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EAN : 9782080685049
339 pages
Flammarion (08/05/2003)
3.94/5   98 notes
Résumé :
Un 14 septembre, un garçon insoupçonnable a violé Landra. Cabossée et déracinée, elle se cherche un ennemi à abattre. Le capitalisme, abstraction d'une oppression comparable au machisme qui l'a démolie à jamais, sera cet ennemi. Ballottée de squat en squat, elle rejoint Etoile Noire Express, un groupuscule d'extrême gauche en révolte absolue contre le système. ENE devient la famille, la survie et l'amour. Roman de l'indicible violence faite aux femmes, récit d'une s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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carre
  24 février 2014
Landra la jeune héroïne quitte sa Roumanie natale pour la France, très vite les espoirs d'une vie meilleure se transforment en cauchemar. La jeune femme est victime d'un viol. Brisée, perdue elle rejoint un groupe d'altermondialiste prêt à en découdre avec un système qu'ils rejettent.
Le premier roman de Lola Lafon est un coup de gueule contre les injustices en tout genre. Sur des sujets difficiles, elle n'évite pas toujours les maladresses, mais on ne pourra pas en revanche lui reprocher une sincérité indéniable. Son récit est constamment animé par l'urgence. Entre désespoir et colère, Landra cherche une échappatoire dans ce combat radical. On est ému par cette jeune femme blessée dans sa chair qui choisit une cause extrême et violente pour rester dans ce monde qui l'a rejeté de la pire des manières. Un roman musclé, dur, plein de rage et de fureur.
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Jeannepe
  16 mars 2017
14 septembre. Fin de la vie, début du cauchemar. Les minutes défilaient et Landra était victime des coups de bassin d'un homme très bien. Au-delà de la peur, au-dessus de la colère, son existence devient débris épars, une lutte du quotidien, du miroir, de la relation. Elle se débat pour respirer, danse, écrit des chansons. Et peu à peu elle devient une Étoile Noire, une activiste en lutte contre une société du consommable, du jetable et du consumable. Une violence choisie, presque apprivoisée, pour se redresser. Un combat pour sa liberté. Et les combats pour la liberté, Landra connaît depuis son enfance. Petite roumaine du temps de la surveillance généralisée, elle était une arme puissante pour ses parents et leurs étudiants, un puits de chansons poétiques et révolutionnaires, une voix à faire voyager.
Une fièvre impossible à négocier oppresse par sa puissance. Lola Lafon raconte pour elle-même et Landra, quasi-anonyme, ne séduit ni n'apitoie : alors, lectrice, je me suis tout pris de face. Sa douleur, sa peur, sa colère étaient tellement siennes que s'est imposée la nécessité de faire face. Ses émotions nous amènent de faits en souvenirs, jouant de la chronologie. le temps passe de manière aléatoire et l'on se laisse brinquebaler en esquivant les coups comme on peut. Ceux d'un capitalisme qui brime, de politiques cruelles, d'abus de pouvoir, d'histoires qui volent en éclats, de certitudes inexistantes, de rencontres avortées, de moments de vie qui peinent à se faire partager. Ceux du viol. L'on s'interroge sur ce qu'il faudrait ou ne pas faire, sur ceux qu'il faut ou non aider. Sur notre capacité à agir, notre possible volonté.
Une fièvre impossible à négocier se suffit à lui-même : un roman qui n'a pas besoin de lecteur pour exister, voilà qui est rare. L'on sent une écriture nécessaire et intime. Les personnages sont peu nombreux et chacun est croqué avec une partialité parfaitement assumée.
Un ouvrage habité par la rage et la beauté qui, presque, ne nous regarde pas.
Lien : https://auxlivresdemesruches..
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Papiercrepon
  23 septembre 2021
Voici le roman coup de poing que j'attendais depuis un bon moment.
L'histoire de Landra la narratrice est celle d'une chute et d'une reconstruction. Après un drame, elle trouve dans les squats et les activistes - des blacks blocs - l'espace pour reprendre son souffle et aguiser sa colère. Pour se perdre, disparaître, littéralement, et se retrouver, peut-être.
Encore une fois je suis impressionnée par la modernité de ce récit, écrit il y a plus de 15 ans et qui résonne de manière terriblement actuelle.
Encore une fois je suis sonnée par l'énergie qui se dégage des textes de Lola Lafon.
Par la liberté qu'elle inspire.
Par sa capacité à éveiller les consciences.
Par sa force, sa finesse, sa maturité aussi ; dire que c'est un premier roman...
Un texte que j'ai terminé avec le sentiment d'avoir aiguisé mon regard sur la société. Et d'avoir, même un instant, retrouvé la fougue de mes 20 ans.
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Livrepoche
  30 août 2020
Je me suis dit qu'à découvrir un auteur, une autrice, le mieux est encore de prendre ses romans dans l'ordre et pour Lola Lafon, c'est Une fièvre impossible à négocier. Il date de 2003. Souvent, pour un 1er roman, il porte en lui beaucoup d'éléments d'autant que pour Lola Lafon, ce récit est hautement autobiographique. Mais jusqu'où?
Une fièvre impossible à négocier, n'est pas tant l'histoire d'un viol que l'histoire d'une destruction. Lecteur masculin, vivant presque dans une bulle, épargné des difficulté de la vie, je ne suis pas naïf et réfléchi beaucoup au monde qui m'entoure, pour autant, je n'avais jamais envisagé toutes les conséquences psychologique d'un viol. Si dans ce roman, j'ai trouvé que Lola Lafon perdait un peu son histoire pour digresser, j'ai compris que ce type d'agressions n'étaient pas le trauma d'une fois mais un traumatisme qui détruit par vague, en cauchemars récurrent, qui changent toutes les relations, les contacts, les regards. À vie! Une fièvre impossible à négocier rend bien cette notion là.
Mais il n'y a pas que ça dans ce roman, Lola Lafon aborde avec virulence le consumérisme. Il y a un peu de Fight Club dans ses lignes anarcho-gauchistes libertaires et je ne peux m'empêcher d'y voir un peu de naïveté mais c'est le genre de rébellion qui me parle.
La suite sur le blog…
Lien : http://livrepoche.fr/une-fie..
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flocongolu
  03 novembre 2020
Tres beau livre rouge de Lola Lafon. Premier roman, en partie autobiographique, racontant les années 96-99, les squats, les manifs (souvent très réjouissantes), l'engagement, l'Est, l'Ouest et l'insupportable. C'est déjà très bien écrit et on y trouve beaucoup de petites ampoules qui éclairent l
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   23 février 2014
Casser les vitrines des banques et des multinationales est une action symbolique.
On nous accuse de violence ?
Ce qu'on détruit ne sont que des objets inanimés, mais les paysans brésiliens, les rebelles mexicains, les enfants travailleurs de 7 ans, les mers du monde entier sont bien vivant eux, et leurs souffrances bien réelles.
Si des vitrines tremblent vous pleurez.
Vous restez silencieux quand des gens meurent. »
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JeannepeJeannepe   16 mars 2017
Voilà, ça a été vite après. Une ordonnance de non-lieu a été rendue mais l’avocat a dit que c n’était pas « négatif, mademoiselle, pas du tout, ils reconnaissent l’existence de l’infraction… Mais hélas ils n’ont pas assez de preuves pour poursuivre ».
Il n’y avait pas de caméra sous le lit.
Non-lieu ne veut pas dire que ça n’a pas eu lieu, comme je le croyais au départ. Ce n’est qu’un mot choisi parmi tant d’autres pour dire à voix mesurée : « Merci. Votre candidature au cauchemar est intéressante. Cependant, il me semble qu’il y manque quelques éléments, comme peut-être votre avis de décès, vous êtes vivante après tout, et jeune. Suivante s’il vous plaît. » Non-lieu est le mot qu’on reçoit en échange du récit qu’on fait des dizaines de fois de « l’acte ».
Ça veut dire qu’il n’y a pas lieu de poursuivre, pas du tout.
Ça veut dire c’est pas grave pas si grave en tout cas.
Ou encore qu’est-ce que tu veux qu’on fasse.
Ou peut-être tu vas pas nous prendre la tête avec ça.
Il n’y avait plus rien à faire.
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AbyssiniaAbyssinia   02 décembre 2019
Ceux qui ont le pouvoir craignent les masques parce que leur pouvoir s'appuie principalement sur le fait d'étiqueter d'identifier et de cataloguer les êtres humains. En nous masquant, nous donnons à la résistance un visage.
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AdalarasiAdalarasi   07 janvier 2021
Du surf de gros jusqu𠆚u métro je me dis qu’on a peur, tous. Et c𠆞st pour ça qu’on ne se parle pas dans le métro et qu’on cherche à rentrer chez soi, et aussi qu’on s�roche à ce qu’on a déjà si c𠆞st particulièrement fade ou déjà effroyable.
C𠆞st pour ça qu’on passe d’un pas alerte devant des dizaines de gens allongés, assis par terre dans la rue, sans s𠆚rrêter plus que ça. Sans faire quelque chose, aider, stopper. Réaliser qu’un SDF, puis deux puis dix ne sont que la contrepartie obligatoire d’un système dont on vit soi-même.
Avoir une peur sourde, enveloppée d’indifférence calculée, une peur de toucher à la merde.
Peur de tomber bas, de se pencher sur un gouffre un abîme de misère. Peur de devoir voir. Peur de savoir. On s�roche à un travail minant, à un amant ou une amante manipulateur et à des amis débiles et déprimants.
C𠆞st la peur camarade. Du coin mort, de ce qu’on ne voit pas. De ce qu’on ne connaît pas et qui jette des ombres trop grandes pour être appréhendées.
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womens_bookswomens_books   01 août 2018
J'ai trop peur que les images et les mots, si je les prononce, deviennent des fous, obscènes et absurdes, des mots incontrôlables qui se métamorphoseraient dans l'esprit de celui qui m'écouterait. Des mots qui, insidieusement se transformeraient en images troubles, d'un mauvais film haletant. J'ai peur que ce qui m'emmure depuis un an et demi ne devienne une fantaisie excitante et crade dans un cerveau où je ne peux rien faire.
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Videos de Lola Lafon (63) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lola Lafon
Lola Lafon vous présente son ouvrage "Quand tu écouteras cette chanson" aux éditions Stock. Rentrée littéraire 2022.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2639178/lola-lafon-quand-tu-ecouteras-cette-chanson
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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