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Éditeur : (01/01/1900)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Un demi-siècle après une indépendance ratée, trois jeunes Algériens discutent sans tabou. Ahwawi, étoile montante de la chanson kabyle, et son complice Zar, étudiant en sciences, ont la tête pleine de projets. C’est compter sans un pays, le leur, qui décourage leurs fantasmes et leur brise les ailes. Quant à Zof, le berger, voilà bien longtemps qu’il a cessé de rêver.
Après avoir lutté en vain contre l’hydre à deux têtes – les militaires et les barbus –, Ahwa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
larubriquedolivia
  08 avril 2019
Au début, on découvre Ath Wadhou un petit village algérien d'un millier d'habitants qui se situe en Djurdjura. Les jeunes jouent au football, vont se baigner et fouillent dans la décharge en plus de pêcher et de chasser pour vendre à la sauvette, comme sur le bord des routes, à cause du chômage et de la pauvreté. Alors que ceux qui travaillent sont maçons, bûcherons, agriculteurs, bergers ou chevriers. Les femmes vont chercher de l'eau elles-mêmes en remplissant des jerrycans qu'elles doivent transporter sur leurs têtes quand elles n'ont pas d'âne pour le faire.

Trois amis parlent sans concession de leur pays en fumant du haschisch et en buvant du café. Ils aiment leur pays mais en sont très déçus, ils ne sont pas écoutés et ont soif de liberté. Zof est berger. Ahwawi joue de la mandole, il est connu régionalement et il écrit et interprète ses chansons, son inspiration il la puisse des ichewwiqen et des poèmes ancestraux. C'est plutôt un rêveur et un philosophe. Zar est titulaire du baccalauréat et est étudiant et chercheur à la faculté en sciences exactes, il est devenu athée contrairement à ses compagnons.

Mais Ahwawi et Zar ne se font plus d'illusions pour la jeunesse dans leur pays qui sape tout espoir d'avancées culturelles. Pour ces deux amis, c'est en Europe qu'ils pourront avoir un avenir et réaliser leurs rêves. Alors que Zof, attaché à sa patrie, est trop fier pour vouloir quitter son pays. C'est ainsi que les événements les poussent à choisir l'exil et à faire appel au Caporal, le magicien de l'émigration.

D'autre part, j'ai aimé la poésie dans le récit et découvrir des expressions kabyles comme celle-ci : Comme dirait le chacal dans un célèbre adage kabyle, si l'automne pouvait durer deux saisons, le printemps deux ans, l'hiver et l'été deux jours seulement ! et j'ai énormément apprécié l'humour noir en particulier dans les dialogues entre les postulants au départ et le Caporal.

La plume de l'auteur, Karim Akouche, est engagée, mêlée de poésie. Ce roman d'actualités, écrit aussi avec vigueur, révèle la réalité d'une jeunesse suffocante poussée à l'exil. Cette citation, présente dans le livre, de Mouloud Feraoun, Journal 1955-1962 vous parlera peut-être : Pauvres montagnards, pauvres étudiants, pauvres gens, vos ennemis de demain seront pires que ceux d'hier.
Lien : http://larubriquedolivia.ove..
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Fares1701
  02 avril 2019
Tout le monde analyse ce qui se passe en Algérie, des journalistes, des observateurs, des politiciens… C'est difficile de s'y retrouver tellement les commentaires sont empreints d'émotions et de clichés quand ils ne sont pas approximatifs ou carrément faux. Cela est dû à la maladie de notre époque, l'urgence, car le temps médiatique et le temps historique ne sont pas liés.
Pour savoir ce qui cloche dans ce pays et pour bien en analyser la situation politique, il faut se plonger dans les oeuvres des écrivains dont la plume a fréquenté le peuple et sa mémoire. Parce que, eux, ils arrivent à tenir la distance nécessaire et le ton juste pour aborder des sujets complexes. Karim Akouche en est un exemple : ses romans La religion de ma mère et Allah au pays des enfants perdus, que j'ai lus avec grand plaisir, ont su montrer les failles de l'Algérie et la cruelle dépossession de son peuple. En effet, les Algériens sont dépossédés de tout, de leur histoire, mémoire, loisir, amour, rêve…
En me lançant dans la lecture des oeuvres de Karim Akouche, j'ai pris goût à l'aventure des héros. Je me suis accroché vite au récit, et dès que j'en finissais un chapitre j'avais qu'une envie c'est de lire le suivant pour connaitre la suite de « l'aventure », je dis bien aventure car ce n'est pas seulement un livre sur un pays, son peuple et ses modes, c'est un délice à lire et à relire.
Karim Akouche, avec sa plume de poète révolté, donne une vision claire et sans concession de son pays natal et défonce les barricades et les tabous (sexualité, frustration, intégriste…) Boualem Sansal a raison de dire de Karim Akouche qu'il a « du courage, mais aussi du talent ».
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celinezug
  10 juillet 2018
Intelligence, pertinence et écriture soignée sont autant de qualité de ces chroniques réunies dans ce livre. L'auteur force le respect par son engagement et son courage.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Fares1701Fares1701   02 avril 2019
— Fuir est une nécessité, mon ami. Nous n’avons les pieds que pour errer et les mains que pour porter nos valises. Nous ne sommes ni lâches ni braves... Ce pays est grand par son histoire, mais tristement petit par sa mémoire. Il cherche sa voie et risque de mettre des siècles à la trouver... Il n’a pas besoin de nous pour se construire... Ce pays nous a reniés. Qu’on l’oublie!
— La faute n’incombe pas à ce pauvre pays, mais à ses dirigeants. Baignant dans le pétrole, ils s’amusent à pisser sur le peuple.
Ahwawi pose sa main sur l’épaule de Zar et lui dit, des trémolos dans la voix:
— Ils nous ont empêchés de rêver...
Zar serre avec a ection le bras de son ami et lui répond, le torse bombé:
— Nous, nous les empêcherons de dormir.
— Avec quoi?
— La plus belle des revanches, c’est la réus-
site...
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larubriquedolivialarubriquedolivia   28 mars 2019
L’espoir, à Ath Wadhou, est un futile bruissement. Les jeunes, coutumiers des lendemains qui fuient, ne savent plus formuler un vœu. Les prières des anciens se révèlent creuses et les complaintes des femmes manquent de zèle pour dompter les infortunes quotidiennes. Les saints patrons ont pris la clef des champs, laissant le sort du village, et celui du pays, aux mains des fous et des faussaires…
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larubriquedolivialarubriquedolivia   08 avril 2019
Le Caporal fait pivoter son fauteuil en s'esclaffant. - Un chrétien pour les fêtes, un bouddhiste sur le papier, un musulman pour la foi !
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Fares1701Fares1701   02 avril 2019
Comment veux-tu que notre pays aille de l’avant quand décapiter quelqu’un ne choque presque personne, alors que tenir la main d’une jeune lle fait scandale?
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Fares1701Fares1701   02 avril 2019
Foutaises! L’Algérie est une partie de dominos. Le peuple en est le double blanc : quand bien même il participe au jeu, sa voix n’est jamais prise en compte.
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Videos de Karim Akouche (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Karim Akouche
« En France comme partout ailleurs, l'air est devenu irrespirable. Le débat d'idées est confus, il a besoin d’une remise en ordre et d’une cure de vérité. La dictature de l'émotion, de la vitesse et de la simplification doit céder sa place à la clarté, à la raison, à l'apaisement. » Partant de ce constat, le romancier et essayiste algérien Karim Akouche pousse un cri d'alarme. Un appel, qui brasse des thèmes tels l'islamisme et ses avatars ; la laïcité et ses ennemis ; les démons de la France et de l'Algérie ; l'ultra-consumérisme ; le règne du spectacle... En point d'orgue de cette anthologie, une lettre lue par des millions de personnes dans le monde : Lettre à un soldat d'Allah, adressée à un jeune homme conquis par l'idéologie djihadiste, que l'auteur questionne d'un « Tu » assassin. Les titres des autres chroniques annoncent la couleur : « Déchire ton niqab », « Les idiots utiles de l'islamisme », « Prêcheurs de haine, je vous emmerde », « L'Algérie arabe est une imposture », « Confidences à Camus », « Soutien à Kamel Daoud »...
Ce recueil sera adapté au Festival d’Avignon en juillet 2018.
Autre titre paru chez ECRITURE : "La Religion de ma mère" (ECRITURE, 2017)
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