du second jour, je m'aperçois que c'est également une manière de faire son deuil à plusieurs, de partager sa peine. Alors se crée l'ouverture. J'apprends cette culture et surtout le pourquoi de ses rites en période de deuil . Confrontation ou support ? J'hésite.
Ce livre raisonne en moi. Moi, le goy, fils unique, je me projette dans cette famille car on y trouve tous une part de soi.
Heureusement pour ne pas verser dans la pathos, Patrice amène de la légèreté avec la mission de la fratrie. Trouver un mari à Lucie. Il offre aussi ce qu'il faut de tension. Car avec les morts surgissent les secrets de famille.
Sur la forme, c'est fluide, équilibré avec ce qu'il faut de dialogues, d'humour et d'introspection.
Cette lecture se révèle un excellent choix. le mien fut simple. Résumé à une partie par jour pour laisser le temps à l'ouvrage qui en contient huit de s'étirer, de se livrer et d'en profiter. Va savoir pourquoi. Pour ne pas sombrer dans le souvenir ? Pour faire durer ce moment où la mémoire se fait agréable ?
Une mère juive ne meurt jamais est pétri d'humanité. J'aime les colères du roi David, les doutes et les joies. le deuil, ce moment où le voile se déchire, où la famille s'affronte ou se retrouve pour rester en vie. Ce passage naturel, évident, que nous abordons tous d'une manière qui nous est propre.
Et quand il s'agit d'une mère, c'est encore plus frappant. Oui, une mère ne meurt jamais tout à fait. Heureusement. Pour finir, merci à mon amie Ophélie d'avoir eu cette belle idée et à Patrice d'avoir été la victime de cette lecture.
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mallaurylit
  06 février 2020
Cher Patrice,
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Ton roman, cela fait plusieurs jours que je tourne, et retourne, cherchant, effaçant les lignes, recommençant encore, réfléchissant à la meilleure façon de tout te dire, ce que j'en ai pensé, ce que j'y ai ressenti, hésitant un peu, craignant de ne pas tout retranscrire, de passer à côté du plus important, cherchant la meilleure expression, celle qui saura traduire toutes ces émotions par lesquelles je suis passée…
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Un bonheur de lecture, ce sont les premiers mots qui me viennent…Tendre, joyeux, loufoque parfois, avec des airs de comédie à l'italienne, avec ses excès, ses drames, ses rires, ses chagrins, son exubérance .
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L'essentiel de ton livre, ce sont tous ces personnages, cette famille dans laquelle on retrouve un peu de la nôtre, avec ces rapports compliqués, ces souvenirs qui nous rattachent les uns aux autres, ce lien dont on voudrait parfois se défaire, mais qui se révèle indéfectible.
.
Dans la famille Molina, il y a ces codes à respecter, ces expressions qui leurs sont propres, cette communication particulière où derrière les mots prononcés il y a plus que ce qui est dit. Dans tout ce que l'on vit avec eux, ce qui prédomine, c'est l'amour, celui que chacun porte à l'autre, cette tendresse qui se dissimule derrière chaque attention, chaque geste, chaque regard, cette connaissance intuitive et absolue de l'autre qui fait que rien ne peut longtemps rester ignoré.
.
J'ai dévoré les pages de ton récit, alternant entre le rire et l'émotion, et ces sept jours chez les Molina, je ne les ai pas vu passer. Je me suis sentie rapidement à ma place parmi eux, et j'ai eu beaucoup de mal à les laisser partir. Et je me demande, si jamais tu étais d'accord, s'il ne serait pas possible de les retrouver encore un peu, parce que tu sais si bien me les raconter...
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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livrement_ka
  04 mars 2020
Plantons le décor : une famille juive pratiquante comprenant la parents, David et Louise et leurs quatre enfants : Henry, Suzanne, Lucie et Adam, le narrateur.
Cette famille est touchée par le deuil de Louise, cette mère de famille qui semblait être le pilier de tout ce petit monde.
Et quand on vit un deuil dans la religion juive, on doit respecter la tradition : à savoir un deuil de sept jours avec de nombreuses interdictions.
Sauf que voilà : Adam est acteur et il est impensable de s'absenter aussi longtemps des planches.
Oui mais tout cela est sans compter la pression qu'il subit. Ne pas décevoir sa mère, ni son père. Puis le voilà mis dans la confidence par son frère de la dernière volonté de sa mère sur son lit de mort.



Un roman qui mêle de nombreux sentiments : l'amour, la trahison, le pardon, l'acceptation...; Tous les personnages ont leur propre personnalité et c'est ce qui permet de nous retrouver face à une famille aussi explosive que pleine de tendresse.
L'auteur va nous plonger dans une ambiance assez particulière où les fêtes et autres traditions juives, qui m'étaient jusque là pour la plupart inconnues, sont légions et surtout incontournables.
Mais il va également mettre cette famille dans une situation d'inconfort face à la découverte d'un secret qui va apporter de nombreuses réflexions et discussions entre tous les membres.
Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une histoire vraie, néanmoins de nombreuses scènes semblent avoir été inspirées de faits réels. alors peut être me trompe-je mais cela semble tellement réaliste et vécu que c'est 'impression que j'en ai.
Les sentiments et émotions sont vraiment bien décrits et semblent exacerbés à cause de cette ambiance oppressante de ce huis clos "obligé" par la religion en pareil cas.
Le trait d'humour discret mais bien présent apporte une certaine légèreté au récit.
Et le titre résume tellement la situation : cette maman qui continue de vivre malgré son décès; elle continue de vivre et d'avoir une certaine influence sur l'ensemble des membres de sa famille. Même si ces derniers éprouvent une certaine réserve pour certaines traditions, le souvenir de cette mère aimante les renvoie face à leurs "responsabilités" et surtout à leur respect pour elle.
Difficile d'exprimer par écrit les sentiments ressentis lors de la lecture de cette histoire tellement touchante. On se plait et se complaît dans cette famille dans laquelle les réactions quelques fois dures sont au final compréhensives et surtout sans aucune méchanceté profonde.
La construction du livre est intéressante puisqu'elle présente chaque jour post décès : sept jours décryptés, décortiqués pour le plus grand bonheur des lecteurs.

**************************

Mon ressenti : J'ai apprécié la fraîcheur de cette famille malgré leur vie de ces sept jours en vase clos.
Le petit plus : La richesse de chacun des personnages et surtout la présentation d'une religion méconnue de beaucoup.
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DelphineDeLivresEtDEauFraiche
  28 février 2020
Il existe des récits fictifs qui sentent le vécu. Il s'en dégage alors des émotions toutes particulières car empreintes d'une grande justesse.
C'est le cas ici, avec une Mère Juive ne Meurt Jamais, roman écrit à la première personne.
On va suivre les 7 jours de deuil de Adam Molina et sa famille, en huit clos, comme le veut la religion juive.
Comme le dit l'un des personnages, certains vivent un deuil, retournent travailler 3 jours après et sont en dépression dans les semaines qui suivent.
Alors ici, la famille endeuillée prend son temps.
Ce sont 7 jours pour que chacun puisse se recueillir, regretter, vivre sa souffrance et l'accepter, pour finalement doucement tourner la page.
Ne croyez pas pour autant que ce roman va vous miner le moral et que vous en ressortirez le coeur lourd, ce n'est pas du tout la cas!
Enfermez une famille d'adultes pendant 7 jours et vous verrez que cela ne va pas être de toute tranquillité.
Entre les non-dits, les secrets et les rancoeurs, mais aussi les souvenirs d'enfance et la complicité innée, les membres de cette famille vont vivre un joyeux bordel de sentiments.
Et c'est là le talent de l'auteur : savoir aborder un sujet aussi douloureux et en faire un moment de tendresse, en y apportant aussi du rire par le biais de situations cocasses.
Le récit est rondement mené, alliant avec justesse ces moments de tensions et de fragilité et ceux où la vie reprend ses droits, malgré tout.
Le gros point fort de cette histoire réside aussi et surtout dans ses personnages. Ils sont loufoques, plein de défauts et follement excessifs mais se portent un amour pudique véritablement touchant.
Aux amateurs de récit de vie tendre et désarmant , n'attendez plus pour ouvrir ce livre !
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QuandOpheLit
  13 mai 2020
Chronique d'un roman tout en tendresse
Les Molina n'ont pas le droit de sortir, de se laver, de se changer, de se parfumer et encore moins de travailler, pendant sept jours, comme le veut la tradition.
Ils sont en deuil de leur mère Louise.
Adam Molina, 40 ans, le plus jeune des quatre enfants, avait prévu de repartir le lendemain de l'enterrement. Mais devant la pression de son père et de son frère aîné Henri, il est contraint de rester.
Ce roman m'avait fait de multiples clins d'oeil alors que je déambulais dans les allées des librairies, durant les vacances de Noël. Mais avec une PAL qui ressemblait (et qui ressemble encore) plus à une pyramide égyptienne qu'à une pile de taille raisonnable, j'avais reporté cet achat. Pourtant, j'ai craqué, j'ai été faible. C'est à l'occasion de la dernière édition du salon « Lire c'est libre » que j'ai rencontré Patrice Abbou et que j'ai succombé à la tentation.
Cette lecture a eu une saveur particulière. D'abord, elle m'a permis de découvrir une tradition de la religion juive, religion d'une partie de mes aïeus : Chive'a (les sept jours qui suivent une ihnumation). Ensuite, c'est une lecture que j'ai partagé avec mon ami Yannick du blog Nigrafolia . Une incursion en littérature blanche pour lui, un moyen de connaître un peu mieux mes racines pour moi. Pour nous deux, elle a été un moment d'échanges et de partage dans un arc-en-ciel d'émotions.
Après cette longue introduction il est temps de vous livrer mon avis.
Une mère juive ne meurt jamais est un huis-clos tendre et émouvant où l'humour apparait comme une arme pour surmonter le deuil. Au coeur de la famille Molina et de ses retrouvailles autour du dèces d' Ima , des « je t'aime moi non plus », des piques acerbes, des situations cocasses. Patrice Abbou a su mettre en scène une famille avec ses secrets, ses douleurs et ses cicatrices, sans jamais tomber dans le pathos. Bien au contraire. Il flotte un air de fraîcheur entre les pages de son roman et ce malgré le poids et la douleur que peut représenter la mort pour ceux qui restent.
Patrice nous interpelle aussi sur notre rapport à la foi et ce quelque soit notre religion. Quand nos parents ou notre naissance la choisissent pour nous, en conservons-nous la pratique par envie, par conviction, ou au contraire, avons nous besoin de nous en affranchir pour marquer notre singularité ou notre non adhésion à des préceptes qui nous semblent d'un autre temps ? Pour autant, croyant à plein temps ou quand cela nous arrange, il est vrai que bien souvent, face à l'adversité, une épreuve, un deuil, la religion devient une valeur refuge, que l'on en soit conscient ou non.
Chacun des personnages, fort de sa personnalité, a son importance. Aucun ne fait figure de second rôle car tous révèlent une partie de nous. La légèreté d'Adam, la rigidité d'Henri, les colères du Roi David et son incapacité à laisser le passé s'en aller, la bienveillance de Suzanne, l'attachement de Lucie pour les siens… Tous prennent corps et nous offrent une histoire attendrissante, qui se déguste comme un roudoudou, avec nostalgie et émotions.
Une mère juive ne meurt jamais est un roman tout en courbes douces et soyeuses. Un roman empli d'humanité, qui vous fera sourire, une larme perlant au coin de l'oeil…
Lien : https://quandophelit.com/202..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
nathavhnathavh   03 février 2020
L'amour de ma mère s'exprimait dans ses plats, celui de mon père dans la dégustation de ceux-ci. Il pouvait être dithyrambique sur un couscous, du "pain à la graisse" qu'Ima cuisinait quelquefois, sur les repas et les halots de shabbat... Il lui déclarait sa flamme, parfois accompagnée d'un geste, d'une furtive caresse. Louise en était tellement heureuse. C'était leur façon de s'aimer.
Aujourd'hui, l'entendre dire "chérie" m'émeut doublement. Quand ce vieux bonhomme, de surcroît mon père, le clame avec cette sincérité, cette innocence, je comprends combien il la chérissait.
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audeLOUISETROSSATaudeLOUISETROSSAT   01 janvier 2020
Pire, je m’aperçois que toutes les tombes alentour arborent des croix. J’enlève discrètement mon petit couvre-chef. La honte m’envahit. J’ai quarante ans, ma mère vient de mourir, et j’ai raté son enterrement."
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nathavhnathavh   03 février 2020
A ses yeux, aucun homme n'est assez "parfait" pour réussir à la charmer, à la cerner, à la canaliser, elle qui refuse d'aimer, par peur de ne pas l'être.
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nathavhnathavh   03 février 2020
Nous ne sommes pas en période de fêtes mais le wagon déborde d'enfants qui braillent à la vie. Moi , j'ai envie d'hurler à la mort.
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nathavhnathavh   03 février 2020
Une mère disparaît, un père semble redevenir un enfant. Combien la mort bouleverse la hiérarchie des familles.
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