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ISBN : 208068504X
Éditeur : Flammarion (08/05/2003)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Un 14 septembre, un garçon insoupçonnable a violé Landra. Cabossée et déracinée, elle se cherche un ennemi à abattre. Le capitalisme, abstraction d'une oppression comparable au machisme qui l'a démolie à jamais, sera cet ennemi. Ballottée de squat en squat, elle rejoint Etoile Noire Express, un groupuscule d'extrême gauche en révolte absolue contre le système. ENE devient la famille, la survie et l'amour. Roman de l'indicible violence faite aux femmes, récit d'une s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
carre
  24 février 2014
Landra la jeune héroïne quitte sa Roumanie natale pour la France, très vite les espoirs d'une vie meilleure se transforment en cauchemar. La jeune femme est victime d'un viol. Brisée, perdue elle rejoint un groupe d'altermondialiste prêt à en découdre avec un système qu'ils rejettent.
Le premier roman de Lola Lafon est un coup de gueule contre les injustices en tout genre. Sur des sujets difficiles, elle n'évite pas toujours les maladresses, mais on ne pourra pas en revanche lui reprocher une sincérité indéniable. Son récit est constamment animé par l'urgence. Entre désespoir et colère, Landra cherche une échappatoire dans ce combat radical. On est ému par cette jeune femme blessée dans sa chair qui choisit une cause extrême et violente pour rester dans ce monde qui l'a rejeté de la pire des manières. Un roman musclé, dur, plein de rage et de fureur.
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Jeannepe
  16 mars 2017
14 septembre. Fin de la vie, début du cauchemar. Les minutes défilaient et Landra était victime des coups de bassin d'un homme très bien. Au-delà de la peur, au-dessus de la colère, son existence devient débris épars, une lutte du quotidien, du miroir, de la relation. Elle se débat pour respirer, danse, écrit des chansons. Et peu à peu elle devient une Étoile Noire, une activiste en lutte contre une société du consommable, du jetable et du consumable. Une violence choisie, presque apprivoisée, pour se redresser. Un combat pour sa liberté. Et les combats pour la liberté, Landra connaît depuis son enfance. Petite roumaine du temps de la surveillance généralisée, elle était une arme puissante pour ses parents et leurs étudiants, un puits de chansons poétiques et révolutionnaires, une voix à faire voyager.
Une fièvre impossible à négocier oppresse par sa puissance. Lola Lafon raconte pour elle-même et Landra, quasi-anonyme, ne séduit ni n'apitoie : alors, lectrice, je me suis tout pris de face. Sa douleur, sa peur, sa colère étaient tellement siennes que s'est imposée la nécessité de faire face. Ses émotions nous amènent de faits en souvenirs, jouant de la chronologie. le temps passe de manière aléatoire et l'on se laisse brinquebaler en esquivant les coups comme on peut. Ceux d'un capitalisme qui brime, de politiques cruelles, d'abus de pouvoir, d'histoires qui volent en éclats, de certitudes inexistantes, de rencontres avortées, de moments de vie qui peinent à se faire partager. Ceux du viol. L'on s'interroge sur ce qu'il faudrait ou ne pas faire, sur ceux qu'il faut ou non aider. Sur notre capacité à agir, notre possible volonté.
Une fièvre impossible à négocier se suffit à lui-même : un roman qui n'a pas besoin de lecteur pour exister, voilà qui est rare. L'on sent une écriture nécessaire et intime. Les personnages sont peu nombreux et chacun est croqué avec une partialité parfaitement assumée.
Un ouvrage habité par la rage et la beauté qui, presque, ne nous regarde pas.
Lien : https://auxlivresdemesruches..
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misfit
  15 novembre 2016
Un premier livre touchant, qui gagne en maturité au fur et à mesure ses pages - certainement comme la narratrice. On y retrouve les thèmes chers à Lola Lafon dont le livre porte bien le nom : la lutte contre le fascisme et le capitalisme, ainsi que les violences de genre et un questionnement sur le sens de la vie. le ton sensible est proche de l'autobiographie, et à la fois poétique et enragé. Mais l'histoire et les tournures se répètent cependant un peu sur la fin. Finalement, ''Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce'' - publié plus tard mais que j'avais lu avant - est très semblable en plus accompli.
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MahaultMots
  15 août 2016
Le premier roman dans toute sa splendeur et ses limites aussi, mélange de fiction et d'autobiographie, de revendications et d'hommages appuyés (à Jeff Buckley par exemple). Tout ça nous donne une impression de fouillis, mais on ne peut pas reprocher à l'auteur le manque de sincérité ! À lire pour se faire son propre avis.
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womens_books
  01 août 2018
Dans ce livre, Lola Lafon mêle subtilement fiction et autobiographie. Avec un style révolté, un peu parlé ou la ponctuation fait volontairement défaut, elle nous expose le quotidien de Landra, jeune fille d'origine roumaine, profondément révolutionnaire. Landra est "morte" le jour de son agression, de ce viol par un homme qualifié d'insoupçonnable. Depuis elle erre de squats en chambres d'hôtel, elle ne sait plus comment être en vie. Cette femme si courageuse lors des manifestations, des actions antifascistes et anticapitalistes, qui se confronte à la police régulièrement, ne peut s'empêcher d'être tenailler par une peur qui surgit au plus profond d'elle-même.
Durant ces quelques années, on suit donc l'évolution de Landra, sa révolte assumée, sa rage intérieure, son silence mystérieux, ses rencontres marquantes, ses amours naissants, ses rejets de la proximité, sa lutte de tous les instants.
.
Je vous conseille vraiment cette lecture qui fait profondément réfléchir, qui rappelle que le combat reste à mener et que l'immobilisme n'est pas une option.
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
carrecarre   23 février 2014
Casser les vitrines des banques et des multinationales est une action symbolique.
On nous accuse de violence ?
Ce qu'on détruit ne sont que des objets inanimés, mais les paysans brésiliens, les rebelles mexicains, les enfants travailleurs de 7 ans, les mers du monde entier sont bien vivant eux, et leurs souffrances bien réelles.
Si des vitrines tremblent vous pleurez.
Vous restez silencieux quand des gens meurent. »
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JeannepeJeannepe   16 mars 2017
Voilà, ça a été vite après. Une ordonnance de non-lieu a été rendue mais l’avocat a dit que c n’était pas « négatif, mademoiselle, pas du tout, ils reconnaissent l’existence de l’infraction… Mais hélas ils n’ont pas assez de preuves pour poursuivre ».
Il n’y avait pas de caméra sous le lit.
Non-lieu ne veut pas dire que ça n’a pas eu lieu, comme je le croyais au départ. Ce n’est qu’un mot choisi parmi tant d’autres pour dire à voix mesurée : « Merci. Votre candidature au cauchemar est intéressante. Cependant, il me semble qu’il y manque quelques éléments, comme peut-être votre avis de décès, vous êtes vivante après tout, et jeune. Suivante s’il vous plaît. » Non-lieu est le mot qu’on reçoit en échange du récit qu’on fait des dizaines de fois de « l’acte ».
Ça veut dire qu’il n’y a pas lieu de poursuivre, pas du tout.
Ça veut dire c’est pas grave pas si grave en tout cas.
Ou encore qu’est-ce que tu veux qu’on fasse.
Ou peut-être tu vas pas nous prendre la tête avec ça.
Il n’y avait plus rien à faire.
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womens_bookswomens_books   01 août 2018
J'ai trop peur que les images et les mots, si je les prononce, deviennent des fous, obscènes et absurdes, des mots incontrôlables qui se métamorphoseraient dans l'esprit de celui qui m'écouterait. Des mots qui, insidieusement se transformeraient en images troubles, d'un mauvais film haletant. J'ai peur que ce qui m'emmure depuis un an et demi ne devienne une fantaisie excitante et crade dans un cerveau où je ne peux rien faire.
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womens_bookswomens_books   01 août 2018
Moi aussi j'avais cette fièvre impossible. Je voulais juste faire pare-chocs pour ne pas qu'il s'explose lui-même de rage. Je voulais qu'on se prenne la main fermement et qu'on y aille ensemble mettre à terre tout le reste.
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MiloupsMiloups   21 avril 2018
Peut-être que j'aurais dû dire la vérité à mes amis d'avant : je n'avais pas choisi ma fièvre. Je ne pouvais pas faire autrement. Je ne savais plus rester couchée. Mes rêves non plus.
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Videos de Lola Lafon (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lola Lafon
Mercredi dans Mediapart Live : l'Aquarius, les écrivains solidaires et Bernard Petit .Dès 19h ce mercredi, notre émission revient sur la tragédie de l'Aquarius et l'impasse des politiques migratoires en Europe. Nous recevrons également des artistes témoignant de leur rapport aux mouvements sociaux, parmi lesquels Didier Daeninckx et Lola Lafon. Enfin, l'ex-patron de la PJ Bernard Petit partagera ses «secrets de flics» avec Edwy Plenel.
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