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ISBN : 2757800779
Éditeur : Points (14/09/2006)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Dans le Liban de la fin du XIXe siècle, un homme doit fuir son village à la suite d'une obscure querelle. Repartant de rien, Wakim Nassar, le proscrit, va créer dans les environs de Beyrouth, à force d'audace et de volonté, des plantations d'orangers, fonder une nombreuse famille, devenir un chef de clan, un " zaïm " craint et respecté. La Grande Maison qu'il fait construire au centre des vergers, que les gens admirent de loin, à Ayn Chir, est le symbole de sa gloir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
mesrives
  14 septembre 2016
Avec l'Histoire de la Grande Maison, Charif Majdalani nous invite à découvrir un tableau qu'il peint sous nos yeux, le tableau ressuscité d'un Liban foisonnant et multi confessionnel de 1870 à 1930, sous administration ottomane jusqu'au mandat français, à travers le portrait de son grand-père paternel, Wakim Nassar et l'histoire de la Grande Maison, symbole de sa réussite, de son acharnement contre le destin : orphelin de père très tôt, spolié par un oncle de son clan, Wakim n'a qu'une idée en tête, se surpasser, aller de l'avant pour y faire sa place et réparer l'injustice.
Innovateur, issu d'une famille grecque orthodoxe, il prend en main très tôt sa vie pour en contrarier le destin : grâce à sa patience, fermeté et détermination il construit son avenir, s'exile du quartier Marsad du vilayet de Beyrouth pour Ayn Chir, sur les terres autonomes du Mont Liban, au milieu des maronites et des bédouins, pour prendre sa revanche.
C'est là que commencera la grande aventure de la culture de l'orange au milieu des mûreraies, de la Petite Maison à la Grande Maison...
Entre les informations que glanent Charif Majdalani au près de son père, les témoignages familiaux recueillis au près de ses oncles et tantes, bribes par bribes, imaginant les parts manquantes, les non-dits qui alimentent l'aura de Wakim, consultant les archives, Charif Majdalani reconstitue le long chemin de son aîeul et le magnifie.
Le lecteur participe à la réflexion de l'auteur pour noircir la page blanche ou plus tôt pour colorer les espaces inconnus.
Un régal , un récit servi par une plume magnifique.
Les bouillonnements des narguilés, la mélodie scandée des zajals, les étoffes précieuses restituent l'univers des salons orientaux où l'air s'imprègne, par les fenêtres ouvertes, du parfum des orangers...

Je vais laisser la Grande maison, la maison des orangers à regrets et j'en retiendrai un auteur qui déclare l'amour à la langue française, langue de sa grand-mère maternelle, Hélène, maronite, épouse de Wakim le simsar (intermédiaire, courtier) devenu grand propriétaire terrien et zaîm (notable et chef de clan) qu'elle accompagnera dans sa déportation en Anatolie et jusqu'au bout de sa vie.
A lors que l'aube d'un temps nouveau se dessine pour le Liban, Wakim qui en a pressenti les couleurs ne pourra le colorier, sa descendance en aura-t-elle les facultés ?
Merci Monsieur Charif Majdalani pour cette magnifique invitation au voyage.
« L'aube a la couleur des pommes et dans l'air circule un parfum de jasmin. »

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tynn
  04 août 2016
C'est avec cette "Grande Maison" que ma fidélité de lectrice fut donnée à Charif Majdalani.
En conseillant des amies pour l'ensemble de son oeuvre romanesque, je ne savais pas trop quel roman devait être lu en premier pour découvrir cet auteur de langue maternelle française et paternelle arabe.
Ses livres sont un voyage au Liban dans l'odeur des orangers et de la cuisine épicée.
Cette grande maison est celle du clan Nassar, famille orthodoxe et francophile. L'ancêtre a fait fortune dans la culture des oranges au tournant du 20ème siècle et la famille vit grandeur et décadence dans le parcours des héritiers et les soubresauts politiques du pays. Avec le patriarche visionnaire, chef incontesté et bâtisseur, on découvre la réalité géopolitique, la première guerre mondiale, les déportations en Anatolie et le début du déclin par des décisions hasardeuses de la jeune génération.
S'inspirant du parcours de son grand-père paternel, l'auteur nous offre une auto fiction, s'improvisant enquêteur et conteur des aléas, des secrets, des conflits. Il ressuscite les absents, donne vie aux souvenirs et imagine, là où la mémoire s'est perdue. C'est à la fois descriptif, sensuel, passionné, tortueux comme l'âme libanaise. La langue est enveloppante, très classique, et emporte dans un rythme très oriental.
Une fresque familiale dans l'histoire d'un pays
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badpx
  20 février 2019
Ce roman fait partie de la sélection hivernale de mon club de lecture. Avant de commencer ma lecture, je ne savais de ce livre que ce que nous en avait dit la bibliothécaire, donc en gros ce que disait la 4ème de couv'. Et ça m'avait plutôt bien tenté.
Mais dès le début j'ai eu beaucoup de mal à accrocher sur le style. le mode exposé sur les recherches familiales, avec la présentation des différentes options de récit, puis enfin la mise en place du récit retenu, m'a un peu rebuté.
Pourtant le propos est intéressant : au travers la vie d'une famille pendant quelques décennies, on traverse la fin de l'époque Ottomane au Liban, et le début de l'époque Française, on traverse la 1ère guerre mondiale, on découvre le développement de l'agriculture des oranges. Tout ceci est très documenté, mais pendant ces quelques 300 pages, le style l'étouffait.
Et surtout, il y a tout ce vocabulaire très lié à la région où se passe l'action. C'est finalement à la moitié de ma lecture que j'ai découvert un lexique à la fin du roman... c'est dommage qu'il n'y ait pas eu des renvois dans le texte : je ne feuillette pas les dernières pages avant d'y arriver, aussi c'est un peu le hasard qui a sauver ma compréhension de certains détails.
Ce fut donc une lecture laborieuse, je vais pouvoir passer à la suite maintenant.
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madamelafee
  13 septembre 2016

C'est un mélange de roman historique et de saga familiale. C'est une histoire qui comprend trois parties : - le temps des héros - le temps du zaïm (fonction prestigieuse et héréditaire, - le temps de l'exil.
L'histoire qui réunit par ses éléments l'individuel et le collectif s'inscrit dans l'histoire du pays qui est le Liban de 1840 à 1930.
Au départ nous sommes à Beyrouth vers 1840. Les grecs orthodoxes s'installent sur les collines de l'Est, les musulmans sur celles de l'ouest. La famille de Wakim Nasser fait partie de la communauté orthodoxe.
Wakim exerce le métier de Simsar en ville jusqu'à un événement qui ne sera jamais conté, c'est le 1er secret.
Il devra alors quitter Beyrouth pour s'installer dans un territoire intégré à l'empire Ottoman, habité par des maronites avec qui il s'entend bien. Wakim a donc vécu une première crise, une confrontation qui sera la cause de son départ. Puis il va vivre une autre confrontation avec les bédouins mais cette fois-ci fort de son droit, ne leur permettra pas de s'installer sur ses terres. Les maronites l'estiment car il tiendra la dragée haute aux bédouins.
Contrairement à ses voisins, il opte pour la culture de l'oranger plutôt que pour celle des mûriers. Grâce à cela, il s'enrichit puis se marie avec une maronite et fonde une grande famille. Tout va bien jusqu'à l'éclatement de la guerre. L'empire ottoman s'allie à l'Allemagne et tous ceux qui sont plutôt du côté français seront persécutés...
Wakim doit quitter le Liban avec sa famille. Survivront-ils ? reviendra-t-il sur son domaine ? le clan va-t-il faire face au 2ème secret ?
Le véritable protagoniste du livre est Wakim Nassar, le père du narrateur, le gd père du narrataire. La vie n'est pas racontée d'une façon spontanée, elle est imaginée, reconstituée à partir d'éléments disponibles, à l'aide d'indices, des photos bien sûr mais aussi et surtout par l'imagination. Cette façon d'écrire de Majdalani est magnétique. C'est une fresque familiale dans laquelle le passé et le présent s'enchevêtrent pour faire surgir des épisodes de la vie de tous les jours. Du beau et grand roman.

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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
mesrivesmesrives   26 août 2016
La distance entre Marsad et Ayn Chir est d'environ trois kilomètres, dont une partie est constituée par la Forêt des pins, qui marque aussi la frontière entre le vilayet de Beyrouth et le gouvernorat du Mont-Liban. Cette forêt fut plantée, paraît-il, à l'époque des premiers émirs de la Montagne pour empêcher les dunes du bord de mer de ramper vers les terres cultivées de l'intérieur, ces terres qui n'étaient autres que les oliveraies de Ayn Chir. Je ne sais si Ayn Chir est mentionnée dans les vieilles chroniques guerrières du Moyen Age, celles des croisades ou celles du règne des émirs, mais il est certain que ses oliviers noueux et au troncs creux devaient déjà porter au temps de Wakim les stigmates d'un très grand âge. Les mûriers, eux, vinrent plus tardivement, c'est-à-dire aux alentours de 1850, conformément au recyclage général de l'économie du Mont-Liban, qui s'introduisit ambitieusement dans le circuit économique mondial en produisant de la soie pour les manufactures lyonnaises. A ce moment, Ayn Chir n'est pas même un village, et ne le sera d'ailleurs jamais, mais une terre de grandes plantations, parsemée de-ci de-là de fermes isolées, pour la plupart maronites. Les chiites se sont installés à la périphérie, en bordure des dunes dont ils ont apprivoisé les terres mouvantes, et on les rencontre assez peu sur la route qui passe au milieu des vergers et des potagers. Le jour, cette route est assez fréquentée parce qu'elle est la seule qui conduit de Beyrouth à Sayda. La nuit, les hyènes venues des dunes s'en approchent dangereusement, ainsi que des maisons, et il n'est pas rare qu'on entende dans l'obscurité sonore la détonation sèche d'un fusil.
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