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ISBN : 2365692060
Éditeur : Editions Les Escales (25/08/2016)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 120 notes)
Résumé :
Aaliya Saleh, 72 ans, les cheveux bleus, a toujours refusé les carcans imposés par la société libanaise. À l'ombre des murs anciens de son appartement, elle s'apprête pour son rituel préféré. Chaque année, le 1er janvier, après avoir allumé deux bougies pour Walter Benjamin, cette femme irrévérencieuse et un brin obsessionnelle commence à traduire en arabe l'une des œuvres de ses romanciers préférés : Kafka, Pessoa ou Nabokov.
À la fois refuge et " plaisir a... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (73) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
10 octobre 2016
En flânant en librairie, j'ai lu par hasard le quatrième de couverture du deuxième roman traduit de cet écrivain-peintre libanais... Comme vous pouvez le deviner aisément ce sont les thématiques qui ont capté mon intérêt, et fait me précipiter pour acquérir cet ouvrage , à la couverture
affriolante (un désordre coloré de livres empilés ! )
Un roman attachant, étonnant, prodigue en digressions, références littéraires. Cette fiction met en scène dans un Beyrouth en guerre, une septuagénaire célibataire, répudiée et divorcée depuis des lustres, qui vit seule ; jusqu'à sa retraite , son existence se déroulait entre son travail
de libraire, sa passion de la lecture, qui lui permet de voir écouler le temps avec plus de douceur...
Nous accompagnons Aalya Saleh, 72 ans, ancienne libraire, qui se retrouve à la retraite, vivant seule dans son appartement, où elle continue à suivre un rite immuable le 1er jour de chaque nouvelle année ; elle choisit un texte d'un écrivain qu'elle affectionne particulièrement (dont Sebald, Pessoa, Kafka qui ont une place de choix, dans son Panthéon personnel) pour en faire une traduction en arabe...Contradiction apparente: elle s'implique à chaque traduction mais se moque éperdument de se faire publier,ou connaître de quiconque !
Ce travail de traductrice , ses lectures nombreuses l'aident à trouver un sens à son quotidien, ou du moins adoucissent son existence, dans un Beyrouth en guerre... Aalya vit dans une sorte de bulle, où elle se sent de plus en plus loin des autres, en dehors de ses souvenirs heureux avec
son amie, Hannah, à part quelques visites en solitaire au musée national de Beyrouth, où le gardien lui manifeste une attention affectueuse...
Je parlais précédemment de digressions, car il est bien sûr question avant tout des livres, d'hommages multiples à la Littérature, à la lecture mais aussi au travail des plus complexes du traducteur...Mais moult autres sujets s'entrecroisent dans des mini-histoires imbriquées: Une histoire familiale difficile dans un pays , où même les mères préfèrent les fils aux filles,
la guerre, le temps qui passe, les effets paniquants du vieillissement, qui engrangent plus de solitude et d'isolement, lorsqu'en plus, en tant que femme on a vécu la majeure partie de son existence en dehors du parcours traditionnel d'une femme libanaise, qui se doit de se
marier et de faire des enfants !!
J'ai adoré ce roman, tout en éprouvant des émotions extrêmes: une sorte de jubilation de s'immerger dans l'univers "papivore" d'Aalya, accaparée par ses lectures, ses acquisitions, et ses choix de traduction, qu'elle range méticuleusement , une fois terminés , dans des cartons, avec le livre en langue originale. Dans un même temps, une sorte de forte mélancolie
d'une vie solitaire, en marge des autres vivants, en dehors de "ces vies de papier", qui l'habitent heureusement!!
"Je me suis depuis bien longtemps abandonnée au plaisir aveugle de l'écrit. La littérature est mon bac à sable. J'y joue, j'y construis mes forts et mes châteaux, j'y passe un temps merveilleux. C'est le monde à l'extérieur de mon bac à sable qui me pose problème.Je me suis adaptée avec docilité, quoique de manière non conventionnelle, au monde visible, afin de pouvoir me retirer sans grands désagréments dans mon monde intérieur de livres. Pour filer cette métamorphose sableuse, si la littérature est mon bac à sable, alors le monde réel est mon sablier- un sablier qui s'écoule grain par grain.
La littérature m'apporte la vie, et la vie me tue." (p. 15)
Un très fort moment de lecture dont je suis très heureuse , qui provoque ma curiosité à lire l'ouvrage précédent de cet écrivain libanais, "Hakawati", où l'écrit, le romanesque, l'art de raconter des histoires occupent de nouveau, de façon différente, une place primordiale...
Lien à voir : http://www.lemonde.fr/livres/article/2009/10/29/hakawati-de-rabih-alameddine_1260083_3260.html
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Archie
30 novembre 2016
Les vies de papier : un livre sur les livres. Mais pas que...
Un livre touffu, roboratif, que j'ai trouvé passionnant ; des digressions déroutantes, des réflexions avisées, des anecdotes cocasses ; au final, une histoire émouvante, mais qui ne plaira pas à tout le monde. Un roman pour les amateurs de littérature, une lecture qui exige de la patience.
La narratrice, Aaliya, soixante-douze ans, vit à Beyrouth depuis toujours, dans des conditions modestes. Elle vit seule dans un vieil appartement défraîchi.
Unique employée pendant cinquante ans d'une petite librairie, elle est entrée en littérature comme on entre dans les ordres. Elle a tenu entre ses mains des oeuvres d'écrivains du monde entier – certains dont je n'avais jamais entendu parler, d'autres dont je connaissais le nom mais dont je n'ai rien lu –. Aaliya n'a pas beaucoup vendu, mais elle a tout lu et elle en parle ; une érudite de la littérature...
Elle parle aussi de la vie quotidienne à Beyrouth, le Beyrouth des quartiers populaires, en état de guerre permanent depuis sa jeunesse : guerre civile, guerre de religion, guerre tout court, bombardements, attentats, décombres, cadavres, rues barrées, incendies, coupures d'eau et d'électricité, restrictions alimentaires... Continuer à vivre !
Elle parle de la vieillesse ; le corps qui se délite, les douleurs qui s'installent, les frustrations de l'enfance qui, en dépit du temps, laissent des cicatrices mal refermées ; les menaces de l'inattention – laquelle peut se traduire par une couleur de cheveux inhabituelle !... Elle parle de l'isolement, de la solitude, qui n'en est pas le remède, car elle conduit à s'exclure, à s'enfermer.
Mais quel est le sens de tout cela, me direz-vous ? On ne fait pas un roman passionnant avec des considérations cérébrales aussi démoralisantes !... Patience, vous ai-je dit !
Aaliya est un roman à elle seule. Elle est traductrice. Mais qui le sait ?... Aaliya travaille selon un rituel et des règles propres à elle, qu'elle s'impose sans atermoiement. Elle traduit en arabe classique des ouvrages littéraires ... qui ne doivent en aucun cas être des oeuvres originales écrites en français ou en anglais !... Mais elle ne connaît que l'arabe, le français et l'anglais ; elle ne comprend pas l'allemand, ni le russe, l'italien, le serbe ou que sais-je ! Elle travaille donc à partir des traductions françaises et anglaises des textes originaux !... Aaliya a ses raisons – ne comptez pas sur moi pour vous les dévoiler ! – Et c'est aussi « en toute logique » qu'une fois achevées, les traductions sont placées dans des cartons et entreposées chez elle, dans une ancienne salle d'eau...
Un jour, un incident technique conséquent la contraindra à se dévoiler à ses voisines – trois sorcières ! Catastrophe ou libération ?... Émotion.
Aaliya s'étend sur de multiples sujets. La musique classique, qu'elle connaît parfaitement. Les conditions de vie des femmes en Orient, leurs espoirs, leurs fantasmes, leurs amitiés. A ce propos, elle déclare avoir aimé deux femmes : Hannah, une amie, et Anna... – Karénine, bien sur. Étonnante homophonie.
En revanche, Aaliya entretient des rapports compliqués avec sa mère, très âgée. Elle raconte une histoire de pieds – un lavage et un massage de pieds – qui m'a dégoûté. (Non pas que je manque de compassion, mais personnellement je n'aime pas les pieds et j'ai horreur que l'on touche les miens, à la différence de ma femme qui ne jure que par la réflexologie plantaire.)
L'immanquable débat : la traduction doit-elle privilégier la fidélité littérale à l'original ou au contraire en adapter l'esprit. Cela me rappelle les polémiques soulevées, il y a une vingtaine d'années, par les publications d'une nouvelle génération de traducteurs de Dostoïevski et de Kafka.
La lecture de Les vies de papier est fluide et agréable, mais je me suis longtemps demandé où la narratrice cherchait à m'emmener. Tout s'assemble logiquement vers la fin. Il n'est pas inutile de relire certaines pages pour boucler la cohérence de l'ouvrage ; je veux dire : pour comprendre la cohérence d'Aaliya dans sa propre incohérence. Vous me suivez ?
Performance impressionnante de l'auteur, Rabih Alameddine. Cet homme parvient à se fondre totalement dans son personnage de femme, car quels que soient son mode de vie et ses bizarreries, Aaliya est bien une femme, avec des souvenirs de femme, des manies de femme et des problèmes de femme.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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palamede
01 février 2017
Une vie entière parmi les papiers, voilà la vie d'Aaliya qui, avant d'être à la retraite, est la seule employée d'une librairie de Beyrouth où elle vend peu de livres, commande uniquement ceux qui l'intéresse, pour les lire et les garder. Ce n'est pas très honnête, mais elle s'en moque. D'ailleurs pour le propriétaire, ce lieu n'est qu'un faire valoir vis à vis de ses amis intellectuels, pas une source de revenus.
Chose étrange, chaque premier janvier, cette beyrouthine de soixante douze ans commence la traduction en arabe de livres déjà traduits en anglais et en français. Plus étrange encore, son travail achevé, elle le range dans des cartons qu'elle entrepose dans une chambre de bonne. Oui, vous avez bien lu, elle ne fait rien pour être publiée ! Elle accomplit un long travail inutile. Elle s'en explique, mais je ne vais pas spoiler (divulgâcher comme disent nos amis canadiens), je vous laisse le découvrir par vous-même dans ce livre intrigant.
J'ai d'abord cru que l'auteure était une femme. Les vies sont écrites à la première personne, d'où ma confusion. Mais ce n'est pas la seule raison. L'autre raison est que Rabih Alameddine se glisse magiquement dans la peau de cette vieille femme - cultivée, obsessionnelle, négligée, irrévérencieuse, ironique et tellement vraie dans sa franchise et parfois sa crudité qu'elle possède une existence tangible.
Aaliya, une femme qui est capable de tout, même de sortir dans la rue titubante et débraillée. Le plus souvent elle résiste à l'empiètement dans sa vie de celles qu'elle appelle les trois sorcières, de sa vieille mère et de ses demi-frères. Il est vrai qu'elle aime peu la compagnie de ses semblables. Mais une chose est sûre, elle parle si bien de littérature et de musique, de l'histoire de Beyrouth et de ses guerres que jamais l'envie de l'interrompre ne vous effleure.
Vous qui aimez les livres, comme moi laissez-vous porter par le charme oriental et l'érudition d'Aaliya, vous ne le regretterez pas.
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cardabelle
22 février 2017
Ce livre m'a d'abord attirée par son cadre : Beyrouth .
Au cours de mes lectures, j'ai souvent été fascinée par l'aura de cette ville, mosaïque culturelle et religieuse de l'Orient.
Et, sans doute a-t-elle été magnifiée par bien des auteurs amoureux !
Me revient surtout en mémoire mon époque Muriel Cerf, c'était l'Amélie Nothon de ma jeunesse !
Mais je m'égare !
Donc, tout ça pour dire que je n'ai pas hésité à découvrir Rabih Alameddine.
Il écrit son roman à la première personne et va se couler dans la peau d'une vieille libanaise, Aaliya , ancienne libraire, ancienne traductrice ,polyglotte et autodidacte, vivant à Beyrouth ,sa ville, malgré les conditions de vie épouvantables imputables à la guerre.
Un personnage très intéressant à plus d'un titre.
Agée, c'est un témoin privilégié de la société libanaise du XXème siècle .Elle décrit , analyse ou condamne les moeurs qui régissent la vie des familles .
Rebelle, elle dénonce sans condescendance les difficultés liées à la condition féminine et aux règles sociales d'un autre temps.
Une mémoire de Beyrouth en quelque sorte .
Malmenée par la vie, Aaliya va peu à peu s'isoler du quotidien par l'érudition et ne vivra plus que par et pour ses livres et ses traductions.
Elle semble ainsi se suffire à elle-même.
Isolée ? pas tant que ça; elle garde malgré tout assez de curiosité pour observer son entourage et le récit va se trouver ponctué de petites remarques bien perfides sur tel ou tel , souvent drôles , parfois savoureuses et l'autodérision ne lui fait pas défaut non plus !!
Aaliya est aussi terriblement humaine ,sensible et émouvante quand elle dépeint sa condition de vieille femme subissant les affres du temps.
Mais, car il y a un mais !
Aalliya, dans un impressionnant monologue va entraîner le lecteur à suivre le fil de ses pensées .
Et là, elle va nous ensevelir sous une montagne de références littéraires et de connaissances culturelles en lien ou non avec la situation présente !
Tant et si bien que parfois, il est impératif de suivre les méandres de sa réflexion qui, je suis désolée , s'apparente à des coq à l'âne !
La forme du récit est particulière.
Un flot de culture ininterrompu et parfois insolite !
Les philosophes, ses interlocuteurs favoris, surgissent à chaque instant ,en force, inlassablement ...
Dommage.
Chacun son idée, mais l'érudition présentée sous cette forme me dérange un peu car cet étalage conséquent ,à mon sens, nuit au partage de la connaissance et à son élaboration .
La transmission de la pensée des érudits a vocation d'éclairer le plus grand nombre si possible.
Alors, pour ne pas ressortir trop abrutie par ce tsunami de références culturelles ,j'ai fait le tri et en ai extrait comme j'ai pu la "substantifique moelle " . Merci François ...
La forme d'écriture voulue dense et parfois désorganisée
demande, il faut le dire, quelques petits efforts de concentration .
On n'échappe pas non plus a des longueurs !
Un effet crée pour mieux adhérer à la personnalité de la vieille femme, je suppose.
Avec elle, on va d'un souvenir à l'autre, comme ils lui apparaissent...puis, on revient au présent, au récit là où on l'avait laissé, il retrouve sa fluidité et on repart ..ainsi de suite .
Mais, la personnalité de Aaliya aussi riche que fascinante ,
fait de ce roman une oeuvre à ne pas manquer et, il faut bien le reconnaître un condensé de culture indéniable .
A chacun de fixer son propre seuil de satiété en la matière !
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nannou71
24 janvier 2017
Je me suis perdue, je me suis noyée dans ce texte, magnifique parfois, mais rébarbatif aussi... J'ai besoin de suivre une histoire, de suivre des personnages et là, je me suis engluée avec Aaliya.
Trop de références littéraires...
On passe d'un souvenir à un autre...
Je reconnais que l'écriture est belle, mais ...
Ce livre n'est pas pour moi aujourd'hui !! Un autre jour, peut-être... ou pas...
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Les critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec16 janvier 2017
Cet écrivain a un talent fou pour adopter le point de vue d’une femme d’âge mûr, pour partager ses connaissances de la littérature et adopter un ton à la fois léger et grave pour évoquer le Beyrouth en temps de guerre.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaPresse16 novembre 2016
Émouvant et inspirant, ce roman émaillé de phrases parmi les plus belles qui n'aient jamais été écrites laissera des traces indélébiles chez tout passionné de littérature.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations & extraits (144) Voir plus Ajouter une citation
PepparshoesPepparshoes19 mai 2017
La paysannerie, lorsqu'elle souhaite échapper à son milieu, s'est toujours, depuis des siècles, au-delà de toutes les frontières, échappée en enfilant un uniforme.
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Josephine2Josephine207 mars 2017
Page 32
De tous les plaisirs délicieux que mon corps a commencé à me refuser, le sommeil est le plus précieux, le don sacré qui me manque le plus. Le sommeil sans repos m’a laissé sa suie. Je dors par fragments, quand j’arrive à dormir. Lorsque j’envisageais la fin de ma vie, je ne m’attendais pas à passer chaque nuit dans l’obscurité de ma chambre, les paupières à demi ouverts, calée sur des coussins ratatinés, à tenir salon avec mes souvenirs.
Le sommeil seigneur de tous les dieux et de tous les hommes. Ah, être le flux et le reflux de la vaste mer. Quand j’étais plus jeune, je pouvais dormir n’importe où. Je pouvais m’étaler sur un canapé, m’y enfoncer, l’obligeant à m’accueillir en son sein, et disparaître dans les enfers somnolents. Dans un océan luxurieux je plongeais, dans ses profondeurs je m’abîmais.
Virgile appelait le sommeil frère de la mort, et Isocrate avant lui. Hypnos et Thanatos, fils de Nyx. Cette façon de minimiser la mort est peu imaginative.
« Il est tout aussi indigne, de la part d’un homme pendant, de croire que la mort est un sommeil », a écrit Pessoa. La règle de base du sommeil est que l’on s’en éveille. Le réveil est-il alors une résurrection ?
Sur un canapé, sur un lit, sur une chaise, je dormais. Les rides s’évanouissaient de mon visage. Chaque silencieux tic-tac de l’horloge me rajeunissait. Pourquoi donc est-ce à l’âge où l’on a le plus besoin des vertus curatives d’un sommeil profond qu’on y accède avec le plus de mal ? Hypnos dépérit tandis que Thanatos approche.
Quand je songeais à la fin de ma vie, je n’envisageais pas que je passerais des nuits sans sommeil à revivre mes années antérieures. Je n’avais pas imaginé que je regretterais autant la librairie.
Je me demande parfois à quel point ma vie aurait été différente si je n’avais pas été embauchée ce jour-là.
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nannou71nannou7124 janvier 2017
Tout juste en état de marche, comme moi : membres enflés, arthrite, insomnie, à la fois constipation et incontinence, les hautes et basses marées des enfers du vieillissement. Dans mes veines du matin, le sang s'écoule avec une lenteur de mélasse. Mon corps me fait défaut, mon esprit aussi. Lorsque mon corps fonctionne, on dirait que c'est indépendamment de mes désirs, et mon esprit oublie régulièrement ce que sont ces désirs, sans parler de savoir où j'ai posé mes clefs ou mes lunettes de lecture. On pourrait dire que chaque jour est une aventure.
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palamedepalamede01 février 2017
[...] Marguerite Yourcenar [...] lorsqu'elle traduisit les poèmes de Cavafy en français. [...] Elle modifia complètement les poèmes, les francisa, se les appropria. Brodsky aurait dit qu'on ne lisait pas Cavafy, qu'on lisait Yourcenar, et il aurait eu tout à fait raison. Si ce n'est que les traductions de Yourcenar sont intéressantes en tant que telles. Elle desservit Cavafy, mais je peux lui pardonner. Ses poèmes devinrent autre chose, quelque chose de nouveau, comme du champagne.
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fanfanouche24fanfanouche2411 octobre 2016
J'ai toujours pensé que Spinoza avait eu une vie d'ermite après le cherem, mais j'ai récemment appris que cela n'avait pas du tout été le cas. Bon nombre d'amis lui rendaient visite, et certains mêmes l'aidaient financièrement. Je sais donc que l'idée que je me faisais de lui est inexacte, mais je persiste à m'accrocher à mon mythe. Maintenant, s'il n'avait pas écrit l'-Ethique- s'il n'avait pas développé les concepts de liberté religieuse, de liberté de la presse, de républicanisme démocratique et de morale laïque détachée de la théologie-, je ne l'invoquerais pas. C'est le fait qu'il ait écrit ce chef-d'oeuvre qui fait de lui un génie.
Le fait qu'il fut un outsider pathologique, et que je le considère comme tel, est ce qui fait de lui mon préféré. (p. 240)
+ Lire la suite
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