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ISBN : 2867468396
Éditeur : Liana Lévi (03/10/2016)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.6/5 (sur 915 notes)
Résumé :
Au centre, l'héroïne: jeune Sarde étrange "aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses". Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie... A l'arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une touche d'une extraordinaire finesse: le mari, épousé par raison pendant la Seconde Guerre, sensuel taciturne à jamais mal connu; le Rescapé, brève rencontre sur le Continent, à l'empreinte indélébile; le fils, inespéré, et futur pianis... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (154) Voir plus Ajouter une critique
Tempuslegendae
12 mars 2013
Je viens de tourner cent vingt pages d'un délicieux récit cousu dans l'élégance.
«Mal de pierres» ressemble davantage à un conte, une histoire chuchotée, magnifiquement troublante, qu'à un de ces romans tonitruants qui laissent essoufflés. En Sardaigne, dans ces austères années 1930, une jeune femme trop belle aime l'amour et en attend tout. Tant et si bien que, la trentaine venue, elle doit renoncer à ses rêves pour, raisonnablement, épouser un veuf à qui elle ne donnera pas d'enfant, en raison de son mal de pierres. Mal qui la fait d'ailleurs tant souffrir qu'elle part en cure. Elle y rencontre le Rescapé, un homme cassé, meurtri dans son âme et dans son corps. L'amour jaillit, grandiose, et Milena Agus décrit en mots, en phrases furtives, en effleurements provocants, ce doux danger de l'amour fou.
Il se dégage de ce récit une poésie profonde, digne de ce nom, une sensualité pleine de bonheur. Une centaine de pages suffiront pour comprendre d'où nait le simple désir d'enfant, et comment l'amour conçoit cette envie parfois hors la chair. Et l'on referme presque à regret ce petit opus tellement léger, tellement lourd en sentiments, qui fourmille de personnages et s'appuie sur ces ineffables et complexes liens entre les êtres et les choses qui peuvent rendre un roman si vrai.
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marina53
07 mars 2017
Sardaigne, années 40. À 30 ans, elle n'était toujours pas mariée. Non pas que les soupirants manquaient à l'appel, bien au contraire. Mais la plupart espaçait leur rendez-vous avant de disparaître. Aussi, lorsqu'en mai 1943, se présenta cet homme de plus de quarante ans, récemment veuf et travaillant aux salines de Casteddu, elle n'eut d'autre choix que de l'épouser, poussée par ses parents. Et ce, malgré le peu d'amour qu'il y avait entre eux. Lui fréquentait régulièrement les maisons closes. Aussi, afin d'économiser un peu son argent, elle lui proposa de faire les prestations. Malheureusement, quelques années plus tard, des coliques néphrétiques la firent souffrir atrocement, mettant à mal toute grossesse. Une souffrance telle qu'en 1950, les médecins lui prescrivirent une cure sur le Continent. C'est là qu'elle rencontrera le Rescapé...
La narratrice de ce roman n'est autre que la petite-fille à qui cette femme racontera, des années plus tard, son passé. La guerre, l'histoire de la Sardaigne et de l'Italie, son mariage, son mal de pierres et sa rencontre avec le Rescapé. Un mal de pierres qui s'apparente, certes, aux calculs rénaux mais aussi au sens plus large, au manque d'amour, au manque d'être aimé. L'on ressent aussitôt chez cette femme une certaine fragilité, certains pensaient qu'elle était folle. Au coeur de la Sardaigne, sous un soleil plombant, Milena Agus nous offre une histoire d'une grande sensualité, un roman empli de tendresse et de poésie, élégant et étonnant de par cette fin inattendue. Par le biais de cette petite-fille qui déroule petit à petit la vie de sa grand-mère, l'on découvre combien cette histoire d'amour, brève mais intense, aura compté pour elle. L'auteur dépeint une femme à la fois forte et fragile, complexe, lumineuse, plus que jamais libre et aimant l'Amour. Un petit roman émouvant servi par une écriture sobre et poétique.
À noter que ce roman a été adapté pour le cinéma par Nicole Garcia avec Marion Cotillard et Louis Garrel.
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latina
28 juin 2016
Milena Agus écrit pour raconter « la vie, pitoyable et comique, misérable et merveilleuse, sans mièvrerie et avec ironie »
C'est exactement de cela qu'il s'agit dans ce « Mal de pierres ».
La narratrice parle de sa grand-mère, la fantasque, celle qui souffre d'une étrange maladie : elle n'arrive pas à être aimée, alors qu'elle est si belle, si sensuelle, et elle en souffre. Elle se taillade les bras, s'arrache les cheveux, s'enferme dans le poulailler. Elle refuse d'être comme les autres, de réagir comme ces femmes de Sardaigne de l'après-guerre qui acceptent leur sort. Elle veut vivre, aimer, être aimée. Elle écrit des lettres enflammées à ces hommes qu'elle croise et à qui elle fait peur.
Elle se mariera à un homme qu'elle n'aime pas et qui ne l'aime pas (dit-elle) mais pour qui elle effectuera des « prestations sexuelles » telles que faisaient pour lui les prostituées d'une maison close qu'il fréquentait assidûment. Ainsi, au moins, il épargnera son argent pour acheter son tabac...
Mais cette maladie de manque d'amour n'est pas la seule maladie dont elle souffre ; son mal de pierres lui arrache des larmes et lui cisaille les reins. « Grâce » à ces impitoyables pierres aux reins, elle effectuera une cure sur « le Continent » où elle rencontrera enfin l'amour, dont peut-être son enfant est le fruit.
Enfin...c'est ce que la narratrice pense. C'est ce qu'elle a peut-être inventé. Car celle-ci aime écrire et chacun sait qu'écrire, c'est mêler le réel au fantasme...
Fraicheur, humour, pathétique se mêlent dans la narration d'une vie, ou plutôt d'une famille à travers une femme.
Mais la vie d'une Sardaigne d'après 40-45 grouille aussi dans ces pages. Ces maisons, ces rues, ces voisines qui épient, cette cuisine, ces travaux ménagers. Ces hommes qui rentrent du travail, s'asseyent et fument.
La mer, toujours là, si proche et si lointaine, calme et bleue.
La musique aussi, dite « classique », où se noient plusieurs personnages.
Poids des traditions et révolte à travers la folie ou du moins ce que les autres appellent la folie.
Milena Agus sème le doute et récolte la tendresse.
Une tendresse qui reste, longtemps après que la dernière page se soit refermée.
Oui, je souris en écrivant ces lignes.
L'auteure a donc bien réussi à atteindre son but...
« La vie, pitoyable et merveilleuse, racontée sans mièvrerie et avec ironie ». Exactement.
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gouelan
19 avril 2015
Une jeune femme en Sardaigne, avant la guerre, attend désespérément l'amour. Elle est belle, mais fantasque, voir dérangée. Elle écrit dans un petit carnet, en cachette. Elle y glisse ses rêves, elle laisse toute la liberté à son imagination.
Sa petite-fille, la narratrice, très attachée à sa grand-mère, va récolter ses souvenirs de jeunesse.
Mais, sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-il ?
Cette femme, pas si folle qu'on le croit, pour qui l'amour doit être magique, va apporter à sa vie routinière et insatisfaisante le brin de folie qui lui manque. Il faut bien faire passer ce mal de pierres ; ce mal d'amour, transformer la réalité, la faire passer du médiocre, du misérable, au merveilleux.
On se plonge avec plaisir dans ce décor de Sardaigne, dans cette histoire surprenante, sensuelle, poétique et magique. Petit livre qui nous invite à flâner au fil de pages, à savourer. Si on se presse, on pourrait ne pas saisir tout le sens et la magie qui se dégagent. Malgré tout, on est bien surpris à la fin.
Non , elle n'est pas dérangée, elle met juste un peu de musique dans cette vie trop bien rangée à son goût.
« Il ne faut pas introduire de l'ordre dans les choses mais seconder la confusion universelle et lui jouer de la musique. »
« Car au fond, en amour, il s'agit peut-être au bout du compte de se fier à la magie, on ne peut pas dire qu'on puisse trouver une règle, quelque chose à suivre pour que tout se passe bien. »
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diablotin0
31 mai 2016
J'ai eu beaucoup d'émotions en lisant ce livre.
La narratrice raconte la vie de ses grands parents et particulièrement celle de sa grand mère qui est considérée comme une personne ayant un petit brin de folie.
La difficulté d'aimer et d'être aimé est au centre de ce petit livre teinté de mélancolie, de tristesse et parfois même quelques touches de cruauté.
Je me suis laissé embarquer par l'histoire d'amour entre la grand mère et le Rescapé... et ai été séduite tout simplement par ce petit voyage en Sardaigne.
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Citations & extraits (88) Voir plus Ajouter une citation
augureyaugurey28 novembre 2008
D'après maman en effet, dans une famille, le désordre doit s'emparer de quelqu'un parce que la vie est ainsi faite, un équilibre entre les deux, sinon le monde se sclérose et s'arrête. Si nos nuits sont sans cauchemars, si le mariage de papa et maman a toujours été sans nuages, sij'épouse mon premier amour, si nous ne connaissons pas d'accès de panique et ne tentons pas de nous suicider, de nous jeter dans une benne à ordures ou de nous mutiler, c'est grâce à grand-mère qui a payé pour nous tous. Dans chaque famille, il y a toujours quelqu'un qui paie son tribut pour que l'équilibre entre ordre et désordre soit respecté et que le monde ne s'arrête pas.
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antigoneCHantigoneCH20 janvier 2008
"Cette maison n'est pas restée vide, d'autant que nous venons ici, mon fiancé et moi, je pense toujours qu'elle garde l'énergie de grand-mère et que si nous faisons l'amour dans un lit de la rue Manno, dans cet endroit magique où l'on n'entend que la rumeur du port et le cri des mouettes, nous nous aimerons toujours. Car au fond, en amour, il s'agit peut-être au bout du compte de se fier à la magie, on ne peut pas dire qu'on puisse trouver une règle, quelque chose à suivre, pour que tout se passe bien, par exemple obéir à des commandements.

Et au lieu de faire le ménage, de lire les nouvelles sur la situation en Irak avec ces Américains dont on ne comprend pas s'ils sont une armée de libération ou d'occupation, j'ai écrit, sur le cahier que j'ai toujours sur moi, le récit de grand-mère, du Rescapé, de son père, de sa femme, de sa fille, de grand-père, de mes parents, des voisines de la rue Sulis, de mes grands-tantes paternelles et maternelles, de ma grand-mère Lila, de mesdemoiselles Doloretta et Fanni, de la musique, de Cagliari, de Gênes, de Milan, de Gavoi."



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mandarine43mandarine4326 mars 2011
[Incipit.]

Grand-mère connut le Rescapé à l'automne 1950. C'était la première fois qu'elle quittait Cagliari pour aller sur le Continent. Elle approchait des quarante ans sans enfants, car son mali de is perdas, le mal de pierres, avait interrompu toutes ses grossesses. On l'avait donc envoyée en cure thermale, dans son manteau droit et ses bottines à lacets, munie de la valise avec laquelle son mari, fuyant les bombardements, était arrivé dans leur village.

Elle s'était mariée sur le tard, en juin 1943, après les bombardements américains sur Cagliari, à une époque où une femme pas encore casée à trente ans était déjà presque vieille fille. Non qu'elle fût laide, ou qu'elle manquât de soupirants, au contraire. Mais un moment venait où les prétendants espaçaient leurs visites, puis disparaissaient de la circulation, toujours avant d'avoir demandé officiellement sa main à mon arrière-grand-père. Chère Mademoiselle, des raisons de force majeure m'empêchent ce mercredi, ainsi que le prochain, defai visita afustetti*, comme c'était mon vœu le plus cher, mais hélas irréalisable.

Ma grand-mère attendait alors le troisième mercredi, mais chaque fois se présentait une pipiedda, une fillette, qui lui apportait une lettre repoussant encore, et puis, plus rien.
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Cricri124Cricri12411 mars 2017
Il aimait sa mère, mais elle lui était étrangère et quand elle lui demandait comme ça s'était passé, il répondait: "normalement, m'man." Alors grand-mère lui disait que cela n'existait pas, normalement, que les choses étaient forcément d'une façon plutôt que d'une autre, on voyait qu'elle en faisait une maladie, qu'elle était jalouse quand après, attablés tous les trois avec grand-père, les choses du monde prenaient cette façon que grand-mère avait indiquée.
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ides60ides6027 octobre 2014
Le Rescapé avait une méchante valise, mais il était vêtu de façon distinguée et malgré sa jambe de bois et sa béquille, c'était un très bel homme. Après le dîner, de retour dans sa chambre, grand-mère se mit aussitôt au bureau pour le décrire avec précision, de sorte que si elle devait ne plus le croiser dans l'hôtel, elle ne risquât pas de l'oublier. Il était grand, il avait des yeux sombres et profonds, la peau douce, le cou fin, les bras forts et longs et de grandes mains d'une candeur enfantine, la bouche charnue et évidente malgré une barbe courte et légèrement frisée, le nez doucement arqué.
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