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ISBN : 2378370342
Éditeur : LBS Sélection (28/08/2018)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
La norme et nous conte l'errance de trois jeunes personnes. Tommy, enfant de l'assistance publique, vit dans la rue depuis ses quatorze ans. Stéphane vient de perdre son logement et dort dans sa voiture. Clémence, adolescente perturbée, recherche désespérément l'amour de sa mère. Dans les bas-fonds de Pigalle, de squats punks en bars miteux, ces trois exclus du début des années 2000 vont sympathiser, mêler leurs destins violents et parfois tragiques. Un premier roma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
delphlabibliovore
  25 octobre 2018
Johanna Almos fait apparaitre dès les premières pages des personnages sympathiques, très vite totalement attachants. Ils sont tous différents les uns des autres mais j'ai ressenti qu'ils allaient avoir des liens forts. Une thématique de ce roman est, je crois, la façon dont ses liens vont se tisser.
" Tout à coup, elle comprend. La veste rapiécée, le treillis raide de crasse. Les ongles noirs. Elle comprend et elle s'en fout. A quinze ans, on ne fait pas cas de ce genre de choses. "
L'auteure raconte par le biais de ses protagonistes, la fracture sociale à sa manière. Elle ne parle pas d'un phénomène nouveau car la misère n'est malheureusement pas un scoop. Pourtant, elle le fait très bien. Elle aime ses "héros" de la rue et cela donne une chaleur à la lecture. Elle utilise des formules dures qui soufflent le chaud et le froid dans une atmosphère à la fois engageante et dérangeante.
Chacun, dans sa précarité, s'accroche à ce qu'il peut. J'ai croisé beaucoup de misère dans ce roman. le clash entre le froid de la rue et la chaleur des sentiments est bien dépeint. J'y ai vu une des grandes qualités du livre.
" Il quitte le bureau, dépité et regagne son rayon. Parmi les disques, il se sent mieux que parmi les gens. La musique, elle, ne triche pas. Depuis l'enfance, il voue une sorte de culte qui lui permet de tenir le choc. Il croit aux riffs de guitares comme d'autres croient en Dieu. "
Le sujet des sans-abris a déjà été traité, évidemment. Delphine de Vigan l'a très bien souligné dans " No et moi". Les deux titres me semblent d'ailleurs assez proches. Johanna Almos avec maestria rajoute sa pierre à l'édifice de l'exclusion.
L'auteure appuie sur les peurs de chacun. Elle montre les douleurs et les failles que peut rencontrer tout un chacun. Elle déroule le mécanisme qui mène à la pauvreté. Elle triture les blessures de l'âme humaine noyée dans les apparences trompeuses de la société de consommation.
Ses phrases implacables dénotent un style bouleversant. Certaines m'ont percutée de plein fouet. Ses mots tranchent sur le vif, savent exposer les difficultés du quotidien.
" Il s'en va, titubant, fier de lui, la haine de soi oubliée pour quelques heures. Jusqu'au réveil qui accueille toujours la douleur. Jusqu'à la prochaine gorgée d'alcool, jusqu'au prochain rail de coke. Chaque jour ne sert qu'à noyer le souvenir de la veille, demain à tuer aujourd'hui. "
Heureusement l'humain s'immisce et donne de la fraicheur aux parcours des personnages. Ce livre est un roman d'atmosphère. L'histoire, réussie, est pourtant à l'arrière plan. J'ai effectivement été attirée par les courants d'air du bitume, les frissons à chaque coin de rue alors que la nuit tombe.
" La norme et nous" est un roman réussi. Bien sûr, j'ai trouvé des défauts. Ainsi parfois, les opinions sont enfoncées avec trop de généralités. Cependant, ce n'est pas trop visible à la lecture de ce livre qui va me laisser pour longtemps une impression étrange. Ce mélange de dureté et de sentiments m'ont scotchée. Je ne vais pas oublier facilement Tommy, Clémence et Stéphane.

Lien : https://delphlabibliovore.bl..
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Lorrainedesmordusdelecture
  04 décembre 2018
La norme et nous de Johanna Almos
Mon avis :
Les personnages sont incroyablement attachants, ce livre dénonce et c'est ce que j'ai aimé. J'aime les livres qui dénoncent les injustice qui se passent sous nos yeux tous les jours.
Il est ici question d'inégalités sociales de ceux qui n'ont rien. Pas même un toit. On se prend leur douloureux passés dans la tête et certaines scènes sont dures mais, malheureusement, d'une triste réalité.
Nous voyons le malheur et le quotidien des SDF, leur amitié inébranlable, et le malheur qui s'accroche inexorablement à eux. Un récit fort, très fort et empli de réalisme...
8/10
Résumé :
La norme et nous conte l'errance de trois jeunes personnes.
Tommy, enfant de l'Assistance publique, vit dans la rue depuis ses 14 ans.
Stéphane vient de perdre son logement et dort dans sa voiture.
Clémence, adolescente perturbée, recherche désespérément l'amour de sa mère.
Dans les bas-fonds de Pigalle, de squats punks en bar miteux, ces trois exclus du début des années 2000 vont sympathiser, mêler leurs destins violents et parfois tragiques.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
mimo26mimo26   02 octobre 2018
Préface

Charles Bukowski a écrit :

« La route que j'avais devant moi, j'aurais presque pu la voir. J'étais pauvre et j'allais le rester. L'argent, je n'en avais pas particulièrement envie. Je ne savais pas ce que je voulais. Si, je le savais. Je voulais trouver un endroit où me cacher, un endroit où il n'était pas obligatoire de faire quoi que ce soit. L'idée d'être quelque chose m'atterrait. Pire, elle me donnait envie de vomir. »

Pour écrire une préface en restant digne, le mieux à faire reste d’utiliser de façon éhontée la citation d’un auteur qu’on aime, pour dissimuler en dessous la crasse qu’on trimballe, comme une ménagère sous-payée foutrait la poussière sous le tapis en espérant que personne ne s’en rende compte. Pourtant, est-il possible d’aimer des histoires de paumés, de ratés, de tarés, d’alcoolos, de clodos ? Moi, j’aime ça. Parce qu’on trouve tout autant de vérités dans les écrits de la rue que dans ceux de sociologues bien mis, sans doute même davantage.

Certains écrivains écrivent pour raconter des histoires, et d’autres écrivent parce qu’écrire est ce qu’ils doivent faire. Ça ne s’explique pas, s’ils n’écrivent pas ils se fanent et meurent. Écrire est leur ultime rempart contre la folie, écrire est ce qui les anime et les rend vivants. Les mots sont pour eux des débris épars qui flottent sur l’océan d’une humanité condamnée, qu’ils s’acharnent à rassembler pour construire des radeaux, des phrases, des paragraphes. Frêles esquifs bringuebalés par la tempête permanente, celle qui ravage l’esprit, le cœur, les tripes et qui propose sa modeste traduction aux lecteurs consentants. Pour ma part, j’ai choisi mon camp depuis longtemps et c’est celui des perdants, des laissés-pour-compte, des déshérités, des torturés, des écorchés. Celui de ceux qui brûlent de l’intérieur et vivent à en mourir, qui regardent le soleil et écoutent les étoiles filer, qui explosent et sèment leurs morceaux aux quatre vents.
Il n’y a pas de contradiction entre écrire pour raconter une histoire et écrire pour chasser les démons. Une histoire est bonne d’abord parce qu’elle résonne pour le lecteur. Johanna Almos en connaît un rayon sur la torture, sur la douleur et cette connaissance ruisselle depuis les pages que vous tenez entre vos doigts, sur l’encre de ces personnages défigurés par la souffrance et la rage. Des êtres abandonnés sur le bas-côté de la société, ou qui ont choisi l’exil, inadaptés à la productivité et à la rentabilité. Personne ne veut les voir, ces SDF, ces oubliés du progrès qui dorment, mangent et vivent dans leur voiture, ces paumés qui décident de se foutre en l’air et choisissent l’autodestruction. Ils servent d’écrin au réceptacle des bonnes consciences qui, satisfaites de ne pas être à leur place, dardent sur eux un regard condescendant et repu. Ou détournent les yeux. « Liberté, égalité, fraternité » ne sont plus que des mots isolés, décharnés, des solitudes qui s’égarent quelque part à l’horizon, sans substance pour les accrocher.

Johanna Almos connaît les douleurs, toutes les douleurs, celles du corps et celles de l’âme, et trouve à défaut d’une guérison, les bribes d’une rédemption au travers de ce texte qui ne vous raconte pas une petite histoire inoffensive, mais qui cherche à vous remuer, à vous scarifier, vous force à ouvrir les yeux dans l’obscurité de notre fosse commune. En lisant ce roman, j’ai entendu résonner les voix d’écrivains morts qui ne se regardaient pas le nombril, qui tapaient sur leur machine parce que sinon, ils savaient qu’ils mourraient, ou deviendraient dingues, ou les deux, et ne pouvaient le supporter.

Je ne doute pas que vous les entendrez vous aussi et que vous les verrez disparaître dans l’ombre de la rue, au-delà de la norme qui nous engloutit.

Emmanuel Delporte

Écrivain – Prix Masterton 2017

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