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EAN : 9782207123645
264 pages
Éditeur : Denoël (01/04/2016)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 76 notes)
Résumé :
Second volet du diptyque familial dans lequel l'auteur retrace la vie de sa mère.
Petra grandit marquée par l'absence de sa mère, morte en lui donnant naissance, et la dévotion qu'elle voue à son père, un homme brutal et dépressif. Maltraitée et exploitée par le reste de sa fratrie, elle quitte son foyer pour être embauchée comme femme de ménage chez le gouverneur militaire de Saragosse.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Sebthocal
  11 décembre 2017
Ou la condition féminine ?
Second volet du dytique d'Antonio Altarriba sur ses parents en Espagne.
Cette fois-ci, il s'agit de sa mère Petra. La guerre est toujours là et la condition des femmes n'en est que plus dramatique. Toujours aussi poétique, engagé et une nouvelle fois illuminé par les dessins de Kim. Un très bel album !
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BidouilleB
  02 avril 2016
" 'Et votre mère?' demanda une femme au fond de la salle. La réponse me parut d'abord aller de soi, mais cela ne dura pas."
Ainsi commence la post-face de l'Aile Brisée. Il est rare de commencer un livre par la fin, mais cette citation met en lumière l'esprit du nouvel album d'Altarriba et Kim. Après l'excellent "Art de voler", les deux compères espagnols réalisent un nouveau bijou narratif avec "L'aile brisée".
Il est sans doute plus difficile de se confronter à l'histoire maternelle: pour l'enfant que l'on est, son amour nous est dû sans contre partie. Or, lorsqu'un matin on se rend compte que l'on ignore tout ou presque d'elle, on peut se fustiger, ou bien, comme Altarriba, enquêter.
Ainsi donc, après avoir découvert le destin espagnol à travers la vie de son père, Antonio Altarriba s'attaque au destin plus sobre mais tout aussi foisonnant de sa mère.
Alors que Antonio père a dû fuir l'Espagne devenue franquiste; Petra, elle, a passé sa vie de femme sous le joug du dictateur. Née d'un drame familial, la jeune Petra passera sa vie à s'occuper des autres, son père, ses frères, ses employeurs, de ses voisins, son mari et de son fils... et même des bonnes soeurs !
A travers le parcours de Petra, c'est le quotidien de ceux qui ont subis les bouleversements du XXeme siècle qui est dévoilé: les restrictions et la violence de la guerre, l'injustice et la peur du régime totalitaire, le poids de la tradition et de la religion...
Avec ce troisième album, le duo Altarriba/Keko confirme son génie de l'écriture. Une nouvelle fois nous sommes saisis par le ton juste de cette histoire de famille. Parce qu'il n'y a ni règlement de compte, ni éloge, on est immédiatement emporté par l'humanité de ce récit.
A lire absolument, évidemment.
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Amindara
  13 août 2016
Hop, j'avance encore un peu dans mon comité de lecture. Et c'est sur « L'aile Brisée » que j'ai jeté mon dévolu cette fois.
Ici, l'auteur nous raconte l'histoire de sa mère, une histoire vraie donc, qu'il a reconstituée du mieux qu'il le pouvait avec les informations qu'il avait. On pourrait croire cette histoire totalement relativement inintéressante, d'autant plus quand on ne connait ni la maman en question ni l'auteur. J'ai d'ailleurs failli ne pas mettre ce titre dans la sélection, mais finalement, je me rends compte qu'il aurait été dommage de passer à côté. Nous avons histoire l'histoire d'une femme avec un destin assez impressionnant. Je veux dire, quand on voit sa naissance (sa mère est morte en couche et son père a voulu tuer le bébé, ce qui lui vaudra de s'en tirer avec un bras cassé et mal ressoudé et par conséquent immobile), on aurait pu penser qu'elle n'irait pas très loin dans la vie. Mais non. Petra est douée d'un caractère plutôt exceptionnel, gentille, toujours prête à rendre service, elle dissimule avec succès son handicap, son aile brisée. A travers elle, c'est toute l'histoire de l'Espagne que nous découvrons à cette période particulière qu'était la dictature de Franco. Parce que oui, Petra a travaillé comme gouvernante au service d'un général monarchiste à cette époque. Au-delà de la vie plutôt intéressante de cette femme, c'est aussi tout le contexte historique que nous découvrons. Et puis, c'est aussi la situation de la femme, son émancipation, à cette époque où elle est encore placée totalement sous le joug des hommes de sa famille.
Niveau dessins, rien de bien exceptionnel. Des vignettes en noir et blanc, des détails soignés. Tout est traité avec une sorte d'exactitude, il n'y a pas de « flou », même les arrières plans sont bien travaillés. J'ai cependant eu un souci au niveau chronologique. On suit l'ordre, il n'y a pas de soucis là-dessus, mais on saute parfois plusieurs jours d'une vignette à la suivante et ce, sans la moindre transition. C'est assez perturbant, surtout au départ, on a du mal à se rendre compte du temps qui passe.
C'est une bonne BD que nous a livrée là Antonio Altarriba. J'avoue être curieuse de lire « L'art de voler » où il nous parle, cette fois, de son père.
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pilyen
  20 avril 2016
"L'aile brisée" n'est pas tout à fait la suite de l'excellent " L'art de voler", c'est plutôt un complément totalement indépendant, pour réparer un oubli flagrant. le précédent roman graphique d'Antonio Altarriba, consacré à la vie de son père, occultait complètement l'épouse malgré trente-cinq ans de vie commune. C'est à la suite de la remarque d'une lectrice lors d'une signature que l'auteur s'est finalement interrogé sur cette femme qui, pour lui, n'avait participé à aucun combat politique, n'avait guère de connivence intellectuelle avec son mari et restait dans son imaginaire personnel reléguée au second plan ...en version effacée. La remarque a fait son chemin et ce fils un peu indigne s'est penché sur la vie de celle qui lui a donné le jour.... Ce qu'il découvre de son existence, à priori nettement moins romanesque que celle de son père, lui donne assez de matériaux pour reconstituer et retracer, voire réinventer, son parcours simple. Mais on n'est pas passionné d'histoire pour rien...Cette vie qu'il relate dans " L'aile brisée " est bien plus qu'un simple hommage à une femme discrète et au service des autres, c'est aussi toute l'histoire cachée de l'Espagne franquiste qu'il met en scène.
Chacune des quatre parties de ce roman fait référence à un homme important dans l'histoire. le père d'abord qui en voulant la tuer à la naissance, lui a laissé un bras manquant de mobilité, un général franquiste, complotant pour le retour de la monarchie, qui fut son patron, puis Antonio le mari et pour finir le joyeux Emilio, compagnon amoureux de sa maison de retraite. Des hommes pour marquer chaque étape mais surtout parce qu'en Espagne, ce sont eux les personnages importants, ceux que l'on remarque. le roman, en plus de son contexte historique fouillé, est aussi une histoire de la moitié invisible du pays : la femme. Réduites aux travaux ménagers, aux bigoteries, à être le réceptacle des pénis des hommes et logiquement à la ponte des enfants et à leur élevage, elles furent, jusqu'à la fin de la dictature, des seconds rôles muets. Petra, cette mère silencieuse en est le parfait exemple. A quelques jours de sa mort, l'auteur s'aperçoit qu'elle a eu toute sa vie un bras quasi inerte ! Imaginez donc le regard et l'attention portée à cette femme par sa propre famille ! C'est à partir de ce lourd constat, de cette révélation honteuse, qu'Antonio Altarriba construit son récit et arrive, mieux vaut tard que jamais, à réhabiliter ce destin.
La suite sur le blog
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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bdelhausse
  26 septembre 2017
Il s'agit du second volet d'un diptyque... que j'ai lu en premier... par pure contradiction (et je ne pense pas que cela soit gênant).
Antonio Altarriba (comme beaucoup d'enfants) découvre à la mort de sa mère qu'il la connaissait en fait bien mal. Mais Altarriba peut en faire une BD... Il se penche le passé de sa mère qui est celui d'une Espagne meurtrie, dans laquelle les squelettes ne sont pas que dans les placards... une Espagne totalitaire, où on essaie de vivre selon des principes, quitte à ne pas voir le monde tel qu'il est mais tel qu'on voudrait qu'il soit.
C'est un regard lucide, aimant mais lucide, qu'Altarriba pose sur sa mère. Il faut aimer très fort pour être capable de ce genre de regard sur un proche... Témoignage d'une autre époque dont les bruits de bottes nous hantent encore... à moins que ce ne soient de nouveaux bruits de bottes... Dommage que le trait ne soit pas toujours à la hauteur. Mais le choix du noir et blanc est tout à fait judicieux.
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critiques presse (5)
Lexpress   20 juin 2016
Une belle leçon d'Histoire et d'humanité.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   25 mai 2016
Altarriba dévoile la grande misère des campagnes d'alors, les ­esprits étriqués, le viol, la religion qui persuade, force, manipule et pèse comme un couvercle.
Lire la critique sur le site : Telerama
BoDoi   02 mai 2016
Largement nourri de dialogues, le trait minutieux — parfois un peu lourd — de Kim donne à voir une vie captivante et touchante.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Culturebox   28 avril 2016
La mise en images de Kim, très beaux dessins noirs et blanc au trait, traités comme des gravures, donnent à ce roman graphique tout son relief. Une réussite.
Lire la critique sur le site : Culturebox
BDGest   18 avril 2016
L'aile brisée se lit comme un roman d'aventures aux multiples ressorts dramatiques, tout en proposant une réflexion historique sur la place des femmes en Espagne et dans toute la société d'avant et après Mai 68.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
NievaNieva   15 novembre 2018
"Ma mère est morte en couche à ma naissance. Et comme mon père était très amoureux d'elle, il a voulu me tuer." Voilà comment ma mère, sans plus d'explications ni de trémolos, racontait sa venue au monde. Il lui arrivait d'ajouter : "Ma sœur Florentina m'a arrachée des bras de mon père, sans elle je serais morte." N'importe qui d'autre en aurait fait tout un plat, s'en serait servi pour justifier et même mythifier un destin providentiel. Ma mère, habituée au récit familial de cet événement, dont elle était la protagoniste tout en n'en conservant aucun souvenir, ne lui accordait pas plus d'importance que cela. Pas davantage que mon grand-père qui, en dépit de son amour pour le théâtre, éludait (ou préférait oublier) cet épisode dont Eschyle, Shakespeare, Calderón ou même des dramaturges plus médiocres auraient tiré une tragédie.
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mandrake17mandrake17   11 mai 2017
- Qu'est-ce que tu as...? Paco, encore...? Il n'y est pas allé de main morte... Pourquoi tu acceptes ça...?
- Que veux-tu que j'y fasse...?
- Tu en as parlé à quelqu'un d'autre...?
- A mon confesseur...
- Et il dit quoi...?
- D'être patiente... Il dit que comme Paco a des contrariétés au travail il faut bien qu'il se défoule... Que c'est mon mari... Que je lui dois obéissance et respect...
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mandrake17mandrake17   11 mai 2017
- Ça ne peut pas continuer, maman... Il faut vous séparer...
- Impossible... Le mariage est sacré... Les hommes n'ont pas le droit de séparer ce que Dieu a uni...
- Et donc...? On attend que vous vous entre-tuiez...? Quand c'est fini, c'est fini...
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mandrake17mandrake17   11 mai 2017
- Pourquoi es-tu si pressée de lui apprendre à cuisiner...? Elle est encore petite... Elle pourrait se couper...
- C'est la vie qui l'attend... Alors plus vite elle apprendra, mieux ce sera...
- Qu'est-ce que t'en sais...? Petra aura peut-être plus de chance que nous... Un jour les femmes sortiront des fourneaux...
- Quand les poules auront des dents...
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mandrake17mandrake17   11 mai 2017
- Faut qu'on aille jusqu'au moulin pour encaisser chez les meuniers...
- Toi, au moins, t'es allé à l'école, tu peux lire la liste... T'avais promis que tu m'apprendrais à lire et à écrire...
- Vous, les filles, vous avez pas besoin d'aller à l'école... Tant mieux pour vous, c'est la barbe...
Commenter  J’apprécie          10

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Videos de Antonio Altarriba (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antonio Altarriba
Rencontre avec Antonio Altarriba et Keko autour du deuxième volume de la «Trilogie du Moi», «Moi fou» paru aux éditions Denoël Graphic.
Une rencontre organisée en partenariat avec l'Institut Cervantès de Bordeaux, avec l'écrivain et médecin bordelais François Garcia et Isabelle Touton, professeure à l'Institut d'Études Ibériques et ibéro américaines de l'université de Bordeaux Montaigne.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2262260/antonio-altarriba-moi-fou
Notes de musique : Free Music Archive
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